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L'histoire de deux êtres

Par Kardys le 6/11/2002 à 23:27:20 (#2500776)

Il y a des gens qui ont des vies sans histoires, et d'autres qui en ont une mouvementées. L'homme dont je voudrais parler, je ne sais dans quelle catégorie le mettre. Car de sa vie, il n'en a pas fait grand chose, en fait. Il est juste une chose qu'il a construit, et en cela il a fait ce qu'il a put.

Et c'est de cela dont je voudrais parler ici...

Le début de tout ca, je ne le connais pas exactement. Il ne parle que très peu de lui, et ce que je vais conter ici, j'ai réussit à le lui soutirer entre deux visites, entre deux grommellages, entre deux passages, entre deux chagrins.
Et donc si je dois recoller tous les morceaux pour en raconter quelque chose, je me rend compte que lui même semble ne pas s'être apercevoir quand cela avait commencé.

Comme d√©but, nous pourrions expliquer la vie qu'il avait alors. L'exploration de l'√ģle royale n'√©tait pas ais√©e pour lui. Il avait d√©cid√© de laiss√© de cot√© l'√©ducation brehanite que notre p√®re nous avait enseign√© pour se tourner vers les livres, mais apparemment, l√† non plus, ce n'√©tait pas son fort. Tant et si bien que souvent, revenant tout penaud √† la ferme familiale, il se plaignait des dangers de Raven's Dust, mena√ßait de tout plaquer pour revenir vivre √† la maison.

Mais d'un autre coté, il avait réussi à se lier à quelques gens.

Le premier dont il est bon de parler est un guerrier. A entendre mon fr√®re, c'est un courageux chevalier, bourr√© de qualit√©, avec juste une once de d√©fauts. Personnellement, pour l'avoir crois√© une fois, je n'ai vu qu'un homme fatigu√© pli√© sous le poids de son armure, boiteux, et qui avait du mal pour ne serait ce que s'asseoir √† une table. Mais passons, il me pla√ģt de penser que je l'ai surpris en un bien mauvais jour...
Quoiqu'il en soit, ce guerrier soit disant fantastique avait apparemment une belle faiblesse... La gent féminine. Et l'une de ses représentantes, pour être précis.
Tout puissant chef de clan qu'il était, le guerrier était bien inapte à séduire la belle. Si bien qu'il demanda à mon benêt de frère de l'y aider.

Et ce fut là le premier pas vers une de ses plus grandes erreurs.


(...)

Par Kardys le 7/11/2002 à 7:46:37 (#2502046)

Serviable, il accepta d'apporter son aide. Il connaissait un peu la dite personne, si peu en fait. Il alla donc pour lui parler de ce fringant chevalier dont le coeur ne battait que pour elle.
Quelle ne fut pas sa surprise en apprenant que la belle était déjà éprise de quelqu'un. La dame ne lui avoua pas de suite le nom, et l'avenir lui démontra bien qu'elle était coutumière de tant de mystères.
Quoi qu'il en soit, c'est avec chagrin qu'il rapporta la nouvelle au moins fier chevalier. Ce dernier était décidé à ne pas enfouir ses sentiments, mais il ne libéra pas pour autant mon frère. A croire qu'il voyait l'aide de ce grand dadet nécessaire a ses plans, manipulateur comme il pensait l'être...
Cependant, de cette courte entrevue entre la jeune femme et mon grand frère est né une certaine amitié. Il l'a rencontrait souvent au temple de SilverSky, elle qui somnolait dans un coin, et lui qui se préparait pour l'une de ses absurdes randonnées.

C'est peut-√™tre √† cause de ces sorties que finalement, je ne sais que tr√®s peu de cette p√©riode. Si ce n'est qu'il parlait moins de rentrer √† la maison, et qu'il semblait se passionner un peu plus pour l'√ģle et ses secrets.

C'est s√Ľrement lors de cette p√©riode qu'il rencontra d'autres gens. Il y avait cet autre guerrier, un peu plus confiant en lui, mais d'un √Ęge certain, malgr√© sa bonne condition physique. Il y avait cette pr√™tresse dont la sagesse n'√©tait alors pas aussi grande qu'aujourd'hui. Il y avait ce mage discret, qui dans l'avenir ferait bien parler de lui et de ses manipulations politiques. Il y avait cet autre guerrier dont je n'ai que tr√®s peu entendu parler, finalement. Et il y avait enfin cette autre femme...

Mais je m'égare, j'anticipe. Et il vaut mieux parler de tout ca dans l'ordre, même si moi-même n'ai appris tout cela qu'en vrac...


(...)

Par Karl le 7/11/2002 à 9:52:21 (#2502444)

:lit: :lit: :lit:
Des noms ! Des noms ! :)

Par Dame Belladona le 7/11/2002 à 12:40:10 (#2503447)

*impatiente d'entendre la suite de cette merveilleuse histoire*

Par Kardys le 7/11/2002 à 19:17:02 (#2507080)

Une des petites histoires notables qu'il m'a compt√© √©tait une sortie chez un c√©l√®bre n√©cromancien. Ce dernier est r√©put√© pour terroriser toute la r√©gion nord de Arakas, et je me demande si il s'en serait vraiment sorti vivant si il n'avait pas √©t√© accompagn√©. L'id√©e venait de cette jeune femme, fianc√©e mais toujours courtis√©e par l'autre, et mon fr√®re l'y accompagna avec ce vieux guerrier, mais fin cuisinier. L'exp√©dition se d√©roula sans vague, le vil n√©cromancien ayant fuit sous leurs coups, ainsi que la monstrueuse cr√©ature qui gardait son antre. Mon fr√®re se pla√ģt √† r√©p√©ter qu'il a vaincu la b√™te seul. Mais quand je lui demande de voir son troph√©e, il s'excuse honteusement en prenant pour excuse d'avoir offert le dit bracelet √† une amie. En tout cas, il ramena √† la ferme une bouteille d'un vin fort go√Ľteux, comme on en boit rarement...

Bref, il vivait normalement, s'entra√ģnant mod√©r√©ment, bavardant ici et l√† avec certaines personnes. Il apprit entre temps quelques nouveaux tours, s'am√©liora au maniement des armes. Il se d√©couvrit un int√©r√™t pour ces fadaises de po√©sies, surtout les oeuvres de la barde royale d'alors...
C'est lors d'un de ces récitals, à la taverne de Windhowl, qu'il vit pour la première fois l'élu de la jeune femme, le rival de cet autre guerrier. Il s'agissait d'un homme aux ailes sombres, à la renommée obscure. Que lui trouvait-elle, je l'ignore... Un homme n'est pas apte à raconter ce genre de choses, et pour ma part, je n'ai jamais croisé son chemin.

Qu'ajouter de plus au r√©cit au sujet de cette √©poque aujourd'hui si lointaine ? Pas grand chose, si ce n'est que mon fr√®re √† accompagn√© la jeune femme dans ses pr√©paratifs de d√©parts pour StoneHeim. Rien de plus, si ce n'est qu'il a pest√© contre le guerrier en r√©p√©tant sans cesse que ce n'√©tait pas √† lui de faire cela, que cette boite de conserve aurait d√Ľ l'assister √† sa place.
Rien à ajouter, si ce n'est qu'une fois la dame partie, il n'osa pas avouer avant longtemps que le temple de SilverSky lui semblait d'un vide pesant...

Mais cela, il ne le ressenti point longtemps, car bien vite, un nouvel ouragan allait s'abattre sur sa petite vie.


(...)

Par Aden Maiden le 7/11/2002 à 19:21:59 (#2507138)

:lit: *Attend la suite *

Par Kardys le 7/11/2002 à 23:41:38 (#2509377)

Je ne sais d'o√Ļ venait cette autre femme. Je ne suis m√™me pas sure, d'apr√®s les rumeurs glan√©es ici et l√†, qu'il s'agissait r√©ellement d'une femme.
Si je me souviens bien, la première fois qu'il la vit, c'était non loin de la fontaine de Lighthaven, au bras de ce guerrier aveugle... A croire qu'elle l'était autant que lui...
Etrangement, dès qu'il la vit, il sentit qu'il y avait quelque chose qui clochait, dans cette jeune personne. Et de ce fait, il se décida à rester sur ses gardes afin d'éviter de tomber dans ses pièges. Mais, à mon avis, le danger qui émanait d'elle le fascinait. Et de ce fait, bien que cela encore, il le conteste, je pense qu'il était à sa manière également tombé entre les griffes de cet être.

Et donc, la période qui suivit fut assez étrange, car voilà mon frère ballotté d'histoires en histoires.
D'un coté, il y avait ce guerrier qui ne voulait pas démordre de la belle, cherchant une faille chez le nephilim, et comptant sur l'autre maladroit pour l'aider dans cette histoire.
Et d'un autre coté, il y avait cette soi-disant succube qui semait un chaos certain parmi les gens de Goldmoon. Mais lui n'arrivait pas à voir quelqu'un de mauvais en cette créature tentatrice.
Et sans oublier cette r√Ęleuse de pr√™tresse qui avait la f√Ęcheuse manie d'√™tre pourchass√©e par tous les sc√©l√©rats de ces terres...

Les choses n'avançaient guère, et mon frère tentait tant bien que mal de maintenir les barques à flot.
Mais l'une d'elles s'avançait vers un obstacle qui n'était pas prévu.


(...)

Par Kardys le 8/11/2002 à 8:01:19 (#2510531)

Le jour du mariage entre la belle et son ange noir arriva enfin. De multiples invit√©s se pressaient au cercle de Lighthaven et mon fr√®re aurait tu√© plut√īt que de louper l'√©v√©nement. Des gens de toutes sortes se c√ītoyaient en ce lieu, √©trange √©chantillon de la population. Vils haruspiciens se m√™laient √† de nobles chevaliers, tout cela sous le regard attentif de la pr√™tresse s√©l√©nite, jeune femme qui par ailleurs avait tout le respect de mon fr√®re.
Le mariage fut tr√®s beau, para√ģt-il, mais je n'ai pas de peine √† imaginer tout ce bavardage inutile et fatigant dans l'unique but d'unir deux √™tres qui n'ont pas besoin de cela pour s'aimer... Mais √† ce que j'ai compris, il y eut une ombre au tableau. Au moment o√Ļ la pr√™tresse s'est tourn√©e vers la foule pour demander s'il existait quelqu'un contre ce mariage, une voix s'est timidement √©lev√©e contre l'union. La personne a due √™tre fusill√©e du regard par les invit√©s, et sa parole fut vite oubli√©e pour clore la c√©r√©monie dans la joie et la bonne humeur.
Tous avaient déjà oublié la négation. Tous, sauf peut-être un.
Mon pauvre frère.
Si une personne quelconque s'était élevée contre le mariage, il n'y aurait pas pris garde. Mais il connaissait la noble renommée de cette séraphine, et cela lui suffit pour éveiller ses inquiétudes.

