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Epée de nuit - Lame de ténèbres.

Par Syndrael le 15/10/2002 à 18:52:40 (#2341110)

Quelques jours plus t√īt...

"Elle est cruelle et assez possessive, mais aussi fidèle intelligente et douce comme une amante. Elle ne donne pas facilement son amitié, mais ne la reprend pas plus aisément."

Assise au bord du lit, non loin de la harpe poussiéreuse d'une inactivité prolongée, Syndrael balaya d'une main, sur la table de chevet, la liasse de parchemins vierges ou à demi griffonnés, sans autre but que d'amener un peu de chaos dans cet ordre et cette immuabilité pesante.

"Cela dit.. mieux vaut ne pas excessivement la contrarier et ne jamais la trahir - question de confiance mutuelle."

Son regard se posa sur la table, à quelques pas, sur laquelle reposait un objet de forme allongée, d'environ un mètre cinquante, soigneusement enveloppé dans une capeline de velours noir. Elle y avait été déposée précautionneusement la veille et n'en avait pas bougé depuis.

"C'est une buveuse d'√Ęme. Lorsque tu portes le coup fatal, elle peut aspirer l'√Ęme de la victime, si l'une de vous deux le d√©sire, te permettant de la retenir dans la lame, investissant celle ci de puissance et de r√©serves suppl√©mentaires pour l'usage d'arcanes et de soins. L'√Ęme peut aussi y √™tre tourment√©e √† loisir mais c'est relativement superflu, √©tant donn√©e l'intensit√© de la souffrance psychique qu'occasionne la d√©sincarnation."

Les yeux clos, le menton pos√© sur les mains dans ce que l'on aurait aussi bien pu prendre pour de l'abattement ou de l'introspection, Syndrael continuait de ce demander si le bourdonnement constant qui semblait en √©maner pouvait √™tre autre chose que le fruit de son imagination, issu d'une tension qui ne cessait de s'accumuler depuis quelques jours, parfois effac√©e par la pr√©sence de Leylia, pour revenir aussit√īt lorsqu'elle voyait que celle ci entretenait les m√™me doutes, les m√™me craintes.. la m√™me haine.

"Elle se nomme Semirhage, et est dou√©e de conscience. Elle peut s'adresser √† son porteur, ou √† toute autre personne, selon son souhait, m√™me si elle ne fait que rarement. Elle peut √©galement avoir des mouvements propres et ma√ģtrise de puissances arcanes de combat et de destruction, pour la plupart oubli√©es des mages de ce royaume."

Elle reposa les yeux sur l'√©p√©e, qui tr√īnait √† pr√©sent sur le voile de velours, dans tout la magnificence de sa majest√© d√©voil√©e.
Colossale pièce d'acier, presque aussi haute qu'un homme - mais était-ce vraiment de l'acier - elle semblait toiser et dominer la pièce, malgré sa position horizontale.
Une lame noire, longue et luisante, grav√©e de runes ind√©chiffrables, de l'extr√©mit√© √† la base, qui semblait briller d'un √©clat irr√©el √† la lueur d'une lune bient√īt pleine, dont l'√©clat filtrait √† travers le volets √† demi clos.

"Elle a un caract√®re plut√īt bien tremp√©, et il lui arrive de tenter de convaincre ou de persuader, mais jamais elle n'impose.
Comme toute √Ęme, elle a des aspirations et des d√©sirs et oriente sciemment son porteur vers leur r√©alisation.
Elle ne peut √™tre r√©ellement ma√ģtris√©e que par la personne qui l'a forg√©e mais elle peut offrir son amiti√© si elle en juge la personne digne, tout comme la reprendra si elle se sent trahie ou bafou√©e."

Un acier plus noir que cette nuit, contrastant avec ces ténèbres imparfaites, souillées de lumière.
Comment avait-elle pu commettre cette erreur, se maudissait-elle en courant précipitamment aux fenêtres pour les obturer, plongeant la chambre dans une obscurité totale, qu'elle brisa d'une rapide incantation.
Elle devaient être seules, personne ne devait la voir.. pas encore.

Plus froid que la glace, telle le tranchant de la faucheuse, dont on ressentais l'engourdissement bien avant l'ultime parabole.. et à la fois chaleureuse, attirante, talentueuse séductrice au murmure lancinant, presque hypnotique, un murmure qu'elle entendait depuis qu'elle possédait l'arme et dont elle n'avait su se défaire.. non, en vérité, pourquoi aurait-elle voulu s'en défaire ? Il était si doux, si harmonieux, caressant l'oreille et le coeur d'un seul mouvement, suave et sensuel, hymne aux plaisirs simples et mortifères, un hymne au sang.

Le sang, il lui en faudrait.. il faudrait en abreuver la lame, l'en imbiber, jusqu'à ce qu'elle en dégorge, jusqu'à satiété. Mais cela ne faisait pas partie du discours, ni du chuchotement encourageant qui attirait la porteuse, la future porteuse, Sa porteuse.


Syndrael.

http://membres.lycos.fr/lanala/SyndriSign.jpg

Par Angel Darken le 15/10/2002 à 20:52:35 (#2341806)

:lit: :lit: :amour: :amour:

Par TitPlume Valion le 15/10/2002 à 21:53:46 (#2342163)

:)

Par Yolinne MIP le 15/10/2002 à 22:35:47 (#2342424)

Et la voix murmura, insidieuse :

- M√©fie toi jeune dame... On trouve souvent plus fort que soi dans une chose ou une √Ęme anodine... On ne sait jamais assez ce que sont les pouvoirs cach√©s... La tentation est grande je le sais, mais il faut savoir r√©sister...

Mais la jeune femme n'en avait cure. Elle √©tait persuad√©e de la ma√ģtriser, convaincue de supporter. Elle chassa la brise conseill√®re et s'en fut, gardant l'objet contre elle, comme la chose la plus pr√©cieuse qu'elle poss√©dait. La brise se d√©sola, mais elle avait fait tout ce qu'elle avait pu, advienne que pourra.

Quelques jours plus tard, au bord d'un recoin de ville, une odeur naus√©abonde filtrait. Cach√© derri√®re un tonneau d'eau moisie, on pouvait distinguer un pied. La brise passa par l√†, alert√©e, mais le spectacle √©tait fini : Sur le corps exangue de sa ma√ģtresse, la lame brillait d'un nouvel √©clat apr√®s s'√™tre abreuv√© de ce sang pourtant fid√®le. L'in√©xorable avait frapp√©, mais peu de temps apr√®s un fourreau se serra : elle avait trouv√© un nouveau ma√ģtre, une nouvelle victime.

Fable de l'ancien temps.

Par Alanis Lyn le 16/10/2002 à 13:17:53 (#2345183)

Et Elle lui avait parlé, Elle l'avait suppliée, Elle l'avait menacée, Elle l'avait narguée, Elle l'avait insultée, Elle l'avait tentée, Elle avait joué sur son hésitation, son doute, ses craintes... Syndrael...

Mais je sais les mensonges que tes semblables peuvent proferer. Mon attachement pour ma soeur ne sera pas ma faiblesse, elle sera la force qui transcendera ta perfidie morbide.


Et elle avait avait donné sa lame de simple acier sans vie, et la dague s'etait abattue, et dans le sang redouté, l'épée esseulée dut ceder...

Par Ashraam Darken le 16/10/2002 à 13:27:06 (#2345258)

:lit:

:)

Par Kehldarin Osten le 16/10/2002 à 14:00:26 (#2345575)

Fouler du pied ce en quoi on a cru, d√©truire ce qu'on a mis tant de temps √† construire, d√©passer la ligne et croire que c'est sans importance, d√©poser les armes devant ses ennemis et accepter que leur pouvoir devienne sien. Conjuguer ingratitude, arrogance et l√Ęchet√©. Tel est le destin des malheureux fous qui n'auront pas voulu ouvrir les yeux.

Malheureux qu'ils sont d'avoir acquis des pouvoirs de flétrissement, de corruption et de damnation éternels, sous couvert d'une parcelle insignifiante de puissance en un temps. Fous de se laisser abuser par de si piètres illusions, ou pire encore de ne pas se laisser abuser par elles.

Malheureux et fous, voil√† ce que sont devenus les humains. M√™me ceux en qui quelquechose de meilleur pouvait parfois √™tre apper√ßu. √Ē Artherk, p√®re des dieux, permet au moins √† ces esprits tortur√©s de profiter de leur puissance aquise √† si grand frais, avant d'aller hurler dans l'infini. Vois leur petitesse et leur imperfection, et toi qui est pardon, pardonne √† ceux √† qui personne d'autre ne peut pardonner.

Par Isis De Vil le 16/10/2002 à 14:12:37 (#2345642)

La salle est vaste et vide sans l'etre. Elle est seule ( reellement?) devant cette table ou enroulé dans un drap pourpre Mournblade reposé. Elle repensait en Syndrael, elle qui pretendais etre consciente des risques sans en etre affecté, aveugle concentante elle pensait garder le controle aiguillé seulement par des conseils. Des conseils? quel leurre, elle ne conseille pas elle ordonne, elle n'est pas l'instrument ho non..c'etait Syndrael son instrument docile et sanglant qui l'abreuverait.

La separation avait certes était radicale, mais mieu vaut perdre une main que son ame.

Les murmures et injonctions de la lame se faisait plus précise, insidieuses, tentatrices, elle esquissa un geste vers celle ci. Mais une voix caverneuse la reteind.

" Tu peux jouer avec le feu, mais tu es loin de pouvoir dominer les tenebres."

Elle s'ecarta, sortant de la piece en reprennant son errance dans les dédales du manoir.

Par Chrysaor Osten le 16/10/2002 à 14:20:13 (#2345694)

Provient du message de Kehldarin Osten
Fouler du pied ce en quoi on a cru, d√©truire ce qu'on a mis tant de temps √† construire, d√©passer la ligne et croire que c'est sans importance, d√©poser les armes devant ses ennemis et accepter que leur pouvoir devienne sien. Conjuguer ingratitude, arrogance et l√Ęchet√©. Tel est le destin des malheureux fous qui n'auront pas voulu ouvrir les yeux.

