Bienvenue sur JeuxOnLine - MMO, MMORPG et MOBA !
Les sites de JeuxOnLine...
 

Panneau de contr√īle

Recherche | Retour aux forums

JOL Archives

Rencontre dans un champ fleuri [Part VI - Première confrontation]

Par Kyriane Feals le 19/6/2002 à 17:41:09 (#1684625)

La morne lune éclairait de tout son éclat la clairière silencieuse, les ombres saluant sa magnanime solitude. Non loin de ce lieu de paradis, qui pourrait imaginer que de nombreux gobelins venaient guerroyer contre les aventuriers en mal d'expériences, fort répandus sur Althéa.

Un vent l√©ger fit bruisser les feuilles des ch√™nes environnants, mais ce doux son ne suffit pas √† couvrir la bridille s√®che sur laquelle Kyriane marcha. Au milieu de la clairi√®re surgissait un promontoir, taill√© dans une pierre grise, aupr√®s duquel, lui avait-on dit, √©tait cach√© un tr√©sor, mais qu'il se refusait √† ceux qui n'√©taient pas dignes de le trouver. S'agissait-il du fameux coffre que la cl√© qu'il poss√©dait ouvrait? Le magicien l'ignorait mais il ne co√Ľtait rien d'essayer.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait vu sa fiancée; depuis la mort prématuré de son enfant, en fait, remplacé in extremis par Vas Grav Hur, pur esprit, fait que Kyriane rejetait encore... depuis il avait été coupé d'eux. Mais il avait été occupé à bien d'autres choses ces derniers temps, chassant ses idées noires comme le vent chassait les nuages. Il s'était bien des fois demandé si Ely pensait encore à lui, si elle l'attendait, ce qu'elle pouvait bien faire et bien d'autres choses la concernant, mais il n'avait pas eu le courage de la voir... ce même courage qui lui faisait parfois cruellement défaut.

Laissant ses questions d'ordre existentielles de c√īt√©, le jeune mage murmura une incantation et fit appara√ģtre une minuscule libellule couleur d'√©meraude qui se mit √† voleter en tout sens, puis elle s'√©loigna vers la clairi√®re, la parcourant en tout sens. Kyriane attendit quelques minutes, et la libellule revint. Elle √©mit un bruit semblable au cr√©pitement d'un feu qu'il interpr√©ta comme √©tant un avertissement. Une personne se tenait tapi non loin, invisible √† son regard. Qu'attendait-il? Fleur lui avait bien dit qu'il ne serait pas le seul √† rechercher le coffre et il avait d√©j√† rencontr√© Anthios, son rival, mais s'agissait-iL de lui? Ce dernier ignorait tout de lui. Kyriane pr√©f√©rait √©viter la confrontation, mais il savait qu'il en viendrait l√† t√īt ou tard. Il ne pourrait s'y d√©faire ind√©finiment.


- Vous n'êtes pas bien discret, jeune magicien.

http://membres.lycos.fr/kyrianefeals/Altuar.jpg

Kyriane se retourna pour voir surgir un homme de derri√®re les arbres. Celui-ci √©tait p√Ęle, v√™tu d'une tunique enti√®rement noire et de bottes de la m√™me couleur. Il avait des cheveux courts et bruns, mais ses yeux oranges attiraient in√©vitablement le regard. Ceux-ci flamboyaient d'une lueur malsaine, maudite, comme si un feu s'y consumait. De plus lorsqu'il parlait, non pas une voix se faisait entendre, mais plusieurs, inextricable cacophonie n√©anmoins compr√©hensible.

- Vous êtes au moins aussi jeune que moi, messire.

- D'apparence... Seulement d'apparence. Je recèle en moi des pouvoirs, des consciences et des êtres que seuls certains esprits anciens peuvent se vanter d'avoir connu.

- Votre envie de puissance est louable, mais que me voulez-vous?

- Ah, ah,ah! Vous ne savez donc point qui je suis?

- Il ne me semble pas vous avoir déjà rencontré...

- Si cela peut vous rassurer, nous n'avons jamais été mis en relation. Malgré tout, je connais bien des choses sur vous, messire Feals. Ce maudit sallaryk avait bien raison. Votre guide n'est visiblement pas préoccupée à l'idée de perdre l'un de ses pions.