Il aurait certes souhaité avoir tord. C'est d'ailleurs ce qu'il répéta une douzaine de fois à son retour de cérémonie, quand il passa nous rendre visite à la ferme.

Mais malheureusement, l'avenir lui donna raison.


(...)

Par Snake!!!! le 8/11/2002 à 8:22:35 (#2510569)

mouarf c est rare que je lit ce genre de chose , mais pour une foix j aime bien , j attend la suite :):lit: :lit:

Par Kardys le 8/11/2002 à 19:33:37 (#2515503)

Le marié ne semblait pas être aimé de tous, comme le remarqua mon frère après une rencontre hasardeuse avec un vieux grincheux au temple de Lighthaven. Cet homme s'adressa à lui de manière assez étrange, lui affirmant que la belle avait fait là une belle erreur. Jalousie ou faits réels, mon frère ne sut exactement, mais il préféra ne pas s'attarder sur ces commérages.
Mais ce n'était pas tout...
Apparemment, il y avait une femme qui aimait cet haruspicien à la folie. Je l'avais déjà croisé à Lighthaven, je pense même qu'elle y était garde. Son amour pour l'homme était tel que le mariage fut un coup dur pour elle. Et peut-être est-ce pour cela qu'elle agit si désespérément...
La femme clama son amour à tue-tête et à qui voulait l'entendre. Son chagrin était bien réel, mais cela ne pardonne pas tout...

Tout cela était quelque peu inquiétant, malsain... Et malheureusement, l'inévitable de produisit.
Le noble chef de clan, ce grand guerrier qui voyait celle qu'il aimait mariée, était en train de rentrer chez lui lorsqu'il remarqua que sa porte semblait avoir été forcée. Il y entra, l'arme au poing, prêt à en débattre avec ces voleurs ou assassins. Mais ce qu'il vit le terrassa plus violemment qu'une estoque.

Dans la pièce, non loin de son propre lit, se tenaient deux êtres nus, enlacés.
L'affaire n'aurait pas été aussi grave si cela avait été n'importe qui, mais le nephilim qui s'enfuit alors honteusement par la fenêtre était bien connu du guerrier. Quant à la femme, cette garde, elle ne nia rien, se contentant de nonchalamment quitter les lieux, sous le regard médusé de l'autre.

Cette m√©saventure eut t√īt fait de parvenir jusqu'aux oreilles de mon fr√®re. Ce dernier fut certes √©cur√©, mais le fait que ce soit le pr√©tendant qui d√©couvre les faits l'effrayait √©galement, sinon plus. Il craignait que si il d√©voilait cela, la belle ne d√©cide de plus adresser la parole √† celui qui pourtant la ch√©rissait. Il chercha alors conseils aupr√®s de cette √©trange femme, pensant qu'une des proches de la belle serait plus apte √† lui expliquer comment annoncer la tragique nouvelle.

Mais comme il l'apprit plus tard, mon pauvre fr√®re s'inqui√©tait pour rien. La jeune mari√©e n'√©tait pas b√™te, et avait per√ßu le man√®ge de son √©poux. Elle avait demand√© √† un de ses proches de surveiller les agissements suspects du mari, et la nouvelle avait t√īt fait de parvenir jusqu'√† elle.

Ce soir l√†, des √Ęmes se sont obscurcies... Mais de ce triste √©v√©nement, l'espoir de certain a rena√ģt.


(...)

Par Dame Belladona le 8/11/2002 à 20:24:43 (#2515909)

*s'installe plus confortablement sur son siège*
*attend que la Conteuse ait repris son souffle pour continuer son récit*




ps : Une merveilleuse histoire sans noms ... difficile à écrire sans aucun doute, mais un régal à lire. Merci ...

Par Benisseur Earth le 8/11/2002 à 21:20:30 (#2516327)

Il entendit des murmures d'un récit dans sa petite crique...
Une belle histoire qui le laissa en suspens... Il voulut en savoir plus, il resta attentif à ce que le vent lui dirait.


Quel est cet étrange chevalier ?

[hrp] : tr√®s beau j'attends la suite avec h√Ęte ;)

Par Lagh le 8/11/2002 à 21:40:34 (#2516457)

vive Lodoss :D

Par Kardys le 8/11/2002 à 23:22:58 (#2517005)

La séparation ne se fit pas attendre.

Après ce tragique événement, mon frère tenta d'apaiser le chagrin de la femme, ne serait ce que par sa présence si elle en avait besoin. Cela le gênait, et je me doute qu'il devait grommeler dans sa barbe après ce guerrier qui n'était pas présent, certainement retranché dans un coin à ruminer sa vengeance. Il accompagna donc la triste dame un temps, secondé par une autre connaissance, un être d'apparence inquiétante, soupçonné de pratiquer l'art sombre, mais par dessus tout un ami proche.

Et pendant ce temps là, ailleurs, l'union entre la garde et le nephilim s'étala vite au grand jour, privé de l'entrave de ce mariage. Mais si les proches de ces deux tourtereaux n'étaient pas mécontents de la nouvelle, il en était tout autrement pour ceux qui tenait à la jeune femme trompée.
Le guerrier, fou de rage de voir l'honneur de sa belle ainsi souill√©, s'√©tait mis en devoir de d√©fier sans rel√Ęche le vil gredin, d√©cid√© √† ne s'accorder du repos que lorsqu'il estimera la faute r√©par√©e. C'est √† dire √† mon humble avis, lorsque la t√™te du tra√ģtre roulera enfin sur le pav√©...
Mon frère n'était pas vraiment dans un état d'esprit différent... La vérité, je ne l'apprit que bien plus tard. Certes, je savais que cette fourberie l'avait mis hors de lui. Je l'ai entendu souvent pester tout seul alors qu'il pensait que personne n'écoutait. Mais jamais je ne me serais doutée qu'il avait tenté une telle aventure...
Après le triste événement, lorsqu'il estima que la dame allait mieux, il parti à l'aventure sur les terres royales. Mais cette fois, sa tache n'était pas d'explorer de mystérieux endroits, mais de trouver quelqu'un. Son idée était simple, dénicher quelque part un enchanteur ou une sorcière, et lui demander un service, quelque en serait le prix : changer le fourbe infidèle en un vulgaire porcelet.

Mais l'affaire n'était pas aussi simple, et il était bien niai de penser qu'on puisse trouver des gens avec une telle puissance au simple détour d'un chemin... De sa quête, il revient bien entendu bredouille... Mais ce n'est pas la seule raison qui lui fit totalement abandonner cette idée farfelue...
La jeune femme avait en effet entre temps bien sermonn√© le guerrier √† propos de ses attaques r√©p√©t√©es. Et l'homme avait promis bon gr√®s mal gr√®s qu'il s'arr√™terait l√†, d√©cid√© √† ne plus f√Ęcher sa belle. Et c'est pourquoi mon fr√®re d√©cida de stopper l√† sa folle qu√™te, tout en pr√©f√©rant garder le secret sur la raison de ses derniers voyages.

En cette p√©riode, une page fut tourn√©e. Une page bien plus riche qu'il n'y para√ģt aux premiers abords...


(...)

Par Kardys le 9/11/2002 à 14:03:29 (#2519430)

J'ai abord√© les d√©boires de cette jeune fille et de ses proches. Mais en ces m√™me temps, d'autres vies √©taient √©galement boulevers√©es. Autour de nous, le monde bouge, change, grandit. Et dans tout cela, certains m√©ritent que l'on parle d'eux. Cette histoire est ce qu'elle est gr√Ęce √† eux, de part l'influence que ses vies ont eut entre elles, √† cause de tous ces destins qui se croisent et s'entrecroisent...

Il y avait par exemple cette √©trange femme, cet √™tre venue d'un autre monde. Certes elle √©tait proche de la jeune fille, certes mon fr√®re semblait relativement attir√© par elle, mais elle eut avant tout un destin assez particulier. Succube qui a sut ensorceler le vieux guerrier aguerri, elle se rendit vite compte de la nocivit√© de sa nature. Avait-elle une √Ęme plus particuli√®re que les autres √™tres de son esp√®ce, √©tait-elle diff√©rente, je ne le sais. Mais elle sut vite qu'elle devrait changer si elle souhaitait continuer √† exister paisiblement.
Une nuit donc, il y eut un rite. Cet événement, mon frère y a partiellement assisté. Et même le peu qu'il en a vu le fait encore frémir aujourd'hui... Morts, chaos, maléfices, magies, tout cela est encore confus dans sa tête, alors vous vous doutez bien que ce qu'il a put m'en raconter se retrouve sans queue ni tête...
Tout ce que je sais, c'est que plusieurs existences se trouv√®rent boulevers√©es apr√®s ces √©v√©nements... Mais quand je l'entend parler p√™le-m√™le de guerrier mourant, nephilim d√©chu, loup garou, vampire et paladin d√©moniaque, je ne peux m'emp√™cher d'en rire... Je croirais presque √† une soir√©e bien arros√©e, si je ne connaissais pas aussi bien mon rabat-joie d'a√ģn√©.
Mais il est une chose que je veux bien croire, au sujet de cette fameuse nuit. La succube aurait selon lui gagn√© son statut d'humaine √† part enti√®re. Ce n'est certes pas sa simple parole que je crois, mais plut√īt mon jugement face √† son comportement vis √† vis de cette femme. Il semblait moins attir√© par elle, comme si elle avait perdu de son pouvoir, o√Ļ que la chose qui l'attirait en elle avait disparu.

Mais succube ou humaine, cette jeune personne n'avait pas finie de faire parler d'elle. Durant ces événements, le fier guerrier sur lequel elle avait jeté son dévolu avait mystérieusement disparu. Et visiblement, mon frère ne l'intéressait pas plus que ça. Ce fut un honorable séraphin qui la pris sous son ailes, ou peut-être est-ce la jeune femme qui le pris dans ses griffes... Je ne saurais statuer là dessus, ne connaissant que très peu les tenant et aboutissant de cette histoire...

