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nouvelle guilde
Par Jet le 15/6/2001 à 16:06:00 (#193266)
--> Par ici la culture <--
Par Jet le 15/6/2001 à 16:08:00 (#193267)
Par Benedyct le 15/6/2001 à 16:18:00 (#193268)
Par Maharal le 15/6/2001 à 16:42:00 (#193269)
Par Uther Pendragon le 15/6/2001 à 16:56:00 (#193270)
Plongé dans mon récit, j'en oubliais même le déjeuné et le souper (acte indigne pour un batravore tel que moi), me contentant de quelques buvccodéridants vieux de plusieurs jours, risquant ainsi à tout moment la contraction de la bovinopsychopathie. Mais ce recit était si prenant que j'en restait buccogallipyge. :eek:
Par Jet le 15/6/2001 à 17:01:00 (#193271)
Bon j'apporte désormais ici la preuve que la rétrogénése n'existe pas, c'est édifiant :D
"[]C'est pourquoi, lorsqu'on observe un fait, il faut observer aussi le récit de ce fait. Je me pose donc la question: comment l'effet palimpseste se manifeste-t-il chez l'homme, et quel récit en fait-on?
La clinique abonde en exemples illustrant à quel point les âgés retombent en enfance. Mais en vérité, les âgés ne retombent pas en enfance: le palimpseste fait simplement retour lorsqu'ils ne réussissent plus à s'arrimer au milieu qui les entoure, pour des raisons mythiques, économiques ou affectives, ou qu'ils déraillent pour des raisons psychologiques, affectives ou organiques.
Le cas de Madame P., âgée de quatre-vingt sept ans le jour où son médecin doit l'hospitaliser parce qu'elle a fait une petite chute, est typique d'un tel retour des empreintes. Le service lui apparaît d'emblée familier. Elle perçoit correctement, voit tout, entend tout, comprend tout, mais ne situe pas ses perceptions dans le contexte hospitalier: elle se sent bien parce qu'elle se croit chez elle! Elle perçoit le couloir et se croit dans sa salle à manger. Elle perçoit l'infirmerie et se croit dans sa cuisine. Ses perceptions sensorielles sont correctes, mais les représentations dont elle les charge viennent de son propre passé.
Plus tard, le processus démentiel s'aggrave, et Madame P. attribue désormais aux visages qu'elle rencontre une familiarité si grande qu'elle reconnaît son fils dans le jeune médecin et répond à son mari lorsqu'un visiteur parle dans le couloir.
Mais, de jour en jour, le monde de Madame P. se déshumanise. Bientôt, elle ne répond plus aux paroles, ne voit plus les visages et se désintéresse du monde des vivants. Elle perçoit correctement ces derniers, puisqu'en marchant elle ne se cogne pas contre eux, mais elle ne se les représente plus puisqu'elle ne leur répond plus. Elle ne sait plus vivre dans un monde interhumain, mais s'attache encore à des objets inanimés: elle s'endort en serrant une poupée, se déplace avec un chiffon, et range son sac, inlassablement.
Finalement, les objets eux-mêmes deviennent pour elle des choses: elle manipule sans cesse le bras de sa poupée, pétrit le chiffon avec un geste mécanique, puis l'abandonne et se met à lisser sans cesse son drap, jusqu'au moment où, sa vie devenant purement végétative, elle ne mange plus, ne boit plus, respire de moins en moins, et enfin s'éteint.
Jamais les vieux ne retombent en enfance. Lorsqu'ils n'arrivent plus à s'arrimer au milieu qui les entoure, les événements passés, en exil dans leur mémoire, prennent simplement, dans leur conscience, la place du présent qui défaille
Ce modèle, si fréquent dans notre culture occidentale, permet de comprendre que le retour à l'enfance (la rétrogenèse) n'existe pas.[]"
Par Jet le 15/6/2001 à 17:05:00 (#193272)
"[]Cet équilibre antagoniste entre la trace (le palimpseste) et le récit, facile à observer chez les personnes âgées, s'applique aussi aux adultes et aux enfants. Le palimpseste s'inscrit dans l'organisme grâce au pouvoir d'assimilation du sommeil paradoxal, mais l'individu adulte se contextualise plus facilement, puisqu'il peut agir, aimer, s'engager socialement. L'abondance du sommeil paradoxal de l'enfant et son étonnante plasticité lui font incorporer dans son organisme toutes les traces, mais son avidité affective et son hyperactivité l'engagent intensément dans son milieu et l'y enracinent.