Un vague pressentiment envahissait la nuque de Kyriane, comme une infime aiguille. Sans lui laisser le temps de répondre, l'homme reprit.

- Vous cherchez un coffre, n'est-ce pas? Malheureusement pour vous, c'est moi qui va le prendre. Vous avez de la chance que la consigne soit de vous maintenir en vie.

- N'allez pas vous imaginer que je vous laisserais faire.

- Je n'imagine rien. Vos compétences sont loins d'être comparables aux miennes.

- J'ai fait quelques progrès ces derniers mois.

Kyriane se mit en garde, attendant le premier assaut, dague à la main.

- Je vois que vous voulez une preuve...

Projeté en arrière, comme frappé par un poing invisible, Kyriane attérit à plusieurs mètres de là, près du promontoir.

Au même instant, de nombreux piaillements se firent entendre et ce qui sembla être des milliers d'oiseaux s'envolèrent, couvrant la lune et le ciel de l'ombre de leur corps. Tel un essaim, ils se jetèrent sur Kyriane qui porta ses mains au dessus de la tête, puis s'immobilisèrent...


(La suite ce soir vers minuit).

Par Ibuki Tribal le 19/6/2002 à 18:52:33 (#1684846)

*impatiente de lire la suite* :chut:

(Bon il est pas minuit, mais deux heures, mais voici une 'tite suite)

Par Kyriane Feals le 20/6/2002 à 2:38:22 (#1686924)

Un voile de lumière se posa sur Kyriane. Il semblait repousser les oiseaux qui s'écartèrent à une distance respectable et se contentèrent de planer en cercle autour de lui.

- N'ayez rien à craindre... il ne vous feront plus de mal. Pour le moment du moins.

Un homme aux cheveux longs fit son apparition dans la clairière, accompagné d'un loup gigantesque. Sa tête était recouverte d'une tête de cerf dont les ramures lui donnait un air imposant. Torse nu, il exposait à qui voulait le voir son impressionante musculature. Sa hache reposait dans un étui, accroché à son dos. Sur son flanc ballotait une sacoche en cuir usée. Le loup observait calmement les oiseaux tournoyer et se désintéressait complètement de l'homme presque allongé sur l'herbe humide.

- Vous ne devriez pas être ici... Mais... Ca alors! Messire Feals!

- Messire Anthios...

- Que diable faites-vous en ces lieux?

- L'aventure...

- Ne saviez-vous pas qu'il est parfois dangereux d'être trop téméraire?

- N'est-ce point là l'intérêt de la témérité...

- Certes. Mais vous faire tuer pour une aventure de plus ne serait peut-être qu'un gachis.

Anthios aida Kyriane à se relever, le soulevant comme s'il s'agissait d'une plume. Les oiseaux avaient maintenant presque tous disparu et seuls quelques uns trouvaient encore le courage de s'approcher assez près pour que Kyriane pu vois qu'il ne s'agissait en fait de créatures difformes n'ayant pas deux, mais quatre ailes. Alors que de la fumée commençait à s'échapper de leur plumage les derniers retardataires partirent rejoindre leur compagnons d'infortune.

Un aplaudissement retentissant, au milieu d'un silence revenu, se fit retourner les deux hommes vers celui qui avait bousculé Kyriane. Le magicien esquissa un mouvement vers sa dague, mais il s'aperçut bien vite que celle-ci se trouvait sur le sol, à quelques mètres de là. Sur ses gardes, il essayait d'anticiper le moindre des mouvements de l'inconnu.


- Merci pour l'avoir sauvé... messire?

- Anthios.

- Anthios...? J'ai déjà entendu ce nom là...

- Oh... il est assez r√©pandu sur ma terre natale. Pour qui conna√ģt le pays, ce nom lui doit √™tre connu √©galement.

- Peut-être... Qu'était-ce?

Le mystérieux homme désigna le ciel.

- Des Gardiens Ailés. Ils sont généralement invoqués pour protéger un objet. Mais ne vous en faites pas, ce jeune homme n'y aurait pas laissé la vie. Ils ne tuent que rarement, se contentant d'infliger une douleur suffisamment grande pour que le sujet n'ait aucune envie de revenir.

- Créatures intéressantes que voilà.

- Pourrais-je savoir ce que vous faites là?

- Mais la même chose que ce jeune homme.

- C'est-à-dire?

- J'ai entendu dire qu'il y avait par là un trésor. Je suis venu vérifier.