Quoi qu'il en soit, durant cette période, le séraphin enseigna à sa jeune protégée comment écouter le vent, comprendre ce qu'il disait, voire parler avec lui... Sornette que tout cela, je dirais, mais mon frère a l'air d'y croire assez, chose étonnante pour quelqu'un qui pense que les divinités ne sont que pure fantaisie... Il doit y avoir là dessous une expérience dont il n'ose pas me parler... Mais pour en revenir à cette étrange femme, je sais que finalement, cette ancienne succube se montra très douée en ce domaine... Trop peut-être...

Certes, ce n'√©tait pas l√† les seules victimes des charmes inqui√©tant de la personne... Une autre √©tait un cruel bandit, pourtant calme et attentionn√© en sa pr√©sence. Mon fr√®re le craignait √©norm√©ment, puisse Brehan pardonner sa couardise... Un autre √©tait un jeune paladin pr√©somptueux... Ce jeune homme fr√©quentait une amie de mon fr√®re, une pr√™tresse qui avait la f√Ęcheuse manie de se mettre dans des situations impossibles. Mais √©trangement, bien qu'apparemment fid√®le √† sa compagne, ce jeune homme d√©montrait un comportement suspect vis √† vis de l'ancienne succube, ou alors face au vil brigand... Mon fr√®re, en tout cas, ne sut vraiment pas quoi en conclure, alors je me permettrais de passer mon avis sous silence...

J'aurais voulu dire que la perturbante jeune femme n'avait que ces hommes l√† sous sa coupe, mais je mentirais, je pense, si on se r√©f√®re aux " on-dit " de Lighthaven... Mais en tout cas, ce sont l√† les vies qui nous int√©resse, car intimement li√©es au sujet dont il me pla√ģt de parler ici...


(...)

Par Kardys le 10/11/2002 à 0:34:03 (#2522326)

Et donc, voil√† l'environnement o√Ļ mon fr√®re vivait, en ces temps oubli√©s. Il partageait son temps √† bavarder avec certains de ces gens, √† en aider un petit peu d'autres, plut√īt maladroitement m√™me, il faut l'avouer. Il n'en oublia pas pour autant son entra√ģnement, d√©cid√© convaincre ce vieux fou de n√©cromancien de lui permettre de rejoindre l'√ģle maudite, de rejoindre ces gens qui s'y √©taient r√©fugi√©s.

Avant tout, il devait pouvoir survivre à la crypte de Raven's Dust, mais ce n'était pas chose aisée. Plusieurs fois il s'y rendit, et toujours il dut en fuir au risque d'y perdre la vie. Il n'eut pas d'autre choix que de quémander de l'aide auprès de ses amis. Ce fut la jeune femme qui y répondit, ce qui gênait quelque peu le pauvre bougre. Il répugnait à trop fréquenter cette personne, même si ces instants précieux le remplissaient de joie.
Car derni√®rement, il n'avait que trop bien compris le message. Cette fois l√†, le fier guerrier les avait crois√© en train de se promener et de bavarder ensemble. Pour mon fr√®re, l'affaire √©tait innocente, mais l'homme ne le prit point ainsi... Plus tard dans la journ√©e, il lui proposa une exp√©dition et ils partirent en des plaines recul√©es. Mais ces cr√©atures qui rodaient l√† √©taient de force trop √©lev√©e pour le jeune paladin, et il dut vite battre en retraite. Mais ce qui le blessa le plus ne fut point la fuite, mais plut√īt le regard sombre de l'homme, qui restait non loin, immobile, √† regarder les cr√©atures s'acharner sur celui qu'il avait accompagn√©.
Voilà pourquoi il ne souhaitait pas être trop en compagnie de la belle, pourquoi il ne voulait pas être vu comme le rival qu'il n'était pas... Mais, nécessité, désir, ou inconscience, il accepta sans tarder l'offre, et la jeune magicienne l'escorta dans les dédales de la crypte.

Entre temps, d'autres évènements montraient le bout de leur nez. Le vieux guerrier revint d'outre-tombe, et se trouva fort dépourvu lorsqu'il constata que sa chère succube était alors humaine, mais surtout sous la coupe d'un séraphin de sa connaissance. Cette homme ne voulut jamais avouer ce qu'il ressentait pour cet être, mais le voir bougonner et comploter après celle qui l'avait quitté donnait des soupçons à mon frère. Surtout que cette personne avait une réputation si grande qu'elle est parvenue jusqu'à mes oreilles, moi qui ne me rend que très rarement en ville...
Quoiqu'il en soit, je me souviens du récit d'une réunion secrète avec ces trois hommes, l'un grondant après la créature tentatrice, l'autre gémissant après la belle inaccessible, et le dernier se demandant ce qu'il faisait au milieu de tout cela... Je vous laisse le loisir de deviner lequel était mon imbécile de frère.

Bref, le reste du temps, mon pauvre fr√®re cherchait √† s'am√©liorer. Il essayait aussi de r√©conforter cette jeune pr√™tresse qui vivait tr√®s mal les dangers de l'√ģle royale et les al√©as de son couple. Et petit √† petit, √† force d'acharnement, le n√©cromancien se laissa convaincre et il accepta de conduire l'homme vers les terres maudites.

Les terres sur lesquelles grand monde chassaient. Une p√©riode o√Ļ tout alla bien plus vite...

Pour le meilleur et pour le pire...


(...)

Par Kardys le 10/11/2002 à 20:51:13 (#2527947)

Une fois sur StoneHeim, mon frère eut le loisir de discuter plus souvent avec ceux qu'il avait perdu de vue. Et de son coté, le guerrier, toujours épris de sa belle, vit là une occasion d'accélérer les choses, maintenant que son héraut était sur les même terres que la jeune femme.
Il s'en suivit donc plusieurs r√©unions √† l'auberge de la ville, durant lesquelles l'autre expliquait qu'il aimait la femme, mais qu'il √©tait √©galement pris par ses devoir de chef, notamment en cette p√©riode o√Ļ plusieurs brigands sillonnaient les terres royales. L'homme √©tait particuli√®rement remont√©, car il soup√ßonnait la femme d'√©prouver encore quelques sentiments envers ce tra√ģtre de nephilim, cet infid√®le qui d√©j√† attendait un enfant de la garde tentatrice.
Et ainsi, mon frère apportait les messages, essayait d'influencer cette personne, ses manoeuvres se présentant en de longues promenades durant lesquelles il essayait de placer quelques mots en la faveur de l'autre dans la conversation.

Mais la belle était récalcitrante, et ne voulait rien entendre. Elle restait inabordable pour le fier guerrier, expliquant qu'elle ne souhaitait pas d'un homme qui pourrait la faire souffrir à nouveau. Son coeur ne s'était pas encore guérit, encore trop attaché à cet ange noir qui l'avait tant fait souffrir. Et son esprit était obnubilé par un but, l'aboutissement d'une vie.

Ainsi les choses stagnaient entre le guerrier et sa douce. Mais en parallèle, quelque chose de pire germa.

Trop longtemps aupr√®s d'elle, trop de temps √† l'√©couter, trop de plaisir √† la c√ītoyer...
Ainsi, les mots du guerrier se faisaient de plus en plus dur à colporter, ainsi la motivation du messager fondait comme neige au soleil.
Son attachement envers la jeune femme n'était plus vraiment une simple amitié, c'était certain.
Certes il continuait à faire son devoir, conscient de la confiance que l'autre avait en lui. Il savait ne pas avoir le droit de penser à de telles choses. Mais à mon humble avis, je crois qu'inconsciemment, ses efforts se firent moins grand et que peu à peu, il laissa sciemment le gouffre entre ces deux là s'élargir.

Oh, bien s√Ľr, ce guerrier, tout noble meneur de troupes qu'il est, avait sa part de responsabilit√©, et il avait clairement d√©montr√© son inaptitude aux affaires de cur. Il dut n√©anmoins sentir le danger, car il fit sa demande √† la dame, sans en parler √† quiconque auparavant. Mais cette derni√®re la repoussa, aimablement, mais fermement.

Et ce fut ce jour là que mon frère compris enfin.

Ecrasé par une certaine culpabilité, il chercha conseil auprès de l'étrange femme, cette amie qu'ils avaient en commun. Et celle là avoua déjà se douter de ces sentiments qui l'accablaient. Elle ne fut finalement d'aucune aide, si ce n'est de le convaincre qu'il avait fait là une belle erreur.


(...)

Par Benisseur Earth le 11/11/2002 à 12:22:26 (#2533431)

:lit:

(je remonte le post, c'est vraiment magnifique, vivement la suite ;) )

Par Angel Mac Roeg le 11/11/2002 à 12:25:14 (#2533468)

Vraiment très joli :lit: :)

Par Kardys le 11/11/2002 à 16:53:48 (#2536111)

Le jeune femme avait un but bien pr√©cis. Avec patience et acharnement, elle enqu√™tait et se renseignait dans cette perspective. Mon fr√®re l'aidait de temps √† autre, soit dans le dessein de lui glisser quelques mots en la faveur de son ami, soit pour simplement profiter d'un moment agr√©able. Ainsi il rencontra un chevalier dans son grand ch√Ęteau, il visita la ville du peuple centaure, il s'endormit dans une cave de StoneCrest pendant qu'ils attendaient quelques livraisons...

Et un jour, alors qu'il allait quitter la ville pour une balade en solitaire, on lui apporta un message. C'√©tait de la part de la jeune femme, qui lui demandait s'il √©tait possible qu'il lui apporte son aide un peu plus tard dans la journ√©e. Message bien √©nigmatique, certes, mais il en avait √† pr√©sent l'habitude. Bien s√Ľr, il aurait d√Ľ r√©pondre par la n√©gative, la for√ßant ainsi √† demander de l'aide √† ce guerrier qui la v√©n√©rait. Mais, comme je l'ai dit plus t√īt, il n'avait plus coeur √† agir de la sorte.
Moment de faiblesse, peut-être, mais il accepta de lui venir en aide.

Ainsi, à l'heure convenue, il se rendit à Lighthaven pour la rejoindre. La jeune femme tardait, et mon frère s'impatientait assez, étant donné qu'ils étaient conviés à un mariage qui n'allait pas tarder à commencer.

