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Epilogue d'une vie divisée. (7ème volet)

Par Yolinne MIP le 11/6/2002 à 21:01:46 (#1637214)

Index
Un souvenir inattendu
Le Cauchemar continue
La Demeure de l'horreur
Et les années passèrent ...
La Punition
L√† o√Ļ R√©alit√© et Souvenirs s'effilochent



Au fond d'un tiroir poussi√©reux, sous une masse de parchemins de toutes sortes, quelques pages √©taient stock√©es, s√Ľrement pour un long moment, peut-√™tre pour toujours. Quelques feuillets √©crits √† la va vite, une s√©rie de notes parlant d'un r√™ve, de souvenirs, d'une vie. Elle n'avait su r√©sister √† mettre ses ressentiments sur le papier apr√®s ce r√©veil, √† l'heure o√Ļ les sueurs matinales avaient √©t√© pr√©sentes sur ses traits. Quand elle les avait finis, elle les avait relus, retrouvant gr√Ęce aux mots les images de ce pass√© si proche, de ces √©v√©nements plus distincts, ceux qu'elle n'avait oubli√©s, ceux qu'elle avait v√©cu parmi ses pairs et amis, ici √† cette m√™me √©poque. Si quelqu'un d'autre qu'elle avait jet√© un regard sur les notes, il n'y aurait probablement rien compris, ne voyant que des gribouillis informes plaqu√©s avec pr√©cipitation. Mais les images substitaient telle une com√©die burlesque dans son esprit, √† jamais pr√©sentes, jamais effac√©es, trop vivaces. Une longue r√©trospective qui s'avan√ßait habill√©e de douceur et de t√©n√®bres et s'insinuait dans sa m√©moire, au plus profond...

Tout s'√©tait pass√© si vite en fin de compte...Apr√®s son "√©veil" et le constat de sa perte de m√©moire, la jeune fille avait d√©ambul√© √† travers la ville. Sur cette m√™me place o√Ļ elle avait aper√ßu son reflet, une √©trange surface miroitait dans des tons de bleu √©clatants. Sans doute attis√©e par la curiosit√©, elle avait avanc√© lentement vers l'objet qui √©tait un peu plus haut qu'elle, et avec appr√©hension elle y avait pass√© la main. Sa paume avait disparue, happ√©e par la surface, comme le bord de l'eau dans laquelle on avait jet√© un galet. Elle ressortit la main et la regarda avec curiosit√©. Puis dans un √©lan de curiosit√©, elle ferma les yeux et passa √† travers cette "porte". Les t√©n√®bres √©taient d'encre au-del√† de la porte. Elle buta dans une forme grouillante et un couinement strident se propagea dans l'obscurit√©. Aussit√īt une longue m√©lop√©e de plaintes jallit de divers endroits, des cris lugubres, certains d√©ments, d'autres larmoyants. Elle recula avec vivacit√©, surprise et buta dans un mur √©pais. Une main s'empara de son bras tout √† coup. Elle se retourna vivement et recula de d√©go√Ľt. La main crasseuse cherchait √† travers les barreaux de la cellule, c'√©tait .. une prison. Elle chercha d'un regard hagard la sortie, paniqu√©e. Elle courut dans le d√©dale de la maison des prisonniers, sans √©couter leurs h√©lements, et se retrouva dans un endroit quelque peu isol√©, o√Ļ les bruits s'√©touffaient gr√Ęce √† la pierre √©paisse. Elle reprit son souffle avec calme, et quelque mots pass√®rent ses l√®vres. Une douce lueur l'enveloppa alors et elle put regarder plus attentivement le lieu mansard√©. Quelques cellules √©taient vides, cependant, l'une d'elle attira son attention. Une chose √©tait assise dans un coin, sans un bruit. Un homme pourvu d'ailes immacul√©es, le regard fix√© au sol, en perdition. Il n'avait gu√®re l'allure d'un meurtrier, et pourtant qui savait ce qu'il avait commis pour en arriver l√†.. Une tra√ģn√©e de plumes blanches jonchaient le sol, faisant de l'homme une image qu'elle per√ßut comme √©manant d'un ange d√©chu, le visage stri√© de lassitude et le poids des ann√©es. Cet homme... qui allait devenir ce p√®re qu'elle n'avait jamais eu... Qui allait lui offrir un nom, une famille, un but..

C'était ses premiers pas en ce monde. Hostile aux abords, sans attaches au début. Sans souvenirs... Son frère adoptif l'avait conduit près de ceux qui priaient la Déesse de la Nuit. A cette même époque.. elle avait rencontré Gabriel. Gabriel Thylin, si doux, si compréhensif, si gentil... si pur. Son premier émoi, sans doute le plus étincelant. Mais un autre événement était survenu. Une ombre menaçante qui allait changer sa vie. Etchalion... En cette ère troublante, alors qu'elle ne s'en doutait même pas, la créature avait réveillé en elle cette personnalité qu'elle n'avait jamais connu. Cette entité créée au bon vouloir d'Evangile. Cette hideuse bête qui ne cherchait que pouvoir et domination, et qui avait trouvé en cette opportunité une occasion de se libérer et de reprendre force. Cette ..chose qui avait souillé sa pureté. Tout au long de cette période d'épreuves, elle avait souffert, mais elle avait également fait souffrir ceux qu'elle affectionnait, surtout Gabriel.. En recherche de réponse, poursuivie par le démon, elle avait accouru voir la personne qui semblait détenir les secrets de la Destinée.

