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Mulholland Drive

Par Greumlins le 30/1/2002 à 20:55:28 (#821396)

Y en a-t-il parmi vous qui auraient vu ce film de David Lynch ? Qu'en avez vous pensé ? Quelle est votre hypothèse quand à l'organisation logiques des évènements ? (mon explication, je la garde pour + tard, il nous a fallu qqs heures avec une amie pour y arriver ... :))

Par Jet le 30/1/2002 à 21:24:13 (#821631)

je l'ai loopé au cinéma mais dès qu"il sort en divx je me jette dessus ;)

Par Caepolla amp; Ubaldis le 30/1/2002 à 23:43:46 (#822625)

J'ai vu, et j'ai vraiment apprécié. Certainement un des films que j'ai le plus apprécié parmi ceux que j'ai vu cette année.

Mega-giga spoiler après. Ne venez pas pleurer si vous continuer de lire alors que vous n'avez pas vu le film !


Quant à mon hypothèse sur le déroulement du scénario (que ça fait couler d'encre ce sujet) : tout le film depuis le début n'est qu'un rêve/fantasme, et la réalité n'est representée qu'à partir de l'ouverture de la boîte bleue où on nous montre ce qui s'est réellement passé.

Je fais une citation (je n'arrive pas à faire un lien direct)
d'un message de Quantik sur le forum de Télérama (ils ont d'ailleurs crée une section de forum pour le film qui contient environ 500 messages, la plupart assez pertinents) qui synthétise bien cette idée :


Voici donc mon interprétation de "mulholland drive",
que je mets sur ce forum pour la confronter à vos
avis, vos versions. Je ne prétends pas que ce soit la
seule et unique, et j'espère bien que d'autres
intervenants me feront douter !

Le film est fondé sur un découpage rêve/réalité. La
réalité correspond au dernier quart du film, le reste
n'est que chimères issues de la culpabilité de Diane
(bien que certains passages du début du film
correspondent à des faits réels).

Diane est une actrice ratée. Elle a rencontré
Camilla, qui l'a aidée à obtenir des rôles. Diane est
follement amoureuse de Camilla. Mais Camilla va se
marier avec Adam, réalisateur en vogue. Pire que
tout, elle se joue d'elle, en lui étalant son bonheur
sous le nez lors d'un horrible diner. Diane décide de
faire tuer Camilla. Pour ce cela, elle engage un
tueur, qui lui dit qu'elle trouvera une clef bleue
quand le travail sera fait. Et Diane finit par
trouver cette clef bleue. Elle culpabilise, et rêve.
Elle rêve qu'elle va tout changer, qu'elle va arrêter
cette folie. Diana rêve qu'elle est à nouveau
innocente. Et comme dans le rêve elle ne peut être
Diane (qui n'est pas innocente), elle sera Betty,
l'innocente serveuse qui lui a servi le café lors de
son redez-vous avec le tueur à gages. Tout le rêve
est un reflet déformé de la réalité, que Diane peuple
de gens issus du réel, mais où ils ne jouent pas
forcément le même rôle (par exemple Coco, qui dans la
réalité est la mère d'Adam, devient une concierge
dans le rêve).
Le film commence donc dans le rêve, où le double
onirique de Camilla (que nous appelerons Rita)
échappe à la tentative de meurtre (la scène dans la
limousine est un reflet de la scène où Camilla invite
Diane à la soirée pour lui annoncer qu'elle va se
marier). Pendant ce temps, l'innocente Betty arrive à
Hollywood avec des rêves plein la tête (symbolisés
pas le couple de petits vieux). Elle rencontre Rita,
qu'elle va essayer d'aider. Toutes deux vont donc
enquêter sur elles-mêmes. La clef bleue étrange
trouvée par Rita dans son sac est le reflet de la
clef du tueur, et l'argent est bien sûr l'argent que
Diane a donné au tueur de la réalité. Au café, la
serveuse est devenue Diane (puisque Diane et Betty
ont inversé leurs rôles). Voilà nos deux filles sur
le piste de la vraie Diane. Quand Betty appelle chez
Diane, elle dit "c'est bizarre de s'appeller
soi-même". Elle parle à Rita, car elle ignore que
c'est elle-même qu'elle appelle. Finalement, Betty
finit à avouer à Rita qu'elle l'aime. En faisant
l'amour, toutes deux retrouvent donc qui elles sont.
Il est alors normal qu'elles aillent au théatre où
tout leur est révélé. La représentation scelle le
sort de Betty : "tout est enregistré", expliquent les
acteurs. Tout est enregistré, on ne peut pas changer
le passé, tout a déjà eu lieu. Rideau. Betty trouve
alors le cube bleu, porte de sortie du rêve. Le cube
bleu est ce qui relie Betty à Diane, il est la
culpabilité de Diane. Il est alors normal que Betty
disparaisse lorsque Rita veut ouvrir la boite : Betty
est innocente, en ouvrant le cube bleu Betty doit
redevenir Diane. Rita ouvre le cube, qui ouvre sur la
réalité, où Diane se reveille.