Dans cette théorie de l'homme, il faut que cerveau et culture fonctionnent ensemble. Si l'un faillit, l'ensemble s'effondre. Dans cette perspective, la maladie d'Alzheimer serait une maladie liée à l'hominisation de l'espèce. Dans un milieu sans culture, la maladie n'avait pas le temps d'apparaître. Mais dès lors que l'homme eut inventé la culture, la maladie eut assez de temps pour s'exprimer, c'est-à-dire faire apparaître, dans le cerveau humain, la fonte des neurones et la constitution des plaques de fibrilles qui l'empêchent de fonctionner. Les plaques de fibrilles se localisent sur la partie cérébrale la plus humaine, que ne possèdent pas les autres espèces vivantes: le cortex, apparu le dernier dans l'évolution du vivant, avec ses lobes préfrontaux qui anticipent, ses lobes temporaux qui traitent la parole, ses lobes visuo-spatiaux qui donnent les images, et sa base du cerveau où siègent la mémoire et l'émotion. Dans la maladie d'Alzheimer, la motricité, la sensibilité, l'alimentation, la soif et les fonctions vitales fonctionnent encore - mais plus l'humain.
Si nous continuons nos progrès cérébraux et culturels, en l'an 2000 la mort sera sans surprise.
Dans les pays du tiers monde, les gens mourront des méfaits d'une civilisation qu'ils n'auront même pas connue: modifications climatiques, famines nées de conflits idéologiques, surpopulation destructrice de culture.
Dans les pays du demi-monde, les gens mourront des bienfaits de la même civilisation: alimentation excessive, tabac, alcool, sédentarité imposée par l'école et l'organisation des circuits sociaux. Notre conscience de plus en plus aiguë, notre souci croissant de sécurité, augmenteront nos stress et leur toxicité neurologique. Notre isolement social aggravera les manifestations pathologiques de nos cerveaux déshumanisés.
Dans le premier monde, enfin, quelques individus parfaitement humanisés, ayant vécu toute leur vie dans l'affection, la sécurité et l'aventure sociale, vivront intensément les cent vingt ans de leurs promesses génétiques. Jusqu'au jour où ils crieront, à l'instar d'Alfred Sauvy: Arrêtez la Terre! Je veux descendre.[]"
:D
Par Jet le 15/6/2001 à 17:09:00 (#193273)
Par Maharal le 15/6/2001 à 17:29:00 (#193274)
Si nous continuons nos progrès cérébraux et culturels, en l'an 2000 la mort sera sans surprise.
Dans les pays du tiers monde, les gens mourront des méfaits d'une civilisation qu'ils n'auront même pas connue
*snip*
Dans les pays du demi-monde, les gens mourront des bienfaits de la même civilisation:
*snip*
Notre conscience de plus en plus aiguë, notre souci croissant de sécurité, augmenteront nos stress et leur toxicité neurologique. Notre isolement social aggravera les manifestations pathologiques de nos cerveaux déshumanisés.
Dans le premier monde, enfin, quelques individus parfaitement humanisés, ayant vécu toute leur vie dans l'affection, la sécurité et l'aventure sociale, vivront intensément les cent vingt ans de leurs promesses génétiques. Jusqu'au jour où ils crieront, à l'instar d'Alfred Sauvy: Arrêtez la Terre! Je veux descendre.[]"
Bien... Je crois qu'il est tard... Il faut que j'aille me suicider maintenant...
@+
:rolleyes:
:)
[ 15 juin 2001: Message édité par : Maharal ]
Par Jet le 15/6/2001 à 17:40:00 (#193275)
En fait on peut quand même remarquer un lien intéressant avec la lobotomie.
Effectivement la maladie d'alzheimer qui est apparentée ici à une maladie sociale ou du moins liée naturellement à l'évolution humaine (ce qu'ils sont forts ces intellos :D) attaque exactement les mêmes parties du cerveau humain que le scalpel du docteur Freeman pendant ces lobotomisations :D
On peut donc ainsi conclure qu'un lobotomisé est en fait un vieux avant l'âge, ou alors inversement que les vieux sont proche de la lobotomie :D (scientifiquement prouvé lol)
C'est pour ça que je poste ça ici c'est pour pas que Avatar se fasse du mourrons :D :D
Par Jet le 15/6/2001 à 17:55:00 (#193276)
:eek:
[ 15 juin 2001: Message édité par : Jet ]
Par Caepolla le 15/6/2001 à 18:25:00 (#193277)
Pensez aussi au médécin chargé de l'autopsie, qui aurait pu s'entrainer à la lobotomie.
Tas d'égoïstes !
Ub' "je sers la science et c'est ma joie".
Par Bilou le 15/6/2001 à 20:48:00 (#193278)
Par Platypus le 15/6/2001 à 21:55:00 (#193279)
Par Platypus le 15/6/2001 à 22:53:00 (#193280)
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