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Retour à Trandling - 9ème partie

Par Cyol Enere le 11/10/2001 Ă  21:20:00 (#363040)

Retour Ă  Trandling - Index

Le Col de l'Ouest était enfin en vue. Je ne voulais croire ce que l'on m'avait raconté, cela ne pouvait être possible, même si au fond de mon cur je pressentais que telle était la vérité... Et je galopais sans relâche vers ce lieu qui vit ma naissance, vers ce lieu où j'avais grandis et où vivaient ceux à qui j'avais prêté allégeance.
Mais alors que mon regard se porte au-delà du Col de l'Ouest, j'aperçois cette...

« Noire, Fumée noire,
Qui l'Horizon me barre... »


Mon cur se serre, je laisse échapper un cri étranglé, ainsi, hélas, cest bien vrai... Et le cur douloureux je lance ma monture vers cette...

« Âcre, Fumée âcre,
Qui me rend patraque... »


Chevauchant à bride abattue, je sais déjà ce que je vais voir, je le sens. Cela sera terrible ce que je découvrirais sous cette...

« Noire, Fumée noire,
Je perds tout espoir... »


J'atteins enfin le Col de lOuest et je stoppe ma monture en regardant devant moi, estomaqué. Je surplombe la cité qui se dresse en ces lieux... Se dresse... Les rares murailles encore debout ne tiennent que par miracle, les rares bâtiment encore debout brûlent doucement, laissant monter vers le ciel cette...

« Âcre, Fumée âcre,
Symbole d'un massacre... »


La belle cité que l'on disait bénie des Dieux, cet endroit que l'on disait imprenable, ce lieu qui résista au flux et au reflux de milles assauts, cette forteresse gigantesque déjà a disparue sous cette...

« Noire, Fumée noire,
Ainsi disparaît la gloire... »


Trop tard, il est trop tard... Les combats sont achevés, les barbares ont tout pillé et la cité doucement se consume en cette...

« Âcre, Fumée âcre,
Encens d'un anté-sacre... »


Morts, tous morts...
Même le Dauphin, ce jeune homme que j'avais tant aimé.
Détruit, tout détruit...
MĂŞme le palais, dont il ne reste quune tour noire debout.
Et moi... Je reste lĂ , ancien Percepteur du Dauphin...
Et moi... Je reste lĂ , ancien Veneur du Duc...
Et moi... Je reste là, Nétant plus que trouvère et archer commun...
Et moi... Je reste lĂ , chantonnant cet air sans fin...
Et moi... Je reste lĂ ... Fixant sans y croire cette...

« Noire, Fumée noire,
Ô Horrible cauchemar... »


Eveil en sursaut.
Ne reste du cauchemar que cette maudite litanie, cette musique sans fin qui revient le tourmenter...

« Noire, Fumée noire,
Ô Horrible cauchemar... »


Le vieil homme a les yeux exorbités et ne parvient pas à maîtriser les tremblements sans fin de son corps.

Pourquoi ?
Pourquoi alors que tant d'années ont passé ?
Pourquoi ce cauchemar revient alors qu'il l'avait presque oublié ?
Pourquoi cette chanson revient le hanter alors qu'il l'avait presque occultée...
Pourquoi aujourd'hui, alors qu'il est presque au seuil de la mort?
Pourquoi repense t'il à la chute de la Forteresse qui eu lieu il y a tant et tant d'années ?...

Pourquoi donc Trandling est-elle à nouveau dans ses pensées ???


To be continued...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Si des acmèniens sont de passage, oui je reconnais que le cauchemar est une belle variation sur "La Chute de Sélénaë" mais se plagier soi-même n'est pas interdit que je sache. Pis au pire, j'me paye à moi-même les droits d'auteur si vous préférez. :p

[ 11 octobre 2001: Message édité par : Cyol Enere ]

Par Cyol Enere le 11/10/2001 Ă  21:26:00 (#363041)

Eveil en sursaut.
Une fois de plus...
Une fois encore...
Pourquoi donc ?

