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Autour d'un feu de camp...

Par Dodgee MIP le 19/11/2002 à 14:27:31 (#2594095)

J’avais aperçu la lueur du feu de loin. Bien sur, il aurait pu être risqué de m’en approcher, mais j’étais seul, perdu, il est vrai, et la perspective de devoir camper seul dans la région ne m’enchantait guère. De toutes façons, je n’avais nulle richesse qui puisse intéresser des brigands, et j’espérais plutôt trouver des aventuriers qui se faisaient nombreux dans la contrée. Les troubadours et autres conteurs bénéficiaient souvent d’un accueil si n’est agréable au moins suffisant. N’étions nous pas ceux qui colportaient les bruits et les récits héroïques, ces légendes qui leur permettraient de rester dans les mémoires ? Ne leur apportions-nous pas des nouvelles, des rumeurs toutes plus intéressantes les unes que les autres ? L’idée de conter, le luth à la main, mes histoires autour du feu, me semblait chaque instant plus séduisante. Mais pour cela, il me fallait déjà arriver jusqu’au feu de camp. J’avais pourtant espéré pouvoir rejoindre le village, en coupant à travers la forêt, et ce, avant que la nuit ne tombe. Il avait fallu que par un malencontreux coup du sort, celle-ci ne se décide à répandre l’obscurité alors que je cherchais encore ma route, à croire qu’un sorcier ne se soit amusé à me jeter un sort pour me perdre. Je ne gardais pourtant pas le souvenir d’en avoir offenser un dernièrement…

Alors que je me rapprochais, je commençais à distinguer quelques silhouettes rassemblées autour du brasier. Assurément, il devait s’agir d’aventuriers campant pour la nuit, et j’imaginais déjà partager un repas, même un peu de vin en leur compagnie. Ils étaient suffisamment nombreux pour m’accorder un peu d’hospitalité. Je sentais d’ici l’odeur de poulet grillé et de dinde rôtie. Eux m’avait déjà remarqué, et l’un d’eux venait à ma rencontre. C’était un de ces séraphins, un homme aux longues ailes blanches. Sans être d’une stature imposante, il émanait de lui une sérénité certaine, une tranquillité, un petit havre de paix. Il m’accueillit avec le sourire, avant de m’enjoindre à me réchauffer près du feu, avec ses compagnons. Son visage sans âge laissait deviner une certaine expérience, et je ne pus que remarquer l’armure qu’il portait sous la robe blanche qu’il arborait et le fléau d’arme qui était accroché à sa ceinture. Il ne ressemblait pourtant pas à un guerrier, et j’avais du mal à l’imaginer prendre les armes, tant cela contrastait avec le calme qu’il laissait transparaître.

Assise un peu plus loin, une femme de corpulence moyenne releva la tête alors que j’approchais. Elle avait ces yeux bleu-gris, un regard chargé de souvenirs, communiquant ses doutes et la force qu’elle avait du montré pour continuer malgré tout. Ses cheveux blonds, ces minces fils d’or qui encadraient son visage avait été coupé court, pour des raisons que je devinais de suite. Vêtue d’une armure finement ouvragée, et portant un fourreau non moins prestigieux, il était évident qu’il s’agissait d’une de ces femmes-guerrières. Je pouvais deviner qu’elle me jaugeait, plus par habitude que par nécessité, comme pour savoir quel genre d’adversaire ou de combattant je pourrais faire. L’examen ne dura guère, je n’ai jamais été doué pour les armes, et cela devait être inscrit sur mon visage. Elle me gratifia alors d’un sourire, m’invitant à prendre place.

A coté des flammes, un homme s’affairait à entretenir le feu. Lui aussi était vêtu d’une robe blanche, mais était de stature nettement moins impressionnante. Les rides creusaient son visage, lui conférant une expression à la fois sage et réfléchie. Il me faisait penser à un de ces hommes de foi, qui ne quitte que peu leurs temples et leurs prières. Le fait de le voir ici, à s’occuper du feu était pour le moins étonnant. Alors que je m’installais, il m’adressa un court salut, avant que je me présente, et qu’il ne le fasse à son tour. A vrai dire, peu d’aventuriers me demandaient mon nom. Pour eux je n’étais qu’un troubadour parmi d’autres. Qui se souciait que ce fut Galiad qui conte et joue le récit plutôt qu’un autre ? Lui s’appelait Noryl, un nom bien vite oublié, en tout cas rien qui n’évoque un quelconque souvenir en moi, il se disait prêtre d’Artherk et à ma question de savoir ce qu’il faisait dans la contrée, il haussa les épaules, me disant que je le saurais bien assez tôt. Avant que je n’eusse le temps d’enchaîner une autre question, une voix s’éleva, sèche, froide, et je la vis enfin.

-Eh bien messire Dodgee, après ce vieux prêtre décrépit voilà un troubadour qui ne sait même pas ce qu’il fait ici. Belle compagnie en vérité. Qui allez-vous inviter encore, Murmuntag peut-être ?

Le ton était sarcastique, moqueur. Celle qui avait parlé se tenait un peu en retrait. Une femme au port altier, les traits bien dessinés, le nez mutin. Elle avait ce regard qui ne s’oublie guère, un de ceux qui laissent deviner une force rare. Dans son dos, deux ailes couleurs d’ébène se fondaient dans la nuit, et rien qu’à la contempler, je ne pus réprimer un frisson. Dans le court instant où mon regard croisa le sien, je sentis la vie quitter mon corps, comme happée dans un autre monde. Glacé, terrifié, je détournais rapidement les yeux, sans même prendre garde à masquer mon geste. Je serais sans doute demeuré prostré ainsi un long moment, si l’homme qui m’avait accueilli n’était intervenu.

-Allons dame Boreale, ne faites donc pas peur à notre invité. Dois-je vous rappeler que s’il ne possède en rien vos pouvoirs et vos connaissances, ce simple homme a tout autant droit de cité ici que vous ?

Celui qui devait être Dodgee avait parlé sans animosité, comme pour décrire un fait. La sorcière haussa simplement les épaules, avant de m’ignorer. Le séraphin s’était porté à coté de moi et se retournant, m’adressa à nouveau un sourire chaleureux

-Messire Galiad de Loos, veuillez accepter mes excuses pour l’accueil de cette dame, elle n’est pas habituée à avoir de la compagnie telle que la notre. Ne vous inquiétez pas, nous attendons encore quelques amis qui doivent arriver bientôt. En attendant, j’espérais que vous pourriez éclairer notre soirée de quelques récits et histoires ?
-Oh oui, contez-nous donc une de vos histoires, que nous patientons pour ceux qui doivent encore arriver.

La voix cristalline de la guerrière, et son sourire à la perspective d’écouter une histoire, me firent presque oublier la présence glaciale de celle qui m’avait fraîchement accueilli. Hochant la tête, je m’installais près du brasier, luth en main, en réfléchissant à la légende que j’allais pouvoir leur narrer. Quelque chose, pourtant me tracassait, peut-être était-ce ces noms que j’étais certain d’avoir déjà entendu ou peut être le fait de me trouver là, alors que j’aurais du déjà être confortablement installé dans une auberge, près de l’âtre. Il y avait quelque chose dont j’aurais du me rappeler, et qui m’échappait pourtant. Rien n’est plus frustrant que ce genre de situation, et plus je cherchais, moins j’arrivais à mettre le doigt dessus. En désespoir de cause, je finis par commencer mon récit, devant un auditoire aussi étrange qu’éclectique.

-Cette histoire se passe il y a bien bien longtemps, si longtemps en vérité, qu’elle est devenue légende, puis mythe dans les esprits des hommes. Pourtant, c’est ainsi que tout à commencé…

Par Nekros le 19/11/2002 à 15:10:10 (#2594336)

:lit: :amour: :amour: :merci:

Par -Darksoul Zenox- le 19/11/2002 à 15:11:31 (#2594350)

*S'incruste, s'assoit dans l'ombre et espere un bon récit*:lit:

Re: Autour d'un feu de camp...

Par Conrad McLeod le 19/11/2002 à 15:14:42 (#2594375)

Provient du message de Dodgee MIP
Pourtant, cest ainsi que tout à commencé
Le paladin restait bouche bée, dans l'attente de la suite de l'épopée. Il ne prêtait nulle attention au mashmallow qui commençait à se carboniser, planté sur une baguette, au dessus du feu de camp...

Par Eléa Bluesky le 19/11/2002 à 15:23:08 (#2594439)

Une histoiiiiire (^.^)
*cours*
*attrape sa peluche au vol et cherche un coin où s'assoir*

Par Drazhar Ul'Gar le 19/11/2002 à 18:29:42 (#2595947)

*Dans l'ombre, écoute attentivement.*

Par Le Pacifiste le 19/11/2002 à 18:43:11 (#2596076)

*monte à l'arbre, s'assoit sur une branche et s'appuie au tronc*
Il laisse reposer sa tête contre l'arbre et attends, dans l'attente d'une joli histoire de ce conteur merveilleux.