- Ah? Et qui vous a laissé entendre une telle chose?

- Ceci n'est pas votre affaire.

- Pardonnez-moi mon outrecuidance, messire, mais il y avait effectivement un objet caché ici. Mais il n'y est plus.

- Comment le savez-vous?

- Tout simplement parceque l'objet en question, le voici.

Anthios sortit de sa sacoche un coffret en opale ornementé de dorures. Au dessus de sa serrure, le même loup hurlant à la lune que la clé que possédait Kyriane...

(A suivre... demain dans la soir√©e... ou *regarde sa montre* plut√īt ce soir. :) )

Par Kyriane Feals le 22/6/2002 à 17:52:40 (#1695850)

- L'existence de ce coffre n'est connu que par les gens de ma tribu et par quelques autres triés sur le volet, alors je me permets de réitérer ma question: qui vous a parlé de ce trésor?

- Et moi je vous le répète: je n'ai rien à vous dire là-dessus.

- Bien... peut-être que le jeune Feals sera plus intelligent que vous ne l'êtes... Une explication?

Le regard de Kyriane passa du coffret au visage d 'Anthios.

- A vrai dire, pas vraiment...

- Je vois que vous n'êtes pas très loquace non plus. Dans tous les cas de figure, c'est moi qui emporterait ce coffre si vous le permettez.

L'homme aux yeux flamboyants s'interposa.

- Et si je ne le veux pas?

- Cela m'est bien √©gal, messire. Ce coffre est √† ma tribu depuis bien des si√®cles. Je le ram√®ne o√Ļ il devrait se trouver, et que cela vous plaise ou non... √† tous les deux.

- J'aimerais voir cela.

L'homme sortit une lame parcourues par de fins éclairs verts et la pointa vers Anthios. Cecui-ci le fixa de ses yeux inexpressifs sans esquisser le moindre geste de défense.

- Pourrais-je savoir qui est celui qui va mourir ce soir?

- Mon nom ne vous dirais rien, mais je me nomme Altuar, comte de Kérouand. Qu'est-ce qui vous fait croire que vous allez me vaincre?

- Mais ceci messire. Anthios t√Ęta le manche de sa hache. Ceci...

Une aura noire entoura Altuar et s'élargit pour étrangement prendre consistance. Une armure se forma: un plastron recouvrit son torse, des plaques s'étirèrent sur ses jambes et ses bras, un heaume cacha son visage. Lorsqu'il parla à nouveau, sa voix était devenu grave et puissante.Mais Anthios ne parut pas le moins du monde effrayé.

Kyriane s'écarta de ce propbable combat. Il souhaitait récupérer ce coffret mais ils avaient tous deux l'air beaucoup plus puissant que lui ne l'était et il n'allait pas mourir pour un trésor.


- Nous allons voir, maintenant.

Altuar se jeta sur Anthios, les éclairs avides de toucher sa peau découverte. Trop rapidement pour qu'un oeil normal puisse le distinguer, la hache se retrouva dans la main de ce dernier et Altuar se retrouva face à la pointe de son manche, s'arrêtant à quelques centimètres.

- Toujours envie de se battre avec moi?

- Plus que jamais.

Anthios porta un coup qu'Altuar para douloureusement. Le choc le fit reculer de plus d'un m√®tre mais il repartit √† l'assaut. Une feinte, puis une attaque sur le c√īt√© gauche qu'Anthios esquiva ais√©ment, Altuar encha√ģna passes et bottes sans aucun succ√®s. Anthios semblait anticiper chaque mouvement qu'il faisait et les √©vitait... Mais il n'abandonna pas la partie et chercha en lui les ressources n√©cessaires pour remporter la victoire.

Par Kyriane Feals le 24/6/2002 à 2:18:04 (#1701773)

Une vague de fureur l'envahit et l'épée s'entoura d'une chappe verte, formé par de fins éclairs entremélés. Il la pointa sur Anthios. Celui-ci ne cilla pas quand une déflagration retentit et qu'une longue rangée de flèches de foudre vinrent à son encontre. Aucune ne parvint à le toucher, s'effaçant une à une dans un grondement sourd audible jusqu'au camp gobelin.