Malheureux qu'ils sont d'avoir acquis des pouvoirs de flétrissement, de corruption et de damnation éternels, sous couvert d'une parcelle insignifiante de puissance en un temps. Fous de se laisser abuser par de si piètres illusions, ou pire encore de ne pas se laisser abuser par elles.

Malheureux et fous, voil√† ce que sont devenus les humains. M√™me ceux en qui quelquechose de meilleur pouvait parfois √™tre apper√ßu. √Ē Artherk, p√®re des dieux, permet au moins √† ces esprits tortur√©s de profiter de leur puissance aquise √† si grand frais, avant d'aller hurler dans l'infini. Vois leur petitesse et leur imperfection, et toi qui est pardon, pardonne √† ceux √† qui personne d'autre ne peut pardonner.



Le père et le fils se ressembleraient ils plus qu'ils ne veulent l'admettre ?

Le Corbeau

Par Syndrael le 16/10/2002 à 18:31:10 (#2347475)

Alanis venait de la quitter, visiblement préoccupée par la lame.. comme tout les autres, tout ceux qui ne pouvaient comprendre, par ignorance ou excès de prudence. Leylia au moins était confiante, ses connaissances en nécromancie lui conféraient une conscience bien plus fiable du potentiel de la lame ainsi que des risques encourus et des moyens de s'en préserver.
Cette sollicitude et ces inquiétudes la touchaient mais lorsqu'elle avait entendu le même discours dans de multiples bouches, sa patience trouvait ses limites, et les réponses devenaient plus vagues, évasive, comme désintéressées du problème.
Ce n'était pas encore dans cet état d'esprit qu'elle se trouvait lorsqu'elle en parla avec Alanis, mais l'entretien avait contribué à l'y mettre.

Elles s'√©taient crois√©es en ville et leurs pas les avaient men√©e en la demeure de Syndrael, o√Ļ elles souhaitaient trouver le calme et l'intimit√© n√©cessaire √† l'examen de l'√©p√©e. Le fourreau de fortune avait √©t√© d√©roul√© avec pr√©caution, afin de ne jamais effleurer la lame sans au moins deux couches d'√©paisse √©toffe.

"- Hum.. en fait, il avait √©t√© question de m'en forger une.." Lan√ßa Syndrael alors qu'elle d√©voilait la lame, dans sa splendeur √©tincelante et sinistre, sa mortelle beaut√©, contradiction permanente, sublimant la mort dans sa gr√Ęce intemporelle, faite d'angles aigus et de d'ar√™tes abruptes.. Tranchante, acul√©iforme compagne teint√©e de nuit, troublante et fascinante. "Mais √ßa ne s'est pas fait.."
"- c'est celle de Baal ?" Interrogea Alanis, plus par acquis de conscience que pour en conna√ģtre l'√©vidente r√©ponse.
Syndrael la reposa sur la table, sans la toucher davantage, l'offrant à deux regard, médusés bien malgré eux.
"- Ne la touche surtout pas.." S'empressa de préciser Syndrael. "C'est Semirhage, celle de Baal.. effectivement
- Non... elle ne donne pas envie d'être touchée...
- Oh si... *Sans la quitter des yeux* Elle est magnifique.. trop même.
- Justement, méfie toi en. Baal était a demi démon et il avait peut-être le pouvoir d'y résister.
- Ne t'en fais pas, je saurai m'en préserver. Et puis, il ne l'aurait pas donnée s'il y avait eu un risque. *sourire confiant* Quoiqu'il en soit, je vais attendre un peu.. pour le moment. Peut-être attendre d'en savoir plus *Bref regard à la lame* Je ne m'engagerai pas à la légère.
- *Acquiesse*
- Peut-√™tre renferme-t-elle encore des √Ęmes que je pourrai lib√©rer. Le porteur de l'√©p√©e a ce pouvoir et Baal ne devait pas la laisser inactive. Elle a d√Ľ en engranger quantit√©.
- Oui, c'est une idée.
- Je ne sais pas si elles auront encore un corps à regagner mais c'est toujours mieux.."

Alanis avait mis un bon moment à en venir aux faits.. mais elle se lança :
"- Je suis surtout inquiète de l'influence que cette lame peut avoir sur toi
- C'est une arme.. Un instrument.
- pas une arme comme une autre"
La tentative de déviation de conversation de Syndrael ne fut pas des plus probantes :
"- J'ai quelques rudiments de combat à l'épée.. mais j'espère qu'elle saura guider mon bras, je ne dois pas être très adroite"
Quoiqu'un peu hors sujet, la question méritait d'être posée d'ailleurs. Syndrael s'était déjà demandée comment elle pouvait porter sans effort une épée d'une telle taille et d'un tel poids - nulle doute qu'elle l'y aidait.
"- je parle de son influence. hmm.. morale je suppose
- Ah.. ça.. Oui, je suppose qu'il y aura quelque chose. Mais ce n'est pas nécessairement négatif après tout.
- Mieux vaut prévenir que guérir. Non ?
- Elle peut me renforcer.. Psychologiquement aussi, j'entends
- Si elle fait de toi une bête sanguinaire et dépendante de cette lame.. tu seras peut-être renforcée mais.. euh
- Si tel est le cas, je t'autorise à m'achever..
- *lève les yeux au ciel*
- Mais fais moi confiance.. J'étudie les arcanes sombres dont cette lame fut notamment issue depuis un bon moment. Je n'aurai sans doute jamais le talent nécessaire à une telle réalisation mais c'est un sujet d'étude passionnant, d'un point de vue théorique j'entends.
- C'est plus subtil que tout ou rien tu sais.
- De toutes façons, tu peux constater que je n'agis pas à la légère. Je prends toutes les précautions et égards requis, et même davantage. Rien n'est encore scellé et la décision m'appartiendra.
- J'espère...
- Je sais bien que c'est subtil, mais je peux aussi déceler cette influence..
Enfin, on verra bien."
Un léger soupire, avant que la baronne ne quitte les lieux, manifestement plus inquiète que réellement soulagée.
"- Ne surestime pas tes forces, en tout cas" Dit-elle simplement en guise d'adieu.


Syndrael

Par Khae-Lynn le 16/10/2002 à 19:31:31 (#2347786)

Plus longue sera sa plainte, plus délicieux sera le coup fatal...

Par Syndrael le 16/10/2002 à 20:56:16 (#2348284)

Comment s'était-elle extraite de l'étoffe ? Aucune importance.
Qu'elle √©tait belle, ainsi tir√©e de son cocon de velours, fourreau improvis√© qui l'avait gard√© de tout contact avec des mains encore peu s√Ľres d'elles.. et d'elle.
L'acier rutilant étincelait à la lueur du sort, sans pour autant qu'il n'en émane la moindre lumière, mais au contraire, une opaque et impénétrable aura de ténèbres, comme une irradiation d'encre, d'un noir intense, sur laquelle la lame se détacher avec une présence, un charisme surnaturel, à l'image de sa puissance, de son emprise sur les pathétiques éléments qu'elle dominait de son omnipotence.
Oui, elle respirait le pouvoir et la vie, bien que dispensatrice de silence et de mort. Elle était l'antithèse de ce qu'elle délivrait à ses obligés, elle...

Une voix s'était élevée dans la pièce, d'abord un murmure, étouffé, chaotique, gagnant peu à peu en volume et en structure, s'organisant en notes, en accords et en phrases musicales. Elle avait déjà entendu ce son, mais jamais il n'avait dépassé le stade du chuchotement distant, jamais il ne s'était envolé avec cette emphase et ce lyrisme, vibrante et puissante allégorie d'un pouvoir trop longtemps contenu, qui ne demandait qu'à se libérer, à lui être offert.. si seulement elle avait enfin le courage de franchir le pas, de se saisir de son présent, de son héritage.

Et elle chantait, un hymne tant√īt doux tant√īt guerrier, r√©clamant amour puis vengeance, un chant double, comme le tranchant effil√© d'acier sombre, double comme celui qui l'avait forg√©e. Elle chantait et appelait, elle la r√©clamait, la suppliait, la tentait. Sa voix √©tait encore indistincte confuse, elle l'avait toujours √©t√© jusqu'√† pr√©sent, mais cette fois, le message √©tait clair et sans √©quivoque.

Succombant à l'attrait croissant de la lame, cet appel impérieux qui vrillait ses tympans, lui interdisant tout repos, Syndrael finit pas imposer à ses paupières de s'ouvrir, après quelques brefs battements.
Son corps se leva sans qu'elle lui en donna l'ordre, mais elle était consentante, c'est ce qu'elle aurait fait de toutes façons. En y pensant, elle désirait la lame autant que celle ci la désirait.. pourquoi lutter plus longtemps ?

Cette puissance ne demandait qu'à être sienne, exhausser leur souhait commun le plus cher, défaire enfin l'assassin, le faire payer, l'humilier et le briser, le faire plier sous les coups et gémir, hurler de souffrance en une éternité de solitude et de tourments.
Elle serait sienne, extension de son bras vengeur, instrument d'une revanche l√©gitime, paix pour son √Ęme rong√©e par le ressentiment. Douce compagne d'acier, ob√©issante et soumise, tranchante quand il le faudrait, discr√®te lorsqu'on le lui demanderait.

"Pas encore..." Sa main sur crispa à quelques centimètres de la garde, à portée de doigts du pommeau d'onyx poli, si proche..



"Pas encore..." Le poings se serra à cette distance, sans effleurer le manche, à cette distance qui semblait se distendre tandis que l'arme s'éloignait d'elle.



La main restait figée dans une douloureuse indécision, dans l'expectative, alors que le doute s'insinuait en elle malgré les paroles doucereuse de l'épée, désormais sévère mais non moins tentatrice.



C'était vrai, c'était si vrai.. mais pas maintenant, pas encore, elle ne se sentait pas prête, elle devait peser, connaitre, évaluer.. ne pas se faire piéger encore par la précipitation et l'impulsivité.


Syndrael.

Par Lorana le 17/10/2002 à 12:37:17 (#2351083)

:lit: :)

Par Gadjio le 18/10/2002 à 5:00:11 (#2355472)

Par Ranah D'H¬Ķr le 18/10/2002 √† 9:50:31 (#2356054)

Hey, tout le monde laisse couler ton post !

*le remonte* :D

:lit: :amour: :merci:
Vraiment c'est superbe!