Par LeBaronDeLaNuit le 19/11/2002 à 18:50:19 (#2596134)

:amour: :bouffon:

Par Syris Choup' le 19/11/2002 à 21:50:37 (#2597574)

Provient du message de Drazhar Ul'Gar
*Dans l'ombre, écoute attentivement.*


*Vire Drazhar de son petit coin d'ombre qu'il squatait tranquillement et attend le début de l'histoire*

Par Yolinne Ninette MIP le 19/11/2002 à 22:12:41 (#2597741)

*Ljd prend sa couette , son oreiller et sa bouteille de coca et attend aussi, confortablement installée*

Par Bardiel Wyld le 19/11/2002 à 22:33:56 (#2597895)

*s'assoit près du feu en faisant attention à ne déranger personne, et attend la suite du récit les yeux dans le vague, un sourire aux lèvres*

Par K-limero Killer GR le 19/11/2002 à 22:37:51 (#2597925)

*Vire Drazhar de son petit coin d'ombre qu'il squatait tranquillement et attend le début de l'histoire*

*Arrive discretement et dit*
Hep c'est ma place ici..

*et attend patiemment la suite de l'histoire*

:lit: :lit:

Par Iwakura Shin OS le 19/11/2002 à 23:00:24 (#2598066)

Provient du message de Eléa Bluesky
Une histoiiiiire (^.^)
*cours*
*attrape sa peluche au vol et cherche un coin où s'assoir*


*chuchote* vient sur mes genoux

*assis au fond, attend en souriant la suite*

Par Vermine Ark le 19/11/2002 à 23:08:27 (#2598138)

Ne pouvant plus rester debout tellement subjugué, pris place au sol à côtés d'autres joyeux compagnons, mais ne pouvant résister à la nourriture si alléchante qu'il en mangea mais malgré cela et à la grande surprise de tous d'une façon des plus raffinés et sans aucun bruit....

Par Syris Choup' le 19/11/2002 à 23:43:46 (#2598363)

*L'attente se faisant trop longue, décide de purifier un peu les alentours, lassé par la vision de tous ces infidèles vicieux et condamnés.*

Par Conrad McLeod le 19/11/2002 à 23:52:20 (#2598420)

Les flammèches ont fini de carboniser le mashmallow, et entreprennent de consumer la baguette du paladin...

Par Kherdia le 20/11/2002 à 7:19:08 (#2599410)

*attirée par l'odeur de marshmallow, de dinde et de poulet*
*se fige dans l'ombre pour écouter la voix mélodieuse qu'elle entend tout à coup*

Par Dodgee MIP le 20/11/2002 à 23:09:10 (#2607440)

Lhistoire remonte à la deuxième venue. En cet age reculé, les hommes nétaient encore que des barbares, vivant en bandes erratiques qui erraient de par le monde. Loin était la première venue de celui qui se prétendait le juge, et loin étaient leurs préoccupations, lorsque la constellation du centaure saligna de nouveau avec la lune, plus dun millénaire après la dernière conjonction

Sous leurs montagnes de pierres, les nains avaient érigé des forteresses plus solides que le temps, des uvres de galeries et de construction telles quils croyaient pouvoir affronter léternité elle-même. La suite devait prouver leur erreur. Les astres annoncèrent sa venue, une fois de plus, au grand dam de ceux qui ne voyaient là dedans quune vieille légende ne méritant pas plus dattention quune vieille histoire inventée pour terroriser les enfants. Les nains vivaient loin sous la terre, peu leur importait ces étoiles si hautes dans le ciel. Il en était, pourtant, qui perpétuait la légende, colportant de génération en génération lavertissement donné plus dun millier dannées auparavant Ceux-là étaient vus comme des oiseaux de mauvais augure, des prophètes alarmistes qui ne méritaient au mieux que le mépris, et au pire la mort pour oser tenir des propos dangereux pour lordre et la cohésion du peuple.

Parmi eux se trouvait Guilrhem, un des meilleurs orfèvres que le peuple nain ait jamais enfantés, et sans nul doute le meilleur vivant à cette époque. La roche comme les métaux les plus durs semblaient prendre forme entre ses mains, devenir malléable et si facile à travailler. De ses doigts agiles naissaient des chef-duvres de beauté, dingéniosité et de précision. Jamais pierre ne trouva plus belle expression quentre ses mains, nul métal plus bel usage. Aux yeux des autres nains, Guilrhem navait pour seul défaut que de croire en cette vieille prophétie, qui lobsédait chaque jour davantage, au fur et à mesure que lalignement se rapprochait. Comment donc, pourraient-ils éviter le châtiment que le juge réservait à ceux qui ne se montraient pas dignes ?

Déjà, les premières légions de lharuspice assiégeaient les forteresses. Certains ny voyaient que des adversaires, là où dautres montraient du doigt larrivée annoncée. Le seigneur de Guilrhem lui demanda de créer une arme prodigieuse, capable de détruire lentité de cauchemar qui semblait commander aux hordes de créatures. Lui qui avait cru avoir affaire à un juge voyait avec des yeux étonnés lapparence de la mort. Choqué, troublé, il se mit à louvrage, décidé à défendre les siens contre ce qui ne pouvait être quune erreur, une monstruosité venue pour les détruire et non les juger. Des jours durant, des nuits, le nain travailla avec les meilleurs enchanteurs et les meilleurs forgerons, tandis que ses frères tombaient les uns après les autres sous les assauts des légions, leurs forteresses dévastées, leurs montagnes détruites, ensevelissant leurs galeries sous des tonnes de gravas. Enfin, il apporta la touche finale, montrant aux siens une arme dont la seule vue les glaça deffroi, tout en leur apportant lespoir.

Il fût dit pourtant, que cette arme comme Althea nen avait jamais connu ne suffit pas à détruire le juge.

En châtiment, on raconte que lange de la mort imposa à Guilrhem duser de son arme contre ses propres frères. Lorfèvre, lartisan, le forgeron fut damné, devenant le simple pion dune destruction. Son arme détruisit tout ce qui avait fait la fierté de son peuple. Ses uvres furent maudites, irrémédiablement anéanties et jetées dans loubli afin que son nom même disparaissent des mémoires. Alors que le dernier de sa race périssait, Guilrhem vit apparaître devant lui celui qui lavait damné, celui là même quil avait eu laudace de vouloir détruire. Le fier nain nétait déjà plus que lombre de lui-même, tourmenté par une malédiction qui lavait obligé à commettre ces actes tout en les réprouvant du plus profond de son être. Il avait versé des larmes, à rendre son corps plus sec que ne létaient les roches. Il avait voulu mourir mille fois afin que cesse sa souffrance, et celle de son peuple. Et pourtant il était là, encore, alors que les siens étaient morts. Il croyait quenfin il allait connaître la paix, la mort promise. Il nespérait plus rien, rien que cette fin qui achèverait la prophétie et lui octroierait enfin un peu de repos.

Une paix que son esprit ne devait jamais connaître. La légende veut que le juge se présente devant lui une dernière fois, lui posant la question de savoir sil était digne ou non de vivre. Quelle pouvait être alors la réponse, pour celui qui aurait été coupable du pire des crimes aux yeux de son peuple ? En ultime châtiment, il est dit que lHaruspice condamna son esprit à entrer dans un simple outil, un marteau qui le retiendrait à jamais. De cet outil naîtraient des armes présentant toujours des défauts, des failles, jusquà ce quun être digne lutilise enfin. Mais quel forgeron garderait un marteau maudit ? Il est dit que le marteau de Guilrhem est tombé dans loubli, perdu loin de toute vie, attendant quun être digne puisse enfin le libérer de sa malédiction


Achevant la dernière phrase, je laissais le silence retomber sur le camp, tournant mon visage pour voir si ceux dont le séraphin avait parlé étaient enfin arrivés, mais je ne vis pas trace de ces derniers. La guerrière, dont jappris plus tard quelle sappelait Tessa, vint me porter une choppe de vin, que jacceptais volontiers.

-Très belle histoire, messire de Loos, un récit fort intéressant en vérité, même si la légende nest parfois pas le reflet de la réalité Lhomme aux ailes blanches avait applaudi doucement, sans excès ma prestation, et je le saluais en remerciement.
-Merci, mais dites moi, vous dites attendre dautres de vos amis Et je mavance sans doute, mais comment savez vous quils vont venir vous trouver ?
-Ils nont guère le choix, comme vous ne lavez pas eu. Notre rencontre na rien dun hasard Galiad. Mais je suppose que lexplication peut attendre quils viennent à leur tour. Tessa, peut être veux-tu à ton tour nous conter quelques aventures ?