Mais elle finit par arriver. Et là, sa surprise fut immense...


(...)

Par Dame Belladona le 11/11/2002 à 20:10:38 (#2537867)




*N'ayant pas le temps de lire le parchemin de suite, elle roula ce dernier, l'attacha avec un ruban de soie et le posa sur le dessus de la pile afin de ne pas le perdre*


Par Kardys le 12/11/2002 à 7:58:00 (#2541656)

Elle apparut devant lui, venant de nulle part. La lumière avait emplie le temple, et elle se tenait là, au centre... Je passerais sur toutes les niaiseries qu'il a put me raconter en évoquant cet instant, mais la conclusion était pour moi évidente...

Fascination.

La jeune fille avait donc confié sa vie à Artherk, devenant par l'occasion l'un de ses séraphins. L'expérience l'avait grandement affaiblie, et c'était un autre séraphin qui l'aida à reprendre ses esprits, à s'habituer à sa nouvelle condition.
Et mon frère restait là, encore abasourdi par la nouvelle, mais surtout furieux d'être ainsi mis à l'écart, alors que c'était la jeune femme qui lui avait demandé de venir...

Jalousie.

Cependant, la jeune femme revint vite auprès de celui qu'elle avait quémander. Ils allèrent ainsi au mariage de leurs amis. Par la suite, il l'accompagna dans ses premiers pas en tant que séraphine, lui apportant du mieux qu'il pouvait toute l'aide dont elle avait besoin...

Dévotion.

Mais si lui-m√™me n'avait aucune opinion particuli√®re sur sa nouvelle condition d'√™tre ail√©, ce n'√©tait pas le cas pour tous. Lorsqu'ils se pr√©sent√®rent devant le vieux guerrier, ce dernier esquissa un sourire, mais une ombre √©tait pass√©e sur son visage. Il avoua assez t√īt √† mon fr√®re qu'il voyait cette renaissance d'un bien mauvais oeil. Un autre eut cette r√©action, et c'√©tait le guerrier pourtant si amoureux. Il ne sut comment r√©agir devant le nouveau visage de sa belle. A l'√©cart, il alla m√™me jusqu'√† qualifier cela de g√Ęchis, qu'une si belle femme rejoigne les rangs de ces √™tres divins.

Espoir.

Et donc, malgr√© ces avis partag√©s, il persistait √† aider sa tendre amie. Car √† pr√©sent, elle se trouvait fort d√©pourvue face aux danger qui rodaient sur Arakas. Surtout qu'un fameux tueur avait resurgit de l'ombre. J'apprit m√™me que mon fr√®re le mena√ßa assez durement, chose que j'avoue, j'aurais bien aim√© voir. Mais le geste toucha la jeune femme, para√ģt-il...

Chevalerie.

Tous ces événements étaient tels qu'il ne pouvait plus nier l'évidence.
Il l'aimait.
Mais il y avait tant de choses qui faisaient en sorte que cet amour n'avait pas lieu d'être.

Et c'est là qu'il fit une des plus grandes erreurs de sa vie.


(...)

Par Kedran le 12/11/2002 à 16:29:55 (#2545193)

Belle histoire que voici...

*attend la suite*

Par Kardys le 16/11/2002 à 17:39:29 (#2575905)

Il savait qu'il n'avait pas le droit de ressentir de telles choses. Mais pourtant, ces sentiments étaient bien réels.
Il ne savait quoi faire. D'un coté, il avait cet ami qui avait grande confiance en lui, et de l'autre, cette femme qui rien que par sa présence lui réchauffait le coeur.
Trahison ou amour, le choix était trop pesant.
Il agit alors tel un l√Ęche, et il fuit au loin, abandonnant derri√®re lui ces deux √™tres qui pourtant comptaient sur lui. Malgr√© mes efforts, il s'obstina dans son honteuse d√©cision, ressassant toujours les m√™mes √Ęneries.

Il ne pouvait trahir, il ne pouvait l'aimer, il ne pouvait les faire souffrir...

Il partit donc dans les montagnes, au coeur de Arakas. Et il s√©journa un temps l√† bas, loin des hommes. De cette mani√®re, il pensait que le mal qu'il avait d√©j√† fait pourrait dispara√ģtre, et il esp√©rait ainsi laisser sa chance √† celui qu'il √©tait convaincu avoir tromp√©.

Mais un tel isolement ne lui r√©ussit point. Il portait en son sein un pr√©sent vol√©, un cadeau subtilis√©... une simple plume blanche. Il ne pouvait se r√©soudre √† l'abandonner avec le reste, et √† mon go√Ľt, cela montrait qu'il n'√©tait d√©cid√© √† laisser la femme loin derri√®re lui.
Personnellement, je pensais qu'il allait cesser ses idioties pour accourir à nouveau aux cotés de la séraphine. Et vraisemblablement, cette idée trottait en effet dans son petit esprit obtus.
Car lorsqu'il se rendit compte qu'il ne pourrait résister plus longtemps à l'envie de la rejoindre, il prit la décision de mettre un obstacle un peu plus conséquent entre lui et le fruit défendu.


(...)

Par Kardys le 17/11/2002 à 0:01:54 (#2577599)

Un beau jour, il quitta ces montagnes et revint à la ferme. Je pensais qu'il allait déclaré qu'il avait fait l'imbécile bien trop longtemps, mais je me trompais... Surtout qu'apparemment, il s'apprêtait à faire bien pire. Ce jour là, il nous apprit qu'il avait l'intention d'embarquer dans le premier bateau en partance de Windhowl. Il évoqua l'envie de voir du pays, de visiter le reste de Althéa, de découvrir ce qui se cache au delà des montagnes.
L'id√©e ne plaisait gu√®re √† nos parents. Pour ma part, c'est plut√īt sa volont√© de camoufler sa l√Ęchet√© qui me mettait hors de moi.
Quoiqu'il en soit, il prépara un léger paquetage et partit d'un pas décidé pour le port.

Mais il fit entre temps une petite escale pour régler un détail tel qu'il ne l'avoua pas avant très longtemps...

Il se présenta devant un nephilim qu'il connaissait bien. Ce sombre personnage était également très proche de la belle. Mon frère avait confiance en lui, en partie parce que celui là n'avait d'yeux que pour une autre femme, même si cette dernière était de sa famille adoptive.
Pendant cette discussion, il lui demanda quelques chose de surprenant, un souhait dont je ne l'aurais jamais cru capable. Mon fr√®re voulait qu'il veille sur la jeune femme. Pour la prot√©ger, certes, mais pas seulement... Il pr√©cisa une chose √©trange : il d√©sirait que l'haruspicien se d√©barrasse de tout m√Ęle un peu trop entreprenant avec la belle. Seul l'autre chevalier pouvait l'approcher, mais aucun nouveau pr√©tendant ne devait avoir la chance d'aboutir dans ses desseins.
Il sous entendait bien le meurtre, froid et cruel. Le nephilim lui assura que ça serait fait, même si il ne pouvait agir directement. Et ainsi rassuré, mon frère partit pour Windhowl.
Là, il embarqua pour naviguer sur les mers, voguant vers des terres lointaines. Et de son coté, le sombre homme gardait un oeil vigilant sur la belle.


(...)

Par Lady Guenievre le 17/11/2002 à 6:08:57 (#2578395)

:lit: *attend la suite*

Par Kardys le 17/11/2002 à 11:40:31 (#2578912)

Ses voyages furent longs et toujours hasardeux. Il embarquait dans le premier bateau qui partait, sans trop savoir o√Ļ il allait atterrir. Il dut voir de grandes choses, des lieux exotiques, des terres aux coutumes √©tranges, mais de tout cela, il n'en parle que tr√®s rarement.
Mais, de temps en temps, il revenait sur les terres de Goldmoon. Il nous rendait visite, apportant comme cadeaux des produits d'ailleurs, bois sculpt√© avec go√Ľt ou nourriture aux saveurs √©tranges.
Et pendant ces escales, il ne manquait pas d'aller aux nouvelles, savoir ce que devenaient ses amis. Il apprit ainsi que celle qui avait été une succube avait disparue, que la prêtresse n'allait pas tarder à se marier avec son paladin, que le vieux guerrier convoitait une femme de sa connaissance, que le valeureux chef de clan se faisait rare et que la belle séraphine s'acharnait contre momies et autres créatures d'une crypte.
De son coté, le nephilim lui assurait qu'il continuait à mener à bien sa lourde tache de veiller sur la jeune femme.
Et dans tout ça, il y voyait un peu d'espoir, l'espoir que l'homme ait perdu de ses sentiments envers la dame, l'espoir de pouvoir revenir auprès d'elle sans contraintes, l'espoir d'un renouveau dans sa vie.

Mais pour l'heure, devant toute les incertitudes qui l'assaillaient, il continuait √† vivre de la sorte. Ses voyages le menaient toujours plus loin, et il attendait ses retours avec de plus en plus de h√Ęte.


(...)

Par Kardys le 20/11/2002 à 21:53:30 (#2606750)

Ces voyages ne calm√®rent pas ses sentiments, bien au contraire. Seul dans des endroits inconnus, c'√©tait son visage qui lui revenait sans cesse. Et cette plume qu'il gardait toujours avec lui... Mais il √©tait trop t√īt... Enfin... C'est qu'il essayait de se convaincre.
Car contre toute attente, il avait pris go√Ľt √† ces explorations. D√©nicher des lieux perdus, observer des civilisations √©loign√©es, cela lui donnait l'impression d'avoir acc√®s √† un tr√©sor m√©connu. Et toujours il avait envie d'aller voir de l'autre cot√© de la montagne ce qui s'y cachait. Cet √©tat d'esprit l'avait fait aller plus loin que Lighthaven, et d√©sormais, cela le transportait bien plus loin que Goldmoon m√™me...

Mais il finissait toujours par revenir dans le coin. J'aurais voulu dire que c'était poussé par l'envie de revoir sa famille, mais j'ai bien compris que nous ne passions qu'en second plan.
Son vrai besoin d'arpenter encore et encore ces vieilles terres, c'était elle, cette dame qui hantait son coeur.
Et à chaque fois il l'accompagnait en une balade avant de repartir par un navire, à chaque fois il l'écoutait parler, et à chaque fois il se réjouissait que l'autre chevalier n'ai encore rien fait.