Par Leylia le 18/10/2002 à 14:52:34 (#2357574)

Semirhage voici comment se nommait cette épée. Plus qu'une simple épée, dont la lame est dotée d'une concience et d'un caractère qui lui est propre. Leylia l'avait prise en main ne serais ce qu'un instant, un instant étrange à la fois agréable, mais aussi inquietant. Devait elle faire confiance en cette lame, ou devait elle plutot s'en méfier, quoi qu'il en soit elle gardera un oeil sur elle.

Par Syndrael le 22/10/2002 à 12:43:27 (#2381575)

Le chant s'était apaisé, comme pour lui donner le temps de la réflexion.. et le bourdonnement s'éleva de nouveau, comme la rumeurs d'une foule, ou d'un choeur, s'intensifiant en un concert vibrant, résonnant avec force jusqu'à retomber à l'état de chuchotement.

Et il reprit, en mouvements successifs, trouvant un sens nouveau à chaque élan, mêlant les notes aux.. des hurlements, comme les cris d'agonie de milliers de damné, des cri, perpétuels et dissonant, mais qui, loin de briser l'harmonie de la composition, l'enrichissait encore.

R√©p√©titifs, successif, arythmique et lancinant, syncop√©, bourdonnant et vrombissant, il ne sembla bient√īt plus avoir la moindre signification, la complexit√© des partitions superpos√©es √©touffant la m√©lodie pour fondre l'ensemble en un grand chaos sonore qui ne semblait pas avoir d'autre but que le harc√®lement de ses tympans.

Pourtant la voix était si belle... elle revint en réponse à ce appel tacite, chaude et caressante, une voix toujours murmurante, douce comme le miel.
Elle chantait le bonheur et l'espoir, elle chantait un plaisir que seul l'épée pouvait libérer, permettre, un bonheur qu'elle n'atteindrait pas sans le concours de la lame, elle l'appelait à elle, encore et toujours, inlassablement.

Le chant avait repris.. Par les dieux, comme elle aimait ce chant.
Elle voulu s'en approcher, l'entendre davantage, oui, elle le désirait tant.. plonger dans ses gammes et ses intervalles, s'enivrer de son refrain jusqu'à en défaillir.

* * *

Pourquoi reculer encore puisque le choix était fait depuis longtemps, presque le début, une décision qu'avait encore arrêté l'étude des manuscrits de la bibliothèque de Silversky, dans laquelle elle s'était plongée avec une avidité et une soif d'information qui ne l'avait pas quittée avant que sa curiosité ne soit enfin satisfaite..
A cela se mêlaient les indications d'Isis, ses mises en garde. La méfiance légitime de son entourage qui ne l'avait pas encore trop oppressée jusqu'à présent.

Seule Leylia qui gardait visiblement foi en elle, Leylia qui compterait toujours plus qu'une arme, quelque soit son pouvoir et son emprise, en d√©pit de toute ali√©nation, des ajustements les plus profonds de son √Ęme.

Sa main prit la surprenante initiative de faire fi de ses derniers doutes et franchit l'ultime distance, sans prendre toutefois le temps d'√īter l'√©pais gant de cuir. Elle s'en √©tait rendu compte un battement de cil avant le contact, aussi n'eut-elle pas la pr√©sence d'esprit d'anticiper.. pour autant que cela eut att√©nu√© quelque chose.

.... un bref instant, l'espoir d'une rémission
Une vague de sensation submergeant ses sens, hérissant sa peau sur le passage de l'onde, s'insinuant sous sa peau, engourdissant ses membres.. pénétrant ses muscles et ses nerfs, au plus profond de son être, l'imprégnant d'une chaleur qui reflua aussi vite, la plongeant de nouveau dans les affres du manque.

Elle √©tait l√†.. Semirhage, elle tr√īnait dans cet univers, cette fantasmagorie chim√©rique dont elle ne parvenait pas √† s'abstraire mais ses yeux, aveugl√©s par sa puissance ne pouvaient la voir, son ouie assourdie par le vacarme du chant ne pouvait l'entendre, ses mains, √©lectris√©es et secou√©es de frissons ne pouvaient la percevoir, pas plus son odorat et son palais satur√©s.. senteurs saveurs, notes vibrantes de mal et de puret√©, images vertigineuses de l'ascension de deux √Ęmes li√©es dans cette transe √©th√©r√©e.
Li√©es comme elles allaient le faire maintenant, sur le chant des damn√©s, dans l'ombre de la pr√©sence t√©n√©breuse qui subsistait, impr√©gnant de terreur l'alliage noir de la lame, r√©miniscences du d√©mon qui l'avait contr√īl√©e si longtemps, derni√®res bribes d'un pass√© dont il faudrait la purifier, pour qu'elle retrouve paix et puret√©.

L'encourageait-elle d'une voix chaleureuse.

Elle tenait maintenant fermement l'épée, vibrante d'impatience, du pommeau à la pointe, dégageant à nouveau une chaleur qui contrastait singulièrement avec ce qu'on aurait pu attendre d'un rejeton des arcanes sombres.
Plus √©trange encore, elle paraissait d√©sormais anormalement l√©g√®re, bien qu'elle fut presque aussi haute que la porteuse et normalement difficilement transportable pour quelqu'un de sa stature. Mais elle la serrait d'une main gant√©e, sto√Įque.

D'une voix sensuelle, presque mielleuse qui la laissa frémissante, indécise.

L'acier claqua sur la table lorsque Syndrael y reposait la lame sans ménagement.
"Pas maintenant." Le ton était sec, comme une condamnation dont l'épée ne fit pas grand cas, poursuivant ses appels, de plus en plus impérieux.
Elle finit par faire silence tandis que le sommeil gagnait sa porteuse.

*susurrait-elle au creux de son oreille, projetant sa voix à quelques pouces du visage assoupi, étonnement détendu après telle expérience.


Syndrael.

http://membres.lycos.fr/lanala/SyndriSign.jpg

Par Gabriel Thylin MSF le 22/10/2002 à 20:21:02 (#2385285)

:lit: :amour: Elle est ou la suite? :p

Par Arken le 22/10/2002 à 20:42:23 (#2385441)

Fait gaffe, elle est derriere toi !

Par Alanis Lyn le 23/10/2002 à 2:44:40 (#2387109)

Oui, il manque les episodes suivants la, ca va plus vite dans le jeu que dans les posts :D

Par Tenessia le 23/10/2002 à 7:14:19 (#2387361)

:amour:

(oui, elle écrit pas vite Syndrael :ange:

Par Baal Sylrus le 23/10/2002 à 8:02:11 (#2387446)

*De son trone de glace et de sang l'être démoniaque observait encore avec amusement le monde qu il avait quitté*

*le temps n'était plus qu un détail et la vie l une de ces choses si fragiles qu on meurt de rire en voyant les fils delicats la représentant s entremêler en des noeuds sans fins de possibilité*

*car il est une chose sure c'est que toute possibilité d action est paramètrée par les forces de l'ordre, que bien souvent l on se trompe en appelant force du bien...*

*le bien? le mal? bagatelles que ces concepts qui finalement ne dependent que du point de vue de la majorité de la population et non de definitions suivant des criteres fondamentaux...
car ces deux valeurs ne dependent que de la morale, et l on sait comment celle ci varie selon les peuples et les generations....*

*Non la noble et puissante créature, assise attentive observait tout cet amas de fils qui poursuivaient leur route, croyant se tisser eux meme a l abris de mains invisibles les orientant...cruelle erreur...si il y a bien une valeur qui n est qu un concept c est bien la liberté et on est pas plus libre de son destin que des lois terrestres...*

*Mais tout de meme la créature souriait.... Oui elle était partie... mais etait elle partie entierement? "rire" Non evidemment elle avait laisser un leg sur les royaumes humains, un noeuds de chaos laissant le hazard forger les destins, une force a l abris de lordre et de la loi...Semirhage... douce mais forte... tendre mais puissante... intelligente et imprevisible... elle etaitla pour veiller sur deux etres chers qui etaient resté... mais qui sait ce qu est vraiment Semirhage? Seul son créateur pourrait repondre a cette question...et qui sait... peut etre viendrait elle en parler avec ceux qui s interresseraient de trop pres a son épée...oui qui sait, peut etre se deplacerait elle...*

Par Syndrael le 23/10/2002 à 10:37:57 (#2387975)

Lorana s'était approchée discrètement, à la faveur de son sort d'invisibilité, seul un imperceptible crissement trahissant sa présence, ainsi que les empreintes légères qu'elle laissait dans le sable humide.
Si elle s'était tournée et l'avait vue, Syndrael aurait aperçu d'abord la fine silhouette parée de blanc, puis le drapé de la robe, claquant sous l'effet du vent salé. La main se lever pour protéger le visage des embruns, les yeux mi clos pour tenter de percer les ténèbres, sous l'éclat à peine perceptible d'une lune masqué, prisonnière de la gangue de nuages qui s'amassait de l'ouest depuis quelques heures.

A genoux sur la plage, les mains posées sur les cuisses, tête penchée en avant, dans cette pénombre brumeuse, noyée de ténèbres opaques.
Immuable fixité.. Pas un geste, pas un frisson malgré la brise glaciale, la marée montante l'immergeant parfois jusqu'à mi cuisses au rythme du flux et du reflux.
L'épée était plantée face à elle, à quelques pas. Il lui aurait suffit de tendre la main pour la toucher, en prend la garde et se perdre à nouveau dans ses confins, entendre la plainte et le chant, un appel à des voyages vertigineux, sans un mouvement de son corps, la promesse d...

Elle l'avait entendue arriver à travers sa torpeur, information relayant à ses nerfs un ordre de mouvement qui s'était déjà perdu, laissant ses yeux fixes et sans vie, sans le moindre signe qu'elle avait perçu quelque chose.
Lorana n'avait rien vu de cette réaction intérieure, sinon un voile dans le regard, comme un tressaillement des pupilles qui réagissaient instinctivement et contre toute logique à ce que "l'autre" voyait - contemplait pour elle.