Cette rencontre avait laiss√© bien √©videmment un souvenir ind√©libile, puisqu'elle avait tout abandonn√© √† ce moment-l√†. Elle avait notamment perdu l'amour qu'elle portait √† Gabriel, √©coeur√©e par ce qu'il √©tait devenu apr√®s la "Marque de la B√™te". Mais une chose balan√ßait le pessimisme de la situation, elle avait assimil√© d√©sormais cette partie faite de toute pi√®ces et qui cr√©ait en elle un paradoxe √©crasant. Elle s'√©tait alors sentie plus soulag√©e, sachant qu'elle ne pouvait plus malmener quiconque √† cause de cette seconde personnalit√©, et qu'ainsi elle pouvait repousser les avances d'Etchalion. Une autre affaire survint alors : la possession de son ami SentencE au sein m√™me des haruspiciens, qui d√©tenaient l'√Ęme de celui-ci dans une pierre. Elle avait alors men√© l'enqu√™te avec finesse aupr√®s des pontes de l'√©poque. Comment aurait elle pu imaginer la naissance d'une idylle avec l'un d'eux ? Une profonde diff√©rence les s√©paraient et pourtant son coeur avait vibr√©. Elle avait alors uni son coeur √† celui de Maverick, sans remords, cruelle surprise pour beaucoup. Gabriel lui en avait tellement voulu √† ce moment-l√†.. Mais ce f√Ľt quelques temps apr√®s que l'histoire se compliqua pour elle, retra√ßant un pass√© r√©volu, faisant rena√ģtre de leurs cendres des d√©mons disparus... et Evangile.

Par Dodgee MIP le 11/6/2002 à 21:10:05 (#1637280)

Et la boucle est bouclée... Manque juste les derniers morceaux la, on me fera pas croire que j'ai grossi :p

Par Angel Wyvern/Darken le 11/6/2002 à 21:14:17 (#1637307)

:lit: tres jolie Yolinne. :)

Rencontre avec son passé et meurtre inavoué.

Par Yolinne MIP le 11/6/2002 à 21:16:38 (#1637330)

la sute un peu plus tard, j'aime faire mariner ceux qui lisent et le suspenssssss :p :p :p

Yo*sadique*yo

Par Carna Rogue le 11/6/2002 à 21:22:42 (#1637363)

:lit: Le suspens, c'est bien, mais pas trop longtemps ;)...alors vite, sinon on te séquestre et on t'oblige a écrire ;)

Rencontre avec son passé.

Par Yolinne MIP le 11/6/2002 à 23:50:34 (#1638390)

La fuite... Elle avait fui, pouss√©e par de sombres pens√©es, et des appels qu'elle ne comprenaient pas. Une voix f√©minine hantait son esprit, sans lui laisser de r√©pit. Une voix qu'elle semblait conna√ģtre, et dont pourtant ne lui rappelaient rien. Alors elle avait quitt√© son mari par un brusque matin d'automne, un m&atin napp√© de brumes dans lesquelles elle s'√©tait enfonc√©e, lui laissant une pauvre lettre d√©sol√©e. Tandis qu'elle s'√©loignait de la ville, elle entendit un sombre hurlement, mais il ne fallait pas qu'elle se retourne, il fallait qu'elle sache. Les larmes aux yeux, le coeur nou√© de remords et de douleur, elle porta ses pas vers cette voix qui l'appelait sans cesse et la troublait.

Ce fut un long voyage, la route fut parsem√©e d'emb√Ľches plus psychologiques que physiques. La voix r√©sonnait de plus en plus dans sa t√™te, elle en souffrait terriblement, portant chaque nuit ses mains √† ses tempes et hurlant de douleur. Mais bien plus que cette blessure moralement inflig√©e, bien plus que la fatigu qui l'√©treignait, au-del√† de la peine qu'elle ressentait, c'√©tait surtout les question qui mutilaient peu √† peu sa conscience, l'ensevelissant sous des requ√™tes de plus en plus insistantes. Qu'est ce qui l'attendait au bout de ce chemin interminable ? Vers quelle direction se dirigeait elle ? Et surtout qui pr√™tait un plaisir malin √† la d√©truire int√©rieurement ? Toutes ses questions ne trouvaient de r√©ponses. Elle se retrouvait une fois de plus dans l'impasse et souhaitait que ce cauchemar se terline au plus vite. Au fur et √† mesure de sa marche, le paysage changeait peu √† peu. Les collines verdoyantes se fanaient, l'herbe s'ass√©chait, la rocaille poussait √ß√† et l√† un peu partout et le ciel se couvraient de liurd nuages sombres, pr√©mices d'une temp√™te que l'atmosph√®re dard√©e d'humidit√© annon√ßait. L'aridit√© fut bien reine du panorama, suivie de la d√©solation. Des cernes cons√©quentes s'√©taient peu √† peu dessin√©es sur le visage de la jeune femme, et sa p√Ęleur gageait de sa fatigue. Elle marchait f√©brilement, incapable d'interrompre sa route, envo√Ľt√©e par cette voix myst√©rieuse qui l'entra√ģnait. Elle n'avait plus la force de penser, ni m√™me de r√©agir. De nombreuses b√™tes curieuses la suivaient, attendant son √©ch√©ance, mais elle continuait, le coeur empli de hargne. Durant les cours moment o√Ļ son esprit se d√©tachait et o√Ļ elle prenait une once de repos, une silhouette venait lui rendre visite. Une femme, svelte, √† la peau blanche, les cheveux fins et neigeux. Mais elle avait difficult√© √† articuler en sa m√©moire ce nom qui restait accroch√© √† ses l√®vres sans se d√©tacher. Le myst√®re restait complet, mais les relents du pass√© se faisaient sentir, imperturbables. Floues, informes, des images se succ√©daient en son esprit, fouillant avec rage dans sa m√©moire eclips√©e. Mais le ramonage n'√©tait pas encore assez profond et les questions demeuraient. Puis elle reprenait sa longue marche, inlassablement..