Je pense qu'il aurait attendu longtemps ainsi, sans oser montrer ses émotions, stupidement enfermé dans ce sentiment de culpabilité qui le tiraillait.

Mais heureusement, d'autres prédateurs rodaient, et ce sont eux qui le décidèrent à passer le cap.


(...)

Par Eskarina Ra le 20/11/2002 à 22:23:50 (#2607033)

:lit: :lit: :lit:
Superbe
:merci:

Par Kardys le 20/11/2002 à 22:34:37 (#2607122)

Un jour qu'il revenait sur les terres royales, son chemin croisa celui de la prêtresse qu'il connaissait depuis tant de temps. Durant la discussion, plusieurs sujets furent aborder, comme par exemple la disparition mystérieuse de son paladin de mari. Mais le sujet qui le perturba le plus fut une petite anecdote de la dame : un magicien avait demandé sa belle en mariage.
Bien s√Ľr, cette derni√®re avait refus√©. Peut-√™tre que cela √©tait si √©vident que le nephilim n'avait m√™me pas jug√© l'homme comme une menace.
Mais le fait est que cela lui ouvrit les yeux... D'autres s'√©taient rendu compte de la grandeur d'√Ęme de la jeune femme, d'autres avaient les yeux riv√©s sur sa belle...

Bref, d'autres voulaient la lui voler.

Ce jour l√†, il se d√©cida de la demander en mariage. Il ne savait comment, il ne savait o√Ļ, ni m√™me quand, mais il lui fallait avouer ses sentiments. Mais il avait peur, peur du regard de cet homme qui jadis la convoitait, mais qui √† pr√©sent semblait pris par d'autres passions. Il avait √©galement peur d'√™tre lui aussi rejet√© par la dame. Car, apr√®s tout, n'a-t-elle pas r√©sist√© √† tant de pr√©tendants, n'a-t-elle pas dit qu'elle ne voulait plus d'un homme qui la ferait souffrir ?

Ce fut avec toutes ses id√©es se bousculant dans son petit cr√Ęne qu'il se pr√©senta √† nouveau devant elle... Et bien entendu, il ne fit rien...

Le manège dura un moment... Elle bavardait joyeusement, parlait de ses expériences et de ses rencontres, et lui ruminait, tentait de trouver le moment le moment opportun pour tout avouer... et surtout le courage de le faire. Et apparemment, les deux tardaient à se présenter en même temps...

Mais tout vient à point à qui sait attendre, dit-on. Car le jour tant attendu finit par arriver...


(...)

Par Kardys le 20/11/2002 à 23:05:53 (#2607418)

Un jour, pendant une de leurs promenades, ils passèrent près d'un vieux cimetière au fond duquel un caveau à l'ouverture béante. La femme lui montra l'endroit et proposa d'y faire un tour pour voir quelles horreurs se cachaient au fond. Mon frère tiqua, car ce n'était pas vraiment l'endroit le plus adapté à ses desseins. Mais devant l'insistance, il céda...

L'expédition ne fut pas vraiment glorieuse, car ils trouvèrent rapidement perdus dans les dédales de la vieille crypte. Et dans un de ces culs-de-sac, ils se regardèrent et rirent de leur maladresse.
A ce moment, il y eut je ne sais quoi dans l'esprit de mon frère, car il se décida enfin.
D'une voix que j'imagine facilement tremblotante, il lui révéla que la dame occupait toutes ses pensées. La nouvelle ne fut pas sans effet sur elle, car elle ne trouva rien à répliquer. Se voyant déjà sur le point d'essuyer un douloureux refus, l'autre ne trouva rien de mieux que de fuir les lieux. Heureusement pour cet idiot, la femme le rattrapa et lui avoua la teneur de ses sentiments envers lui. L'homme n'en attendit pas plus et la demanda en mariage.
Et elle accepta.

Dans la foulée, ils ne s'arrêtèrent pas là. La femme connaissait bien son homme, et elle se doutait bien qu'il aurait encore un peu l'envie d'aller voyager à droite et à gauche. Elle eut alors une idée.
Ils contactèrent rapidement leur amie prêtresse qui accourut à l'appel, ne sachant pas trop ce qui l'attendait. Et là, au cercle de pierre de StoneCrest, elle fut surprise de se trouver devant deux êtres qui s'aimaient et qui n'attendaient d'elle qu'une seule chose... qu'elle les unissent à jamais par le rite sacré du mariage.

Ainsi, en ce jour précieux, ces deux là se lièrent à jamais. Après une courte étreinte, l'homme fut forcé de partir sur un navire. La séparation fut plus cruelle qu'à la normale, mais étrangement, à coté, il ressentait un certain bien-être à savoir qu'elle n'attendrait que lui.

Ils s'étaient trouvés et ils en étaient heureux. Cela pourrait être là une belle fin d'histoire.
Mais ceux qui pensent ca devraient sortir le nez de leurs livres et faire face à la vie telle qu'elle se déroule dehors.


(...)

Par Kardys le 24/11/2002 à 15:14:34 (#2632661)

La situation dura longtemps, et les deux semblaient plut√īt satisfait. Certes, il aurait √©t√© pr√©f√©rable que cet imb√©cile arr√™te ses voyage pour rester aupr√®s de son √©pouse, mais il pensait quil devait dabord tuer ce besoin daller voir ailleurs, pour ensuite consacrer le reste de sa vie √† cette unique personne. Un imb√©cile, oui, et en plus avec peu de confiance en lui Mais une confiance sans limite en elle.

Lentourage de ce nouveau couple réagit bien évidemment à ce mariage en catimini. Le sombre nephilim était heureux davoir mené sa mission à bien, préserver la belle des vautours. Dautres furent vexés davoir été mis à lécart de la cérémonie. Le vaillant chef de clan ne parla pas beaucoup de la situation, restant discret comme il était coutumier en ces temps passés.
Mais pour beaucoup, dont moi, je lavoue, ils étaient heureux de voir ce couple enfin formé, ces deux êtres qui se tournaient autour enfin unis

Certes, certains vautours nappréciaient pas de voir leur proie ainsi ravie par un prétendant dont ils ne connaissaient pas lexistence. Et beaucoup continuèrent à tenter leur chance, malgré lanneau que la dame portait au doigt.
Mais bien quils aient déployés de vaillants efforts, la femme est restée toujours unie à ce ridicule voyageur.

Car ce ne sont pas ces vautours qui manquèrent de séparer ces deux êtres, mais une toute autre forme de prédateur


(...)

Par Kardys le 24/11/2002 à 18:10:05 (#2633661)

Besoin de mieux aider les autres ou envie d'occuper son temps pendant que son imbécile d'époux voguait sur les mers, je ne sais pas... Mais la jeune femme entra dans la Garde Royale. Elle participa à un bon nombre d'actions, de patrouilles... Et l'une d'elle tourna mal, je pense...

Un nécromancien et son comparse attaquèrent la jeune femme qui était alors seule. Ce qui s'est alors passé, nul ne le sait vraiment à part ces trois personnes. Mais le fait est qu'elle fut retrouvée bien plus tard, horriblement mutilée, à bout de force... Les brigands n'y étaient pas allés de main morte, et l'avaient torturée pour d'obscures raisons...
Heureusement, elle fut retrouv√©e √† temps par cette amie pr√™tresse et amen√©e de toute urgence √† l'h√īpital de Lighthaven.

La nouvelle, je ne l'ai apprise que plus tard. Ce beau jour, mon frère est entré tel un ouragan dans la ferme, les yeux rougis par les larmes. Nous n'avons pas été capable de lui soutirer la moindre information, si ce n'est qu'il était arrivé malheur à son précieux trésor. Il a récupéré armes et matériels afin de faire la chasse à ces scélérats et disparut en nous laissant dans l'interrogative.
C'est quand je me suis rendue en ville que j'ai appris la vérité. Je suis même restée un temps au chevet de ma belle-soeur. Autour d'elle se pressaient bon nombre de gens inquiets, et même son ancien prétendant veillait de temps et autres à son chevet.
La place de mon fr√®re √©tait aussi ici, me direz-vous... Mais celui l√† ne r√©fl√©chie pas comme les autres. Il voulait la vengeance, leur faire payer. Il s'√©tait certes rendu plus t√īt √† l'h√īpital, mais il eut honte de se pr√©senter devant ces gens, lui l'√©poux toujours absent, lui celui qui a faillit √† sa promesse de toujours la prot√©ger, lui qui n'avait pas √©t√© l√† pour elle...
Et ce fut avec cet √©tat d'esprit qu'il rodait sur les terres de Goldmoon ou sur l'√ģle maudite de StoneHeim...

Et c'est à un recoin de StoneCrest qu'il trouva enfin ce qu'il cherchait...

Le n√©cromancien √©tait confiant, s√Ľr de lui, ce qui n'√©tait pas le cas de mon fr√®re. Malgr√© tout, ce dernier chercha √† le d√©fier. Le tuer ou √™tre tu√©, il pensait que les deux alternatives pourraient all√©ger un peu la faute qui pesait sur son coeur. Mais l'ennemi semblait las des gens de ce genre, et il se contenta de badiner, plaisanter...
Oh, il aurait simplement fallut que mon frère lui saute à la gorge pour ensuite l'éventrer comme le porc qu'il était... C'est du moins ce que j'aurais fait... Mais la peur le tétanisait, et ca, le nécromancien le sentait.

La discussion entre le loup et l'agneau ne s'√©ternisa pas. Le gredin se savait recherch√© et il n'avait pas de temps √† perdre avec ce freluquet. Et l'autre craignait pour sa vie, craignait de dispara√ģtre, craignait de laisser encore une fois celle qu'il aimait derri√®re lui, tout en voulant faire quelque chose pour assouvir ce chagrin qui l'opprimait.

Et lorsqu'il put enfin bouger, ce fut pour s'effondrer à terre. Et l'adversaire était alors déjà bien loin...

On aurait put croire qu'apr√®s cela, il allait arr√™ter ses √Ęneries, mais... Ce serait mal le conna√ģtre.


(...)

Par Lady Guenievre le 24/11/2002 à 18:34:21 (#2633823)

:lit:
*attend toujours la suite*

J'aimerais bien conna√ģtre le nom du malheureux h√©ros... Au fait, mes compliments, c'est une d√©licieuse lecture!