Pourtant, elle la regardait venir, ça ne faisait aucun doute. La cape virevoletait derrière la jeune femme, dans le même mouvement ondulatoire que celui qui agitait sa crinière de boucles rousses, retenue à gauche par l'arc en bandoulière sur l'épaule.
Une ombre s'était tournée vers l'arrivante, l'ombre de la porteuse, projetée par l'éclat blafard de la lame, prêtant son regard à Syndrael, toujours agenouillée, le temps d'une nouvelle communion de leurs sens. La lame se substituait en cet instant à ses sens atrophiés, entravés, comme pour tenter de lui faire comprendre qu'elle lui était nécessaire.
Grisante sensation que de voir au delà des ombres, au delà des choses, de voir la bête tapie en chacun, le mal coulant entre les pavés de la place, pourtant si lointaine mais à peine à un clignement de "ses" paupières.
Mais pourquoi ce monde était-il si sombre.. si noir.. pourquoi voiler de la sorte un pouvoir si fascinant, corrompre par cette livide et froide lucidité ce qui aurait pu permettre tant de miracles - .

Déjà, la vision s'effaçaient lentement, pour lui laisser le temps d'en apercevoir les dernière bribes, lui laisser le temps de la regretter amèrement alors qu'elle se brouillait, floue et mouvante, évasive à présent, insaisissable brume d'un fantasme. Aucun pathétique mouvement n'aurait pu la retenir.. Juste une main tendue, non vers la vision, ni vers le doigt, mais vers ce qu'il désignait, la lame.
Murmure.. Chuchotement..

Lorana lui parlait. Penchée sur elle avec une manifeste inquiétude, elle avait déposé un baiser sur sa joue, cherchant à lui faire quitter ce monde onirique.

L'arme brillait toujours de cet éclat sinistre, dévoilé pour la première fois au regard de la jeune archère, perplexe et anxieuse face à l'absence de réaction de Syndrael. Elle la secouait légèrement pour lui faire reprendre pied, la main sur son épaule.
Et l'√©clat semblait s'intensifier, presque mena√ßant.. sans qu'elle eut pu dire ce qui donnait en lui cette impression... peut-√™tre le fait que l'irradiation que son esprit ne pouvait cerner et nommer autrement que par "√©clat" n'avait rien d'√©clatant et de lumineuse.. au contraire, elle en √©tait l'oppos√©, le n√©gatif, projetant, couvrant le monde d'un voile plus obscur qu'une nuit sans lune, dans sa sph√®re d'influence - √©manation d'obscurit√©, vapeur sombre ne cessant de cro√ģtre, l'intimant √† fuir et cesser.

Le regard de Lorana ne s'en d√©tachait plus, ou plut√īt le fit-elle dans un effort de volont√© qui l'aurait surprise si elle avait √©t√© consciente de l'attraction de laquelle elle venait de s'arracher.
Elle aurait pu la donner à Syndrael, pour l'aider à recouvrer ses esprit.. oui, sans doute, d'ailleurs, son bras était déjà en route, mais son subconscient corrigea la trajectoire sans qu'elle ne rend compte de ce bref ballet.

Un bref sifflement de dépit émana de la lame lorsque sa porteuse ouvrit soudainement les yeux, ramenée à l'éveil par un nouvel appel.. mais cela aurait tout aussi bien pu être le murmure du zéphire à travers le bosquet adjacent, ça l'était même très probablement.. Comment une épée aurait-elle pu soupirer ?

"B..Bonsoir" Syndrael venait d'√©merger compl√®tement, fixant Lorana d'un regard √©tranger, manifestement sans la reconna√ģtre. La veille d√©j√†, elle s'√©tait montr√©e distante, posant sur ceux qu'elle croisait un regard chang√©, √† la fois vague et d√©termin√©, Sans qu'il soit possible d'en d√©terminer la cause. Il avait un m√©lange de vivacit√© et d'assurance excessive, souplesse et ampleur des geste, une confiance dont elle n'√©tait pas coutumi√®re, elle d'ordinaire h√©sitante et circonspecte.

"Qu'est ce que c'est ?" interrogea Lorana, s'inquiétant de la noirceur peu commune de l'arme, une noirceur plus profonde qui n'était certes pas liée à la coloration de l'alliage, d'ailleurs de nature inconnue.

Se saisissant d'une capeline de velours noir, posée sur le sable à proximité, Syndrael y enroula précautionneusement la lame, prenant soin de ne guère la toucher sans ses gants, avec une légère fébrilité, les mains tremblantes de façon perceptible.

"Je.. c'est un héritage.. Disons.. un présent, de grande valeur" Répondit-elle avec retard, balbutiant les premiers mots comme il elle retrouvait à peine l'usage de la parole.

"Elle a l'air bien étrange..." murmura Lorana, suivant des yeux ses gestes sans bien en comprendre la finalité.
Syndrael d'assura de la tenu du fourreau d'étoffe et se releva lestement, sans le quitter des yeux alors qu'elle la soulevait sans mal - malgré un poids qu'elle ne semblait pas ressentir - pour la déposer non loin. Elle répondit simplement :

"Elle l'est.. plus étrange que l'on ne peut l'imaginer.."
Et que fais tu ici toute seule ici ? *visiblement mal à l'aise à l'évocation de l'épée* Tu vais l'air très.. préoccupée.
- Je devais m'isoler pour.. J'étais plongée dans mes pensées *sourire peu convaincant*
- Tu ne va pas bien ? *petite moue* Encore cette histoire d'archers ?
- Non non.. c'est réglé pour les archers.. rien de tout ça." *Reste absorbée par la contemplation du tissu sur la plage*

Tout n'√©tait pas r√©gl√© cela dit, concernant les troubles et violences qui avaient secou√©es le culte de S√©l√®ne, le faisant trembler sur ses bases au moment o√Ļ son avenir semblait le plus incertain, alors que les royalistes Sylliens jouaient de leur n√©faste influence pour les d√©stabiliser davantage encore, et leur donner le coup fatale, dans la plus totale hypocrisie d'un officiel d√©sir de rapprochement des deux clerg√©s.
Rien n'était encore totalement arrangé avec ces assassins étrangers qui avaient sévis depuis plusieurs jours, faisant briller moult pierres de Sélènites dans une impunité que seule permettait leurs incroyables capacité et l'habituelle inefficacité de la garde.

Elle √©chang√®rent l√† dessus quelques informations et nouvelles mais Syndrael, apparemment peu d√©sireuse d'√™tre entretenue de cela.. ou peut-√™tre de parler, dans l'absolu, restait allusive et √©vasive, toujours avec le m√™me d√©tachement, fr√īlant l'indiff√©rence, malgr√© la gravit√© du sujet et l'√©vidente panique sous-jacente de son interlocutrice.
La pr√™tresse gardait les yeux baiss√©s en direction de l'√©p√©e, ne la l√Ęchant plus du regard le long de ce bref entretien. Lorsque le silence retomba, elle les releva vers Lorana, la fixant un court instant, un √©clat ind√©finissable illuminant sa pupille. Cela lui attira naturellement de nouvelles questions angoiss√©es :

"Tu...tu es sure que ça va maintenant ?
- Tout dépend de ce que tu entends par là. *neutre*
- Tu as l'air vraiment obsédée par cette épée...je ne pense pas que ça soit une bonne chose..."

Elle ne répondit pas, restant figée, un frisson continu naissant au creux de ses reins pour remonter jusqu'à sa nuque le long de son échine tendue. Elle n'avait pas esquissé un geste et ne semblait pas disposée à le faire, regardant parfois la jeune femme avant de s'en détourner, sans cesse attirée par la cape, écrin de l'objet de ses désirs.

Les questions se succédaient sans qu'elle y donne réponse, augmentant d'autant l'inquiétude de Lorana, de minute en minute.
Elle finit par daigner donner quelques éclaircissement mais son esprit était ailleurs, vagabondant en de tout autres lieux et sur de tout autres plans, encore empli des visions de l'épée, et quelles visions..
Non vraiment, le moment n'aurait pu être plus mal choisi.. aussi les réponses venaient-elles sans vraiment être pensées, préparées, franches et abruptes, souvent douloureuses.
Les meurtres par les archers, la d√©faite au ch√Ęteau de Bane et sa cuisse lac√©r√©e, une nouvelle invalidit√© peu apr√®s, sa pierre ayant brill√©e de nouveau par le feu et la n√©cromancie, sa gu√©rison gr√Ęce √† Leylia et quelques autres funestes nouvelles.

Lorana l'avait écoutée presque en silence, la bouche s'ouvrant parfois en un "o" muet, ou se crispant de nervosité et de peur rétrospective au fil des récits qui lui étaient livrés avec une crudité qu'il eu été préférable d'édulcorer quelque peu, du moins dans la forme.
Elle semblait reconnaissante d'en savoir enfin plus sur ce qui se produisait, chacun ayant éludé à ça manière jusqu'à présent, ou menti par omission.. mais les nouvelles la laissaient pantoise, plus abattue encore qu'auparavant... elle aurait aimé un geste tendre, un réconfort alors Syndrael semblait regarder encore à travers elle, les yeux dans le vague, son esprit encore en proie à une ébullition introspective et à la plus grande confusion..


Syndrael.

http://membres.lycos.fr/lanala/SyndriSign.jpg
(Tsss, comment ça, j'ai que 13 jours de retard.... ^^)

Par Syris Lloth le 23/10/2002 à 15:50:33 (#2390520)

Superbe =) :lit:

Par Lorana le 24/10/2002 à 2:57:33 (#2394446)

:lit: :amour: Elle a été mechante avec moi :( mais je l'adore quand meme :p

Par Kehldarin Osten le 24/10/2002 à 15:12:15 (#2397539)

Ne dis pas ça Lorana, il faut soigner le mal par le mal :p

Par Syndrael le 28/10/2002 à 11:19:03 (#2422661)

Une fois de plus, elle succomba √† l'attrait, malgr√© l'√©toffe qui la dissimulait √† son regard, et s'accroupit sur le sable, toujours avec cette √©nergie et cette gr√Ęce dont elle aurait d√Ľ √™tre d√©pourvue en de telles circonstances, et apr√®s de pareilles √©preuves.
Mais elle ne parut pas réagir à son contact, sinon par un léger sourire, de soulagement ou de satisfaction, tandis qu'elle la redressait à la verticale pour prendre appuis sur la garde, profitant de ce nouvel équilibre pour fléchir doucement une jambe, balançant distraitement la cheville de gauche à droite.

"- Je n'aime pas ça..." murmura Lorana, apeurée.