Par Zeed Mithror le 20/11/2002 à 23:23:22 (#2607582)

*Le paladin, assis silencieusement au pied d'un arbre, regarda la jeune guerrière prendre la parole a son tour*

Par Bardiel Wyld le 20/11/2002 à 23:26:18 (#2607615)

*adressant un signe de tête accompagné d'un sourire amical vers Zeed qu'il n'avait point revu depuis longtemps, Bardiel resta à attendre le récit suivant, celui offert par le conteur présent étant déjà merveille à écouter...*

Par Floloa Terrae OD le 20/11/2002 à 23:49:20 (#2607848)

*Le doux bruit du luth chantant sous les étoiles, accompagnés de la voie de baryton du compteur avait attirés les pas de Flo.*
*Appercevant l'assemblé réunit autour du feu, elle vint doucement s'asseoir a la lueur des flammes*
*Sortant un pipe finement ouvragés, elle la bourra, écoutant attentivement la complainte du troubadour.*

Par Dodgee MIP le 21/11/2002 à 21:31:01 (#2614747)

-A vrai dire, je ne suis guère conteuse...

La jeune femme s'était exprimée d'une voix claire, dissimulant mal son hésitation. Si le courage ne lui avait jamais manqué pour partir au combat, la fière bréhanite était moins à son aise devant un auditoire tel que celui-ci. Alors qu'elle laissait sa phrase en suspens, un crépitement du bois vint agiter les reflets des flammes dans sa chevelure, illuminant un instant son visage. Elle était loin, la jeune fille qui avait failli succomber à quelques brigands. Les années avaient affermi le visage, lui apportant cette maturité et cette force qu'on devinait sous le regard bleu gris. Il y avait toujours ces doutes, cependant, ceux qu'elle avait tant de mal à exprimer comme ceux qui n'étaient qu'anodins, conter une histoire autour d'un feu par exemple. Prenant une nouvelle inspiration, la guerrière se leva, avant de reprendre la parole.

-Mon histoire nest pas de celles qui font les légendes, à vrai dire, ce nest quun récit ordinaire qui fait bien pâle figure devant celui que nous venons découter. Elle prend place il y a fort longtemps, bien avant que le bouclier qui entourait lîle de Stoneheim ne tombe. A cette époque, lîle ne comptait pas tous les aventuriers qui la parcourent à présent, en quête de richesses ou de trésors oubliés, et bien que les conflits existaient, ils demeuraient restreints, chaque faction étant consciente du difficile équilibre qui régnait. Centaures, humains, skraugs restaient souvent dans leur territoire respectif, même si des escarmouches, de petites attaques restaient courantes. Ce fut à cette époque, quun centaure, plus déterminé que les autres décida quil était temps pour les siens de se débarrasser une fois pour toute de la menace que faisaient peser sur eux les guerriers et les chasseurs skraugs.

Tessa marqua une légère pause, laissant son regard circuler sur les quelques visages qui lécoutaient, avant de poursuivre sa narration.

-Taleneas était son nom, et malgré les paroles de sagesse de certains de ses amis, il ne voulait croire en un équilibre profitable à tous. Un des meilleurs champions centaures, il galopait régulièrement au combat, essayant de repousser toujours davantage les skraugs, avec une hargne et un courage exemplaire. Implacable, sa seule vue suffisait à inspirer le respect chez les fiers skraugs qui venaient encore et encore se mesurer à la puissance du guerrier centaure. Lui, pourtant, ne se satisfaisait pas de ces petites victoires, et un jour, alors quil parcourait les terres de Stoneheim, loin des frontières de son peuple, il se retrouva dans les montagnes maudites, ces roches noires où la lumière navait plus prise, le domaine dOgrimar. Bien sur, Taleneas connaissait le dieu du chaos et ses serviteurs. Mais jamais il ne sétait aventuré aussi loin, ni rencontré personnellement ces humains et ces créatures qui prétendaient servir ce dieu. Il fut dabord tenté de repartir, rentrer vers la cité qui était désormais bien loin, mais alors quil commençait à faire demi-tour, une voix séleva pour le retenir.

-Il aurait du partir, savoir quécouter les voix du dieu de la tromperie ne pouvaient que le mener à mal, mais il resta, persuadé que ce faible humain qui lui faisait face ne représentait pas un danger pour lui. Mais les propositions se firent alléchantes, sentant lintérêt du centaure et devinant ses désirs. Sa haine des centaures devint sa faiblesse, et intrigué par les propositions que lui fit lhumain, le centaure promit de revenir. Plusieurs fois il revint, constatant par lui-même le pouvoir que lui proposait lhomme. A partir de la forteresse du seigneur noir, il pouvait attaquer les skraugs proches, et les repousser jusquà leur village fortifié. Entouré de sombres sortilèges, il devenait plus fort, plus puissant et capable de vaincre ses adversaires. Riant maintenant que ses projets étaient à portée de main, il ne vit pas lhomme ourdir son complot, tissant sa toile lentement autour de son âme. Son esprit, peu à peu gangrené commença à changer, et il ne revenait plus guère dans la ville des siens. Infatigable, insatiable, il continuait le combat, encore et encore, entraînant à sa suite les centaures les plus belliqueux, qui le prenaient pour modèle.

-Cest ainsi queux aussi finirent par sceller un pacte avec les forces dOgrimar. Au fil du temps, ils établirent leur base dans les montagnes noires, menant le combat face à la tribu des skraugs de moon tug. Pour ces fiers centaures, il était déjà trop tard, et lorsque leurs frères réalisèrent ce qui se tramaient, ceux-ci avaient déjà perdu leur âme. Prisonniers des pierres noires, ces centaures finirent par servir par delà la mort, laissant leurs os se relever pour servir celui qui détenait leur pacte. A jamais ils sont prisonniers, jusquà ce quun aventurier courageux ne vienne les défaire en combat et libérer lâme de sa prison dos. Telle est la légende des centaures squelettes, à la fois prisonniers et gardiens des geôles dOgrimar

Achevant son récit, la guerrière laissa retomber le silence, non sans baisser légèrement la tête à lévocation de cette ancienne et triste malédiction

Par Syris Choup' le 21/11/2002 à 23:30:24 (#2615620)

Une race de plus présentant des éléments corrompus menés par la démesure de leur ambition jusqu'à une irrémédiable chute.

Quelle coïncidence, ces mêmes êtres ont des cerveaux d'humains bien que se déplaçant comme des chevaux...

Par Eléa Bluesky le 22/11/2002 à 9:01:00 (#2616839)

*assise sur les genoux d'Iwa, écoute, captivée.*

Par GrandPa'Mini le 22/11/2002 à 9:03:42 (#2616851)

Provient du message de Eléa Bluesky
*assise sur les genoux d'Iwa, écoute, captivée.*


je vais balance a breto elle va te kill =)

Par Faruun le 22/11/2002 à 10:51:14 (#2617458)

L’assassin s’était approché en silence, comme à son habitude. Il s’était senti intrigué, puis attiré par ce curieux feu de camp, mais il n’en avait pas oublié toute prudence pour autant. Couvert de son manteau d’ombre, il observait à présent l’étrange rassemblement, essayant de reconnaître les protagonistes. Au centre et près des flammes, il vit une guerrière en armure, les cheveux blonds coupés courts qui achevait de raconter une histoire. Par instinct, son regard se porta vers sa posture, puis sur l’arme qu’elle avait sur le coté, comme pour essayer de la jauger. Sur le côté, non loin d’elle, était assis un homme d’un certain âge, vêtu d’une robe blanche. A priori celui-ci ne devait pas représenter un grand danger, il devait s’agir d’un prêtre, et il n’avait visiblement pas l’habitude de voyager. Alors que son regard se promenait encore, il vit un séraphe d’artherk, une figure imposante qui s’était tournée vers lui. Le sourire qu’il affichait ne pouvait être du au hasard, et Faruùn su de suite qu’il avait été repéré, malgré tous ses efforts.

La surprise ne dura qu’un instant, et rapidement l’esprit de l’assassin cherchait la conduite à tenir. Ne voyant pas de raison de rester à l’écart, il se rapprocha lentement, tout en surveillant toujours les environs. Après tout, si cet homme l’avait vu, il était inutile de continuer à prétendre rester discret. Autant avancer, s’il s’agissait d’un piège, cela les surprendrait d’autant plus. Ce fut alors qu’il distingua les ailes d’ébène qui s’étaient lentement dressées, un mouvement imperceptible qui attira son attention. Un instant son instinct le fit frémir alors qu’il se tournait pour voir un visage qu’il croyait disparu. De stupeur, il arrêta sa marche, tous les muscles tendus, prêt à réagir. Il ne pouvait oublier ce regard, cette froideur dans les traits, cette peau laiteuse, si blanche qu’elle contrastait avec ces cheveux de jais et ces ténèbres qui l’entouraient. Boreale.