On peut maintenant comprendre les autres éléments de
la première partie du film. Les producteurs qui
essaient de forcer Adam à embaucher une actrice dont
il ne veut pas représentent disons "le destin" qui
fait que Adam va rencontrer Camilla et tomber
amoureux d'elle. L'homme difforme derrière la vitre
incarne la volonté de Diane (il se trouve donc de
l'autre coté du miroir, dans la réalité) : il dit aux
producteurs de "tout arrêter" mais ils ne le font
pas. Les évenements qui arrivent à Adam (sa femme qui
le trompe avec un nettoyeur de piscine) sont les
seuls élements que Diane connait de la vie d'Adam (il
l'a raconté lors du diner avec Camilla). Donc, bien
qu'ils soient dans le partie onirique du film, ils
correspondent à des faits réels.
A noter que comme, dans le rêve, Rita n'est pas
Camilla, il faut bien quelqu'un joue le rôle de
Camilla. Diane fait jouer le rôle de la Camilla
onirique à quelqu'un qu'elle déteste : la fille que
la vraie Camilla a embrassé lors du fameux diner,
afin de faire encore plus de mal à Diane.

Le cow-boy est un peu, lui aussi, le destin. Mais il
incarne les valeurs de l'amérique profonde, la morale
: dans le rêve de Diane les valeurs sont respectées.

On peut même comprendre pourquoi le producteur vomit
le café qu'on lui sert. Ce café est le reflet
onirique du café que se prépare Diane juste avant de
rejoindre Camilla sur le canapé, où cette dernière
lui dit que tout est fini. Ce café est donc bien
amer...

Quand au tueur, dans le rêve il est gaffeur et tue
trois innocents : reflet onirique de la culpabilté de
Diane (pourquoi en revanche prend-t-il le carnet noir
d'Ed "l'histoire en numéros de téléphone", je ne sais
pas).

Revenons maintenant au moment où Diane se reveille.
Elle est réveillée par le cow-boy (pourquoi ?
mystère). On assiste ensuite aux évenements qui, en
fait, sont à l'origine de ce qui se passe au début
(comme d'habitude chez lynch, le récit explose et
l'histoire est racontée hors de l'écoulement normal
du temps). Diane est rongée par la culpabilité. Ses
rêves de gloire et d'innocence reviennent la hanter,
et le couple de petits vieux au sourire crispé
revient lui dire comme elle a échoué. Harcelée par
ses rêves, elle se suicide.


Voila. :)

Par Jet le 30/1/2002 à 23:54:38 (#822688)

memento vous avez vu ?

c'est pas de Lynch mais c'est pas mal dans le genre schyzo :)

désolé Caepolla mais comme j'ai pas vu le film j'ai pas lu ce que t'as mis pour gâcher le plaisir quand je le verrai

Par Caepolla amp; Ubaldis le 31/1/2002 à 0:12:05 (#822765)

Oui, tu fais bien. D'ailleurs je rajoute une mention pour ceux qui ne l'ont pas vu. ;)

Par Dame Rose Noire le 31/1/2002 à 0:12:56 (#822770)

la jeune actrice est juste une pauvre ratée qui s'est accrochée à une étoile montante peu scupuleuse et qui se tape son délire juste après la séparation d'avec elle. Elle se refait l'histoire comme elle aurait aimé qu'elle soit: elle magnifique jeune et talentueuse et l'autre perdue et ayant besoin de protection...fallait juste pas ouvrir la boite noire (boite de pandore??)......