Cela faisait déjà 9 nuits qu'il ne trouvait le sommeil que pour revivre ce moment où il découvrit les ruines de sa cité. Toujours le même cauchemar, 9 nuits déjà, mais cette fois, ...
Le vieil homme doutait d'être entièrement éveillé, il lui semblait que le rêve continuait...

Car face à lui, luisante dans les ténèbres du milieu de la nuit, se tenait une silhouette qu'il n'avait vu depuis bien longtemps mais qu'il n'eu aucun mal à reconnaître...

« Monseigneur Duc... »

Le fantôme acquiesça doucement avant de parler en un murmure.

« Fais silence et écoute, Ô Toi Luis Taer, le dernier de mes serviteurs. Car s'il est bon de te revoir, je n'ai hélas guère de temps pour accomplir ce pourquoi je suis venu. Et ce qui me fait le plus mal, c'est que peut être ce que j'ai à te dire ne fera que rendre plus rapide ta venue auprès de nous dans la Maison des Morts... »

« Monseigneur... Je... »

« Fait silence et écoute, Ô Toi Luis Taer qui comblais nos soirées par tes chants. Ecoute et apprend. La Forteresse n'avait pas pour fonction première d'endiguer les Flots des Barbares. Toi qui connaît nos légendes, mieux que quiconque tu comprendras ce que je vais dire. Les Ducs de la Forteresse étaient des Gardiens, mais ce qu'ils gardaient avant tout était un lieu perdu dans les sous-sols de la Forteresse. On nomme ce lieu "La Porte des Morts"...»


Le vieil homme lâcha un gémissement. Il comprenait effectivement, il comprenait le sens caché de certaines ballades qu'il avait chanté sur la Cité-Forteresse...

« Fait silence et écoute, Ô Toi Luis Taer qui fus le détenteur de l'enseignement de nos enfants. Ecoute et apprend. Depuis la Chute de la Forteresse, depuis ma mort, moi qui fut le Gardien, depuis la disparition de mon fils, lui qui devait devenir le Gardien, depuis ce temps, des forces invisibles sont à l'uvre dans les profondeurs ténébreuses de la Cité-Forteresse et la Porte des Morts est ouverte... »

« Le Prince disparu ? »

Les pensées du vieil homme avaient été interloquées par ceci... le Prince n'était pas mort lors de la Chute de la Forteresse comme il le croyait... Y avait-il une chance pour qu'il soit encore vivant?

« Fait silence et écoute, Ô Toi Luis Taer qui jadis menais nos Chasses. Ecoute et apprend enfin. Le Paladin et ses compagnons font marche sur les Ruines de la Cité-Forteresse. L'aveugle, doucement mais sûrement, se prépare. La bataille du Baron déjà a commencée et le Mercenaire dans le Cor a sonné. Les Noirs Plans de la Liche déjà sont tissés. Le moment s'approche de la confrontation. Tu devra y être. Tu dois rejoindre le Paladin et ses compagnons. Il le faut. Car tu as un rôle à jouer. Ton rôle sera de... »

Mais le spectre déjà s'estompait, le temps qui lui avait été impartit s'étant doucement mais sûrement écoulé. Le vieil homme resta éveillé tout le reste de la nuit, seul et pensif.
Deux choses accaparaient son esprit :
Le Prince n'Ă©tait pas mort lors de la Chute de la Forteresse, qu'Ă©tait-il devenu ?
Mais surtout...
« Ton rôle sera de... »
De quoi ??? Quel serait donc ce rĂ´le??

Les premières lueurs de l'aube pointèrent à l'horizon. Il se leva et appela ses gens, il fit préparer ses affaires de voyage et seller sa meilleure monture. Une fois assuré que les préparatifs pour son départ étaient bien amorcés, il alla dans une pièce où seul lui pénétrait. Là il y retrouva ses deux vieux compagnons à cordes :
Alouette son Luth et Faucon son Arc.

Quand tout fut prêt, il partit vers l'est, vers là où il pensait trouver le Paladin et ses Compagnons, vers les Ruines de la Cité-Forteresse de Trandling.