La guerrière avait achevé son récit, et le silence était retombé sur le campement de fortune. La tension était maintenant visible, et l’attention s’était reportée sur le nouvel arrivant, et vers la femme aux ailes noires qui le dévisageait, une lueur malicieuse dans le regard. Les sentiments se bousculaient, surprise, incompréhension mais celui qui était prédominant dans l’esprit de Faruùn était ce danger palpable, sa perception du monde s’étant focalisée sur cette femme à la peau plus pâle que la lune, aux cheveux plus noirs que la nuit. Il était pourtant certain d’en avoir fini avec la sorcière, il avait vu son corps se consumer lentement, sous l’action des flèches bénies, des flammes, et voilà qu’elle reparaissait devant lui. Bien sûr, il avait envisagé un instant qu’avec la magie, il devait être possible d’accomplir un tour de ce genre, Boreale n’était-elle pas une de ses nécromanciennes, capable de pactiser avec la mort ? Mais son esprit lui disait que quelque chose sonnait faux. Ce n’était pas possible, en tout cas ce n’était pas un piège, la sorcière avait semblé surprise un instant, malgré la façade de glace qu’elle arborait comme visage, elle, comme lui, ne devait pas s’attendre à leur retrouvaille. Il n’en demeurait pas moins qu’il n’avait nulle part où fuir, et qu’il ne voyait guère de manière d’échapper à la vengeance de Boreale. Imperceptiblement, ses mains cachées par les volants de son manteau avaient empoigné ses dagues. Il ne serait pas dit qu’il serait une proie facile.

La surprise passée, le regard de son ennemie s’était fait ardent, contrastant avec le détachement qu’elle aimait montrer. Déjà sa main s’était levée, les doigts longs et fin semblant inscrire des runes dans l’air, et l’assassin avait senti l’air froid se lever, comme répondant aux mouvements, alors qu’il voyait les lèvres de la sorcière remuer. Sans hésiter davantage, ses mains jaillirent en avant, propulsant dans le même élan les deux dagues dans la direction de la sorcière. Trop tard pourtant ! Déjà la glace se formait comme une prison tout autour de lui. Ce fût à cet instant qu’une voix tonna, impérieuse.

-Assez !

Dodgee s’était interposé entre les deux adversaires, jaillissant comme une boule de flammes sur la trajectoire des dagues ; son regard se porta sur l’un puis l’autre. Plus que jamais, le visage du séraphe exprimait une forte détermination, et son intervention, aussi inattendue que convoyant une puissance palpable, avait arrêté net l’affrontement. Les yeux assassins de Boreale s’étaient rivés dans ceux du séraphe comme pour le défier, et un instant, Faruùn crut que l’affrontement allait avoir lieu avant que la sorcière ne se ravise. Elle esquissa un sourire, et laissa même échapper un petit rire, avant de se détourner pour reprendre place plus loin.

-Vraiment Dodgee, vous ne devriez me gâcher mon plaisir. Croyiez vous vraiment que j’allais vouloir me venger ? Croire que pareil sentiment puisse prendre le dessus serait bien mal me connaître. Un peu de peur, une déconfiture de ce cher Faruùn n’aurait pas été pour me déplaire cela dit, mais vous savez comme moi ce qu’il en est, ici.
-Il suffit. D’autres viendront encore, et je ne tolérerais pas d’autres combats ici. trancha le séraphe, son ton ne souffrant d’aucune réplique.

Etonné par cet échange irréel, l’assassin n’en demeurait pas moins sur ses gardes, ne sachant quelle conduite tenir. Finalement, sous l’invitation des personnes présentes, il accepta de se rapprocher pour profiter un peu du feu. Il prit soin, cependant, à se placer à l’opposé de la sorcière, qui semblait l’observer d’un œil amusé. Ce ne fut qu’alors qu’il se rendit compte qu’il ne savait pas pourquoi il était ici.

Ce fut au tour du prêtre d’Artherk, qui se présenta sous le nom de Noryl, de prendre la parole pour raconter une histoire…

Par Conrad McLeod le 22/11/2002 à 11:44:41 (#2617814)

Toujours aussi plaisant...

Par Choupinou le 22/11/2002 à 21:18:53 (#2622466)

*Up en attendant la suite qui s'annonce croustillante.*

Par Iwakura Shin OS le 22/11/2002 à 23:01:37 (#2623118)

Provient du message de Eléa Bluesky
*assise sur les genoux d'Iwa, écoute, captivée.*


^^

*Attend la suite avec une impatience non caché =)*

Par Graetel Lloth le 23/11/2002 à 10:45:07 (#2624823)

*attirée par la lueur d'un feu de camp, se rapproche pour découvrir des gens un peu partout autour, dans les arbres, tous suspendues aux lèvres de Faruun.
S'asseyant tranquillement, demande à se faire raconter le début qu'elle a manqué, sortant un petit tonnelet de bière. Puis servant rasades autour d'elle, se fixe, bientôt captivée à son tour par la voix du conteur.*

Par Dodgee MIP le 23/11/2002 à 23:10:35 (#2629251)

L'homme qui était arrivé à grand fracas était vêtu comme un voyageur, un épais manteau noir juché sur ses épaules et une capuche dissimulant une grande partie de ses traits. Par habitude, je le soupçonnais d'être un homme dangereux, un de ceux qui profitent des ombres et y trouvent refuge. Un brigand, un assassin ou quelqu'un ayant des choses à cacher. De toutes évidences, la femme aux ailes noires devait le connaître, et
leurs rapports étaient loin d'être cordiaux, elle avait même parlé de vengeance. Le conflit aurait sans doute dégénéré, s'il n'y avait eu l'intervention du séraphin, et une fois de plus je ne pouvais que me demander comment il parvenait à prendre l'ascendant sur une personnalité aussi forte que celle de Boreale. Un instant, je crus même le voir plus imposant encore, plus puissant que jamais lorsqu'il s'interposa. Dans le silence gêné qui suivit, ce fut Noryl qui se décida à parler, sans doute pour tenter de faire oublier l'incident.

-Il est dit que dans sa lumière, Artherk entrevit le premier jugement, celui qui devait devenir la condamnation des elfes. Mais, même le dieu de la miséricorde et de la guérison ne pouvait interférer avec la décision, quelle quelle fût. Cest ainsi quil était écrit, et cest ainsi que cela devait être. Aussi, il advint que le dieu de la vérité revint sur les terres des elfes, et quil vint trouver la première elfe, Laewin, dont il avait eu deux jumelles. Ce fut en pleurs, que la première elfe le trouva. Lui dont le visage irradiait dordinaire de bonté et de lumière navait plus que des rivières de larmes pour seuls bijoux. Inquiète, Laewin lui demanda la raison dune telle peine et Artherk le lumineux lui tint ce discours :

-Je pleure mes enfants, je pleure la vie disparue, je pleure pour les tiens Laewin.

-Les miens ? Que veux tu dire ? Quel sort terrible attend les elfes pour que tu viennes me parler ce jour ? Inquiète, elle sétait approchée, tremblante. Elle ne comprenait pas, ou elle ne voulait comprendre les paroles dArtherk, et ce quelles signifiaient..

-Conformément à la prophétie qui fut annoncée, ton peuple sera jugé afin de savoir sil est digne ou non. Cest à lui de trouver la force, la foi afin de survivre à cette épreuve, et je pleure pour ceux qui nen seront pas capables

-Mais mon aimé, navons nous pas prouvé notre valeur ? Nos cités ne sont-elles pas magnifiques, et nos artistes ne rivalisent-ils pas de talent ? Notre société mérite-t-elle donc si peu destime, elle qui sélève si hauts au-dessus de celles des barbares humains et nains ?

-Cette beauté, je peux la percevoir. Ces musiques, je peux les entendre. Ces sculptures, je peux les toucher. Mais je ne suis celui qui jugera ton peuple. LHaruspice reviendra, lorsque la constellation du centaure sera de nouveau alignée avec la lune, et ce jour là, son jugement sera rendue. Je pleure la décision qui sera alors la sienne.

-Ce disant, le dieu avait fait quelques pas, désignant de ses gestes la splendeur des jardins où il retrouvait Laewin. Il ne pouvait, pourtant, retenir une note triste dans sa voie, une note qui néchappa pas à lelfe. Tout avait été dit, les larmes du dieu exprimait bien plus que ses mots, et en ces quelques instants, elle avait pu ressentir la tristesse, ce poids énorme qui pesait sur les épaules du dieu qui, dans sa lumière avait entrevu le jugement à venir.