Apr√®s deux mois de cette vie qu'elle pouvait qualifier d'√©pouvantable, elle arriva √† l'or√©e d'un bois d√©fra√ģchi. Ses yeux all√®rent en toutes directions, tentant de remarquer un quelconque indice. Pour s√Ľr, elle ne se rappelait pas un tel endroit, mais ses jambes allaient, semblant conna√ģtre le chemin tortueux √† travers la petite for√™t. L'odeur de mousse moisie et les branches d√©vast√©e remplissaient le lieu, contrastant avec le parfum des douces prairies qui avaient cotoy√© sa route aux premiers pas. Elle r√īda une semaine en ce bois, s'√©rafflant √† maints endroits, d√©chirant sa robe lard√©e des effets du temps et des intemp√©ries. Elle d√©balla ses derni√®res maigres provisions. Si le voyage ne touchait pas √† sa fin, elle courait vers sa perte. Cel√† serait tellement b√™te d'abandonner si pr√®s du but.. Elle pressentait que non loin d'ici se trouvait la r√©ponse √† toutes ses questions, que la v√©rit√© √©tait palpable. Au terme de cette semaine qui lui parut une ann√©e, elle arriva en vue d'une bat√ģsse √† moiti√© en ruines. La voix r√©sonnait maintenant dans sa t√™te comme un chant mortuaire entonn√© par une chorale enti√®re, abrutissant ses sens. Ses yeux se lev√®rent sur l'imposante tour quis e dressait, fid√®le au pass√©, dans une ancienne splendeur diaprue √† jamais. Le lierre courait sur les murs √©br√©ch√©s, la nature semblait avoir repris ses droits sur ce lieu. Mais en baissant le regard vers la porte entrouverte qui ballotait au gr√© du vent; elle sentait l√† une invitation √©vidente. Elle s'avan√ßa de pas incertains, troubl√©e de ce lieu qui semblait revenir d'une autre vie. Elle passa la t√™te doucement dans l'entrebaillement de la porte et d√©visagea l'int√©rieur d'un oeil inquisiteur. Les murs √©taient l√©zard√©s √† moults endroits, les tapisseries √©taient d√©chir√©es et √† moiti√© calcin√©es, s√Ľrement datant d'une √©poque lointaine ; les meubles √©taient renvers√©s et une odeur forte de moisissure planait dans la demeure. Elle p√©n√©tra le hall avec m√©fiance. Tout dans cette sc√®ne macabre et d√©goutante de vieillesse la surprenait. Il semblait, oui cel√† √©tait s√Ľr √† pr√©sent, que cel√† ne lui √©tait certes pas inconnu, loin de l√†. Elle grimpa √† l'√©tage, press√©e par l'assurance, le long du grand escalier au rouge fan√©, aux tissus lac√©r√©s et le plancher vermoulu. Les craquements sinistres de sa progression rajoutaient une pointe de mystique au cadre peu rassurant. Le visage de la jeune femme se d√©composa peu √† peu, tandis que ses l√®vres se mettaient √† trembler lentement. il restait trois marches, quand elle s'arr√™ta net. Un flash √©blouissant traversa sa t√™te. Elle revit une enfant n'√©tant plus que sang et os mutil√©s, puis une cave sombre o√Ļ les clameurs d√©sesp√©r√©es d√©chiraient son for int√©rieur. Elle revit cette salle de supplices sans comprendre. Puis tout s'arr√™ta, d'un coup. M√©dus√©e, surtout abasourdie par ce flot d'images qu'elle ne pouvait coordonner, elle ne put l'espace d'un instant continuer sa marche, ni m√™me r√©fl√©chir. Un tremblement caract√©risant sa craite la plus profonde s'empara de son √™tre. des sueurs froides se succ√©daient aux brusques mont√©es de chaleur incandescentes et incompr√©hensibles. Elle se sentait f√©brile, maladive. L'odeur devint presqu'insupportale et les naus√©es venaient maintenant aggr√©menter son √©tat et sa fi√®vre. Mais se resaisissant un moment elle trouva le coirage de reprendre sa marche vers son Destin qu'elle savait √©troitement li√© √† son pass√© maintenant. Une marche, puis une autre, elle se rapprochait in√©xorablement de La V√©rit√©. Une porte √† demi fracass√©e s'ouvrit devant ses yeux exhorbit√©s. Un souffle d'air glac√© s'engouffra dans le couloir, chantant la mort et la d√©solation. Qu'allait elle d√©couvrir en ce lieu malsain ...?

Armée de son piètre courage qui s'effritait peu à peu, elle traversa les derniers mètres la séparant de la pièce convoitée, et poussa la porte branlante. De fines toiles d'araignées lui barraient le passage, elle les brisa de la main. Cette dernière barrière franchie elle visualisa la pièce : Les étagèrent éventrées parsemaient çà et là les cadavres moisis d'une quantité de livres.La pousière s'était accumulée partout en une couche épaisse.Un bureau au bois terni et dévoré par l'humidité et les vers était affaissé dans un coin. Des fioles jonchaient le sol, éclatées, vidées de leur substances depuis bien longtemps, les bris de verre répandus un peu partout. Les rideaux s'envolaient par vagues, accrochés aux tringles noircies par le temps, poussé par un vent mugissant. Et, au centre même de la pièce se dressait une statue. Elle s'attarda plus longuement sur celle-ci, la détaillant longuement. Elle représentait l'effigie d'une femme, sans expression réelle. Quelques lambeaux de tissu pendaient avec paresse accrochés à la pierre. Elle ne semblait pas avoir subi les méfaits du temps, intacte. La pierre était noire, brillante, comme de l'onyx. La jeune femme s'approcha à pas lents et caressa la surface lisse de la statue, les yeux dans le vide. Puis elle se tourna vers la fenêtre, alertée par un cliquetis permanent. Le bois crissait désagréablement, aussi se dirigea t'elle vers elle, la refermant doucement. Alors qu'elle refermait le loquet avec soin, un léger bruit se fit entendre. Elle se raidit et ne bougea pas, le coeur battant. Le son d'un gravat tombent au sol lui succéda, pusi un deuxième. Un craquement féla le silence avec fracas. Puis une légère explosion. Yolinne sursauta, mais n'osa reporter son regard vers l'arrière. Un bruit mat, un souffle rauque. Ses yeux dérivèrent fnalement lentement par dessus son épaule. Un corps gisait au sol, dénudé, à la place de la statue. La poussière s'était écartée d'un coup et les bribes de pierre sombre se ruinaient en cendre fine. De longs cheveux argentés cachaient le visage de la femme qui était apparue. Son corps laiteux semblase tendre quelques secondes. Dans un souffle, Yolinne murmura un nom, alarmée :

- Ev..Evangile...

Par Gabriel Thylin MSF le 12/6/2002 à 11:33:38 (#1640576)

:lit: :amour: J'adore :) et non c'est pas parceque mon nom est cité 5 fois...enfin pas que pour ca :D

Meurtre de l'√Ęme.