Par Greumlins le 31/1/2002 à 7:56:26 (#823487)

Bin on était arrivé à la même explication. Y a juste un truc qui me chiffone : le gars ds le fast food au début qu'est mort de peur. On apprend qu'en fait il était ds ce fast food quand Diane est avec le tueur, mais pourquoi rêve-t-elle qu'il meurt de trouille face à un monstre ?

Par Illse : Nettoyeur le 30/7/2002 à 16:02:19 (#1876600)

Il paraitrait que le "monstre" en question ,

ben c'est l'auto portrait de tout ce que david lynch a de mauvais...

mais ca explique toujours pas pkoi il meurt de peur, ni meme ce qu il fesait avec cette boite bleu, comment elle c'est teleportee dans le sac de camillia, etc...

Par baai le 30/7/2002 à 16:53:17 (#1876882)

Ca a aussi été mon meilleur film de l'année.
Et je n'en dirait pas plus non pas parce que Caepolla a déjà dit beaucoup, mais parce qu'il y a aussi dans le film un entre-deux mondes réalité-fiction contemplatif qui n'a pas à être expliqué.

Et pour l'énigme, même si Lynch en a batti une à escient, avec des fils qu'on s'acharne forcément à un moment à relier, je crois qu'il a aussi disposé un certain nombre d'éléments qui n'étaient pas "directement" reliés à son intrigue. En matière d'interprétation cinématographique, on peut aller loin de l'auteur en re-faisant le film. Quand en plus l'auteur l'a voulu, on peut vraiment aller très très très loin de lui. La créature s'est émancipée du créateur, elle est devenue adulte. Ce film est beau et bien. :)

Par lebowski le 30/7/2002 à 19:10:58 (#1877571)

Superbe film c'est sur, et avec des amis on etait arrivé aux memes conclusions que Capoella sur le film...tout n'est que reve/coma, jusqu'a l'ouverture de la boite, la tous les personnages regagnent leur place....
Meme s'il reste toujours des parts obscures, a jamais?, il est plus simple que "LOst Highway" je trouve...qui reste envoutant et bien obscur...
J'attends vivement le dvd de mulholand drive, septembre ou octobre je crois (en zone2), et surtout le zone 2 de Twin peaks...

Par baai le 30/7/2002 à 19:50:57 (#1877769)

Pour emboîter le pas de Jet (;) ) qui mentionne Mémento (que je n'ai pas vu), le cinéma de Lynch dans ses entreprises les plus personnelles et du coup les plus délirantes (lost higway et Muholand, encore un peu Sailor et Lula, encore un peu moins Elephant man et Dune plus du tout) me semble sous une influence très européenne.

Des films mêlant indiscernablement réalité/fiction mais aussi passé/présent/futur (sans effet de balisage gniangnian style fondu, etc.) sous les coups de boutoir des fantasmes et obcessions de leurs personnages, c'est :
- le cinéma de fellini bien sûr, du moins après sa première époque (i vitelloni, la dolche vita, la strada) : donc 8et demi, ginger et Fred, et vogue le navire, etc.
- le cinéma de bunuel depuis ses premiers pas, même qu'on début c'était du pur délire, surréalisme oblige (un chien andalou), et c'est devenu avec le temps de plus en plus subtil, indiscernable dans les échanges : belle de jour, le charme discret de la bourgeoisie, tristana.
- le cinéma de Bergman, où l'on remarque que l'étonnant Persona était déjà l'histoire d'une confusion/fusion du visage de 2 femmes.
- une partie des films de Resnais, avec l'archi fameux Hiroshima mon amour... confusion des villes, confusion de l'histoire de l'héroïne, qui finit par être néee en même temps à Nevers et à Hiroshima... sous les chocs de l'histoire mondiale.

Comme avec Lynch ce sont des films dont on ne se lasse jamais, qu'on peut revoir 10 fois, parce qu'on y découvre sans cesse des choses, qu'on en ressort toujours avec de nouvelles idées, de nouvelles pistes. J'aime :)

De même qu'ensuite les films purement mentaux, ceux de Tarkowski, de sharunas bartas... et des ovnis comme l'ambassade, le film d'anticipation de Marker... où on assiste à une situation de crise dans une ambassade, parce que dehors c'est la guerre civile... et le spectateur est persuadé que c'est dans quelque pays d'Amérique du Sud, persuadé, persuadé... jusqu'à entrevoir par la fenêtre, vers la fin, la tout Eiffel... J'adore :amour:

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