Altuar mesura alors l'√©tendue des pouvoirs d'Anthios. Mais cela ne fit que renforcer sa d√©termination. Accroissant temporairement sa vitesse il se lan√ßa dans un fi√©vreux corps √† corps que Kyriane avait du mal √† suivre. L'homme aux multiples voix semblait d√©cha√ģn√© et son adversaire avait de plus en plus de peine √† contenir ses coups d'√©p√©e qui fusaient en tout sens.

Puis la lame toucha Anthios au niveau de l'√©paule, lui laissant une petite estafilade mais lui causant une douleur si intense qu'il faillit d√©faillir. Si sa constitution avait √©t√© moindre, il se serait √©croul√©. Il se contenta de pousser un l√©ger cri, puis il baln√ßa sa grande hache vers le cou d'Altuar qui esquiva le coup en faisant un pas de c√īt√©. Parant puis attanquant tour √† tour, ils semblaient effectuer l'un avec l'autre une danse dont l'issue serait la mort pour l'un d'eux. Jamais Kyriane n'avait assist√© √† pareil acharnement. Les attaques pleuvaient et aucun ne voulaient laisser un pouce de terrain.

La hache d'Anthios fr√īla le visage d'Altuar, coupant au passage une m√®che de cheveux qui s'√©parpilla sous le vent. Altuar poussa son √©p√©e vers le coeur de son adversaire, mais un coup de rein au bon moment lui permit d'√©viter cet assaut fatal. Chacun pris position l'un en face de l'autre, coupant leur effort pour s'observer.

(Suite...)

Par Kyriane Feals le 26/6/2002 à 17:32:15 (#1715036)

Une √©p√©e entour√©e d'un halo vert qu'Altuar tenait dans la main droite, son autre main en face de son viasge, serr√© en un poing vengeur, une hache immense qu'Anthios portait avec l√©g√®ret√©, deux armes pr√™tes √† donner la mort. Chaque homme se tenait immobile, √©piant le moment o√Ļ l'un porterait une attaque. Kyriane, en arri√®re-plan, regardait innocemment sa dague, se demandant ce qu'il convenait de faire. Il connaissait ses pouvoirs et se savait imuissant face √† ces deux adversaires. Fut-il un seul qu'il aurait peut-√™tre pu, mais il ne pr√©f√®rait pas intervenir dans ce combat sous le risque de les voir se retourner contre lui. Il nota avec int√©r√™t que le loup accompagnant Anthios avait myst√©rieusement disparu.

L'air était lourd, chargé d'une intense inquiétude. Aucun souffle de vent ne venait perturber ce moment délicat. Altuar et Anthios ne cillaient pas. Puis la ronde commença; de gauche à droite, les deux adversaires se mirent à faire les cent pas, décrivant un cercle. Anthios parla.


- Vous me surprenez. Je ne vous pensais pas aussi agile. Je vais devoir m'y mettre sérieusement, je crois.

- Me prendriez-vous pour un vulgaire entra√ģnement?

- Je dois avouer que oui, jusqu'à maintenant. Mais je ne vous sous-estimerais plus.

- Qu'attendez-vous?

Anthios se jeta sur son ennemi mais celui-ci fit jaillir de son poing un globe vert qui le percuta de plein fouet, le faisant reculer de plusieurs mètres. Mais Anthios ne tomba pas à la renverse et réussit à se maintenir sur ses deux jambes. Il rouvrit les yeux et constata que la partie supérieure de son corps était recouvert d'une fine couche gélatineuse qui ralentissait ses mouvements.

- Qu'est-ce que...?

- Attendez, le meilleur est à venir.

La substance se mit à s'étendre et à durcir, entravant peu à peu toute action qu'ait pu entreprendre Anthios. Seule sa tête émergeait temporairement.

- Voyez-vous, je ne suis pas seulement expert en maniement d'armes, je suis aussi vers√© dans beaucoup de magies. Voici un sort d'immobilisme tr√®s pris√© dans ma patrie. Il √īte la facult√© de se mouvoir, mais pas celle de ressentir la douleur, ce qui, je vous l'assure, a un c√īt√© tr√®s pratique.

Le corps entièrement recouvert, Anthios essayait tant bien que mal de bouger, mais n'arrivait qu'à rendre son calvaire à la limite du supportable.

- De plus, le sort ne vous endort pas. Vous êtes donc conscient lorsque, par exemple, on vous fait ça.