Elle jouait avec le tissu de la capeline, l'enroulant au bout d'un doigt, quand le voile d'un souvenir obscurcit ses yeux, l'assombrissant perceptiblement alors qu'elle perdait le sourire détaché qui planait sur ses lèvres jusqu'à présent.

La litanie avait repris avec une frénésie teintée de démence, telle un souffle épique et sauvage, évocation de combats sanglants et de revanche légitime, juste violence, salutaire alternative à une passivité plus mortelle encore.. oui, il le fallait. Le souffle était justice et vérité..

Il y avait comme un accent triomphal dans ce dernier murmure, car la lame savait que sa décision serait acceptée sans effort, tant la rancune était déjà tenace chez sa porteuse.
Un simple impulsion suffit à la raviver imperceptiblement, faisant affluer quelques souvenirs..

"- Cette lame.. qui te l'a offerte ?" La voix était encore moins assurée que précédemment.

Syndrael √©luda momentan√©ment la question avant d'encha√ģner sur une toute autre chose :
"- Il y a autre chose.. *S'assombrit perceptiblement, si c'était encore possible* Mon.. *soupire* Baal est mort...
- Oh...
- Chacun a pu s'en réjouir, le monstre à péri, le démon n'est plus.. quel jour heureux, quelle liesse..
- Je ne le connaissais pas mais je sais qu'il comptait pour toi et Leylia *attristée*
- C'est si simple de ne pas chercher à comprendre.. de désigner et condamner, si manichéen.. J'ai été déchirée.. mais bien moins que Leylia, qui, après sa soeur, perd son père. Moi, cela ne m'aurait pas fait davantage de mal s'il l'avait été."

Elle se souvenait que Leylia s'était écroulée.. Incapable de se ressaisir, ni du moindre mouvement.
La tendresse avait fait sécher ses larmes, l'amour avait guéri ses blessures..
Puis la colère et la rancoeur avaient pris en leurs coeurs la faille qu'y laissait la mort de Baal. La haine de Leylia était parfois si forte qu'elle menaçait de la consumer.. mais comment eut-elle pu apaiser la haine de sa compagne quand son désespoir alimentait la sienne..

"- Comment...est-il mort ? Assassiné ? *petite voix*
- Oui, il a été assassiné.. Nous connaissons maintenant le meurtrier. Ce chien est venu me présenter ses condoléances, il a eu cette cruauté, cette audace.." *les poings crispés*
Lorana n'osait poser la question qui en d√©coulait naturellement, mais il √©tait visible qu'elle lui br√Ľlait les l√®vres. Ignorant la requ√™te muette, Syndrael poursuivit, d'une voix monocorde.
"- Le sang devra couler, je le crains.
- Je suis vraiment désolée....*compatissante*
- Tu n'as pas √† √™tre d√©sol√©e.. La lame est son dernier pr√©sent : Semirhage, son arme. Elle a sa propre volont√©.. elle √©tait li√©e √† Baal, et peut aussi bien me refuser m√™me si.. je ne crois pas qu'elle le fera. Apr√®s, reste √† la ma√ģtriser, r√©sister √† son influence
- Elle me fait peur...*chuchote*
- Elle a tout les raisons de faire peur.
- Elle transpire le mal...
- Non, pas le mal." La réponse était venue, sèche et cinglante. "C'est son porteur qui l'oriente dans une voie ou une autre.. Même si par essence, elle est forgée par les arcanes les plus puissantes et les plus noires de l'art sombre."

L'évidente contradiction des termes sembla passer inaperçue. L'inquiétude de Lorana se portant de nouveau sur l'état d'esprit de la porteuse, qui ne cessait de l'inquiéter, même si son regard se focalisait de nouveau l'épée avec une fixité statufiée.

"- Alors ne la manipule pas lorsque tes pensées sont trop sombres *petite moue*
- C'est un risque √† prendre, une contrepartie.. Ma haine est n√©cessaire, elle la nourrira. Je saurai la manier, la ma√ģtriser, l'assujettir, ou en tout cas, m'assurer qu'elle oeuvre dans mon sens. J'ai assez √©tudi√© cette branche de la magie pour savoir √† quoi m'en tenir, et Leylia plus encore y est experte.
- On croit toujours √™tre capable de tout ma√ģtriser..
- Il le faut. Et crois tu que je puisse encore reculer ?"

Aveux d'impuissance d'apparence anodine mais non moins terrifiant. Avant que Lorana n'ait eu le temps d'exprimer frayeur ou surprise à ces paroles, Syndrael avait retiré le tissu, d'un seul et ample geste du bras, dévoilant tout la longueur de la lame noire dans son insondable splendeur ténébreuse. L'archère avait reculé d'un pas vif, comme si elle eut été attaquée, posant sur la lame un regard dont l'effroi fut encore accru par les dernière paroles de Syndrael, plus dures et péremptoires que jamais :

"- Ne la touche surtout jamais. Absolument jamais.
Le ton était assez catégorique pour qu'il ne soit pas nécessaire de préciser l'avertissement ou le risque encouru.
- Je vais lui trouver un fourreau, ainsi elle sera moins dangereuse.
- Ranges la s'il te plait..*suppliante*
- Je ne m'en servirais pas contre toi.."

Sur ces mots, elle lui fit exécuter un quart de tour, avec une aisance improbable, compte tenu de l'apparente masse de l'objet, pièce d'acier épaisse.. et surtout d'une longueur impressionnante.

"- Je t'en prie cache la...
- Elle est si belle, pourquoi la cacher ? Elle mérite d'être vue, d'être admirée, même par ceux qui ne le méritent en rien..
- J'ai peur *frissonne*
- Peur ?"

Cela d√Ľ ma faire revenir quelque peu √† elle, car elle coucha l'√©p√©e √† l'horizon sur le sable, toujours avec le plus grand soin, la couvrant du voile de velours.

"- Son influence se fait déjà ressentir...*reste en retrait*
- Il n'y a eu aucune influence, je ne l'ai pas encore manipulée...
- Je t'avais dis...je t'ai prévenue cette arme est maléfique..*recule a nouveau, tremblante*
- Je m'en ferai une alliée fidèle
- Tu parles de quelque chose que tu ne connais pas..
- Tu ne me fais pas confiance ? Je pourrai faire usage de ce pouvoir aux fins de mon choix.
- C'est en elle que je n'ai pas confiance* *désignant la lame*

* * *

Terrifiée, Lorana avait profité de l'arrivée impromptue de Carna pour s'éclipser abruptement, saluant à peine avant de détaler. L'incompréhension était plus forte que le remord lorsque Syndrael la suivit, cherchant sa trace à travers les rue de Lighthaven, sans succès.
Elle n'accorda pas un regard aux derniers fl√Ęneurs qui parcouraient la place - que ce soit pour quelque ultime affaire ou tout simplement pour la fra√ģcheur de la brise nocturne - pas plus qu'elle ne salua Silwenne, qui n'eut le temps d'esquisser un mot ou un sourire en voyant passer la fr√™le silhouette, pr√©c√©d√©e de la lame. L'ambiance post-cr√©pusculaire √©tait sans doute pour beaucoup dans la combinaison de sensation ind√©finissable qui l'assaillait.. ou bien peut-√™tre √©tait-ce encore le contact de la lame, en d√©pit du gant, qui faisait na√ģtre en elle, un trouble diffus, se pr√©cisant √† mesure que le temps passait, comme un signal ou un avertissement.

L'épée détestait Lorana, c'était manifeste.. mais elle n'ignorait pas qu'elle ne pourrait imposer ce sentiment.. tout comme elle savait qu'il était vain de la "réclamer".
C'√©tait bien Semirhage qui l'avait fait fuir toutefois, coup de gr√Ęce apr√®s la distance et la froideur dont Syndrael n'avait pas eu vraiment conscience.

Depuis qu'elle poss√©dait la lame, Syndrael avait toujours entendue sa voix.. qu'il s'exprime sous la forme du murmure continue des d√©but, sous l'expression lyrique et emphatique d'un chant, ou tout simplement d'une voix, toujours douce mais tranchante, qui ne priait pas mais ordonnait, sans le para√ģtre. Un voix froide, glaciale comme le marbre, et acide, pour ceux qui avaient le rare 'privil√®ge' de l'entendre.

Lorana l'avait entendue, et jamais elle ne l'oublierait.. mais pourquoi avait-elle √©t√© si t√™tue ? Elle aurait d√Ľ se douter que l'√©p√©e le prendrais mal..
Faisant référence à la vengeance que réclamait l'épée, elle lui avait demandé :
"Après cela.. tu t'en débarrasseras n'est-ce pas ?"
Comment la lame eut-elle pu le prendre sereinement ? C'était une menace directe, une attaque grave à son intégrité, une atteinte à sa personne et à sa tranquillité.. Alors elle avait pris des mesures en conséquence.
Il √©tait dit que cette √©cervel√©e ne nuirait pas sa paix retrouv√©e.. celle paix entre les mains de la porteuse, paix toute relative, tiss√©e de haine et de rancune, une paix qui se nourrissait de son propre venin et de celui qu'elle faisait na√ģtre chez les autres. C'est ce qui faisait vibrer son acier, luire son tranchant, qui comblait son √Ęme corrompue.

Cela faisait quelques minutes qu'elle demandait à Syndrael de quitter les lieux, ou de faire partir l'indésirable, mais devant son manque de réaction, il semblait requis de prendre les mesures qui s'imposaient.
Comme elle l'avait fait pour cette larve de Glob Lanowar, alors qu'il se répandait en plaintes déchirantes et pathétiques sous le regard mielleusement bienveillante de sa soeur de foi, la lame avait également intimé celle ci à quitter cette compagnie amorphe et navrante. Elle en avait alors fait part à l'intéressé, d'un ton sec, qui n'avait pas eu l'effet voulu tant celui ci était enfoncé dans son désespoir sourd et pleurnichard.

Cette fois, elle eut le plaisir de constater que son intervention avait bien plus d'impacte avec la craintive Lorana, qu'une excessive sensiblerie rendait pour le moins réceptive à un phénomène que son entendement borné ne pouvait cerner.

avait-elle prononcé à voix haute, faisant tomber la condamnation comme un couperet, autoritaire et catégorique.
ajouta-t-elle en un tendre murmure.

