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C'est l'heure (poésie)

Par Averoes Landis le 16/1/2002 Ă  17:39:41 (#726822)

CÂ’est lÂ’heure du Lapin Blanc
Celui qui court après le Temps
Il l’a enfin rattrapé
Et sÂ’apprĂŞte Ă  le manger.

CÂ’est lÂ’heure du Chat du Cheshire
Celui dont on ne connaît que le sourire
Il a enfin pris corps
Mais cÂ’est le jour de sa mort.

CÂ’est lÂ’heure du Jabberwocky
Celui qui pousse de hauts cris
Il a enfin finit sa chasse
Et Ă  sa table prend place.

CÂ’est lÂ’heure du rouge Homard
Qui danse et tourne au hasard
Il a enfin trouvé une cavalière
Pour le bal des jeunes premières.

CÂ’est lÂ’heure de la Reine de CÂśur
Celle qui est de mauvaise humeur
Elle a enfin coupée des têtes
Et les admire en souriant dÂ’un air bĂŞte.

Toujours voyager aux Pays des Merveilles
Toujours regarder de l’Autre Coté du Miroir
Et butiner comme une abeille
Le pollen des mots illusoires.

Par Vrittis le 16/1/2002 Ă  18:10:44 (#727067)

*offre le poème suivant à Philippe*

Il Ă©tait reveneure; les slictueux toves
Sur l'allouinde gyraient et vriblaient;
Tout flivoreux vaguaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.


«Au Jabberwoc prends bien garde, mon fils!
A sa griffe qui mord, Ă  sa gueule qui happe!
Gare l'oiseau JeubJeub, et laisse
En paix le frumieux, le fatal Bandersnatch!»


Le jeune homme, ayant ceint sa vorpaline épée,
Longtemps cherchait le monstre manxiquais,
Puis, arrivé près de l'arbre Tépé,
Pour réfléchir un instant s'arrêtait.


Or, tandis qu'il lourmait de suffèches pensées,
Le Jabberwoc, l'oeil flamboyant,
Ruginiflant par le bois touffeté,
Arrivait en barigoulant!


Une, deux! une, deux! Fulgurant, d'outre en outre,
Le glaive vorpalin perce et tranche : flac-vlan!
Il terrasse la bĂŞte et, brandissant sa tĂŞte,
Il s'en retourne, galomphant.


«Tu as tué le Jabberwoc!
Dans mes bras, mon fils rayonnois!
O jour frableux! callouh! calloc!»
Le vieux glouffait de joie.


Il Ă©tait reveneure; les slictueux toves
Sur l'allouinde gyraient et vriblaient;
Tout flivoreux vaguaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

Et la traduction ;)

Par Vrittis le 16/1/2002 Ă  18:13:15 (#727088)

-Il y a force mots difficiles là-dedans. Reveneure, c'est quatre heures de l'apres-midi, l'heure où l'on commence à faire revenir les viandes du dîner.
- C'est parfaitement clair; et slictueux ?
- Eh bien, slictueux signifie souple, actif, onctueux. C'est comme une valise, voyez-vous bien : il y a trois significations contenues dans un seul mot.
- Je saisi cela maintenant. Et qu'est-ce que les toves ?
- Eh bien, les toves, c'est un peu comme les blaireaux, un peu comme des lézards et un peu comme des tire-bouchons.
- Cela doit faire des créatures bien bizarres.
- Sans nul doute; Il convient d'ajouter qu'il font leurs nids sous les cadrands solaires et qu'ils se nourrissent de fromage.
- Et que signifient gyrer et vribler ?
- Gyrer, c'est tourner en ronflant comme un gyroscope; vribler, c'est faire des trous comme fait une vrille tout en étant sujet à vibrer de manière inopportune.
- Et l'allouinde, c'est, je suppose, l'allée qui mene au cadran solaire ?
- Cela va de soit. On l'eppelle l'allouinde, voyez-vous bien, parce qu'elle s'allonge loin devant le cadran solaire, loin derrière lui...
- Et loin de chaque côté de lui.
- Précisement. Quant à flivoreux, cela signifie frivole et malheureux (encore une valise). Le borogove est un oiseau tout maigre, d'aspect minable, dont les plumes se hérissent dans tous les sens : quelque chose comme un lave-pont qui serait vivant.
- Et les verchons fourgus ? Si ce n'est abuser de votre complaisance.
- Ma foi, le verchon est une sorte de cochon vert; mais en ce qui concerne fourgus je n'ai pas d'absolue certitude. Je crois que c'est un condensé des trois participes : fourvoyés, égarés, perdus.
- Et que signifie bournifler ?
- Eh bien, le bourniflement, c'est quelquechose qui tient du beuglement et du sifflement, avec, au beau milieu, une espèce d'eternuement; du reste, vous entendrez peut-être bournifler, là-bas, dans la forêt; et quand vous aurez entendu cela une seule fois, je pense que vous serez tout à fait édifiée. Qui donc a bien pu vous réciter des vers si difficiles ?

Par LicorneDhormOCR le 16/1/2002 Ă  18:30:10 (#727195)

:merci:

*en redemande*

un si grand talent ne se doit d'être caché
quelle joie qu'il soit à nous ainsi révélé

telle la rivière qui s'écoule
la longue farandole
de ces mots un peu fols
font que ma tĂŞte en tourneboule
;)

Le poème du Jabberwocky, en anglais

Par Averoes Landis le 16/1/2002 Ă  18:34:11 (#727227)

J'adore cette partie:

Or, tandis qu'il lourmait de suffèches pensées,
Le Jabberwoc, l'oeil flamboyant,
Ruginiflant par le bois touffeté,
Arrivait en barigoulant!




'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.


"Beware the jabberwock, my son.
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!"


He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought --
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.


And as in uffish thought he stood,
The jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!



One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.


"And has thou slain the jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Callooh! Callay!"
He chortled in his joy.


'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

Par Vrittis le 16/1/2002 Ă  18:37:17 (#727258)

*n'osait pas le mettre en anglais ;)*

Par MaĂŻcon Tyrianor le 16/1/2002 Ă  19:11:43 (#727527)

[édité pour grosse boulette] :)

Par Raker le 16/1/2002 Ă  19:15:15 (#727564)

*case son petit préféré*


Mon enfant, ma soeur,
Songe Ă  la douceur
D'aller lĂ -bas
vivre ensemble!
Aimer Ă  loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant Ă  travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Des meubles luisants,
Polis par les ans,
DĂ©coreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
MĂŞlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté
Luxe, calme et volupté.


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
RevĂŞtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe t d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Baudelaire: Les Fleurs du Mal ; L'invitation au voyage.

:)

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