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Retour à Trandling - 45ème partie

Par Zeed Mithror le 8/6/2002 à 15:35:22 (#1615292)

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Le village fant√īme

Dans les souvenirs de Tolem Darnig, Banris √©tait un petit village fort accueillant. Nich√© au coeur d'une large vall√©e et travers√© par un ru glac√© qui cascadait des montagnes toutes proches. Presque introuvable si l'on ne savait o√Ļ le chercher, il n'√©tait mentionn√© que sur la carte du duch√© d'Armion, l'un de ces duch√©s √† demi-libres servant de fronti√®re avec les terres du nord. Quoiqu'il eut √©t√© plus juste de dire que les montagnes quasiment infranchissables qui le bordaient au nord servaient √† la fois de fronti√®re au duch√© et aux provinces de la conf√©d√©ration. Cymod √©tait bien loin au sud-est, si bien que les rares passages de colporteurs perdus faisaient g√©n√©ralement figure de grands √©v√©nements. Le march√© qui animait la grand-place √©tait d'ordinaire la seule occasion pour chacun de se distraire un peu des travaux des champs tout en s'approvisionnant.

Mais ce matin l√† ce qui restait du village semblait vide et les seuls bruits venant troubler le silence des lieux √©taient celui du vent sifflant sur les d√©combres des maisons qui jadis se dressaient en un large cercle et celui des bottes de Tolem Darnig et de B√©rig, son √©l√®ve et compagnon de voyage, foulant la terre battue. Un seul homme se tenait debout au milieu de la place, les jambes l√©g√®rement √©cart√©es et les bras crois√©s sur une tunique de cuir tann√©. Ses longs cheveux de jais descendaient, raides, sur des √©paules dignes d'un b√Ľcheron, ce qui du reste √©tait son m√©tier en dehors des p√©riodes de chasse. Les deux tranchants de la grande hache pos√©e contre sa jambe avaient l'√©clat froid et glac√© de l'acier longuement poli. Eclat qui sembla envahir son regard √©trangement clair lorsqu'il ouvrit les yeux pour les tourner vers les deux hommes qui s'avan√ßaient vers lui.

Ceux-ci s'√©taient v√™tus de haillons pour voyager mais les laiss√®rent tomber sur l'aire de terre battue apr√®s l'avoir reconnu, laissant appara√ģtre pour l'un comme pour l'autre un plastron de maille √† la fois l√©ger et solide pass√© par dessus une chemise de lin. Ils portaient tous deux un bouclier rond de bois bard√© de m√©tal au bras gauche. Un observateur averti aurait remarqu√© que la tranche des boucliers avait √©t√© aiguis√©e et que le milieu de leur face externe arborait une longue pointe, les d√©tournant ainsi de leur usage premier totalement d√©fensif. Ils avaient de plus un sac √† l'√©paule et une √©p√©e longue au cot√©. Tous deux semblaient √©galement grands et bien b√Ętis. Mais si rien dans leur √©quipement o√Ļ leur stature ne semblait pouvoir les diff√©rencier l'un de l'autre il en allait diff√©remment de leurs visages. Le plus √Ęg√© devait avoir d√©j√† presque quarante ans √† en croire les quelques cheveux blancs qui parsemaient ses tempes noires et la barbe masquant un menton carr√© et pro√©minent. Le plus jeune aurait pu passer pour son fils si son visage n'avait √©t√© si radicalement diff√©rent : ovale, fin et imberbe.

- Le bonjour Gohr, dit Tolem en serrant le bras tendu de celui qui les avait attendus
- Le bonjour Tolem et Bérig, répondit le jeune homme.
- Venez, le vieil ours vous attends √† l'int√©rieur, reprit-il en pointant le doigt vers une masure un peu moins d√©molie que le reste des b√Ętisses environnantes.

Les trois hommes pouss√®rent la porte grin√ßante pour d√©couvrir assis √† une table rafistol√©e un homme que les termes employ√©s par Gohr d√©crivaient parfaitement. Il devait avoir v√©cu une cinquantaine d'ann√©es et quand il se leva pour accueillir les arrivants ils eurent r√©ellement l'impression qu'un ours se dressait devant eux. D'ordinaire de telles forces de la nature finissaient par vivre de leurs muscles, soit dans l'ar√®ne, soit dans l'arm√©e. √á'avait √©t√© son cas dans le pass√©. Il √©tait n√© esclave dans une province de l'est dont lui m√™me ne se rappelait plus le nom et avait √©t√© gladiateur √† Cymod quelques ann√©es, le temps que les spectateurs se lassent de ses victoires et qu'il soit affranchi, ayant fait la fortune de son ma√ģtre qui, par la suite, avait fait une mauvaise chute dans une ruelle un peu sombre. Depuis il monnayait ses services de chasseur d'ours dans les contr√©es nordiques et avait pris Gohr comme √©l√®ve quand il s'√©tait av√©r√© qu'il √©tait lui aussi un berserker.