L'arrivée de Carna coupa court à ses tentatives, mais eut l'effet voulu, le danger fut écarté alors que la petite peste fuyait cette voix venue de nulle part.

* * *

Syndrael la retrouva au Kulgan's, comme elle l'avait esp√©r√©.. elle √©tait pass√© par le verger, un des lieux de pr√©dilection de Lorana et poussa finalement la porte de la taverne, puis celle de sa chambre, apr√®s avoir salu√© Halam d'un simple de signe de t√™te, dans la salle commune o√Ļ cuvaient les derniers ivrognes avant la rituelle expulsion de l'aube.

S'avançant silencieusement dans la petite pièce, elle s'efforçait cette fois de ne mettre dans ses gestes aucune menace, gardant la lame en retrait, dissimulée derrière elle pour ne pas troubler davantage son interlocutrice.

"- Je suis fatiguée..." balbutia celle ci, le rose de ses joues trahissant son mensonge
"- C'est ce qu'il semble. Mais il n'y a pas que cela." R√©torque-t-elle d'un ton qui se voulait conciliant mais ne fit qu'accro√ģtre le malaise ambiant. Ajoutant :
- Ce n'est qu'une arme, un instrument. Tu n'as pas √† en √™tre terrifi√©e. Elle ne sera bient√īt plus qu'une extension de mon bras.
- Oui tout comme la nécromancie qui n'est qu'une simple école de magie.."

La lame n'avait eu aucun mal √† localiser cela dans ses souvenirs de Syndrael, qui porta instinctivement les yeux sur le plancher, l√† o√Ļ devait encore se trouver la petite trappe, invisible aux regard. Elle se contenta de r√©pondre √† la question, bien qu'elle n'en fut pas vraiment une.

"- Tout à fait. La nécromancie a été bannie par notre 'bon' Roy car un mage en avait fait une fois mauvais usage, et avait laissé échapper un sort puissant. Il est ridicule de condamner un art pour ça. Si un mage feu avait incendié le palais, en serait-il de même pour la magie élémentale ? Bien entendu, après cela, on a brodé au sujet de son aspect corrupteur, sa prétendue influence." Le mot sembla faire réagir son interlocutrice :
"- Elle est en train de te changer...et il n'y a rien qui puisse me faire plus peur
- Tout changement n'est pas nécessairement nocif, l'évolution est toujours bienvenue
- Pas en ce sens...elle te consume déjà *recule, butant contre le lit*
- Non.. elle n'a rien fait, pas encore. je ne l'ai qu'à peine prise en mains. Tout reste à faire, le choix n'est pas encore scellé, nous se sommes pas liées. Mais elle m'a fait expérimenter quelque chose qui me marquera à jamais, et que je ne puis décrire, qui dépasse les futiles concepts de bien et de mal, tels qu'on m'en assène depuis des jours, jusqu'à l'écoeurement. C'est une expérience semblable à la renaissance si j'en crois ce que m'avait dit Caspian au moment de la sienne. *silence* Je devrais peut-être te laisser dormir un peu, je gage que la nuit effacera ce trouble.

Elle se séparèrent sur des mots plus durs encore, avant que Syndrael ne tourne les talons, quittant promptement la pièce dans un bruissement de tissu, ne laissant à Lorana qu'une ombre persistante, s'évanouissant des murs sans pour autant quitter son regard.. Une ombre de frayeur et de regret.. Déjà.


Syndrael.

Par Lorana le 28/10/2002 à 22:52:35 (#2428193)

:lit: :amour: *ne sait pas quoi repondre en bonne ecervelée qu'elle est :sanglote: mais remonte le post :p

Par Un Enfant de la Nuit le 29/10/2002 à 16:38:00 (#2432974)

*remonte discretement le post*

Par Acyde le 2/11/2002 à 21:41:42 (#2465007)

La corruption diffère de la perversion par le temps qu'elle exige. Elle est une déliquescence progressive, une gangrène qui se doit d'être insidieuse et très profonde, un cheminement inéluctable et imperceptible vers la totale déchéance. Corrompre est un art savant auquel peu savent s'adonner, et dans ce domaine les Ténèbres ont bien des leçons à apporter aux mortels novices.

-Acyde.

Par Syndrael le 8/11/2002 à 17:45:37 (#2514680)

Le chant de mort à repris.. profond, entêtant jusqu'à la migraine.
Pacte.. alliance. Sang et cendre, jusqu'à la nausée.

Vengeance, amour, haine, justice, ch√Ętiment, r√©demption, col√®re, apaisement.

Il bat √† ses tempes, fait r√©sonner son cr√Ęne de son incessante rythmique.. maudit rythme qui la harc√®le, jusqu'√† la saturation.

Justice, apaisement, vengeance, amour, col√®re, r√©demption, haine, ch√Ętiment.

Son coeur a pris le rythme de cette mélodie tribales, se répétant sans dissonance, toujours à cette cadence prenante.. impossible de l'ignorer..
Il ne tait pas.. elle le lui demande, mais rien n'y fait, aucune autre réponse que le chant.

Apaisement, cendres, repos, revanche, justice, sang, pureté.

C'est un appel.. mais o√Ļ la trouver ? Comment la faire taire ? Non.. pas seulement la faire taire, l'apaiser, temporiser peut-√™tre son impatience, pas tout de suite, c'est bien trop t√īt, pr√©matur√©..



Elle s'est levée, relevant doucement l'aile de Leylia pour quitter son étreinte, le refuge réconfortant de ses bras.. mais cela devient insupportable. Les notes, pulsations vibrantes frappent sourdement et douloureusement ses tympans. Elles ne sont destinées qu'à elle.. Leylia n'a pas réagit, sinon faiblement, à travers son inconscience, lorsque sa compagne l'a quittée. Les corbeaux, vigiles fidèles ne semblent en rien alertés, si ce n'est l'un d'entre eux, qui...



Elle n'avait pas voulu ressentir cette constante présence avec Leylia, aussi avait-elle laissé la lame en leur demeure, sur la table. Mais les appels déchirants, qui s'étaient tut au bout de quelques minutes faisaient place à un tumulte dont elle ne pouvait plus faire abstraction.

.....




Suivre qui..? ..et qu'avait donc ce corbeau ? Le rythme auquel il tournait la t√™te √©tait si ajust√© √† celui qui lui bourdonnait dans le cr√Ęne que cela ne pouvait raisonnablement √™tre un hasard.
Le volatile déplia soudain les ailes, les laissa frémir dans un mouvement brusque, presque frénétique, agitant les longues plumes noires et luisantes.
Il prit son essors et piqua sur Syndrael, qui ne sembla y r√©agir que par un clignement de paupi√®res lorsque l'animal la fr√īla, continuant sa course vers une direction qu'elle devinait sans la voir.

Elle le suivit, les yeux clos, sans savoir o√Ļ ses pas la m√®neraient. Mais son corps ne manifestait pas la moindre h√©sitation, sinuant entre les arbres de la for√™t o√Ļ elle avait pass√© la nuit, tandis que lentement, l'astre solaire √©mergeait des cimes, √† l'est.
Pourquoi n'allait-elle pas vers la maison, l√† o√Ļ l'attendait la lame ? Ah oui.. un rendez vous. L'oiseau l'y avait men√©e. D√©cid√©ment, l'√©p√©e aimait cette plage, au Sud Est de Lighthaven, c'est toujours l√† qu'elle souhaitait se rendre..



Tant de précision la troublait, d'autant plus que rien de tout cela n'était faux.
C'était le sable sur lequel elle était venue échouer sa peine, et celui qui avait crissé sous les pas de Leylia, lorsqu'elle s'était approchée d'elle, ombre mortelle prête à fondre sur sa proie, se délectant d'avance des soubresauts spasmodiques de son coeur empli d'effroi, savourant déjà l'onctuosité de son sang, un léger tremblement de la lèvre trahissant l'impatience.
C'était ici qu'elle n'avait pu la tuer, qu'elle l'avait aimée, pour un mot, un regard, à jamais.
Ici qu'elles s'étaient enlacées, plus tard, amies se réconfortant face aux adversités et incertitudes.. et qu'elles s'étaient découvertes, fébriles et incertaines, mais avides l'une de l'autres, guidées par la passion, l'amour triomphant de toutes leurs craintes, enflammant leurs gestes timides, rassurant Leylia pour qui l'expérience était sans précédant et qui s'était donnée, frémissante et confiante.
Ce sable qui avait été le berceau de tant de nuits magnifiques, l'écrin d'un amour dont elles aimaient retrouver la source.

Les souvenirs affluaient, soufflés à son esprit par la lame, d'une voix maintenant nettement féminine, plus suave encore, douce et caressante, jusqu'à l'érotisme, par la simple chaleur qui se dégageait des mots.



T√©n√®bres et lumi√®re, puissants et aveuglant contrastes.. il lui avait sembl√© apercevoir la lame, plant√©s dans le sable, comme la veille, mais elle ne voyait que.. elle, qui s'avan√ßait, d'une d√©marche souple et f√©line, avec une parfaite assurance, une gr√Ęce inhumaine, en chacun de ses gestes.
Ténèbres et lumières, mèches lisses et brillantes ondoyant sur son front, noirceur pure, luisant d'obscurité, tranchant l'extrême blancheur, presque douloureuse à l'oeil de son visage, seule touche de clarté émanant d'un moulant carcan de ce qui semblait être du velours, à la façon dont la lumière y réagissait.
Non, il y avait ses mains aussi, qu'elle leva, doucement vers son cou, fixant son regard sur Syndrael, figée par cette apparition soudaine.



Un geste avait suffit pour la libérer du fourreau de velours, qui glissa le long de son buste, caressant sa taille, ses jambes. "Par Sélène.."
Deux yeux imperceptiblement bridés, plus profonds et obscurs encore que le plus insondable des puits. Une cascade de cheveux d'une noirceur irréelle, s'éparpillant sur ses épaules, dans un désordre feint, un nez fin et droit, entouré de pommettes saillantes, surplombant une bouches au dessin gracieux et précis, s'imposant au regard par sa netteté.
Elle √©tait √† l'√©vidence l'incarnation d'une certaine forme de perfection.. adapt√©e √† la porteuse, accompagn√©e de traits plus personnels, qui la rendait aussi unique que somptueuse. Splendide et sensuelle dans les moindres d√©tails, la moindre courbe : de ses hanches, fines, dessinant un arc marqu√© avec son bassin, agr√©ablement cambr√© pour en mettre en valeur l'harmonieuse opulence. Le ventre tr√®s l√©g√®rement rebondi malgr√© la minceur, domin√© par l'irr√©sistible joyaux d'une poitrine arrogante, d'une p√Ęleur nacr√©e, fi√®rement dress√©e pour offrir au regard le voluptueux spectacle de seins clairs, √† l'agr√©able rotondit√©, orn√©s de deux touches plus vives.
Le jais de sa toison, tout aussi intense que sa chevelure, entourée du fuselé de ses cuisses, fermes et galbées, sans musculature disgracieuse.