Par Yolinne MIP le 15/6/2002 à 5:07:40 (#1658593)

Le silence s'accrut lorsque les deux femmes se firent face. Le chambranle de la fen√™tre ployait sous le vent mena√ßant. Le sifflement de celui-ci se renfor√ßa, p√©n√©trant avec force la petite pi√®ce. La poussi√®re se soulevait en longs volutes autour de la blanche cr√©ature, livide. Ses longs cheveux √©parses, raidis sur ses √©paules nues, les yeux d'un blanc gla√ßant √©galement, on aurait pu croire en une de ses rares apparitions fant√īmatique, en omettant le c√īt√© effrayant pour le remplacer par une sensualit√© pouss√©e √† son comble, des formes on ne peut plus parfaites sur un corps pulpeux et immacul√©. Un long sourire langoureux s'√©tira sur les l√®vres du "spectre √©blouissant". Ce sourire aurait pu fondre n'importe quel coeur d'homme, mais il gla√ßait celui de Yolinne. M√™me si ses souvenirs √©taient √©llips√©s, elle savait en jaugeant Evangile que celle-ci repr√©sentait la mal incarn√©, la tentation la plus extr√™me, exquis d√©mon de tortures, savoureuse cr√©ature du mal d√©nu√© de stupidit√©. Quoi de plus effrayant qu'un tel monstre d'intelligence et de machiav√©lisme ? Elles ne disaient toutes deux plus un mot, le froid s'installant dans la pi√®ce devenue lugubre et sordide, voletant autour d'elles comme une brume opaque et pesante. La tension √©tait omnipr√©sente pour la jeune fille, en oppos√© au calme d√©stabilisant de la femme vampire.

Apr√®s quelques minutes de profond silence, Evangile avan√ßa en ondulant ses longues jambes nues, tr√®s lentemnt, comme si ele glissait √† pr√©sent sur le sol, telle ue ombre oppressante, un pi√®ge qui tombait droit sur Yolinne. Ses mains effleur√®rent le visage livide de la n√©philim, √©pousant ses contours avec gr√Ęce. Puis Evangile la regarda de pieds en cape, le sourire √©largi.

- Tu as bien changé depuis tout ce temps. Que sont ces appendices au plumage si sombre ? As tu atteint ton stade de chrysalide ? Ou n'est ce que le plaisir de me revoir qui t'a fait pousser ces ailes ?

Elle √©clata d'une rire r√©sonnant, sardonique, faisant sursauter la jeune femme. Elle en fit le tour lentement, passant ses mains comme des voiles sur le corps de celle qu'elle tenait sous sa vision tentatrice. Puis accrochant ses mains suavement √† son cou elle huma longuement l'odeur de la peau de sa proie, avec d√©lectation. Sa langue vint r√Ęper la peau du coup, provoquant une quantit√© de frissons d√©sagr√©ables sur la jeune femme paralys√©e par l'effroi. La vampire lui mordilla le cou, faisant perler une goutte fine de sang. Une douleur furtive, puis un engourdissement √©trange. Son ancienne ma√ģtresse la "go√Ľtait" avec d√©lices. Puis un grondement se fit entendre.

- Tiens donc ... Quelqu'un d'autre aurait go√Ľt√© de ton fluide ? un autre de mon esp√®ce ? Il a chang√© de saveur... Ou peut-√™tre est ce la peur qui rajoute cette note d'acidit√© ?

Yolinne ne répondait toujorus pas, sclérosée par la surprise et la peur, tremblante de nervosité. Arborant une petite moue, Evangile se plaça devant elle, le regard dur et froid.

- Et bien ? Réponds donc ! qu'attends tu ? Que je vienne dérouler ta langue ? Celà ne te fais donc pas plaisir de me revoir après tout ce temps ? Pourtant je t'avais promis mon retour... en buvant cette fiole qui transférait une partie de mes pouvoirs dans cette statue... Je te l'avais prédit. Alors pourquoi cette marque de surprise sur ton visage ? Aurais tu donc oublié ?!

Sa vois tonnait √† pr√©sent, assourdissante, per√ßante. Yolinne ferma les yeux avec force, essuyant les mots d'un ton cruel sans mot dire. Un claquement sec retentit, elle sentit son cou d√©vier d'un coup et sa joue lui br√Ľler. La main de la vampire venait de marquer son visage d'une tache rougeoyante, avec une violence inou√Įe. Les picotements assimilables a une br√Ľlure intense amen√®rent les larmes √† ses yeux. Pourtant elle ne broncha pas. Avec un souffle d'exasp√©ration, Evangile lui tourna le dos. Elle se dirigea promptement vers un d√©bris de rideaux lac√©r√© par le temps, et s'en habilla comme d'une toge roul√©e, le corps √† demi r√©v√©l√© par les fentes grotesques en lambeaux du tissu sombre. Et m√™me dans ces oripeaux aux airs de haillons, elle restait sublime, telle une madone inentach√©e. Puis elle sortit avec prestance de la pi√®ce sans m√™me jeter un regard √† celle qui √©tait plant√©e l√†, statufi√©e, prenant la place de l'effigie bris√©e. Elle √©tait venue pour savoir..pour comprendre.. et maintenant, elle r√©alisait avec horreur ce qui se passait. Toute une vie d'esclave, toute une vie de for√ßat et de prison qui revenait au galop reprendre sa vie, son √Ęme. Elle voulait combattre, restaurer sa vie, mais que pouvait elle contre ce monstre qu'elle savait plus puissant qu'elle ? Pour l'instant elle ne pouvait rien faire, elle n'avait aucune id√©e de comment terasser cette vermine... Il fallait jouer le jeu... Et peut-√™tre .. y laisser la vie...

Yolinne descendit l'ecalier doucement, le coeur battant. Elle entendait les pas résonner avec force dans les pièces du bas, la voix vociférante de la créature, si douce quelques instants auparavant et maintenant plein de rage. Respirant un grand coup, encore tremblantes elle se dirigea vers les échos. Abbaissant la tête quand survint Evangile, résignée, elle s'immobilisa. La vampire s'arrêta de même jaugeant la jeune femme. Lui parler.. prendre de l'assurance..ne pas faillir... Yolinne se martelait les mots dans l'esprit, imprégnant sa tête de ce qu'elle devait dire, sans une hésitation. Prenant son courage à deux mains, elle souffla d'une voix moyennement assurée.