Altuar porta un coup √† l'√©paule, percant de part en part le cartilage. Anthios grima√ßa sous la douleur, fortement influenc√© par l'√©lectricit√© qui lui tiraillait la plaie. Son tortionnaire prit un malin plaisir √† laisser l'√©p√©e telle quelle, la l√Ęchant pour mieux regarder sa victime. Au passage, il se saisit du coffret, le faisant jouer entre ses mains.

- Ainsi vous souffrez pour ceci...? N'est-ce point futile?

- Maudit...

- Tsss. Je le suis cent fois, vous pouvez le croire. Alors un malédiction de plus...

- Il... appartient... à ... mon peuple.

- Erreur, il m'appartient maintenant. Jusqu'à ce que je souhaite vous le rendre.

- Laissez-le!

Altuar se retourna vers Kyriane, qui, armé de sa dague, avait trouvé le courage de se lever.

- Chuuuut!

Kyriane parut surpris et porta ses mains à sa bouche. Il semblait qu'une main invisible lui obstruait les lèvres, l'empêchant de parler. Puis Altuar tendit la bras et la dague de Kyriane partit au loin. D'un autre geste il le plaqua à terre, l'immobilisant.

- Il est regrettable que je ne doive le tuer... un être aussi faible ne mériterait pas de vivre.

- Le... véritable... pouvoir... n'est pas... celui qu'on... vous donne. Il émane... de... vous...

- Paroles de sage que tout cela... En pratique il en est tout autre.

- Vous... n'êtes... qu'un... être... misérable...

- Assez de discutions philosphiques.

Altuar laissa Kyriane à ses débattements et retira l'épée d'un coup sec, souriant face à Anthios.

- Ca fait mal?

Anthios se rassénéra quelque peu, retrouvant un visage presque normal.

- Un peu...

Il se mit à siffler d'une étrange façon, mi-piaillement, mi-cri, et répondant à son appel, des milliers de sifflement semblables émanèrent des arbres entourant la clairière.

- Paut-√™tre auriez-vous d√Ľ m'immobiliser totalement?

Les créatures qu'Anthios avait nommé les Gardiens Ailés s'élevèrent dans le ciel nocturne sous les yeux des trois protagonistes, seuls au milieu de la clairière. D'un commun accord silencieux, ils se jetèrent sur Altuar. Celui-ci en abattit quatre avant de succomber sous le nombre. Il disparut sous l'amas frétillant, mélange d'ailes, de pattes et de becs.

Kyriane sentit l'√©treinte se dess√©rer puis dispara√ģtre. Il se releva doucement, les mains encore autour de sa t√™te, touchant ses joues. Il constata qu'Anthios √©tait √† genoux, les bras dans l'herbe humide, occup√© √† reprendre son souffle. Le loup se trouvait derri√®re lui, la langue pendante, visiblement affaibli lui aussi.

Tout-√†-coup, les Gardiens repartirent vers les feuillages, laissant derri√®re eux un spectacle morbide. L√† o√Ļ s'√©tait trouv√© Altuar gisait maintenant un squelette d'un blanc laiteux. A c√īt√©, l'√©p√©e, son fourreau ainsi que le coffret. Kyriane pensa √† sa dague et celle-ci revint docilement dans sa main. Elle n'√©tait pas puissante mais il y tenait sentimentalement. Elle √©tait le symbole de son engagement vers les voies de la magie. La perdre signifierait qu'il ne serait pas fait pour √ßa...

Anthios se releva difficilement, se tenant l'épaule de son bras valide. Le loup partit silencieusement vers l'extérieur de la clairière et disparut dans les sous-bois. L'homme s'approcha du squelette et s'abaissa pour saisir le coffret. En ce même instant, Kyriane sentit monter en lui une vague de fureur. Celle-ci le poussa à sortir sa dague et à s'élancer vers Anthios. Encore sous le choc, il ne le vit pas arriver et Kyriane put aisément enfoncer la lame dans la plaie ouverte, faisant tréssaillir Anthios. Mais il ne croula pas, bien au contraire. De ses dernières forces, il balaya le magicien d'un geste de rage, retirant l'arme et la jetant à terre. Kyriane retomba lourdement sur la pierre qui, éternellement paisible était toujours là, enfoncée dans le sol, et s'évanouit, assommé.

Anthios le fixa d'un air fatigué, et attendit. Du corps de Kyriane, surgit un voile opaque aux contours imprécis. Il leva le coffret à son encontre.


