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Requiem pour une Mère.

Par Azulynn Tvar le 20/11/2002 à 20:49:20 (#2606115)

Grincements du parquet vieilli, crépitement du feu dans la cheminée. Etait-ce ce simple vélin qui semblait avoir tout aspiré, la gueule béante et les crocs avides ? Parce qu'elle était Tout depuis l'aube de cette piètre vie althéenne. Se pouvait-il que ces mots, cette encre dérisoire esquisse l'aquarelle de douleur de son absence ?! Le déchirer ! Vite, le réduire au néant dont il n'aurait pas du sortir, et la voir arriver, sage papillon dans sa pelisse couleur de cette nuit qu'elle chérissait, de laquelle elle veillait, avec sa réalité chaleureuse... Non ! Tu n'as pu nous quitter, la nuit est tromperie et elle ment ! Ah, serpent ! Rends-moi ta proie ! On ne ramène pas un ange à la poussière... La porte grince ! (la voilà ?) Elle était toujours là, toujours toujours même défaite elle-même pour offrir ses bras et son coeur aimant... Alors pourquoi n'arrive-t-elle pas ? (Sursaut.) Elle sait ma douleur et elle n'est plus là ! Indigne mère ! Que dis-je...? Syl, pardonne-moi, je ne voulais... Se peut-il que ce froid soit celui de l'absence, est-ce mes eaux familières qui s'engourdissent du souffle du vent ? Et ces mots maudits qui renient sa présence ! Dieux, qui êtes-vous donc pour rappeler sa grâce aimante auprès de vous ?... Oh ! Est-il humain d'avoir si mal ! Damnée soit mon âme, pour peu qu'elle apparaisse ! Mes yeux sont secs, mes océans se suffoquent sans vouloir me soulager. Elle était là hier et... Sordides ombres de vent fugaces, vous semblez jouer son requiem cette nuit... Soit ! Mais je ne permettrais que vous oubliiez votre enfant ! Avant que l'encre ne s'étende dans mes veines et n'engloutisse mon coeur, portez-lui la plainte de son enfant, laissez-moi vous raconter ma plus belle histoire d'amour...

Je la revois encore la première fois, ses bras blancs comme un havre de paix (déjà) l'arc et le tissu noir qui couvrait sa peau, son sourire rassurant ; déjà gardienne de mes désarrois, déjà maman. Maman maman maman à l'infini dans mon coeur, en écho des battements indifférents du sang qui battait à mes tempes... La dualité de tes mains qui séchaient mes larmes enfantines, leur précision mortelle en jouant de la corde funèbre de ton arme, leur douceur - soie qui s'est éteinte (éteinte ?) à jamais avec toi... Complaisance ? Rage dévastatrice dès que l'on nous faisait du mal, ta famille, ta chair, et c'est pour ça que je n'étais bien que dans tes bras, maman... Encore humaine (déjà un peu papillon), tu étais surtout louve, toutes griffes dehors pour ses petits... (semblant de sourire douloureux.) Déjà tu guidais de tes ombres aimées l'enfant balbutiante, tes baisers et les effluves de rose me reviennent, te rappelles-tu ce chocolat rose ? (le silence de la maison pour seule réponse et mes larmes qui ne veulent couler, je m'abreuve de tes souvenirs pour ne pas sombrer)

Plus tard dans le trop sombre manoir de papa (sacrifice que ce mot, homme honni, tu l'as toujours aimé et comment t'en vouloir), la première fois que la porte s'est refermée sur moi, nous coupant de la vie pour ne plus laisser que cet air planant de mort et de terreur, j'ai hurlé. Hurlé, hurlé, mais tu étais toujours là, tes ailes plus immaculées que jamais refermées sur moi (encore enfant) comme un cocon, tu as dit que nous allions beaucoup rire dans cet endroit, et que dans ma chambre il y aurait des fleurs violettes et tu sais ma chérie ? il y a un étang pas très loin, bleu comme le ciel, tu pourras aller y jouer. (et je t'aimais tellement que j'oubliai tout, mes cris et mes peurs) Dans tes yeux je lisais que tu l'aimais plus que tout, je ne comprenais pas bien mais il devait le valoir, alors je l'aimais aussi.

Tu pardonnais tout et je savais que tes bras n'étaient que pour nous, fragments brisés de ton âme. Tu avais quelque chose de liquide, comme moi, de tranquille susceptible de se muer à tout instant en ouragan, une fêlure depuis qu'il était loin aussi. Je te pardonnais tout aussi parce que ce n'était qu'insignifiants détails à occulter (tu étais mon idole, maman), je t'ai pardonné même le journal après avoir par trop pleuré, je l'ai oublié parce que je t'aimais trop.

Regarde ! Ma maison porte encore quelques sourires de toi ! Le petit aquarium et son poisson moiré, qui semble suspendu dans son élément, qui se meut avec la grâce des danseurs émérites (comme toi dans l'ombre et les eaux nocturnes, maman), oh ! cette broderie un peu ratée, la première et la dernière, avais-tu juré... Et tu avais recommencé, à la naissance de Keped, m'avouais-tu en riant ce jour d'été où je m'étais ébouillantée en renversant le thé. Le balai que tu m'as solennellement fait jurer de ne jamais utiliser (et j'ai trahi ma parole). L'esquisse de tes traits lointains, dans un vieux carnet à dessin, comme je dessinais mal ! Ah, brûler ce papier pour ne conserver que l'image de mon coeur... Le diadème simple (Une main se pose dessus.), tu n'as jamais été de celles qui montreraient leurs parures (tu étais trop belle pour t'y abaisser). Ma peau même porte l'empreinte impossible de ton amour... Ne crains donc pas que je t'oublie, quand je porte au fer rouge ta silhouette dans mon âme !...