Et elle avançait, avec une lenteur calculée, afin d'être certaine de faire tomber les dernières barrières de sa volonté. Affichant impudemment sa nudité, avec le plus parfait naturel tandis que ses pieds foulaient le sable brun, diminuant l'écart qui les séparait encore.



Les derniers mots furent susurr√©s alors qu'elle tendait les mains, pour se saisir d'un poignet de Syndrael, caressant d√©licatemment sa paume, du dos des doigts, avant de la poser contre sa poitrine, do√Ļ provenait une surprenante chaleur. Ineffable douceur de cette peau laiteuse, irr√©pressible d√©sir de....

"Non. Pas ainsi !"

Elle balaya l'apparition d'une main, serrant les doigts sur ce qui aurait d√Ľ √™tre son cou.
L'étreinte se referma sur la garde de l'épée, verticalement plantée dans le sol sablonneux.

Lumières couleurs, formes, odeurs et sensations, elle fut encore submergée, balayée et engloutie dans un monde qui la dépassait, son monde.. le leur à présent ?
Elle perdit connaissance et la retrouva dans un cri, les larmes coulaient sur ses joues, tant√īt de joie et de douleur, puis de surprise, de chaos, elles coulaient pour atteindre le sol, quelle question, mais si le sol s'√©tait trouv√© √† sa juste place, nulle doute qu'elle aurait pu les toucher. De toutes fa√ßons, les lueurs ne lui permettaient plus de comprendre le ciel, alors √† quoi bon voir ces perles l√† o√Ļ elles n'√©taient pas, sinon en sa propre voix ?
D√©sordre, folie, profonde confusion plut√īt..

.....

Un temps, puis, un nouveau gouffre, qui l'aspira toute enti√®re, dans l'√©treinte possessive de la lame, qui la retenait en son sein, lui faisant go√Ľter abjects bonheurs et d√©licieux supplices, avant de l'√©carter, brusquement, jugeant qu'elle l'avait suffisamment √©prouv√©e.. pour cette fois du moins.
"Que le ciel est beau..." murmurait-elle, tremblante, les yeux fixés sur les flots, immergeant ses cuisses à chaque reflux de la marée.

Elle resta agenouillée sur la plage.
L'épée n'avait pas bougé.
Mais le lien était tissé..


Syndrael

Par Drazhar Ul'Gar le 8/11/2002 à 20:47:21 (#2516080)

Un post aux textes splendides.

Par Gabriel Thylin MSF le 9/11/2002 à 6:58:36 (#2518185)

:lit: on en redemande encore et toujours :amour: :amour:

Par Leylia le 9/11/2002 à 11:55:22 (#2518701)

*regarde Semirhage* :enerve: Oulala si Leylia vient a apprendre ça :hardos: :monstre: :o
*up cet intéressant et très joli post en attendant de pouvoir trouver une réponse rp*;)

Par Arken le 9/11/2002 à 13:01:29 (#2519038)

voila qui devrais motiver Leylia a detruire cette foutu épée :) yaurait pas des temoins pour tout lui rapporter ????

Par Syndrael le 10/11/2002 à 16:17:21 (#2525236)


http://membres.lycos.fr/lanala/Semirhage.jpg

Par Arken le 10/11/2002 à 16:57:37 (#2525617)

elle est meme pas belle cette épée en plus

Par Syndrael le 10/11/2002 à 17:04:57 (#2525684)

Ouais bon, ça va, c'est la seule que j'ai trouvé avec des runes :D

Par Syndrael le 11/11/2002 à 16:06:38 (#2535680)

Quelques jours plus t√īt....

Pourquoi ce maudit rat lui tournait-il ainsi autour ?
Elle était passée plusieurs fois au temple de Stonecrest depuis son accident, d'abord pour voir les prêtres, qui lui dispensaient les derniers soins, s'assurant surtout de l'avancement de sa guérison, puis entre deux marches à travers les rues de la ville alors qu'elle reprenait lentement l'habitude de se déplacer sans le soutien de Leylia, désormais presque remise de ses blessures.

Plusieurs fois, il l'avait interpell√©e d'un mot, une interjection.. parfois juste un bruit ou un murmure. Voir cet animal lui tourner autour n'√©tait pas pour la rassurer.. il r√īdait √† travers le temple bien plus souvent qu'elle n'aurait souhait√© l'y voir, elle qui ne voulait plus que l'√©viter, ne plus sentir sa vile pr√©sence..
Elle avait préféré l'ignorer, de peur de se montrer désagréable.. ce skraug ne lui inspirait que mépris, pour ce qu'il était, ce qu'il avait fait et ferait encore.. Brutal, fou, impulsif barbare avide de combats, bêtes féroce, sauvage et irraisonnée.. le pire était sans doute de le voir conseiller de Lighthaven, en sursis avec un peu de chance, après ce dont elles avaient fait part à la baronne.

Quand elle en eut assez de voir Vermine l'√©pier avec une discr√©tion toute Brehanite, elle se d√©cida enfin √† r√©agir, au moins pour le faire battre en retraite, ne plus avoir √† supporter ses all√©es et venues √† d√©faut de comprendre ce qu'il lui voulait. Ils n'avaient jusque l√† √©t√© que peu confront√©, sinon lors d'un bref entretien au sujet de Baal, Ghotmog et Leylia.. mais les t√©moignages qu'elle avait re√ßu √† son sujet par la suite suffisaient √† lui inspirer le d√©go√Ľt et la m√©fiance.

"Je suis surprise par ce soudain intérêt.." Lança-t-elle à l'intention de l'indésirable, s'efforçant de ne point mettre trop de morgue dans sa voix.
Celui ci manifesta une certaine surprise, avant de répliquer maladroitement :
"Je voulais trouver les mots..."
Les mots.. nul doute que cela devait repr√©senter un d√©fi insurmontable pour quelqu'un comme lui.. Et l'ind√©licatesse de ceux qu'il trouva √©tait √† la mesure de la gravit√© des torts qu'elle lui imputait, √† mesure qu'elle apprenait √† le conna√ģtre, √† bonne distance, et bien malgr√© elle. Et pour ce qui √©tait des torts, il aurait difficilement pu trouver pire que celui ci.. qu'il √©voqua d'une voix mal assur√©e :
"Toutes mes condoléances..."
La méfiance laissa place à l'incrédulité, avant qu'elle ne rétorque.
"C'est à dire ?
- En espérant que vous suivrez pas les traces de Baal..." Pourquoi était-il si hésitant..
"Je doute que vous soyez vraiment affligé de sa disparition."
Le regard était sombre et la voix, sans aménité, d'un ton sec, simple constatation qui se savait irréfutable. Il ne chercherait en effet nullement à la contredire.
"Certes..
- Mais je suis aussi √©tonn√©e que vous soyez au courant si t√īt. L'information ne s'est pas encore vraiment r√©pandue.."
Pas question de montrer sa peine en sa présence.. inutile de lui dévoiler le sourd chagrin qui grondait en elle à ce simple souvenir.. cette simple pensée que son coeur ne pouvait accepter, se serrant péniblement au souvenir de celui qu'elle aurait pu considérer comme son père, si on lui en avait laissé le temps.. à l'image de Leylia, éperdue de douleur, ivre de haine et de pleures.

"Je l'ai renvoyé moi même en enfer..."
Elle accusa le coup, mais ne broncha pas plus que d'un sursaut, le temps d'articuler
"... Pardon ?
- Vous avez bien entendue....
Sans même le vouloir, elle le dévisagea et recula d'un pas, reprenant son souffle, sans le laisser diminuer cette distance respectueuse
"Je suis sceptique..." murmura-t-elle entre ses lèvres serrées. "Il n'était pas un adversaire à votre niveau." Le ton se voulait sec mais il avait nettement perdu de sa confiance.. une telle affirmation, si juste soit-elle ne parvenant pas à la convaincre elle même..
Car au del√† de l'apparente absurdit√© et vanit√© d'une telle pr√©somption, elle devait reconna√ģtre qu'il y avait eu un pr√©c√©dent.. Baal, retrouv√© au cercle de Stonecrest, bris√© et ensanglant√© suite √† un combat contre le Brehanite. Toutefois, pour parvenir √† pareil exploit, il avait certainement d√Ľ user de tra√ģtrise, et elle pouvait difficilement imaginer qu'il put se laisser prendre deux fois, surtout connaissant la subtilit√© l√©gendaire de son ennemi..
"La seule chose que je peux vous dire.." reprit-il de cette m√™me voix tra√ģnante et h√©sitante. "C'est qu'il s'est battu fi√®rement...."
Cette fois, elle ne put que blêmir, sans le quitter des yeux.
"J'espère que vous resterez dans le droit chemin.
- Pourquoi ? comment ?" Elle avait presque crié, le souffle soudain plus court alors qu'il tournait les talons sur un discret "au revoir"
Elle le rattrapa d'une injonction sonnante, lui intimant de s'arr√™ter, ce qu'il fit de mauvaise gr√Ęce.
"Vous.. Attendez !" *tendue*
- Oui ?
- Je vous ai posé des questions. Expliquez vous !
- Quelle question ?
- Pourquoi et comment ? Que s'est-il passé ? Je pense que vous mentez..
- Mentir ? *visiblement sincèrement surpris*
- Il ne se serait jamais laissé faire.. *livide*
- Il ne s'est pas laissé faire... Je le jure sur le nom de Brehan"