- Vous ne l'aurez jamais, tant que je serais en vie. Je vais maintenant le ramener dans ma tribu pour que plus personne n'essaye de se l'accaparer.

Le voile s'effaça et Anthios resta, seul, au milieu de la clairière, près d'un squelette qui était un certain Altuar et d'un magicien prénommé Kyriane. Sa blessure lui rappela douloureusement qu'elle était toujours là. Il se rappelait avoir entendu qu'une guérisseuse se trouvait aux abords d'une ville, HavreClair, et qu'elle serait en mesure de le soigner. Il quitta cet endroit d'un pas chancelant, sous les yeux des milliers de Gardiens, à nouveau prêts à revenir.

(Un peu plus tard...)

Par Kyriane Feals le 29/6/2002 à 17:22:16 (#1730507)

Le vent soufflait maintenant sur la clairière, il déployait sa froideur nocturne sur Althéa, insidieux et impossible à arrêter. Silencieuse la place n'avais pas bougé depuis le départ d'Anthios.
Au loin, la valse des aventuriers toujours continuait, répandant le sang des gobelins à profusion, librement interprêtée comme etant reconue d'utilité publique.

Le squelette blanch√Ętre se mit √† fr√©mir, puis fut pris de tremblements, se fissura et explosa en une poussi√®re emport√©e par les bourrasques. Du sol, une gerbe de terre vola pour laisser appara√ģtre un Altuar nu comme un ver, les yeux ferm√©s, qui tentait de reprendre son souffle. Il resta l√†, sur l'herbe, sous les assauts des esprits de l'air, libres et tentateurs. Il n'avait subi pareil affront depuis qu'il avait √©t√© √©l√®ve au sein de son clan, et depuis il l'avait lav√© en tuant son professeur. Mais l√†, et malgr√© toutes les puissances qu'il avait emmagasin√©es, et il les sentait frustr√©es de n'avoir pas eu quelqu'un √† tuer, Altuar avait trouv√© son √©quivalent. Anthios... il n'oublierait pas son nom et jamais il ne quitterait ces √ģles en vie, dut-il le retrouver aux confins des terres √©th√©r√©es.

Il ouvrit ses paupières, révélant ses yeux à jamais étincelants d'une couleur orange qu'il posa sur Kyriane, toujours dans l'inconscience. Il sentait monter en lui cette doucereuse envie de saisir son épée et de lui trancher la gorge, le laissant ainsi périr dans son sang, comme le misérable goret qu'il était, mais la mise en garde de Sallaryk retentit à ses oreilles. Si Anthios était un fier combattant, Sallaryk lui était de loin supérieur et il ne voulait pas le courroucer plus qu'il n'allait l'être déjà.

Il ramassa son épée et en fouetta l'air d'un mouvement de colère. Puis il s'éloigna avec réticence, prêt à expliquer son échec à Sallaryk.

Alors que le calme revanait, Kyriane remua un doigt et ouvrit ses yeux dans un sursaut pour les fixer vers la forêt. Il tourna sa tête en tout sens, à la recherche d'une présence dans les environs, qu'il ne trouva pas. Il se tranquilisa enfin, se massant la tête d'une main et se relevant avec l'aide précieuse de l'autre. Contemplant sa dague rougie par le sang d'Anthios, Kyriane se remémora son action. Il ne savait pas ce qui lui avait pris, mais il avait ressenti alors une haine terrible pour cette homme et lui enfoncer la lame dans sa blessure lui avait procuré une satisfaction que jamais il n'avait jusqu'alors éprouvée.

Le sang ruissela sur la main du magicien et entacha sa manche. Absorbé dans sa contemplation, il ne vit pas les gobelins armés qui s'approchaient sans bruit. Encore affaibli, Kyriane n'évita pas le coup d'épée qui aurait du lui être fatal...

La lumière des cierges venait lui éblouir les yeux, alors qu'un vive douleur lui vrillait les tympans. A genoux dans le temple, Kyriane s'appuya sur ses mains pour ne pas tomber et résista aux appels de l'inconscience qui paraissait pourtant si louable. Des prêtres d'Artherk arrivèrent et l'installèrent doucement sur un banc, comme ils le font maintes et maintes fois dans une journée. A croire qu'ils n'existaient que pour cela...