√á'avait √©t√© une chance pour Gohr que sa premi√®re crise le prenne √† l'√©cart de tous sauf de Boru le vieil ours car s'il y avait eu des t√©moins il aurait probablement √©t√© chass√© et abattu par la milice locale. La rage berserk √©tait extr√™mement rare autant que dangereuse et crainte... et le plus souvent ceux qu'elle prenait en public finissaient dans une ar√®ne ou ¬ę neutralis√©s ¬Ľ d√©finitivement par la population dans une vague d'hyst√©rie collective. Pour cela, les berserkers vivaient et mourraient √† l'√©cart de tous, loin de la richesse des cit√©s, loin des distractions des f√™tes de village, loin de la gait√© des tavernes et du confort des auberges. Pour cela ils finissaient invariablement chasseurs, gladiateurs ou b√Ľcherons, libres de se livrer √† leur transe sauvage sans pour autant mettre en danger les gens les entourant. M√™me dans les cas o√Ļ, comme Boru et Gohr ou Tolem et B√©rig, certains anciens prenaient sous leur aile un ¬ę √©l√®ve ¬Ľ, ils ne vivaient pas en permanence ensemble, restant le plus souvent √† plusieurs lieues l'un de l'autre et ne se retrouvant que lorsque le plus jeune avait besoin d'un conseil avis√©. Les berserkers √©taient des solitaires. Le fait que quatre d'entre eux se trouvent r√©unis dans un m√™me village √©tait proprement exceptionnel et ne s'√©tait pas produit depuis plusieurs d√©cennies.

La plupart des berserkers étaient méconnus, se cachant du reste des hommes. Les deux seuls pouvant afficher leur nature publiquement sans risquer d'être réellement inquiétés s'ils se montraient prudents étaient Boru le vieil ours dont on disait que vingt gardes d'élite de la garde du conseil n'avaient pas osé bouger pour l'arrêter et celui qui, cumulant les paradoxes, était devenu paladin d'un ordre de rédempteurs et général des armées de Cymod, le démon de Trandling et père de famille, Zeed Mithror.

Seuls les deux plus √Ęg√©s se connaissaient d√©j√† pour s'√™tre d√©j√† crois√©s par le pass√© mais les pr√©sentations furent abr√©g√©es par la gravit√© des √©v√©nements :

- Les autres ne viendront plus à présent, dit Boru.
- Pourtant ils ont du recevoir le même message du mage Zarik Olin, non ? S'enquit Gohr.
- Probablement, mon gar√ßon, mais ils ont du √™tre confront√©s eux aussi aux m√™mes soucis que nous, r√©pondit son a√ģn√©.
- Et je gage qu'ils auront été retardés au moins plus que nous si ce n'est définitivement par quelque bande d'hommes en noir, ajouta le jeune Bérig.
- Retardés seulement j'espère, répartit Tolem Darnig. En tout cas c'est une chance pour nous que d'avoir été deux. Si j'avais du affronter nos adversaires seuls je serais probablement morts.
- Oui j'ai eu l'impression qu'ils s'attendaient à me trouver seul moi aussi, reprit le vieil ours. Quoi qu'il en soit nous ne pouvons attendre plus longtemps. En partant immédiatement nous pourrons profiter des quelques heures de jour qui restent pour avancer. Nous parlerons en chemin. En marchant vite nous devrions arriver au pied de la passe de Trandling dans huit jours.
- Je pense qu'on peut faire mieux, dit Bérig.
- C'est sur, tout ce qui peut nous ralentir c'est que les a√ģn√©s s'essoufflent ajouta Gohr avec un petit sourire entendu.
- Nous en reparlerons quand les gamins cracheront leur langue, lança Boru à Tolem avec un clin d'oeil.

Le soleil se coucha sur un village à nouveau déserté de tous. Ses habitants ayant fui depuis des semaines le mal venu de Trandling, les derniers voyageurs courant l'affronter.

Par Llenlleawg le 8/6/2002 à 15:55:43 (#1615379)

:chut: :lit:
Encore, encore et toujours encore.
je sai je me répète certainement mais qu'on aime on ne compte pas.
:merci:

Par Dodgee MIP le 8/6/2002 à 19:32:16 (#1616536)

Demandez votre feuillet! Demandez la 45ème partie!

*tend des feuillets imprimés à l'assistance*

Par Galadorn le 9/6/2002 à 17:18:44 (#1621791)

Arrf
:)

Zeed nous pond un épisode imprévu alors que je suis noyé dans la suite du 44, et en plus c'est un petit bijou...

Vous comprenez pourquoi c'est Zeedouille le chef, maintenant?
:cool:

Par Alith Anar le 9/6/2002 à 19:45:14 (#1622595)

Talentueux l'Zeedouille.

Par Lorana le 9/6/2002 à 21:40:13 (#1623307)

:lit: :amour: Allez en haut toi,tu merites bien mieux que tout ces vilains posts hrp ;)

Une fois de plus je m'incline devant tant de talent :merci:

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