-Ce fut la dernière fois que Laewin vit Artherk. Il est dit que les larmes du dieu creusèrent un lit profond dans le sol, et quà cet endroit jaillit une source enchantée. Il est dit aussi, que lorsque lheure du jugement vint, Laewin revint sur ce lieu, prier une dernière fois son aimé, et plonger dans la source de ses larmes

Par Meliane le 23/11/2002 à 23:20:20 (#2629318)

*attend la suite avec impatience*

Par Shaeres le 24/11/2002 à 1:00:21 (#2629857)

L'ombre s'était profilée lentement aux quelques faibles lueurs du feu non loin. Cependant les ténèbres préservaient son anonymat, tandis que de ses yeux gris pâles elle fixait ardemment les protagonistes. Plissant les yeux elle tentait de déterminer ce qu'ils faisaient là, tous regroupés, engouffrés dans ce havre de nature dévoré par la nuit. A en juger par leurs frusques, c'était presque tous des urbains. Seul l'homme à l'ample capuche sombre semblait faire corps avec la Nature environnante et se fondre dans celle-ci, comme elle-même le pouvait. Une odeur de sang l'accompagnait, comme à son habitude, seulement cette odeur était prolongée par celle de l'homme à la capuche, et une subtile différence avec la femme aux ailes noires. Mais tous trois sentaient âcrement la Mort. C'était là, pensait Shaeres, la seule chose qui pouvait les lier. Tous n'était en fin de compte que des humains, le cancer qui se propageait dans cette Nature qu'elle voulait raviver du sang de ses victimes..

Toutefois, encore une fois, Shaeres restait en retrait, aux aguets, la main prête à tendre son arc en un dixième de seconde. Elle écoutait d'un air qui se voulait détaché, mais au-delà de cette mine futile, un esprit aiguisé retenait chaque mot, chaque expression des visages, chaque crépitement du feu. Happée par la pénombre, elle se dissimulait à moitié, sans faire un bruit, narguant les oreilles indiscrètes qu'elle savait calfeutrées grossièrement. Ils parlaient des fins antérieures... elle parlerait peut-être de leurs fins. En appliquant ses paroles qui sait. Un fin sourire vint orner ses lèvres, un poil carnassier, mais aussi rêveur. S'il n'y avait les ombres aux alentours, on aurait même pu la prendre pour une jeune fille normale, juste en quête d'aventures.. Attendre le moment propice... encore les étudier et ...aviser.

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Par Ninie le 25/11/2002 à 15:51:50 (#2640148)

*Print parcequ'elle mal a ses p'tits yeux*

Par Soeris le 25/11/2002 à 17:01:58 (#2640730)

Ses pas avaient conduit le jeune homme vers cette lueur, qui s’avéra être un feu de camp. Tout autour était rassemblée une petite troupe hétéroclite, autant de personnes qu’il n’aurait jamais imaginées voir ainsi ensemble, parmi lesquels un séraphin blanc à l’aura rassurante, une femme aux ailes noires dont émanait une présence anormalement forte, un homme encapuchonné dont la seule vue le faisait frissonner ou un simple troubadour. Alors qu’il approchait, celui qu’il devinait être un prêtre d’Artherk achevait un discours, ce qui devait ressembler à un récit de quelques sortes. Ce ne fut que plus proche qu’il distingua une ombre se fondre dans la nature. Sa sœur peut-être… Mais si elle n’avait pas envie d’être vue, il savait combien il était futile de vouloir la retrouver. Arrivant sans la moindre discrétion, il attira bon nombre des regards, avant que le prêtre, encore debout ne l’invita à les rejoindre.

Comme souvent, Soeris n’était vêtu que d’une robe légère, et d’un bâton de marche. Ses sandales étaient usées par la route, mais comme il se plaisait à le dire, leurs trous lui permettaient de garder un contact direct avec le sol, tout en préservant ses pieds des plus durs cailloux. Le contraste avec les urbains qui se tenaient à coté des flammes était saisissant.

-Bien le bonsoir mon jeune ami, que la lumière d’Artherk guide vos pas. Partagerez vous un peu de votre temps avec nous ?
-Volontiers… Volontiers… J’ose espérer que je ne vous… dérange pas ?
-Non, du tout. En quelque sorte, nous pourrions même dire que nous vous attendions. Mais prenez place, je vous en prie.

Le séraphin, qui devait ensuite se présenter sous le nom de Dodgee, avait glissé sa réponse avant d’enjoindre le jeune druide à prendre place. L’espace d’un instant, le regard du séraphin s’était fait plus inquisiteur, au point que Soeris avait cru qu’il pouvait voir au-delà des apparences et deviner son secret. Puis, se ressaisissant, il chassa cette pensée et, baissant timidement la tête, s’avança doucement pour rejoindre le petit groupe autour du feu.

-Bonsoir urbains. Je… Je suis connu sous le nom de Soeris, et j’allais rejoindre notre campement quand j’ai aperçu votre feu. Comme à son habitude, le jeune homme semblait un peu hésitant, intimidé sans doute par cette compagnie si singulière.
-Eh bien sois le bienvenu parmi nous Soeris… Je me présente, Galiad de Loos, troubadour extraordinaire de son état ! Je parcours routes et monts, dévoile les légendes et récites les ballades, et il se trouve que comme toi j’ai été attiré par la chaleur du feu en cette nuit. Ces hommes attendent quelques amis qui doivent les rejoindre, et nous nous lancions dans quelques récits capables de nous tenir en haleine, le temps qu’ils arrivent. Peut-être aurais-tu quelques histoires pleines de sagesse à partager avec nous ? répondit le troubadour, d’un air enjoué.

Une histoire… Oui bien sur qu’il en connaissait. Il pouvait leur parler du chant de la terre, de ces sols meurtris et exploités par des hommes sans scrupules, ou de ces rivières qui charrient les larmes de la nature, avilie par ces mêmes urbains. Ils ne comprendraient pas. Eux ne pouvaient voir, ne pouvaient entendre. Un fin sourire vit enfin le jour sur le visage du jeune homme alors qu’il acquiesçait. Se levant, le druide regarda un instant l’assemblée, avant de commencer son récit.

-Un homme possédait un jardin sans pareille. Fruit de son amour, ce jardin contenait milles merveilles, des plantes à la beauté resplendissante, des oiseaux au chant enchanteur, des fruits au goût incomparable. Cet homme que la seule vue du jardin prospérant aurait suffi à combler de joie, avait de plus le bonheur d’avoir trois enfants qui grandissaient avec lui. La première était une jeune fille resplendissante, qui avait gardé de son père l’amour du jardin et qui aimait à le parcourir pour se délecter de ses plaisirs. Le deuxième était un jeune garçon travailleur et volontaire, qui n’hésitait pas à donner du cœur à l’ouvrage pour mener à bien ses projets. Et si le troisième demeurait plus discret et moins expansif, il n’en avait pas moins le même amour du jardin que son aînée, et la volonté de faire du cadet.

-L’homme vieillit, et confia la garde du jardin à sa fille aînée, qui mit tout son amour à le faire prospérer. Pendant ce temps, le second fonda une famille, et compta rapidement de nombreux enfants qui s’amusaient à jouer dans le vaste jardin. Le troisième lui, se retira dans un coin du jardin, pour y couler des jours heureux au milieu de la nature. Or il advint que pour loger sa famille, et leur assurer une vie agréable, le cadet dut faire de nombreux travaux. Il érigea d’abord une maison, plus grande, plus spacieuse pour ses enfants. Et l’entoura d’une barrière. Plus tard, il bâtit une petite étable, pour les animaux, et creusa les sillons des champs où il planterait ses légumes et ses fruits. Petit à petit, son domaine grandit, et il dut abattre les arbres, et éloigner les oiseaux de ses champs pour préserver ses graines. Sa sœur fut emprise de peine, en le voyant détruire une partie du jardin, et elle tenta de le raisonner. Mais lui était son frère, et sa famille comptait davantage à ses yeux. Le jardin est vaste, lui avait-il répondu, il en reste bien assez. Le temps passa et ses propres enfants devinrent grands, fondant à leur tour une famille. A nouveau, ils durent abattre les arbres et en extraire le bois. D’autres chassèrent les oiseaux, se délectant de leur chair, d’autres enfin dévorèrent les fruits du jardin, sans s’occuper d’en replanter les graines. Le jardin était vaste, et il en restait bien assez. Vieille à présent, l’aînée regardait avec tristesse le gâchis. Elle pleurait sa peine, demandant encore et encore à son frère de cesser. Elle lui montra les plantes qui dépérissaient, les oiseaux abattus. Elle lui conta la douleur, la souffrance, mais il ne voulut toujours rien entendre. Alors elle s’en fut, retournant au milieu des oiseaux et des plantes, tentant de sauver ce qui pouvait l’être.