- Je vous suis d√©vou√©e, mon √Ęme vous appartient, vous a toujours appartenue, au-del√† des si√®cles..au-del√† du temps..au-del√† de..la souffrance.. Je suis..venue vous lib√©rer de ce joug et vous retrouver enfin.. Pour que..vous puissiez de nouveau briller de mille feux et irradier ce monde de votre ..pr√©sence..

Le silence s'√©tablit un court instant, le temps d'un soupir, mais d'une √©ternit√© pour Yolinne. Elle serrait avidemment les doigts convuls√©s, crisp√©e au plus haut point. Une sueur froide d'abbattit sur elle, les yeux fix√©s au sol, attendant la sentence. Une main gla√ß√© releva sa t√™te, et un visage adoucit lui sourit avec gr√Ęce et distinction.

- Tu n'as pas perdu ta faculté de comprendre vite dis moi... Tu sais qui de nous deux est celle qui domine l'autre. Soit, je t'accorde le droit de me servir comme autrefois, tu étais un bon élément, et tu sais par-dessus tout ce qui incombe de me trahir, alors j'espère qu'aucune idée de cet acabit ne traversera ta pauvre cervelle.

Puis caressant sa joue du revers de la main, √©cartant les m√™ches rebelles, elle lui prit le menton de fa√ßon imposante, et lui effleura les l√®vres des siennes en u baiser moiteux et d√©licieux, vorace sur la fin. L'envie de d√©go√Ľt l'envahit, mais elle s'√©tait jurer de tenir.. Pour elle, son mari, ses fils, ses Fr√®res.. Elle se crispa l√©g√®rement mais se poussa √† trahir sa raison et accepter la caresse. La vengeance se ferait d'autant plus intense..si elle y arrivait un jour.... Si elle ne succombait pas au pouvoir d'Evangile non plus.. au pire... mourir. L'√™tre retira ses l√®vres gla√ßantes doucement, un sourire narquois y √©tant naquis.

- Tu as changé..mais tes lèvres ont la même douceur d'autrefois. Qu'en est il de ton corps ? et de ta tendresse envers moi ?

D'un geste sec, elle d√©chira ses v√™tement, mettant √† nu le corps de la n√©philim, frissonnant sous l'air marbrant sa peau blanche. Les mains p√Ęle s'enroul√®rent sur son corps, suivant les formes avec douceur. A la fois enivr√©e p&ar cette caresse somptueuse et le d√©go√Ľt √©loquent, Yolinne ne bougeait pas, frigorifi√©e et t√©tanis√©e par la terreur. Mais sa volont√© lui soufflait √† chaque instant de r√©sister au mieux, et elle ferma les yeux repensant √† ceux qu'elle aimait, leur adressant une fervente pri√®re. Puis la sensation du toucher s'√©loigna, et un rire √©clata. Quand Yolinne rouvrit les yeux, Evangile s'√©tait √©loign√©e, la d√©laissant parmi les friches de sa robe en lambeaux. Elle la ramassa le coeur lourd et s'en habilla du mieux qu'elle pu. Elle se vengerait oui, elle se vengerait...

Le dernier sursaut d'épouvante et d'espoir.

Par Yolinne MIP le 15/6/2002 à 6:25:30 (#1658662)

Quelques jours pass√®rent. Le d√©go√Ľt montait chaque jour un peu plus, quand les doigts gel√© d'Evangile parcourait son corps comme un d√Ľ, quand elle se faisait traiter telle une vulgaire servante, quand son sang partait √† travers la gorge de celle qui assouvissait ses plaisirs de sang et de volupt√©. Chaque nuit √©tait un supplice, et chaque jour, tandis que la vampire s'enfermait pour se reposer √† l'abri des rayons dardant, elle fouillait conscienceusment la biblioth√®que √† la recherche de la solution qui lui permettrait d'an√©antir une fois pour toutes le monstre. Combien de livres elle √©cuma, combien d'heures elle passa ainsi harass√©e de fatigue, √©croul√©e de chagrin en repensant √† sa moiti√© laiss√©e loin l√†-bas... Nul ne saurait le dire. Ses larmes jonchaient les livres moisis, ses mains feuilletaient les pages d√©fra√ģchies, parfois tombant en poussi√®re, f√©brilement, agit√©es par l'√©nergie du d√©sespoir. Et pourtant un faible espoir subsistait. Evangile √©tait une magicienne hors-pair, mais peut-√™tre avait elle ce d√©faut que tous les sorciers ammassaient tel le pouvoir comme un monceau de gemmes qui attiraient la convoitise... jusqu'√† la formule provoquant leur propre mort. En ceci r√©sidait le seul et faible lien qui pouvait la sauver. Mais il fallait faire vite, la vampire reprenait des forces chaque jour, s'abreuvant de sang, regagnant ses pouvoirs, et chaque jour retardait maladivement l'√©ch√©ance de leur d√©part. Evangile en parlait, les yeux brillants. Elle voulait voir ce que le monde √©tait devenu, quelles seraient les nouvelles proies, quelle puissance elle allait pouvoir s'accaparer apr√®s tant de si√®cles d'absence. Il fallait faire vite...

A bout de force, les joues strill√©es de fatigue et de tristesse, le teint p√Ęli par les succions nocturnes et les membres affaiblis, les pages des livres tournoyaient, elle √©tait dans un √©tat proche de la transe alors que ses yeux rougis parcouraient avidemment les lignes de savoir vieillies. De nombreux ouvrages traitaient du vampirisme, et Yolinne avait fini, par exp√©rience √† accumuler d'autres choses sur ces √™tres de la nuit. Elle d√©nicha √† l'aube du 12 √®me jour un grimoire aux pages coll√©es par une glu verd√Ętre. Ecartant les feuillet avec pr√©cision et patience, son regard s'abreuva de la lecture cabalistique. C'√©tait un livre de rituels anciens, √† base de magie noire, √† base de ce fluide vital dont se rassasiait Evangile. Un long soupir de soulagement passa les l√®vres presqu'exsangues de la s√©l√©nite. Le plan...pouvait √† pr√©sent se construire...