Par lorelei_D le 24/11/2002 à 18:47:40 (#2633889)

Eh bien ! Voilà un homme qui, à peine marié, quitte son épouse pour s'en aller courir le monde. Voilà un homme qui est incapable de la venger alors qu'elle vient d'être mutilée et sait simplement s'effondrer en pleurs devant le tortionnaire.

Voilà un homme et un époux étrange en somme.

Par Kardys le 24/11/2002 à 23:40:39 (#2636056)

Il avait compris une chose. Il ne pouvait rivaliser face à ces monstres, et sa mort finalement n'apporterait rien de plus, sinon conforter son inaptitude à être un bon époux. Il laissa donc la tache de la vengeance aux autres, à ces hommes qui depuis longtemps gravitaient autour de celle qu'il aimait.

Il embarqua encore une fois à Windhowl, mais contrairement aux fois précédentes, il avait un but précis, une destination bien définie.

Il avait d√©j√† visit√© une √ģle, une parcelle de terre situ√©e un peu plus au nord de StoneHeim. L√† s'√©tait d√©velopp√© une population skraug assez diff√©rente de ceux qui vivent sur l'√ģle maudite. Ces derniers n'ont aucun grief contre les humains, et acceptent m√™me de commercer avec eux, quelques fois.
Mais ce n'√©tait pas cette paix qui faisait la renomm√©e de ces cr√©atures aux seins des marins, mais plut√īt le savoir faire de leurs chamans, leurs connaissances des herbes et leur m√©decine indig√®ne. Il y avait m√™me une rumeur qui circulait, disant qu'ils √©taient capables de soigner les pires blessures, voire m√™me de r√©g√©n√©rer certains membres sectionn√©s.

C'était avec l'image de son épouse alitée, affaiblie, la main droite horriblement mutilée, que mon frère débarqua sur le ponton en rondins de bois de l'endroit. Il avait prévu de quoi commercer avec ces êtres. Les skraugs sont friands d'objets brillant, et ceux là plus que les autres, car il n'y a pas de tels minéraux sur leur terre. Avant de partir, mon frère avait pris soin de dérober quelques diamants au bourgmestre de la ville. Cet homme en avait tellement que le vol resterait assurément inaperçu. Je pense qu'encore aujourd'hui, il s'en veut d'avoir eut à en arriver là. Mais de regrets, il n'en a certainement point...

Les négociations furent longues et pénibles. Un seul de ces êtres parlait un peu la langue des hommes, et la discussion fut ardue afin de leur faire comprendre ce qu'il voulait. Le capitaine du navire lui avait laissé une semaine avant de revenir le chercher, et il commençait à se demander si cela suffirait pour ne serait-ce faire la demande du remède miracle.

Mais finalement, ils se comprirent. Le prix ne l'étonna pas, et il donna de bon coeur les deux lourds diamants. Les pierres passèrent vite de mains en mains afin d'être examinées puis taillées en colifichets ou outils pour la communauté.
De son coté, le chaman reptilien se mit à l'oeuvre et mélangea de multiples concoctions, écrasa plusieurs plantes, baragouina diverses incantations. Plusieurs braves de la tribu allèrent jusqu'à verser de leur propre sang dans la mixture.

Et mon frère observait tout cas de loin, inquiet pour sa femme, anxieux à propos de l'efficacité de la potion en préparation, tourmenté par toute cette histoire...


(...)

Par Kardys le 25/11/2002 à 8:03:51 (#2637227)

Le cinqui√®me jour sur l'√ģle de ces √©tranges skraugs, l'un des autochtones apporta un bol √† mon fr√®re. Dans ce dernier stagnait une potion sombre, l√©g√®rement pourpre. L'odeur qui s'en d√©gageait √©tait plut√īt agr√©able, malgr√© ce qu'il aurait put croire, peut-√™tre √† cause des multiples plantes dont elle √©tait constitu√©e.

La potion était fin prête.

Mais il restait encore une chose à définir... Qu'en était-il de son efficacité ?

Cette question le travaillait depuis déjà quelques jours. Les chamans skraugs soignent des skraugs, et non des humains. Jamais, d'ailleurs, on a entendu parler d'un humain guéri par ces créatures.
Et mon frère ne voulait pas revenir sur Goldmoon avec un remède inefficace. Il n'avait que trop bien prouvé son inaptitude jusque là...

Le bol était large, il y avait bien assez de potion pour plusieurs utilisations. Il pris alors un gobelet de bois et en versa un peu à l'intérieur. Ensuite, il se retira dans la hutte qui lui avait été assignée par ces êtres.
Il devait essayer la potion, et il était le seul humain dans le secteur...
Il se déchaussa, sorti une dague de son paquetage, et posa doucement le fil de la lame sur son petit orteil.
Combien de temps il resta ainsi prostré, immobile, les yeux fixés sur l'arme glaciale ? Nul ne le sait.
Mais j'imagine aisément la surprise des skraugs lorsque l'humain poussa un hurlement de douleur retentissant. Et leur mine stupéfaite lorsqu'ils découvrirent que l'homme s'était lui-même mutilé... Car ils le retrouvèrent sur la paillasse de la hutte, se tordant de douleur. A son coté, une dague ensanglantée et les deux plus petits orteils de son pied gauche gisant à même le sol.

Oui... Deux... Dans son élan, poussé par la rage, ou par un semblant de détermination, la lame avait glissé et le doigt de pied voisin y était également passé...

Ainsi les skraugs eurent leur premier convalescent humain dans leur village. Ils band√®rent son pied apr√®s l'avoir enduit de la substance rouge√Ętre, le forc√®rent √† boire de cette potion qui s'av√©ra avoir un go√Ľt immonde, et le veill√®rent distraitement en attendant que les autres viennent chercher leur semblable.

Et je ne doute pas que ce soir là, autour des feus de camp, les créatures devaient bien se moquer de cet imbécile d'humain qui est assez idiot pour se trancher lui même un membre...


(...)

Par Kardys le 25/11/2002 à 22:06:06 (#2643394)

Finalement, la douleur s'estompa bien vite. Et la plaie se cicatrisa aussi rapidement. La potion n'était pas tout à fait inefficace, en fin de compte.

Lorsque les marins revinrent sur l'√ģle, ils trouv√®rent devant eux un homme debout, pr√™t √† repartir. Muni d'une canne, certes, mais d√©termin√© √† rentrer chez lui pour apporter cela √† sa tendre femme.

Heureusement, de son cot√©, l'√©tat de la dame alla en s'am√©liorant. Elle reprit bien vite conscience, mais d√©montra une inqui√©tante c√©cit√© de la vue. Elle resta longtemps √† l'h√īpital de Lighthaven, temps durant lequel je vins √† ses cot√©s de temps et autres. Quelques uns de ses amis travaill√®rent aussi √† ce qu'elle aille mieux, et cela l'aida sans doute √©norm√©ment.

Et lorsque mon frère arriva enfin sur Goldmoon, lorsqu'il retrouva enfin celle qu'il aimait, il fut rassuré de voir devant lui une femme en pleine possession de ses moyens. Elle gardait encore quelques séquelles, des cicatrices, et ce doigt tranché. Mais elle était également heureuse de revoir son époux, radieuse de pouvoir revoir celui qu'elle aimait.

Cette joie ne dura pas longtemps.


(...)

Par Kardys le 25/11/2002 à 23:09:21 (#2643874)

Après le départ précipité de mon frère, j'avais averti son amie la prêtresse que je craignais une bêtise de sa part... Avait-elle mis son amie au courant ou pas, je l'ignore. Mais si c'était le cas, la femme meurtrie démontrait une confiance en son époux vraiment plus grande que celle que j'accordais à mon frère...

Mais le fait que l'homme boitait en la suivant ne lui plut guère. Le sérieux avec lequel l'homme lui demanda d'aller parler à l'écart l'aura sans doute un peu plus inquiétée. Elle chercha donc à en savoir plus, elle insista, et elle finit par lui arracher la vérité.

L'histoire des skraugs, le pied stupidement mutilé, la potion pour laquelle tout à été fait, il lui raconta tout... Ou presque, car il préféra garder l'épisode des diamants sous silence... La dame écouta et pleura. Effondrée devant la bêtise de celui qu'elle avait épousée ou touchée par le geste, je ne sais pas... Lui à son idée, et je pense que la mienne est tout autre...

A l'issue de cette discussion, il donna la précieuse potion à la femme qui promit de l'utiliser.

La discussion s'arrêta là, mais tout n'avait pas été dit...

Si il avait √©t√© aussi s√©rieux, ce n'√©tait pas √† cause de la potion qui lui avait tant co√Ľt√©. Il avait quelque chose √† lui dire, mais devant les yeux de la belle, les mots ne purent √™tre prononc√©s. Et ces mots l√† sombr√®rent dans l'oubli, jamais il ne lui annon√ßa ce qu'il avait d√©cid√© durant son voyage de retour.
L'homme √©tait l√Ęche, l'homme avait manqu√© √† ses devoirs, l'homme avait √©t√© plus bas que tout. Il en avait conscience. Il avait donc d√©cid√© de donner un meilleur destin √† cette femme, √† celle qui m√©ritait mieux que cet avorton dont elle s'√©tait entich√©e. L'homme l'aimait, et voulait ce qui se faisait de mieux pour elle. Il avait donc d√©cid√© de dispara√ģtre de sa vie, de lui donner l'opportunit√© d'un meilleur avenir, de faire en sorte qu'elle ne s'encombre pas √† nouveau d'un homme qui la fasse souffrir.

Mais devant ses yeux, devant son visage, devant son sourire, son regard, encore une fois le courage s'évapora.

Il ne voulait pas la perdre, il ne pouvait se résoudre à la quitter.

Il voulait la garder pour lui, √©go√Įstement... Il ne pouvait abandonner ce qu'il avait de plus cher.

Lui partit sur les mers pour d'obscures raisons, peut-être pour mieux réfléchir à ce vers quoi tend son avenir. Et elle retourna vaquer à ses occupations, la potion serrée contre elle.

Une page venait d'être tournée.


(...)

Par Kardys le 26/11/2002 à 23:09:33 (#2652068)

Le train-train de cet étrange couple continua comme avant.