-Ce fut le plus jeune frère, enfin, qui se décida à agir. Lui n’allait pas rester à rien faire en voyant son jardin dévasté. L’amour qu’il partageait avec sa sœur pour le jardin lui donna cette colère contre ceux qui allaient le détruire, et la volonté de faire qu’il partageait avec le cadet lui donna la force d’utiliser sa colère. Plutôt que de sauvegarder ce qu’il restait, il choisit de s’attaquer à la source du mal. Déterminé, il n’attendit pas pour mettre son plan en action et c’est ainsi que là où les cris des enfants résonnaient, là où les familles prospéraient, il ne demeura plus que le silence, que les oiseaux revinrent bientôt reprendre. Sa sœur regarda horrifiée le terrible spectacle, alors que lui retournait dans sa retraite, dans la nature…

Laissant le silence retomber, le jeune homme attendit un court instant avant de se rasseoir. Il n’avait pas donné de morale, et chacun était libre de tirer la sienne. Pour lui, évidemment, elle ne faisait aucun doute.

Par Floloa Terrae OD le 25/11/2002 à 20:24:13 (#2642635)

*Une douce fumée s'échappa de la pipe, et l'odeur particulière du tabac monta vers le ciel étoilé.*
*Appercevant les mashmallows de Conrad, lui en pique un, et a l'aide d'une brindille, en met un a chauffer sur les flammes du feu*

HOP :)

Par Tessa le 26/11/2002 à 12:49:11 (#2646792)

Le feu crépitait doucement, projetant ça et là des braises éphémères. Le jeune druide s’était tu, en laissant planer un silence troublant sur l’assemblée. Toute à ses pensées, Tessa jeta une autre brindille dans les flammes, méditant sur ce qu’il venait de dire, et sur ce que cela impliquait. L’espace d’un instant, le brasier s’était fait plus fort, presque menaçant lors du récit, et la silhouette fragile du jeune druide avait semblé projeter une ombre menaçante, et bien plus inquiétante. Elle avait du rêvé, sûrement, elle avait depuis longtemps passé l’âge de s’inquiéter de ces ombres dansantes. La brindille craqua avec un bruit sec, le feu la rongeait à présent, laissant courir les flammèches sur toute la longueur. Il faisait l’effet d’un fluide se répandant sur la surface, avide de toucher, sentir et consumer la matière qui lui donnait vie. Etait-ce ainsi que les hommes agissaient avec le monde qui les entourait ?

On ne distinguait plus la lune, ou plutôt on ne voyait qu’un halo brumeux se détacher dans la nuit. Comme drapé par ces vêtements laiteux, l’astre se cachait au regard, trahi seulement par sa douce clarté. Loin, là haut dans le ciel, les étoiles semblaient observer, silencieuses, l’étrange réunion. Ce fut finalement Dodgee qui se tournant vers Boreale, rompit le silence.

-Et vous, dame Boreale, allez vous nous faire l’honneur de partager avec nous une de vos histoires ?

La femme au teint pâle ne répondit pas de suite, se contentant de laisser peser son regard sur le séraphin. Si quelques-uns furent surpris par la demande, elle conserva ce visage lisse n’exprimant aucune émotion. Tessa ne put s’empêcher de frissonner, malgré le feu, malgré les flammes. Cette femme portait avec elle la mort, et bien plus que cela, elle était l’image de cette mort, ce visage si paisible qu’affectaient ces cadavres. Les émotions n’avaient pas leur prise sur elle. A bien des égards, la sorcière aux ailes d’ébène était inhumaine. Enfin, Boreale se redressa, affichant un léger sourire du bout des lèvres. Ses ailes noires se déployèrent comme pour envahir le ciel, alors que sa voix s’éleva.

-Pourquoi pas… Pourquoi pas ? J’ai bien là une histoire qui devrait vous ravir, un de ces contes, glacés à faire mourir…

S’avançant enfin, le reflet des flammes se noyant dans ses yeux sombres, Boreale fit un rapide tour d’horizon, le regard glissant sur les uns et les autres sans vraiment s’arrêter. Enfin, elle commença son récit…

Par Conrad McLeod le 26/11/2002 à 13:19:23 (#2647071)

Le guerrier retira son heaume, pour mieux écouter. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas fait, et il lui fallu batailler quelques minutes pour y parvenir...

Il fit un geste pour retirer ses bottes, puis se ravisa après mures réflexions. Il se dit que les autres auditeurs ne se "sentiraient" pas très à l'aise s'il prenait les siennes, d'aise...


EEEeuuuh, pourquoi j'ai pas le talent de certains?? Pas juste ça...

Par Shaeres le 26/11/2002 à 19:51:45 (#2650557)

La jeune fille avait orné son visage d'un sourire en coin. Son frère s'était pour une fois bien débrouillé. Elle, n'aurait pas raconté d'histoire, elle aurait peut-être fait un récit sans parole, plus imagé. Regardant la pointe de la flèche qu'elle maniait du bout de ses doigts agiles, elle releva son regard vers l'auditoire de la femme ailée. L'odeur de mort emplissait ses narines au fur et à mesure que la distance avec la femme se rétrécissait. Une puanteur. Il n'y a que les assassins pour sentir la mort ainsi. Pourtant la dame ne sentait pas le sang, juste ce souffle glacial et macabre. Elle s'adossa sur un arbre à proximité et se mit à tailler le bois de ses flèches sèchement en silence, l'oeil rivé sur le groupe.

Par Conrad McLeod le 28/11/2002 à 13:56:13 (#2663701)

Le paladin ouvrit les yeux. Il s'était assoupi, l'âme en paix, après le dernier récit. La jeune femme assise à coté de lui avait posé sa tête sur son torse, et s'était endormi elle aussi. Le parfum qui montait des cheveux de la jeune femme le troublait terriblement, il le réalisa vite. Et plutôt que d'avoir encore à lutter, il se dégagea doucement, et glissa son sac sous la tête de sa voisine...

Pour se donner une contenance, il remit une brassée de bois mort dans le feu de camp. Et peut-être que certains aventuriers allaient raconter une nouvelle histoire? Il l'espérait...

Il alla se rasseoir à coté de la jeune femme, machinalement.

Par Boreale le 29/11/2002 à 10:58:17 (#2670551)

Le lieu était anodin, un de ces villages où la vie, bien que faite de labeur et d’épreuves, demeurait agréable. C’était un de ces havres de paix pour les voyageurs occasionnels, une de ces haltes que l’on ne regrette guère lorsque que fatigué par un long trajet, on peut enfin s’asseoir au coin de l’âtre comme s’il eut s’agit de la cheminée d’un château et profiter d’un ragoût dégageant un fumet succulent. En effet, si les habitants chérissaient leur tranquillité, ils n’en étaient pas moins accueillants et hospitaliers.

Or, il arriva qu’un jour d’hiver, une étrangère se présente à l’auberge. La neige recouvrait déjà les abords des routes, et il ne faisait guère bon de rester sous le vent glacial. La pauvre devait être frigorifiée, et à voir la pâleur de sa peau, l’aubergiste lui offrit une place près du feu, afin qu’elle puisse se réchauffer. Otant la capuche qui la protégeait des intempéries, la jeune femme accepta évidemment avec grâce, et remerciant l’homme d’un sourire, s’en alla s’asseoir près des bûches rougeoyantes qui crépitaient sous les flammes. Elle avait ces cheveux sombres qui contrastaient avec la blancheur de sa peau, et un regard saisissant, presque inquiétant, alors qu’il se posait sur chacun des occupants de la salle commune. Dehors, la tempête se levait, et la neige tombait maintenant drue, recouvrant les sols de cet immaculé linceul blanc.

Pour le malheur des habitants, la dame en question n’était pas humaine. Il s’agissait de l’esprit d’une jeune femme morte il y a bien longtemps, victime d’une tempête de neige par trop virulente dans la région. L’isolement, les années avaient fini par la rendre démente, et alors qu’elle s’était jusqu’alors contentée de crier sa complainte au cœur des tempêtes qui sévissaient, attirant à elle des malheureux qui espéraient sauver une jeune femme égarée, elle avait décidé cette année de se rendre au village et d’y semer une tempête comme il n’en avait jamais connu.