Faille. Les larmes sans doute vont étancher mon coeur, de tout sauf de toi, maman.

Il neige.

Par Azulynn Tvar le 20/11/2002 à 20:50:00 (#2606126)

Il neige, et la ville se délaie dans l'immaculé
Paré du lourd manteau de l'oubli, le silence
Résonne dans mon pauvre coeur éploré
Ainsi que l'écho de ton absence, ton absence

Il neige sur mon coeur ouvert à tous vents
Le sang s'écoule de ta porte ouvragée
Gouttes de vie sur l'hiver qui l'a habillée
Qui a étouffé la supplique de ton enfant

Il neige dans mes veines et leurs palpitations
Se glacent ainsi que ton corps de papillon
Tes ailes reposent immobiles, élégantes
Il a neigé sur ton brasier de vie ardente

Par Isis's spirit le 20/11/2002 à 20:59:48 (#2606226)

*toute nemu*
:demande a ce que soit gravé sur sa tombe: Love Zuzu for ever:

Par Iwakura Shin OS le 20/11/2002 à 21:25:49 (#2606459)

:lit:
:amour: Merveilleux :)

Par Caspian De Vil le 20/11/2002 à 21:25:58 (#2606464)

(quelle mère indigne n'empiche...tu laisses une fille si ... heu charmante et fragile entre les mains d'un pervers Sylien...
je serais toi je serais mort de honte :p
Avant de mourir je lui aurais au moins fait promettre de ne jamais plus servir ce suppot de l'haruspice mouwa :ange:

Sinon Azu... :amour:
Un style éblouissant, les mots prennent tout leur sens et les vers sonnent comme des requiems à la grace des sentiments ^^)

Par Nekros le 20/11/2002 à 21:43:41 (#2606646)

...

:lit: :amour: :merci:

Par Drazhar Ul'Gar le 20/11/2002 à 22:24:52 (#2607042)

Ecrit avec talent.

Par Gandalf Rawls le 20/11/2002 à 22:36:00 (#2607138)

:lit: :merci: :amour:

Provient du message de Caspian De Vil
entre les mains d'un pervers Sylien...


:enerve: http://feyd.will.survive.free.fr/images/smiles/boxe2.gif
les sylliens sont tous purs et innocents on t'a deja dit!

Par Floloa Terrae OD le 20/11/2002 à 22:40:28 (#2607173)

beh bio-conseillere, c'est toujours aussi beau.
vraiment.
bisous la belle.

....

Par Nienna Fayree le 20/11/2002 à 23:11:12 (#2607462)

:amour: :amour: pis c'est tout

Bisous n'Ophey:amour:

Par Azulynn Tvar le 21/11/2002 à 8:07:01 (#2609181)

Bizoux Nienna ;)

Par Clau à ses chéris le 21/11/2002 à 12:35:31 (#2610675)

:lit:

Par Chrysaor Osten le 21/11/2002 à 15:06:37 (#2611787)

Souvenirs, brûlantes étoiles de mes nuits sans fins,
Permettez moi de souffrir à jamais,
La fragilité la douleur de vos larmes de satin.
Je vous aime, caresses de ces vents égarés, de ces instants envolés.

Par LeBaronDeLaNuit le 21/11/2002 à 15:13:41 (#2611822)

:lit:

Par LeBaronDeLaNuit le 21/11/2002 à 15:14:42 (#2611830)

Congratulations (bientot banneret)

Par Azulynn Tvar le 21/11/2002 à 23:18:28 (#2615545)

Je me permets, au milieu des posts à flood/polémique... ;)

Par Syris Choup' le 22/11/2002 à 1:15:37 (#2616145)

Et je t'aide volontier.

Remontage du soir, espoir.

Par LeBaronDeLaNuit le 22/11/2002 à 1:18:21 (#2616149)

Provient du message de Syris Choup'
Et je t'aide volontier.

Remontage du soir, espoir.


nous sommes le matin; moi je connais : buzz du matin chagrin =) va dormir syris tu derailles

Par Kyriane Feals le 22/11/2002 à 2:08:05 (#2616269)

Au centre de la scène, Elle s'avance, éclairée par des bougies tremblotantes et fait face à la foule qui retient son souffle. Nul besoin de souffleur, Elle connaît son texte par coeur. Seule sa Muse, femme à l'ineffable beauté, être translucide invisible pour les autres, la guide. La Muse n'a qu'un mot à dire pour que les idées s'envolent autour d'Elle et lui fassent partager leurs nombreuses paroles. Alors ses spectateurs se laissent guider aux bons soins de ses mots si bien agencés...

Au sortir, ils se retrouvent changés, encore chamboulés par tant d'émotions contenues dans de si courts essais, qu'Elle mène d'une main de maître...


Du fond du coeur... merci.
Si je devais avoir un talent, ce serait le tien. ;)

C. pour L.

Par Alanis Lyn le 23/11/2002 à 10:37:56 (#2624782)

Parceque c'est tellement beau... hop.

Par un vieux scribe le 24/11/2002 à 21:21:43 (#2635004)

:lit:

Par Mick le CoMick le 24/11/2002 à 22:09:17 (#2635373)

*toujours étonné par la qualité du RP malgré l'âge de la joueuse...* :lit:

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