La potion avait fait son effet sur la femme. Le doigt avait étrangement repoussé. Etrangement, car le pied de l'homme restait mutilé. Mais la femme présenta diverses raisons, comme la potion, sa foie envers un dieu miséricordieux et un truc aussi mièvre que leur amour.

Quoiqu'il en soit, ils v√©curent longtemps ainsi. Peu de temps apr√®s sa m√©saventure, la femme quitta son poste au sein de la Garde Royale. Et autour d'eux, leur amie pr√™tresse connaissait quelques malheurs dans sa vie sentimentale, celui qui autrefois convoitait la jeune femme grimpait dans les √©chelons de la noblesse et malgr√© son grand √Ęge, l'autre chevalier trouva assez de force pour combler une √©pouse de plus.

La vie coulait paisiblement.

Pendant que mon frère allait toujours plus loin vers l'horizon, son épouse adopta une enfant, une jeune fille qui se montra assez douée dans l'art de la magie, et qui devint à son tour une grande dame.
Mais avant cela, il y eut la rencontre avec son p√®re adoptif. D'apr√®s ce que je sais, il n'√©tait pas tr√®s fier, cet imb√©cile. Il √©tait m√™me tellement intimid√© que si leur vieille amie n'avait pas √©t√© l√†, il aurait sans doute fuit au loin pour embarquer aussi sec dans ces bateaux o√Ļ il n'arr√™tait pas de se r√©fugier.
Lequel des deux √©taient le plus intimid√©, je pense bien que ce devait √™tre lui... Mais ce jour l√†, il fit connaissance avec sa fille, et √©prouva aussit√īt pour elle beaucoup d'affection.

Il avait une responsabilité de plus. Ses voyages lui pesaient de plus en plus et il comptait bien tout arrêter au plus vite. Mais il restait certains accords qu'il avait passé ici et là. Et aussi certaines terres sur lesquelles ses yeux ne s'étaient pas encore posés.

Le temps de la sagesse n'était pas encore venu. Et dura donc encore cette ère de errance.


(...)

Par Kardys le 27/11/2002 à 20:53:48 (#2659469)

Peu de temps apr√®s, l'√©pouse tomba malade. Une √©pid√©mie, m'a-t-on dit, qui s'√©tait r√©pandue un peu partout sur Goldmoon et au del√†. Quoi qu'il en soit, nous cr√Ľmes la perdre corps et bien.
Mais avec l'effort de beaucoup, elle put se remettre sur pied et reprendre go√Ľt √† la vie, √† nouveau.

Parce que, comme a son accoutumée, il avait été loin d'elle lors de ce drame, mon frère se décida enfin à précipiter son retour définitif. Il se mit d'accord avec tous les gens avec qui il avait des accords pour tout régler au plus vite, effacer ses dettes, accomplir ce qu'on lui avait confié.
Et pour prouver à sa chère épouse qu'il était enfin décidé à revenir, il se décida à lui faire une promesse.

C'√©tait aux abords d'une fontaine dans une ville fleurie. Il s'√©tait mis √† genou devant celle qu'il aimait et lui donna un nouvel anneau en gage de son affection. Il lui promis alors que cette vie d'errance touchait √† sa fin, que bient√īt il serait lib√©r√© de ses obligations et qu'il reviendrait finir sa vie √† ses cot√©s.
La belle le crut, bien s√Ľr, car il √©tait sinc√®re. Et il partit convaincu d'achever en ce dernier voyage cette b√™tise qui lui avait pris de parcourir le monde.

Hélas, la vie ne se déroule pas toujours comme on le souhaiterait...


(...)

Par Kardys le 27/11/2002 à 23:01:26 (#2660552)

Le voyage s'éternisa. Non par curiosité, bêtise ou autres facteurs dont il aurait très bien put être capable. Non, cette fois, il ne put que se laisser porter par le destin, et tenter de nager à contre-courant n'y changeait rien.
Il y eut des problèmes, le bateau manqua de peu de sombrer, un large détour a dut être fait... De nombreuses petites choses qui firent que le retour de mon frère sur les terres royales ne fut pas immédiat.

Et bien entendu, comme toujours, il manqua bien des choses... Son √©pouse se mit aux services d'un noble et ouvrit les bras √† une autre enfant, une jeune fille dont elle √©tait quasiment la nourrice. Leur fille a√ģn√©e se maria, et eut bien vite un enfant. M√™me le guerrier qui autrefois se languissait de trouver une femme qui puisse l'aimer avait enfin trouv√© sa perle rare...

La vie continuait malgré tout, sans lui, tant et si bien que lorsqu'il arriva enfin à revenir parmi nous, il eut l'impression d'être un étranger, même au sein de sa propre famille.

Les retrouvailles avec sa belle furent chaleureuses, mais la suite se montra en fin de compte assez houleuse, car chacun apprenait alors à vivre avec l'autre constamment auprès de lui. Disputes et réconciliations se succédaient, moment de colère et de tendresse s'alternaient.

Finalement, ils arrivèrent vite à un équilibre dans lequel ils se complaisaient. Leur chère famille autour d'eux, l'un auprès de l'autre, le petit humain aux cotés de son ange, on aurait put croire les voir ainsi vieillir en paix.

Mais que dire... Peut-√™tre quelqu'un leur avait-il jet√© un mauvais sort, s√Ľrement un pr√©tendant jaloux, qui sait. Ou peut-√™tre que la fatalit√© s'acharnait sur ces deux l√† pour d'obscures raisons. Ou peut-√™tre encore √©tait-il √©crit qu'ils ne pourraient trouver cette paix que beaucoup cherchent en ce monde.

Car un beau jour, ce trésor qu'il aimait tant lui fut arraché.


(...)

Par Kardys le 28/11/2002 à 10:34:19 (#2662264)

Au retour de son époux, la dame avait quitté son poste au sein de la ville. Elle passa de longs moments avec celui qu'elle aimait, avec sa petite famille. Comme je disais, ca aurait put être la fin d'une triste période, après tant d'années de séparation.

Mais il arriva un événement que peu de gens comprirent. J'en fais partie.

Ce qu'il s'est passé vraiment, les témoins ne sauraient le dire. J'ai essayé d'en savoir plus, mais les avis sont partagés, les racontars exagérés... Et mon frère était trop abattu pour me dire quoi que ce soit.

De ce qui s'est passé, voilà ce que j'ai put en comprendre. Pendant que son mari était en chasse pour ramener de la nourriture et du bois pour le foyer, la dame se rendit au temple de Lighthaven.

Ce temple représentait beaucoup pour elle, et ce depuis qu'elle est toute petite. Mais cette histoire là, ce n'est pas à moi de la conter.

Elle s'installa donc sur un banc et tra√ģna un peu, sans rien dire, ni faire. Beaucoup la remarqu√®rent, une personne aux ailes d'un blanc si pur, √† la robe si √©l√©gamment taill√©e. Et lorsqu'elle commen√ßa √† psalmodier d'√©tranges paroles, bien d'autres regard√®rent dans sa direction.
Et tous ces regards pointés vers elle durent se baisser.
Il y eut une forte lueur, une forme s'était matérialisé auprès de la femme. Certains dirent avoir entendu une voix, distinguer des mots, mais la panique était alors telle que personne n'est arrivé à s'accorder sur ce point.
Puis ce fut une explosion de lumière.
J'ai entendu bien des descriptions, certains disant que la terre s'ouvrit sous elle, et d'autres racontant que c'est le ciel qui se déchira. D'autres soutenait que la lumière émanait de la dame elle-même, alors que beaucoup avouèrent avoir été si vite englobé dans l'aveuglante clarté qu'ils en étaient trop affolé pour chercher à comprendre quoi que ce soit.
Mais lorsque le feu se dissipa, lorsque les yeux s'habitu√®rent √† nouveau √† la lumi√®re ambiante, de l'ange qui se tenait l√† plus t√īt, il ne restait qu'une gamine blonde assise sur un banc, immobile, le regard vide.


(...)

Par Aurine Romanus le 28/11/2002 à 10:53:08 (#2662348)

:lit: :lit: :lit:
Super, la suiteuhhhhhhh :)

Par Dame Belladona le 28/11/2002 à 12:04:13 (#2662813)

Provient du message de Lady Guenievre


J'aimerais bien conna√ģtre le nom du malheureux h√©ros...


Il s'agit bien évidement de Messire ...
Et puis non ! Laissons Kardys, mon amie, continuer son récit à sa manière si prenante, laissons le secret couver encore un peu..

*sourit en attendant que la Conteuse poursuive son histoire*


Par Kardys le 28/11/2002 à 13:16:44 (#2663344)

Mon frère arriva bien vite au temple. Ce n'était pourtant pas sur son chemin, mais quelque chose l'avait poussé à venir, un étrange sentiment, un douloureux pincement au coeur.

Lorsqu'il arriva dans la b√Ętisse, il remarqua que la foule se pressait autour d'une enfant. Je ne sais comment il a fait, mais il la reconnut de suite. En cet enfant apathique, il ne vit qu'elle, celle avec qui il avait pass√© tant de temps heureux.
Je n'ose imaginer la douleur qu'il a du ressentir, je l'avoue. Mais ce jour là, il fit enfin preuve de cette responsabilité qu'on attendait de lui depuis tout ce temps.
Il prit l'enfant avec lui et la ramena chez eux.

Certes, elle n'avait plus rien de la grande dame qu'elle avait été, mais ca lui était égal pour lui. Il avait fait une promesse, il y avait bien longtemps, et ce n'était pas parce que cet horrible événement avait lieu qu'il allait laisser cet enfant au soins des prêtres du temple.

Mieux vaut tard que jamais, auraient put dire les mauvaises langues. Et il s'affaira de longues journ√©es √† s'occuper de cet enfant qui semblait ne plus avoir d'√Ęme.


(...)

Par Kardys le 28/11/2002 à 20:25:04 (#2667050)

Durant cette période, je venais souvent rendre visite à mon frère et à l'étrange enfant. Je préférais le surveiller de près, car nul ne savait de quoi un coeur triste était capable.