Sous son influence, même les flammes semblaient ne plus trouver de chaleur. Lentement, la salle se refroidit, ce que les uns et les autres attribuèrent aux éléments qui se déchaînaient à l’extérieur. Il n’y eut qu’un homme pourtant, pour remarquer que le froid ne semblait plus venir que de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur, de cette jeune femme qui les observait sans mot dire. N’écoutant que son instinct, il vint à sa table, et entreprit de discuter avec elle. Glacé par sa présence, il remarqua bien vite comment la chaleur des flammes s’évanouissait près de l’inconnue, comment le simple fait de se tenir près d’elle le faisait frissonner. N’y tenant plus, il lui attrapa le poignet, comme pour vérifier ce que son esprit ne voulait accepter.

Un cri de surprise jaillit de sa gorge. Il ne savait pas vraiment à quoi il aurait pu s’attendre, mais le fait de toucher une peau plus froide que la glace le fit sursauter. Inquiétés, les autres occupants tournèrent la tête, pour découvrir le sourire dément qui trônait maintenant sur le visage de celle qu’ils avaient accueillie. Cela ne faisait plus aucun doute à présent, elle était la cause de la tempête, elle était là pour les ensevelir tous sous les glaces. Alors qu’ils tentaient de la saisir, elle les rejeta d’une bourrasque, riant de les voir frissonner. Ce fut un tisonnier brûlant enfin, qui mit fin à la tourmente. Saisissant son courage, l’un des hommes avait attrapé l’arme avant de la plonger dans le corps matériel de l’esprit malin. Surprise, la femme poussa un hurlement de douleur, alors que tous en profitèrent pour presser l’avantage, et la jeter dans les flammes de la cheminée. Ses cris ébranlèrent le village, puis, alors que le corps se consumait, fondant comme s’il n’avait été que glace, la tempête cessa, aussi vite qu’elle était arrivée.

L’histoire aurait pu s’achever ici, si les villageois n’avaient gardé pareille hantise depuis lors. Les femmes à la peau pâle et aux cheveux noirs ne sont plus guère les bienvenues en ces lieux, et pour peu qu’un apprenti magicien n’y voie un mal quelconque ou une froideur inhabituelle, elle sera irrémédiablement considérée comme un démon. Dans mon cas, ils n’eurent pas tout à fait tort, et la leçon qu’ils subirent fût des plus appropriée. Ce n’est pas l’esprit de cette jeune femme morte il y a si longtemps qui m’a conté cette histoire, mais toutes les âmes de celle qui furent livrées en pâture à des villageois plus craintifs que réfléchis. De l’ignorance naissent bien des maux et les leçons se doivent plus dures. C’est toutes ces âmes criant vengeance que j’ai libérées, pour que ces mêmes villageois voient enfin leurs erreurs, et contemplent leurs fautes. Alors seulement, ces âmes pourront connaître le repos qui leur est dû. La touche finale de la punition fut apportée par l’esprit vengeur qui revint hanter les lieux. Chaque hiver désormais, au dixième jour, la tempête frappera aux portes du village. Cette nuit là, aucun feu, aucun mur ne protégera les villageois du froid…

Par LetD4NightLord.| le 29/11/2002 à 14:07:07 (#2671996)

:lit: :cool:

Par Quisha le 2/12/2002 à 20:37:06 (#2696350)

La troupe s’était massée autour du feu, comme phalène par les flammes. Hommes, insectes ou autres volatiles n’étaient finalement pas si différents, une simple lueur dans les ténèbres pouvait suffire à les rassembler, de par leurs instincts primaires. Et ils étaient là, tous, cette foule hétéroclite que rien ne devait réunir, si ce n’est ces quelques braises et cette chaleur, ces bûches sacrifiées au nom du brasier. Non, j’avais beau cherché, je ne voyais ce qu’il pouvait y avoir de commun entre ce séraphin blanc et cette sorcière glaciale aux ailes noires, ou entre une guerrière qui avait du voir un lot de bataille et ce prêtre d’Artherk qui n’avait visiblement que rarement mis les pieds hors de son temple. Et pourtant, même ces voyageurs de passage, ce troubadour à la mine inconsciente, ou ce druide étrange semblaient avoir été attiré. Il y avait là davantage que du hasard, du moins si l’on voulait croire les dires du séraphin qui se nommait Dodgee. Ce fut ce même personnage qui se retourna, comme devinant mon approche, pour me faire signe de les rejoindre. Qui était-il donc ? Que signifiait ce rassemblement, alors que les étoiles pleuraient le jugement prochain ?

-Dame, nous ferez vous l’honneur de vous joindre à nous ? Nous n’avons qu’un peu de feu et quelques contes à vous proposer, mais je pense que pour vous, tout autres choses sembleraient bien futiles.

Le séraphin s’exprimait avec un sourire qui laissait deviner qu’il en savait davantage qu’il n’en disait. Les regards interrogateurs que s’échangeaient d’autres membres du groupe étaient suffisamment éloquents quand aux questions que soulevaient cette dernière remarque. Je n’allais pourtant pas m’en offusquer. Que pouvais-je bien gagner ou perdre à rester un moment avec eux ? L’auditoire était là, et même si je doutais qu’ils puissent apprécier à la juste valeur un avertissement sur la venue prochaine du juge, je ne perdrais rien à essayer de leur en faire prendre conscience. Hochant la tête avec le sourire, j’acceptais donc l’invitation, et rejoignis le cercle rassemblé autour du feu.

-Mille mercis messire, mille mercis. Dois-je comprendre que vous étiez en train de conter quelques histoires ? J’espère que je ne vous ai point dérangé.

Par Conrad McLeod le 2/12/2002 à 21:26:57 (#2696803)

- Vous ne nous dérangez pas, bien au contraire. Asseyez vous autour du feu de notre campement improvisé. Et... peut-être avez-vous une histoire à nous conter, aventurier?

Le paladin réprima un frisson quand l'aventurier s'approcha. L'air lui sembla devenir sirupeux, oppressant... et un sentiment de fatalité immense l'envahit, sans qu'il puisse savoir pourquoi.

Par Floloa Terrae OD le 2/12/2002 à 22:43:43 (#2697460)

La fraîcheur tombait doucement au fur et à mesure que la nuit s'avançait. Malgré le feu qui propageait une douce chaleur et les étoiles qui brillaient pour réconforter les coeurs, un frisson parcouru l'échine de la jeune femme.
La nouvelle arrivante avait ce visage de voyageurs qui affichait une dure fatalité. Elle trouva une épaule agréable pour se pelotonner, et écouter la suite des récits.*

Par Quisha le 5/12/2002 à 11:29:46 (#2715428)

Ils étaient là à me regarder tandis que j’avançais vers le brasier. Peut-être se posaient-ils des questions sur ma présence, et peut-être pas. Que pouvait faire une simple femme seule dans les environs à cette heure de la nuit ? A vrai dire je ne savais ce qui m’avait conduit sur ces lieux moi-même, mais tout cela n’avait pas une grande importance… Une histoire ? Ma foi s’il ne fallait que cela pour leur plaisir, j’allais pouvoir combler leur soif. Laissant le reflet des flammes danser sur moi, je les gratifiais d’un sourire complaisant, avant de prendre la parole. La société humaine avait toujours été une faune tellement intéressante qu’elle se devait d’être racontée…


Il tousse encore. L’homme est mourant et il le sait. La douleur remonte encore une fois le long de sa gorge, saccadée comme si elle cherchait à s’extraire du corps sans y parvenir. Il se contracte, serre les dents pour laisser passer la crise. Elle finira par se calmer, il le sait, il l’espère. Le calme. Enfin il se détend, peu à peu. Le mal est parti pour l’instant, abandonnant le champ de bataille. Non… Il est là, présent, il se cache dans un recoin en attendant son heure, une nouvelle crise, un autre moment. L’homme peut sentir sa présence. La douleur joue avec lui, elle ne n’achève pas, elle se contente de se rappeler à son souvenir, le tordre, lui vriller l’esprit et marteler son cœur avant de se retirer, encore. Quand donc cessera cette mascarade ?

Ses yeux courent sur le plafond, il aimerait voir ce ciel qu’il sait se cacher derrière. Bouger, se déplacer, il pourrait encore se traîner jusqu’à la fenêtre, plisser des yeux face à la lumière, et regarder les nuages. Ah comme il aimait à rester ainsi et les voir se livrer à mille fantaisies, à contempler les courses et les batailles de ces volutes blanches qu’il imaginait se dérouler à des centaines de mètres au-dessus de lui. Il aurait aimé pouvoir s’envoler, enfant. Qui n’en avait jamais rêvé ?