Deux jours plus tard, elle d√©cida, malgr√© les risques de mettre son plan √† √©x√©cution. Elle se faufila √† l"ext√©rieur du manoir durant le jour et s'affaira √† trouver l'objet de sa d√©livrance. Par bonheur, alors qu'elle se rapprochait de la for√™t, elle entendit un mart√®lement lointain. A pas de loup, calfeutr√©e dans la nature environnante, elle aper√ßut un homme. De carrure moyenne, trapu, il cognait l'√©corce d'un arbre avec force. C'√©tait un b√Ľcheron, venu se perdre dans ce bois dense, la nature aux alentours assez pauvre en mati√®re de bois. L'endroit √©tait assez √©loign√© de la demeure, mais c'√©tait la seule solution. A pas feutr√©s elle arriva dans son dos, murmura quelques mots de pouvoir. Aussit√īt des racines s'√©lev√®rent du sol et virent entraver les mouvements de l'homme qui poussa un cri rauque de surprise. Yolinne en profita pour planter un couteau qu'elle avait derob√© dans l'antique cuisine et lui enfon√ßa droit dans le coeur, relevant la lame vers le haut, dechirant les tissus musculaires. Le souffle court, elle vit la masse s'efondrer peu √† peu, poussant un r√Ęle d'agonie. Elle ferma les yeux, au bord de la folie, jurant au mourrant qu'elle n'avait pas eu le choix, d√©versant de nombreuses larmes sur son corps. Les deniers sacrements donn√©s en m√©moire de ce pauvre innocent, le coeur lourd de reproches, elle tra√ģna la d√©pouille jusqu'√† la demeure, usant de cordes et de branchages pour lui faciliter la t√Ęche. Elle leva les yeux vers le ciel : C'√©tait d√©j√† le d√©but de l'apr√®s midi. Il ne lui restait plus baucoup de temps... Elle lava le corps en entier, lui remis ses v√™tements. Puis elle concocta une poudre brun√Ętre avec ces connaissances d'alchimie et les quelques ingr√©dients qu'elle avait amen√©s avec elle. Puis elle fabriqua une autre poudre, noir√Ętre en broyant quelques artifices de magie noire, qu'elle avait retrouv√© presqu'intacts dans une des pi√®ces de la maison, les yeux riv√©s sur plusieurs livres, dont celui qui serait probablement celui de la d√©livrance... Le soleil commen√ßait √† se coucher quand elle regarda le travail qu'elle avait accompli. Une derni√®re pri√®re..tout devait marcher...sinon elle courrait √† sa perte, et droit vers le gouffre b√©ant de la mort.

Le cr√©puscule tombait lourdement, les derni√®res lueurs du jour disparaissaient, embras√©es par un ciel rougeoyant et un soleil mourrant. Puis les t√©n√®bres s'empar√®rent peu √† peu des alentours, plongeant la demeure dans l'obscurit√©. Un l√©ger courant d'air se propageait dans la demeure, glac√©, chantant un hymne aux t√©n√®bres sombre, sifflant avec persistance dans tous les recoins. La faible lueur d'une bougie qui tremblotait dans la p√©nombre en haut du grand escalier. La Dame des lieux se dressait, marchant avec gr√Ęce, lenteur, dans un tissu d√©chir√© et tra√ģnant, moulant son corps. Elle glissait...le regard fier, un sourire en coin sur ses l√®vres, le soruire de son r√©veil macabre et assoiff√©. La lueur √©clairait tr√®s peu, seuls les traits d√©tendus de son visage √©tait plus ou moins discernables. Elle descendit l'escalier, gardant la prestance d'une reine, et l'apparance d'une banshee. Yolinne avait entendu les bruits discrets du r√©veil d'Evangile et se tenait droite, au pied des majestueuses et cro√Ľlantes marches, la t√™te baiss√©e avec soumission. Quand Evangile ariva √† sa hauteur, la jeune femme murmura d'une voix atone et r√©sign√©e.

- Afin de vous combler, j'ai pris l'initiative aujourd'hui.. de chasser..Une offrande en votre honneur...J'espère que vous l'apprécierez...