(Epilogue)

Par Kyriane Feals le 2/7/2002 à 17:08:08 (#1745498)

Se remettant peu à peu, le magicien recouvrait ses esprits, réalisant enfin qu'il était à HavreClair. Les vitraux, sous la lumière du jour naissante, répandaient leurs couleurs sur le sol grossièrement taillé, mélanges symphoniques qu'il observait d'un oeil vide. Autour de lui, deux prêtres s'affairaient et lui prodiguaient soins et réconfort. Leurs pouvoirs lui firent grand bien et sa fatigue, autant physique que psychique, s'estompèrent partiellement. Il se leva finalement, au grand dam des deux hommes qui souhaitaient qu'une seule chose à son encontre: du repos.

- Merci bien, mais je vais bien...

- En √™tes-vous s√Ľr?

- Oui... enfin je crois.

Kyriane tenait sur ses deux jambes, qui ne lui firent pas d√©faut, ce qui √©tait d√©j√† encourageant. Il fit quelques pas au milieu du temple, ce qui s'av√©ra plus facile qu'il ne l'esp√©rait. Ainsi, il prit cong√© des pr√™tres qui, finalement, ne se r√©v√™l√®rent √™tre que deux aspirants, cela √©tait encourageant, et sortit du b√Ętiment imposant, croisant au passage nombre de personnes qui le regard√®rent d'un oeil √©trange.

Il se rendit compte que la dague √©tait toujours dans sa main, la lame rougie, et r√©alisa qu'il devait passer ais√©ment pour un quelconque assassin ou du moins agresseur; Cela allait in√©vitablement attirer les gardes qui l'interrogerait sur la provenance de ce sang. Kyriane se dirigea vers la place de la fontaine, o√Ļ Murmuntag et Elmert tenaient toujours leur place, sans jamais d√©faillir. Ils devaient √™tre tr√®s attach√©s √† ce lieu pour y √™tre continuellement, mais nombre d'aventuriers profitent ainsi de leur conseils sans avoir √† s'inqui√©ter de les rechercher aux quatre vents.

Il s'approcha doucement de la fontaine, se mit à genoux et trempa ses mains tenant la dague dans l'onde sans cesse mouvante. Le sang se répandit en volutes parmi l'eau claire, lavant dans le même temps son coeur meurtri. Jamais il n'avait agressé quiconque qui faisait parti des hommes. Il n'était pas pacifique, loin de là, mais jamais il n'était réellement passé à l'acte. Les beaux discours avaient cela de rassurants qu'ils protégeaient généralement leur porteur d'une telle situation. Mais il venait de se rendre compte, à son plus grand désarroi, qu'il était parfois nécessaire d'agir, comme l'avait démontré ses deux ennemis, Anthios et Altuar...

Rincée, la lame brilla sous les rayons du soleil. Kyriane l'observa, perdu dans ses pensées, puis la rangea dans son fourreau, hésitant encore à s'en servir. Il se releva, puis traversa la place pour se rendre à la taverne. Il ne voulait pas noyer son amertume dans une quelconque boisson aux humeurs avinées, mais il avait besoin d'évacuer toutes ses idées noires, et quoi de mieux qu'un lieu tranquille pour cela?

Kyriane ouvrit la porte sur une salle vide de tous clients; seule Geena, occupée à épousseter le comptoir, était présente pour affirmer que ce lieu était effectivement un lieu de vie. Il entra, marcha vers une table et s'y installa négligemment. Dans la contemplation de sa manche encore ensanglantée, il hoqueta de surprise au son de la voix de Geena.


- Bonjour, vous êtes bien matinal.

- Oui... j'ai eu une nuit un peu difficile...

- Tout le monde en a au moins une fois dans sa vie. Même cette taverne a eu les siennes.

Le sourire de la serveuse eut cet effet qu'ont tous les sourires d'une femme: celui d'apaiser momentanément les angoisses des hommes.

- Ce sera quoi?

- Oh... Du lait, si vous avez.

- Mais bien s√Ľr. C'est une supposition qui ne devrait pas avoir lieu d'√™tre.

- Je vous remercie.

Laissant Geena s'occuper de sa commande, Kyriane jeta un regard vers l'homme qui venait d'entrer à son tour. Enveloppé dans une solide armure, ses ailes repliées, un casque masquant son visage, il s'approcha du comptoir et murmura quelques mots à Geena qui gloussa comme une jeune fille. Puis il s'approcha d'un angle à droite pour s'agenouiller. L'homme fouilla un instant le parquet et ouvrit une trappe dissimulée qu'un oeil averti aurait du mal à repérer.