A nouveau son corps est secoué de tremblement. Il a froid, il souffre, il sent que l’heure approche. Dans son esprit fiévreux, les images défilent. Aux souvenirs se mêlent les délires d’un mourant. Il ne sait plus ou plutôt, il ne veut plus savoir. A quoi lui servirait de se battre contre ces chimères, ces spectres imaginés ? Le mal enflamme tout son être, il vient en terrain conquis, balayant les maigres résistances. Tout cela est futile, illusoire, la bataille est déjà perdue pour celui qui attend sur son lit de mort. Il essaie de penser à ces quelques personnes qui comptent pour lui, à ces visages qui lui apportent du réconfort, à ces autres projets qu’il aurait aimé mener, mais toujours il perd le fil, cédant à la souffrance. Il est ramené là, sur ce lit étroit, dans un corps où il se sent désormais prisonnier. Un tombeau.

Enfin il remarque qu’il n’est pas seul. Il y a ces yeux séchés à la va-vite, ces regards qui ne veulent lui montrer leur peine, en vain. Il pourrait parler, peut-être. Non il n’en a plus la force, et ses lèvres ne font que trembler. Il tourne la tête, et immédiatement ces yeux familiers le suivent. Ils sont là, pour lui, rassemblés pour l’accompagner dans ces derniers instants. Ne voient-ils pas tous planer ici l’ombre de la mort ? Lui la voit à présent. Elle approche, simplement. Mais vient-elle seulement pour lui ? Il ferme les yeux un instant, il ne soutient son regard. Lorsque ses paupières se rouvrent de nouveau, elle est toujours là, impassible. Il ne cillera pas cette fois, il contemplera en face son sort, jusqu’au bout.

Il ne sent plus son corps, il ne sait plus. Plus rien d’autre n’a d’importance que cette fin annoncée. Il va partir, s’enfuir. Les contingences de ce monde sont derrière lui.

A quoi bon ? L’heure du jugement approche.

Par Dodgee MIP le 5/12/2002 à 14:04:36 (#2716557)

Les yeux brillants, le séraphin observait le brasier. Lui n’avait pas encore conté d’histoire, et dans le silence presque maladroit qui s’était doucement posé après que la dernière prise de parole, plusieurs personnes avaient tourné leurs regards vers lui, comme attendant un signe, une parole de sa part. Pourtant, l’homme aux ailes blanches demeurait silencieux, laissant simplement les flammes danser dans son regard. Toute la nuit, le feu avait été entretenu, dispensant sa chaleur et sa clarté à celles et ceux qui s’étaient réunis. Alors que celui-ci faiblissait de nouveau, Dodgee attrapa une bûche et la jeta sur les braises.

-Qu’y a-t-il de plus triste qu’une flamme qui s’éteint, que cette braise qui se meurt ? Qu’elles soient petites et fragiles, ou grandes et fortes, il n’y en a aucune qui mérite de s’éteindre, avant de s’être exprimé, avant d’avoir, par leur simple présence, éclairé une nuit, une vie.

Les paroles étaient sorties naturellement, sur ce même ton neutre qu’il affectait souvent. Elles auraient pu être murmures, que le séraphin aurait gardé pour lui, mais il avait choisi de les faire partager. Leur caractère étrange en intriguait plus d’un, même si certaines figures semblaient y lire une signification cachée. Enfin, rassuré par les flammèches qui grignotaient à présent la nouvelle bûche de bois, l’homme se dressa pour faire face à la petite assemblée.

-Je devrais commencer par vous dire merci à tous d’être venu. Vous tous, qui vous êtes arrêtés ici, un instant, pour partager votre flamme, et alimenter le brasier. Je devrais peut-être, à mon tour vous offrir une histoire, un de ces récits, une légende qui achèvera la veillée. Mais qui pourrait conter le présent qui s’écrit ?

Les traits sans âge du séraphin s’étaient fait pensifs, et il marqua une légère pause, laissant son regard planer sur l’assistance. Allant et venant, comme pour chercher ses mots, il reprit son discours pourtant.

-Mon histoire ne se raconte guère, elle est là, elle se vit. C’est un rêve qui s’écoule, se déroule et foisonne. Ce rêve, que l’espace d’une soirée, nous avons partagé. Le rêve d’une soirée passée ensemble autour d’un feu de camp, quand rien ne nous réunissait.

-A ceux qui s’interrogeaient sur les raisons de leur présence, qu’ils cherchent donc au fond d’eux-mêmes, cette flamme qui brûle, ce même éclat qui résonne en chacun de nous. Tous nous avons partagé ce rêve. Tous, nous en faisons partie. Tous, nous y avons eu notre part à jouer, notre rôle…

-A présent, il s’achève. Le rideau va tomber sur une scène éclairée, et tous, nous pouvons être fiers d’y avoir contribué. Car derrière tous ces visages rassemblés autour d’un feu de camp, il n’y a finalement qu’un même rêve à partager.

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Voilà, on peut prendre cela comme un post de départ, mais j’aime plutôt penser que c’est un post qui conclut un chapitre, surtout que je suis toujours là et que la vie s’écrit au présent. En l’occurrence, je me suis permis, via l’artifice du rêve d’un joueur, de rassembler des avatars disparus ou morts le temps d’une veillée autour du feu. Je finirais donc par un grand merci collectif à tous ceux qui ont contribué à ce rêve, d’une manière ou d’une autre :) Un petit regret de ne pas avoir vu apparaître Quesilia aussi là dedans, mais bon on ne peut pas tout avoir :)

Avec, par ordre d’apparition :
Dodgee, Noryl, Boreale, Tessa, Vilanim (en invisible), Un vieil homme (il surveille Boreale), Faruùn, Un troubadour, Soeris, Mechantanim (lui il a oublié de se mettre invisible), Quisha, Haruspice (à la fin), etc.

Par Conrad McLeod le 5/12/2002 à 15:11:31 (#2717058)

Mais on peut aussi écrire quelques textes, le "on" faisant référence aux courageux?

Par Dodgee MIP le 5/12/2002 à 16:49:55 (#2717843)

Bah un rêve ca se partage, non?
De toutes facons Shaeres l'avait déjà fait, quelque part, et tout le monde peut se retrouver autour d'un feu de camp :)

Remerciements

Par Dodgee MIP le 18/12/2002 à 11:23:21 (#2820662)

Comme c’est à la mode, je vais à mon tour céder et me soumettre à la figure imposée des remerciements. Pour n’oublier personne, je dirais d’abord merci à tous les joueurs, qu’ils se soient peu ou beaucoup impliqués, tout simplement car c’est un tout, et que ce si le jeu a pu apporter de bons moments, c’est grâce à cette alchimie complexe qui transforme ces quelques pixels et ces mots en un décor et un univers riche. Merci à tous donc d’avoir accepter cette invitation au voyage de l’imaginaire et de l’avoir partager.

Merci aux merveilleux personnages qui ont croisé ma route. Ces caractères hauts en couleur ou au contraire effacés, ces figures qui marquent, qui laissent leur empreinte par un simple trait de caractère, un portrait, un tic de prononciation original, une manière de jouer. Il n’y a pas à chercher loin, on a tous eu des personnages qui nous ont marqués, d’une manière ou d’une autre, ceux qu’on arrive à visualiser, à s’imaginer tellement bien qu’on aurait presque la prétention de les connaître, et de pouvoir imaginer leur réaction, leur mimique.

Merci aux différentes équipes d’animation, avec leurs défauts que j’ai souvent pu critiquer vivement, sans jamais oublier leurs qualités. Difficile de travailler parfois avec des conceptions différentes de l’animation, de la manière de faire, quand on est lâché ainsi sans filet. Je ne peux que saluer le travail accompli, sincèrement. Merci aussi à tous ces animateurs et aides qui ont du me supporter, malgré mes défauts et mes travers, et continuer leur tâche dans tous les moments difficiles.

Enfin, je me permettrais de saluer quelques joueurs, ces personnes qui se cachent derrière ces avatars, ces personnes que j’ai appris à connaître, ou qui m’ont donné envie de les connaître. Il n’y en a pas beaucoup, j’ai toujours préféré la qualité au nombre, mais tous ont en commun cette petite étincelle, ce petit plus qui les rend si chers à mes yeux, je ne leur dis peut être pas assez, mais je sais, j'espère qu'ils se reconnaitront :) A tous ceux là, je leur dit merci, vraiment, et à bientôt, de toutes façons !

Par Graetel MIP le 21/12/2002 à 5:37:02 (#2845662)

Une foule de sentiments se mêlent en moi, mais au moment de les exprimer les phrases se brisent d'elles-mêmes...

Merci de nous rappeler la joie que nous avons eu tous d'être ensembles, nous avons été réunis par le rêve en effet...
Merci à toi pour tout ce que tu nous as apporté

A, je l'espère, bientôt sous d'autres cieux, surprenant ami :)

Par miette72 le 21/12/2002 à 7:31:48 (#2845789)

ca fait toujours du bien de lire des beaux textes...

merci

:merci:

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