Puis elle √©tendit la main que celle du vampire se pose dessus, afin de la conduire. Elles arriv√®rent dans une chambre peu √©clair√©e, le sol √©tait envelopp√© de p√©nombre. Quelques bougies plac√©es en hauteur formait un halo indistincts, faiblard et vacillant. Toutefois on distinguait au centre de la pi√®ce une chaise, o√Ļ un corps semblait assoupi. Les yeux d'Evangile s'aggrandirent de gourmandise. Elle s'avan√ßa vers la forme, avec une pointe d'empressement. Sa main passa sur la joue de l'homme, si chaude, si palpitante encore. Les joues rougies et boursoufflees de l'homme semblaient gorg√© de ce sang si doux, si sirupeux. Yolinne restait en arri√®re, silencieuse. Avec un petit cri d'excitation, Evangile se otourna vers elle, le sourire √©blouissant, puis retourna son regard, envo√Ľt√©e par le cou offert de la victime. Yolinne avan√ßa alors, une atham√©e brillante dans la main. Souriant timidement √† sa "ma√ģtresse", elle prit docuement la t√™te de l'homme et fit une incision l√©g√®re dans le cou de celui-ci. Un fin filet du pr√©cieux liquide vital s'en √©coula, paresseusement, qu'elle recueillit en une coupe. Une fois cette derni√®re pleine, elle la tendit a Evangile avec assurance. Puis s'abaissant elle se retira dans les ombres, laissant la cr√©ature √† sa d√©gustation. La coupe s'approcha lentement des l√®vres ; la langue d'Evangile caressa le m√©tal froid, avant de poser ses pulpeuses l√®vres sur le rebord du r√©cipient. Une gorg√©e s'√©coula dans la gorge de la buveuse de vie, les traits de plus en plus appais√©s. elle d√©gagea la coupe lentement, les yeux clos par le plaisir de sentir le fluide coulant dans sa trach√©e. Ce go√Ľt..si doux..si d√©lectable, bien qu'un peu amer mais si..raffraichissant..Ce liquide qui brpulait ses l√®vres encore chaudes, qui aggripait le long de sa gorge...qui br√Ľlait..intens√©ment.. Elle ouvrit les yeux d'un coup, et l√Ęcha la coupe qui s'√©crasa au sol dans un fracas et porta la main √† sa gorge semblant suffoquer. Elle cracha quelques tra√ģn√©e de la substance visqueuse, tout en s'√©touffant. Un coup de vent brusque, un froid mordant. Une lame avait surgit des ombres et avait tranch√© net la gorge mise √† nue de la cr√©ature. Elle ressentit une vive douleur, et √©crasa ses mains sur la plaie b√©ante. Les yeux fous elle se retourna, mais Yolinne avait d√©j√† recul√© vivement. Elle vocif√©ra une √©trange parole, pr√™te √† incanter contre l'impudente, mais a√† peine une de ses gouttes de sang eut atteint le sol qu'une formidable colonne de lumi√®re verd√Ętre sortit du sol, paralysant les mouvements de la sorci√®re. Autour d'elle brillait une pentacle de lumi√®re assourdissante, rouge√Ętre, fumant au fur et √† mesure que le sol buvait le sang. Elle fixa Yolinne avec haine, mais la douleur surpassait la col√®re. Elel baissa les yeux et vit son propre sang se r√©pndre au sol, s'√©chappant en fum√©e d√®s qu'il avait touch√© le pentacle. Un vent violent se mit a mugir; plus elle se vidait, plus son visage se d√©formait ; plus ses forces √©taient d√©cupl√©e, avec fr√©n√©sie. Un long hurlement s'ensuivit, et ses bras se lev√®rent vers le haut. Une puissance inimaginable se d√©g√©geait, une fureur incroyable. Le corps de l'homme se d√©sagr√©gea litt√©ralement sous la violence de l'impact. Le vampire gagnait en puissance, sa soif se d√©cuplant et menant ainsi ses force au paroxysme. Yolinne se tenait dans l'encadrure de la porte, le corps tremblant convulsivement. La vue d'Evangile d√©form√©e par la haine et la Soif, lui d√©chirait le coeur, relique de cette personnalit√© vou√©e √† servir la femme vampire. Elle se tint la t√™te, les mains crisp√©es aux tempes, et fut projet√©e violemment en arri√®re. Abasourdie par le chos, elle se releva pantelante, titubante. Elle elva les yeux et vit vec horreur une spirale noire et glac√©e entourer Evangile, les cheveux blancs volant , d√©cha√ģn√©s par les vents puissants, le cri d√©chirant l'espace. Pouss√©e par la folie, la vengeance et le d√©sespoir, Yolinne √©tendit els bras devant elle, et cria une incantation de flammes. La traits partit de ses paumes et vint se propager dans la pi√®ce telle une fournaise. Puis voyant la derni√®re image du montre l√©ch√© par les flammes, et se pr√©cipitant dans un dernier √©lan de folie meurtri√®re vers elle, elle tourna le talons et s'enfuit √† coeur perdu, refermant les portes avec pr√©cipitation derri√®re elle, lan√ßant par instants de nouvelles flammes afin de br√Ľler l'√©difice. A perdre haleine, elle courut vers la grande porte, sortit au dehors, claquant cette derni√®re. La maison s'alluma comme une torche en une fum√©e naus√©abonde et noire. Yolinne tr√©bucha et s'√©tala de tout son long. Sa t√™te percuta une lourde pierre, et ... ce fut le noir complet.

Douleur a√Įgue, sensation de br√Ľlure.. Etait elle morte ? ayant accompagn√© Evangile dans le brasier ? Ses paupi√®res vacill√®rent quelques instants puis s'ouvrir avec peine. Elle √©tait allong√©e dans l'herbe fra√Įche, et la lumi√®re du jour √©tincelait, br√Ľlant ses yeux endoloris. Elle se releva p√©niblement, les yeux clignotants. Deei√®re elle, une fum√©e encore √©paisse sortait d'une masse en ruine, d√©vast√©e par les reliques d'un incendie gigantesque. La peau de son visage √©tait br√Ľl√©e √† maints endroits, sa robe √©tait entaill√©e et ses jambes avaient du mal √† se mouvoir, couvertes de br√Ľlures diverses et de plaies. Elle essuya son front douloureusement. Du sang s√©ch√© vint maculer sa paume, elle avait si mal ... Elle reposa de nouveau la t√™te contre l'herbe et s'endormit, √† bout de fatigue...

Par Dodgee MIP le 15/6/2002 à 7:52:57 (#1658743)

Oh m'amzelle que vous avez de belles dents!

Par Ashraam Darken le 15/6/2002 à 11:36:26 (#1659345)

:lit:

:)

Par Alanis Lyn le 15/6/2002 à 11:53:52 (#1659422)

Un plaisir a lire...

Par Gabriel Thylin MSF le 15/6/2002 à 15:28:14 (#1660653)

:lit: :amour: J'adore toujours autant meme si la mon nom n'est meme pas cité :D

Explications.

Par Yolinne MIP le 15/6/2002 à 21:37:27 (#1662814)

Elle se r√©veilla plus tard, dans un lit sobre, les blessures pans√©es, une robe de coton sur le corps, blanche. Les mots de t√™te √©taient encore pr√©sent, et son esprit √©tait encore embrum√©. Elle se redressa en position assise et regarda autour d'elle. C'√©tait une petite maison sans pr√©somptions, mais inconnue. Etait-ce un r√™ve ? une hallucination ? Avait elle finalement succomb√© √† ses blessures ? Une petite porte sur le c√īt√© s'ouvrit et un dame dune corpulence moyenne entra, une bassine √† la main. Quand elle vit la jeune femme √©veill√©e, un grand sourire jovial vint orner son visage. Elle s'avan√ßa toute contente, et s'assit sur le bord du lit sous les yeux √©tonn√©e de la convalescente.

- Ben alors ma ptite dame ! j'suis bin contente de vous voir r√©veill√©s dites donc ! Vous nous avez fait peur hein ! Un peu plus et j'pense que la mort √©tait tout pr√®s ! Heureusement que mon gars il vous a trouv√©e hein ! Vous √™tes encore toute pal√ītte, tenez vous prendrez bin un peu d'soupe pour vous revigorer !

Encore étourdie de sommeil et de fatigue, Yolinne la regarda de ses yeux vaseux et articula péniblement.

- Que..s'est il passé au juste ? je ne me souviens pas très bien.. je suis .. confuse..

La bonne dame s'arrêta quelques instants et lui pris la main.