Alors que Geena lui apportait sa commande, Kyriane, intrigué, s'approcha discrètement de la trappe, dans laquelle l'homme était descendu. Il y distingua un escalier poussiéreux et garnie de toiles d'araignée à souhait qui se perdait dans les ombres.

Puis l'homme remonta, surprenant la curiosit√© du jeune mage, qui recula de quelques pas sous son injonction enjou√©e. Il portait un tonneau qui semblait faire son poids, estampill√© d'une gravure que Kyriane ne reconnut pas. Le posant abruptement sur le comptoir, sous les houspillements de Geena, qui venait de le nettoyer, il souffla dessus pour en faire dispara√ģtre la mince pellicule qui le recouvrait sous le regard un peu plus noir de la tenanci√®re.


- Aaaaah... visiblement rien n'a bougé depuis longtemps...

- Bonjour...

L'homme regarda en direction de Kyriane.

- Bonjour messire.

- Qu'est-ce?

Le mage désigna la trappe.

- La r√©serve personnelle de la taverne. Connue seulement de quelques initi√©s. Et √ßa, l'homme tapota sur le tonneau, c'est une perle: une liqueur de framboise dont vous me direz des nouvelles. Au fait, je m'appelle Kiss Kain, ancien serveur dans ce modeste b√Ętiment.

Il tendit la main.

- Et moi Kyriane... Feals.

Tandis que Kiss saffairait avec le tonneau et quelques verres, une autre personne s'approcha du comptoir. Il s'agissait d'un Vincent Tremere toujours présent à HavreClair et connu de tout le monde, ou presque.

- Bonjour messire Vincent.

- Bonjour.

- Oh! Vincent! Partant?

- En cette heure? Non. Et puis, je ne bois pas d'alcool...

- Rabat-joie, et vous messire Kyriane?

Apercevant du coin de l'oeil son verre de lait qui patientait sur une table désespérement vide, Kyriane fit oui de la tête.

- Bien!

Kiss remplit deux verres et en tendit l'un au mage; Vincent, de son c√īt√©, prit commande avec Geena, qui lui servit une tasse remplit d'un liquide ambr√©. Kiss leva son verre.

- A Althéa. Et que Iago veille sur elle.

Trinquant, les trois compères de l'instant burent leur boisson. Kiss d'un trait, Vincent par petites gorgées et Kyriane savourant les subtils parfums de cette liqueur un peu trop forte pour sa gorge vierge de toute expérience alcoolique dépassant une nombre limité de degrés.

- Ouah... un peu fort.

- De la gnognotte oui! Regardez-ça.

Kiss sortit de dessous le comptoir une bouteille noire o√Ļ figurait trois t√™tes de mort.

- Ca c'est une boisson. Je me rappelle que les gardes en raffolaient... Le temps passe et tout change... On en voit plus ici de nos jours. J'ai quelques histoires à vous raconter, souhaitez-vous les entendre?

Vincent posa quelques pièces sur le bois rutilant du comptoir et se leva.

- Ce sera sans moi, j'ai à faire.

- Moi je veux bien.

- Voilà un brave gars.

Et tandis que Vincent s'éloignait de la taverne, Kiss se versa une bonne lampée d'un liquide clair comme de l'eau et en la totalité en s'égosillant.

S'ensuivit une foule de détails sur l'histoire de l'auberge: anecdotes diverses, aventures, réunions de Gardes Royaux, Tufir le cochon magique, Kulgan le semi-géant et sa chope...

L'après-midi en était à son paroxysme et après avoir rangé soigneusement le tonneau et refermé la trappe, qui ne s'ouvrirait plus pendant quelques temps, tout deux se séparèrent sur une poignée de main, partant dans deux directions opposées... peut-être se reverront-ils un jour... peut-être pas? Mais ils avaient partagés, surtout Kiss en fait, bon nombres de souvenirs...

L'Histoire d'Althéa ne prévaut que par ceux qui la vivent et en font partager le plus grand nombre... Kyriane garderait cette pensée en tête à l'avenir.

JOL Archives 1.0.1
@ JOL / JeuxOnLine