Au début, je cherchais à le convaincre de revenir à la ferme familiale. En effet, nos parents étaient alors bien vieux. Notre mère n'avait plus toute sa tête, et mon père se contentait de rester assis auprès d'elle, de critiquer le travail des ouvriers, sa vieille hache posée à son coté, même si cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus la force de la brandir. Mon père voyait d'un très mauvais oeil que ce soit sa fille qui ait pris en main la ferme. Il aurait préféré me voir mariée avec des enfants, j'en suis sure... Mais il y a toujours cette petite lueur dans son regard quand il me regarde donner des ordres à ceux qui travaillent pour nous, cet éclat qui me laisse penser que finalement, il est quand même fier de son garçon manqué de fille.
Mais j'avais beau parler et essayer de raisonner mon grand frère, il persistait à vouloir rester dans sa vieille masure. D'après lui, il y avait plus de chance qu'elle aille mieux ici...

En effet, mon frère gardait ce secret espoir de voir la conscience revenir dans ce corps que je qualifiais de vide. Pour cela, il lui racontait beaucoup d'histoires, leur histoire. J'avoue que tout ce que j'ai put raconter jusque là, c'est de ses longs monologues que je l'ai appris.

Mais quoi qu'il puisse faire, la petite restait immobile. Elle n'était pas consciente du monde qui l'entourait, comme si tout cela ne la concernait plus...

Et lui continuait à s'occuper d'elle, à la forcer à s'alimenter.

Personnellement, je ne lui donnais pas plus de quelques mois, à cette épave humaine.

Mais pour une fois, je n'ai pas été mécontente de me tromper.


(...)

Par Dame-Flo -FCB- le 28/11/2002 à 20:43:38 (#2667178)

:lit: :lit: :amour: :lit: :lit:

Par Kardys le 28/11/2002 à 23:36:48 (#2668440)

Elle était partie. Du moins, son esprit nous avait quitté.

Et je pense que c'est ce départ soudain qui lui pesait.

Il avait quelques soupçons, bien évidement, et il se doutait que sa longue absence, son retour tardif, en bref son méprisable comportement, étaient une partie de la cause.
Mais il aurait voulu en être certain, je pense.
C'est pourquoi il espérait qu'elle recouvre la conscience, ne serait-ce qu'un bref instant, afin qu'elle lui explique tout cela de vive voix.

Mais plus le temps passait, plus il désespérait de voir cet événement se produire. Et le chagrin mêlé à la colère continuaient à le ronger de l'intérieur.

Un jour, alors qu'il errait dans la pièce comme le malheureux qu'il était, il lui vint une idée.
Son épouse était experte en magie, et les nombreux livres qui gisaient ca et là montrait bien l'importance qu'elle portait à cet art. Lui-même n'avait jamais osé lire ces vieux grimoires, tout cela étant bien trop complexe à ses yeux.
Mais cette fois, il se décida à y fouiner un peu, dans l'espoir de trouver la solution à son chagrin.

D'apr√®s l'√©tat de la pi√®ce, il feuilleta avidement de nombreux ouvrages. Certains √©taient si vieux qu'il en avait arrach√© quelques fragiles pages dans son empressement. Je pense qu'il ne savait m√™me pas ce qu'il cherchait, mais il avait d√Ľ scruter le moindre indice pouvant le renseigner sur le sort qu'avait subit celle qu'il aimait tant.

Et il finit par trouver ce qu'il cherchait, du moins le pensait-il.
C'√©tait un vieux livre, la couverture plus us√©e que les autres. En tournant les pages, il s'√©tait arr√™t√© sur une gravure pr√©sentant une √™tre ail√© pris dans une colonne de lumi√®re. Les t√©moignages des gens de Lighthaven lui revinrent √† l'esprit, sotte j'ai √©t√© de lui en parler... En lisant quelques mots ici et l√†, il compris que ca parlait d'Artherk et des √Ęmes qu'il avait rassembl√© aupr√®s de lui. Et ce livre pr√©sentait une mani√®re de faire le lien avec cet esprit lointain.

C'était bien assez à ses yeux. Il était persuadé d'avoir trouvé là le moyen qu'il recherchait avec tant d'ardeur.
Il réunit donc plusieurs objets et tenta du mieux dont il était capable de procéder au rituel.


(...)

Par Kardys le 30/11/2002 à 11:18:51 (#2678056)

Je n'étais pas la seule à m'inquiéter pour lui, d'autres dans son entourage allait quelque fois lui rendre visite, pour s'assurer que tout allait bien, pour prendre des nouvelles de la petite.

Et justement, ce jour l√†, alors qu'il allait s'aventurer dans un domaine qu'il √©tait loin de comprendre, une amie vint √† leur demeure. Elle compris de suite que quelque chose n'allait pas, surtout que mon fr√®re ne devait pas laisser transpara√ģtre une limpide innocence...

Elle essaya de le raisonner, de comprendre son but, voire de lui dérober ce livre qu'il serrait contre lui. Mais finalement, elle se laissa convaincre non sans un léger doute. Peut-être ne se doutait-elle pas de ce qui allait arriver. Ou peut-être voulait-elle aussi savoir.

Ils hésitèrent un moment devant les gravures de l'étrange grimoire, et sans l'intervention d'un visiteur, d'un homme qui avait connu la séraphine, ils n'auraient peut-être pas compris la clef de cette magie. Mais ces trois là se concertèrent et trouvèrent un moyen.

Et l'étrange rituel débuta.


(...)

Par Kardys le 2/12/2002 à 19:59:30 (#2696010)

Je me souviens que mon frère m'avait parlé des étranges rituels auxquels son épouse s'adonnait quelques fois. Il n'en avait jamais compris le véritable sens, ces choses là étant trop complexes pour lui.
Mais ce jour là, ce souvenir lui fut bien utile. Il tenta de reproduire les gestes passés de son aimée, et le résultat ne se fit pas attendre.
Comme par enchantement, il crut voir la gravure muer.

Et devant les trois personnes stupéfaites, l'enfant changeait également.

Les signes √©taient au d√©but para√ģt-il √† peine distinct. Mais les manifestations devinrent vite plus violent, plus douloureuse. Mon fr√®re ne m'en dit pas plus, je crois que la sc√®ne l'a assez troubl√©. D'apr√®s ce que j'en ai tir√©, il a entendu l'enfant hurler, il a vu son corps changer...

Il a vu de l'enfant rena√ģtre la jeune femme qu'il a connu il y a bien longtemps.

Son retour dans le monde des mortels n'a pas enchanté la jeune femme, aux premiers abords. Tirée d'un monde serein pour être plongée dans ce monde de souffrance, j'arrive bien à la comprendre...
Mais elle connaissait celui qui se tenait à ses cotés, et sa colère s'apaisa peu à peu.

Si il a réussit à la convaincre, ou si elle a compris d'elle même, je ne le sais. Mais les deux étaient à nouveau réunis, comme une nouvelle chance qui s'offraient à eux.

Mais ils n'étaient pas au bout de leur surprise...


(...)

Par Kardys le 4/12/2002 à 23:29:26 (#2713449)

La femme mit un long moment avant de reprendre go√Ľt √† la vie. Elle restait renferm√©e, refusant de sortir de chez eux. Et si il arrivait √† l'en persuader, elle n'allait pas bien loin, se contentant de s'asseoir et de prendre r√™veur.

Je ne sais ce qu'elle pouvait ressentir. Je n'ai jamais été auprès de Brehan, et encore moins, personne ne m'a soustraite à lui ! Mais l'expérience ne doit pas être plaisante, j'en suis persuadée.

Mais les efforts de mon frère, de sa famille, de ses proches, l'aidèrent à voir le bon coté de la vie, celui qui fait que nous nous accrochons à ce triste monde. Ainsi, elle rencontra de plus en plus de gens, s'ouvrait de plus en plus avec le monde extérieur.
Elle repris même son apprentissage. Cette invraisemblable renaissance lui avait oté tous les pouvoirs qu'elle possédait jadis. Et apparemment, sa puissance même avait énormément décrue.

Elle se replongea donc dans ses chers livres.

Des voisins m'ont un jour raconté l'avoir vu seule en train d'user de sa magie contre des créatures isolées. Tentait-elle de vérifier si sa puissance revenait, je ne sais pas...

Mais il y en a un qui s'inquiétait énormément.

Mon frère restait sceptique face au retour de sa chère épouse. Il était si étrange pour lui de la voir à nouveau là, humaine, affaiblie, à ses cotés. Mais ce qui lui faisait le plus peur était le comportement de sa belle. Il s'effrayait de la voir parfois si mesquine, de lui rejeter toutes fautes sur lui, il tremblait quand il la voyait provoquer des êtres peu recommandables, quand il la surprenait en train de faire des choses peu prudente.
Si on me demandait mon avis, je dirais qu'elle était comme avant, aussi insupportable aujourd'hui qu'en ces temps passés...

Mais lui soutenait qu'il percevait un changement dans son comportement. Et cette différence le terrorisait.


(...)

Par Kardys le 14/12/2002 à 10:08:25 (#2784001)

Le retour de sa femme parmi nous n'était pas le but de mon frère. Il était heureux de la revoir, certes, mais à l'origine, tout ce qu'il voulait était lui parler, lui demander une explication sur son geste.
Et maintenant qu'elle était là, il n'osait aborder le sujet.
Peut-être parce qu'il se sentait responsable d'une lourde faute, peut-être parce qu'il n'osait pas raviver une peine passée... Peut-être parce qu'il n'osait pas provoquer cet esprit parfois si cruel qui se tenait aujourd'hui face à lui.

Donc, incapable de recevoir une réponse par celle qu'il aimait, il chercha un brin de solution chez ceux qu'il estimait en savoir suffisamment.

Ainsi, il parcourut Goldmoon en qu√™te d'une r√©ponse, visitant temples et druides. Il alla jusqu'√† approcher les personnages les plus sombres de ces terres. Et ses pas finirent par le porter jusqu'√† l'√ģle maudite de StoneHeim. Il poussa ses recherches jusqu'√† ce lieu myst√©rieux que certains visitent parfois, o√Ļ se terre une personne dont il ne conna√ģt finalement que si peu. Mais cet homme de blanc v√™tu ne lui appris rien de nouveau, ou plut√īt ne voulu rien lui en dire...

Mais a ce que j'ai compris, ces recherches n'étaient plus que pour lui. Son épouse semblait frappé d'un étrange mal, et tous deux se doutaient que les affaires étaient liées.

Il chercha donc longtemps, dans l'angoisse de ne pas trouver à temps...

Et ayant constaté la suite des événements, je pense qu'il y arriva.


(...)

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