- J'vais vous raconter c'que je sais ma ptite dame. Mon gars il cherchait un de ses amis dans la forêt qui avait disparu. Il a juste retrouvé sa hache avec une ptite mare de sang, il a pensé que les loups étaient v'nus manger le pauvre gars, quand il a vu un feu pas loin. Sachant qu'un incendie s'est dangereux pour la forêt il s'est précipité pour voir, et il vous a trouvée allongée par terre, toute blessée. Il a pas rélechi plus il vous a emmenée à la maison que j'vous soigne, trimballée sur son dos. Le feu avait bien mordu vos jambes, on a eu peur pour vous.

Une brusque peur s'ensuivit dans l'esprit de Yolinne. Alarmée elle demanda avec précipitation :

- Et vous ..il n'y avait rien d'autre ? personne d'autre ? l'endroit était il désert ?

- Ah ben ça, non y'avait personne d'autre. C'était une vraie fournaise vous savez, même vous vous étiez près des flammes ! Encore heureux qu'il soit passéé par là mon gars. Mais j'pense pas qu'il ait vu autre chose.

Yolinne se releva paniquée. Il fallait qu'elle sache si ses efforts n'avaient pas été vains, elle se releva avec peine, tentant de sortir de sa couche.

Je ..je dois aller vérifier, vite..

La paysanne l'empoigna doucement par le bras et la rallongea d'une force s√Ľre.

- Allons allons ma ptite dame, ca fait bien deux semaines que vous dormez l√†. Et pis vous etes encore un peu p√Ęlichonne, j'crois bin que vous devez vous reposer encore. Allez mangez donc de la soupe et restez alit√©e, ca vaudra mieux.

Yolinne se laissa faire, encore faible. Elle se soumis aux ordres de la ma√ģtresse de maison et ingurgita un bouillon clair, puis laissa de nouveau sa t√™te reposer sur l'oreiller. Elle ferma les yeux doucement, se rem√©morant ce qui s'√©tai pass√©. Elle esp√©rait que son plan avait march√©, elle avait appliqu√© soigneusement ce qu'il fallait faire.. Tout d'abord elle avait diffus√© dans le corps du mort la poudre m√©lang√©e √† de l'argile et de l'eau pour laisser une apparente fra√ģcheur au corps, comme on le faisait aux fun√©railles, laissant au mort une impression de vie, r√©chauffant le sang qu'il ne caille pas. Elle avait lu dans un des nombreux √©crits que faire boire √† un vampire le sang d'un mort √©tait pour eux comme un poison. Evangile avait plong√© dans le pi√®ge. Ensuite, dans la pi√®ce elle avait trac√© avec attention la figure de sorcellerie. Ce rituel permettait de paralyser la victime, au moment o√Ļ son sang se m√™lait aux autres ingr√©dients. La vue du sang s'√©chappant sans pouvoir rien y faire √©tait la pire chose pour ces cr√©atures, et au moment o√Ļ cette r√©serve pr√©cieuse s'√©coulait, le vampire entrait dans une phase de fr√©n√©sie, d√©vastant tout sur son passage, d√Ľe √† une soif exacerb√©e. Il avait fallu alors br√Ľler la cr√©ature avant qu'elle ne puisse se lib√©rer du sort, celui-ci √©tant amplifi√© tout de m√™me sans cesse au fur et √† mesure que le sang l'alimentait. Mais Evangile avait bien surv√©cu une fois √† cette "seconde mort", en √©tait il de m√™me cette fois-ci ? Elle l'esp√©rait ardemment..la fin de ce cauchemar... Mais elle ne pouvait v√©rifier que ce plan e√Ľt march√©...

Elle resta encore une semaine dans ce petit havre de paix et de repos. PUis elle revint sur les lieux du drame. La demeure √©tait r√©duite en cendre, dans un √©tat encore plus triste et d√©plorable. Les flammes avait l√™ch√© les murs, noircissant tout d'une couche de carbone √©pais. Rien ne subistait, tout n'√©tait que cendre et d√©solation. Il √©tait impossible de v√©rifier si les corps √©taient encore l√†, il fallait juste prier pour que cette mascarade e√Ľt march√©. Toutefois, m√™me si ses blessures avaient cicatris√© avec le temps, la plaie b√©ante que ressentait son coeur perdura longtemps... Ces souvenirs ind√©libiles, imprim√©s au plus profond de sa m√©moire, mais qu'elle sut avec le teps m√©nager pour ne pas sombrer dans la folie. Aujourd'hui elle avait v√©cu tant √† ce niveau que la peur l'avait quitt√©, pour avoir trop empli son √Ęme. Peut-√™tre √©tait ce l'origine de sa t√©m√©rit√© √† toute √©preuve qu'elle avait oppos√© aux haruspiciens et aux ogrimariens. Peut-√™tre... Peut-√™tre √©tait-ce aussi parce qu'elle avait trop v√©cu que sa vie lui paraissait si morne √† pr√©sent. Qui sait .. ? Elle du moins l'ignorait. Ce n'√©tait plus que les pages tourn√©es du grand livre de sa vie, qu'elle tenait secret, que personne ne savait, ni m√™me pouvait deviner.. Peut-√™tre resterait-ce toujours ainsi... Qu'elle seule saurait ce qu'il √©tait advenu... Peut-√™tre...

post-it :p

Par Yolinne MIP le 15/6/2002 à 23:19:28 (#1663367)

et voila pif paf pouf Suite et End of the story, 6 mois d'attente, quelques bonnes heures d'ecriture (notam de longues nuit a grogner) et finalement j'arrete de vous ennuyer avec ce BG, le reste de la vie de Yolinne s'etant passe en jeu, je vous ai offert ce qui se passait en coulisses =) . Merci a ceux qui m'ont soutenue dans cette epreuve et m'ont poussee a reflechir a faire les suites reclamees :p, merci a ceux qui ont brave certains passages je le sais tres longs (peut etre ennuyeux :p) et heureuse si ce recit vous a plu =).



Yo*this is the end....beautiful friend the end..*yo

Par Feu Subtil le 17/6/2002 à 6:46:07 (#1670298)

:lit:

un personnage complexe et très sensible dont les rencontres se sont toujours passées avec un réel plaisir.



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