[ 11 octobre 2001: Message édité par : Cyol Enere ]

Par Zeed Mithror le 12/10/2001 Ă  1:50:00 (#363042)

L'obscurité règne encore sur le Derongi. Bien avant l'aube une silhouette semble se dresser immobile au milieu du grand désert de roc noir. Seule une infime trainée de poussière indique sous les rayons de la lune d'Octobre que l'être avance, recouvert d'une tunique à la blancheur immaculée. Une tâche claire sur le désert noir. Sous un ample capuchon un être progresse en marmonnant.

- Marcher... encore... toujours... Avancer... Un pas.

L'aube est passée de puis longtemps et le soleil brûle sur le désert noir. Nulle vie ne vient troubler l'écrasante domination solaire. Rien ne vient troubler le roc noir de sa torpeur diurne. Rien si ce n'est une silhouette à la blancheur si vive qu'elle semble incandescente prise entre les terribles rayons et la caillasse qui semble calcinée. Et dans sa tunique blanche une voix douce mais ferme murmure.

- Encore un pas. Et un autre encore. Sans fin.

Depuis longtemps déjà le Derongi a retrouvé la quiétude de l'obscurité glacée. Le roc noir du grand désert a déjà oublié son passage quand une forme blanche gravit les contreforts des hautes terres, ses armes croisées sur son dos, d'autres passées à sa ceinture, rien dans son équipement qui gêne ses mouvements pour autant.

- Grimper. Une main. Puis un pied. Une main Ă  nouveau. L'autre jambe. Pousser. Tirer. Toujours grimper.

Se rétablissant au sommet de l'immense falaise, ses mains laissent perler quelques gouttes de sang de plaies vite séchées par le vent qui ploie les herbes folles. Le contraste avec le désert qu'elle vient de quitter semble laisser la silhouette blanche indifférente car elle reprend sa route sans même se retourner. Un sillage clair de graminées ployées se dessine sous ses pas dans la plaine sauvage.

- Un pas. Un pas. Un pas. Bientôt. Un pas. Je serai arrivé. Un pas. Encore un pas. Un autre. Beaucoup d'autres.

Quelques braises grésillent encore, éparpillées dans la clairière dévastée. Les grands arbres qui avaient attendu longtemps depuis leur dernier bain de sang semble en frémir d'une joie sauvage.
La journée des Firépa avait pourtant bien commencée. Le matin même ils avaient intercepté une petite caravane marchande composée de quatre chariots et défendue par autant de marchands mal armés. Les cinq frères n'en avaient fait qu'une bouchée. Deux belles surprises les attendaient dans l'un des chariots. Deux jeunes femmes, étaient enchainées ensemble et ils s'étaient empressés de les emmener au coeur de la forêt, rejoignant leur campement dans le courant de l'après midi. Chacun s'était alors consacré aux tâches du camp avec d'autant plus de promptitude que la soirée promettait d'être animée.

Et elle l'avait été. Alors même qu'après le repas ils avaient amené leurs deux prises de la journée une silhouette blanche avait traversé les fourrés et s'était retrouvée au milieu du camp. Les bandits avaient tiré leurs armes avec la vivacité de ceux qui sont habitués à craindre toujours pour leur vie. Deux lames argentées avaient alors vues la lumière. Et le sang. Dans un mouvement d'une fluidité parfaite la tunique blanche s'était trouvée allégée de ses armes d'épaule et deux des Firépa s'étaient vus l'un éviscéré, l'autre décapité. Sans même un temps d'arrêt un autre fut transpercé et mourrut sans souffrir avant même que la lame ne quitte son coeur pour aller tuer le cadet des frères d'un coup de taille imparable. Ne restait que l'ainé qui vit son attaque buter sur une lame ferme avant de basculer en avant, le dos tailladé dans un mouvement tournoyant. Il vit la mort le prendre, le visage baigné du sang de ses frères.

Les deux jeunes esclaves avaient recouvré leur liberté et, à la suite de la silhouette blanche qui les avait délivrées, elles avaient quitté la clairière. Sur leurs questions, une voix leur répondit :

- Je me nomme Palan d'Arel. Fils du comte d'Arel. Et j'ai entrepris un long voyage pour répondre à l'appel de mon maître.

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