Elle se permit un rire, qui ne reflétait cependant pas la moindre joie. Bref et sec, aussi froid que le regard dont elle le toisait maintenant, droite, malgré la faiblesse qui menaçait de l'envahir encore, après sa marche.
"Ca ne veut rien dire venant de vous. Vous aviez juré devant moi auparavant aujourd'hui.. mais vous n'avez pas tenu parole.
- Juré de quoi ?
- Je vous avais demandé de ne pas vous en prendre à sa fille notamment.. mais vous l'avez attaquée, stupidement, contre la volonté de votre ordre. J'ai eu récit détaillé de cela. *froide*
- Pardon ? *avec une frappante hypocrisie* Elle s'était mise sur ma route. Elle savait à quoi s en tenir"
Ce fou sanguinaire avait tout du monstre qu'on lui avait dépeint.. brutal, sans discernement ni retenue. Comment Alanis pouvait-elle avoir confiance en un 'homme' tel que lui ?
"Et vous ne vous êtes pas arrêté.. Alors qu'elle venait aider à la négociation. Elle voulait éviter que le sang ne coule... c'était une mission pacifique.
- Elle le protégeait. Alors.. La mauvaise foi...."
Il semblait de plus en plus mal assuré, maintenant mis face à ses crimes.. mais le sujet déviait dangereusement. Elle le ramena à Baal avec vigueur.
- Maintenant, expliquez vous !
Tout était dit en vérité.. il n'y avait rien de plus à savoir, rien à obtenir de ce meurtrier. Elle le lui siffla au visage, crispée
"Oh, non, en fait, j'en sais bien assez. Chien *crache le mot* Vous ne vous êtes même jamais posé de question !
- Si vous le dites... J'ai ma conscience..
- *Serre nerveusement le manche de sa dague* Mais ça n'en restera pas là"
Elle se détourna vivement et parti à grandes enjambées, sans égard pour sa faiblesse et ses jambes douloureuses alors qu'il balbutiait la fin de son plaidoyer de circonstance
"Et je n'ai rien à me.."

Il était parti à sa suite à travers les allées et avenues de Silversky et la rattrapa sans difficulté, allant jusqu'à l'enchevêtrer, suite à deux interpellations infructueuses.
"Laissez moi !" La douleur venait de se r√©veiller dans sa jambe droite, remontant √† son bassin pour se r√©pandre en une onde douloureuse √† travers le moindre de ses nerfs.. Elle serra les dents, vacilla mais ne laissa que peu para√ģtre son trouble.
"Bien soit..." Murmura-t-il. "Mais une chose :"
Elle avait déjà commencé l'incantation qui la ramènerait dans la sécurité du temple, et surtout loin de ce fou sanguinaire.. mais il eut le temps de prononcé ses mots, avant ceux du sort de rappel : "Ne suivez pas les traces de Baal.."

Si seulement elle avait eu la lame...


Syndrael.

http://membres.lycos.fr/lanala/SyndriSign.jpg

Par Vermine Ark le 11/11/2002 à 18:01:44 (#2536752)

:amour: Euhh Vermine a une parole hein faut pas croire une folle^^

Par Drazhar Ul'Gar le 11/11/2002 à 18:50:11 (#2537132)

*Trouve toujours autant de plaisir à lire ce post.*

Par Eva le 11/11/2002 à 21:03:02 (#2538369)

La buveuse d'√Ęmes

Grande buveuse d'√Ęmes immacul√©e de sang
Nombre de membres sont passés sur ton tranchant
Voix suave dont la résonance nous envenime
Toi qui écoute sans cesse le cris de tes victimes

Mélange de ténèbres et de charmes
Entité manipulatrice et sans cur
Lame qui ne versera jamais de larmes
Terrible tentatrice animée de rancurs

http://www.ifrance.com/Maylancolie/Semirhage.jpg

Par Drazhar Ul'Gar le 11/11/2002 à 21:24:19 (#2538580)

*Flood légèrement pour saluer les derniers vers et l'image de la lame , plus jolie que la précédente.*

Par Syndrael le 11/11/2002 à 23:09:37 (#2539632)

Alanis ne pouvait visiblement s'empêcher de poser sur la lame un regard réprobateur..
Curieusement, elle ne semblait rien éprouver à son égard de ce mélange d'admiration et d'attirance qu'elle évoquait souvent, juste la répulsion qui accompagnait paradoxalement ce sentiment.
Syndrael ne ressentait que l'attraction, encore soumise aux appels impérieux de la lame, avide de les lier. La conversation avait dévié lentement, toujours sur le même thèmes, et ses dérivés.

"J'ai d√Ľ apprendre √† Leylia.. pour le meurtrier de son p√®re.. *S'assombrit perceptiblement* M√™me si.. √† la r√©flexion.. C'√©tait sans surprise.
- En effet... J'imagine qu'elle a d√Ľ √™tre affect√©e
- Ce chien est venu me présenter ses condoléances *moue*
- Il n'a rien contre vous.. Mais Baal doit assumer ses crimes, ça me parait normal. Et la réaction de Vermine, légitime.
- J'ai déjà abondamment pensé à tout cela, pesé, analysé.. En lui en parlant, j'avais insisté sur le fait qu'il était hors de question qu'elle aille le tuer sur-le-champ. C'était ma condition pour que je le lui révèle.."
Elle ajouta simplement :
"Tout viendra en temps et en heure."
- Tu compte le venger, c'est cela ?
Par le ton, cela pouvait être pris pour une question mais Syndrael savait qu'Alanis n'attendait nulle réponse, pas même un acquiescement.. c'était inutile. Elle regardait la porteuse enrouler précautionneusement sa lame dans le fourreau de velours, la soulevant avec peine pour le poser sur le tissu étendu avant de replier celui ci, la gardant dissimulée et surtout, hors d'atteinte de mains imprudentes.

"Il me faudra un fourreau de cuir.. j'en ferai faire un.
- Pour moi... c'est Vermine qui s'est vengé de crimes bien pires encore." Reprit Alanis, sans en démordre. "Je ne vois pas comment tu peux lui reprocher son acte."
- Je ne peux pas la transporter ainsi, libre à la ceinture..
- Pas après tout ce qu'il a subit de la part de Baal...
- Il suffirait que quelqu'un la touche et..
- Lui même, en personne, a été possédé. Lui et ses frères. Lui et "nos" frères de foi.
- Avec mon b√Ęton, √ßa risque d'√™tre encombrant remarque..
- J'ai vu la fille de Yolinne dépecée...
Syndrael finit par réagir à cette évocation et corrigea simplement :
- Par Angina.
- J'ai vu dame Tvar violée et mutilée.. Tu n'etais pas la, Syndrael.
- Nous en avons déjà parlé Alanis..
- Il a commis des crimes atroces, il en a paye le prix.
- Et je sais tout cela. Je n'ignore pas ses crimes
- Je ne vois pas en quoi Vermine est a bl√Ęmer. Je ne vois pas en quoi sa vengeance appelle r√©paration.
- Et je t'ai parlé de cette dualité, de ce qui l'habitait, de ce qui se passait en lui lorsqu'il tuait.. ses pulsions.
- Oh, oui
- Personne n'a compris, personne n'a voulu savoir. C'était si simple, si manichéen.
- Cela arrangeait bien Baal aussi, cette dualité
- Le vil démon, la bête à traquer et détruire.. *soupire*
- Bien pratique dis-tu ? Tu penses que cela lui plaisait ou l'amusait ?
- Il n'a pas fait grand chose pour arrêter son cote maléfique...
- Tu ne lui a pas parlé récemment.. tu n'as pas vu comment il se portait. Demande à Isis si tu ne me crois pas..
- Je constate simplement ses crimes.
- C'est ce que te reproche. J'ai connu le vrai Baal, pas le démon qui se cachait en lui, celui qui me manque aujourd'hui. Mais tout ça n'a plus d'importance.
- Et bien je suis désolée mais il semble que les deux soient devenus indissociables... corrompus...
- Personne ne saura jamais qui il était vraiment.. Personne sinon moi, Leylia, et Isis.

Alanis l'avait quittée dans de fort mauvaises dispositions, la laissant seule avec l'épée, ses désirs de vengeance et de sombres pensées.
Celles ci revenaient souvent au jour o√Ļ elle avait h√©rit√© de la lame.. le jour de la mort de Baal, et leur ultime rencontre...

* * *

Il était au pont, celui marquant le frontière entre les terres de la baronnie et les étendues sauvages, entre Lighthaven et Windhowl noire silhouette se détachant avec netteté de la teinte claire du bois qu'il arpentait en l'attendant, les ailes largement dépliées lui conférant une allure terrible sous le heaume, lui qui d'ordinaire se présentait toujours découvert à leurs entrevues.
Lorsqu'elle l'avait contacté, ayant entendu à son sujet de récentes et inquiétantes rumeurs, il s'était montré des plus sombres et peu engageant, lui demandant plusieurs fois si elle était prête à courir le risque de le voir, de mettre en péril sa vie en se rendant ce rendez vous.. à ses risques et périls.
Elle s'√©tait toujours sentie en s√©curit√© √† ses c√īt√©s, ou tout du moins en confiance, car il y avait toujours le risque d'une attaque de l'un de ses nombreux ennemis.. c'est pour cette hypoth√®se qu'elle pencha en lui fixant ce rendez vous excentr√©, loin des regards et du tumulte de la ville.

Le premier échange de "Bonsoir" fut sans surprises.. mais quelque chose clochait.. ce flamboiement sous l'acier sombre qui le coiffait, telles deux braises incandescentes, luisant d'une évidente lueur rouge, et aussi son ton, péremptoire et tranchant, lorsqu'il demanda :
"Que veux tu ?"
Aussi soulagée qu'effrayée au son de sa voix, elle balbutia un mensonge peu convaincant :
"... rien de particulier.. c'est juste que cela faisait longtemps que nous.. ne nous étions pas croisés..
- Veux tu une dernière chose puisque c'est la dernière fois que tu me verras ?"
Ses paroles se heurtèrent à la plus totale incompréhension, aussi désigna-t-il l'épée noire, sans se départir de son calme.
"- Pardon..?
- Tu ne me reverras jamais par la suite. Veux tu Semirhage?
- .. mais pourquoi ?
- Je n ai pas à me justifier devant une enfant.
- Pourquoi ? Que se passe-t-il ?
- Cesses tes enfantillages !
- *Regard suppliant* Il est arrivé quelque chose ?
Cela sembla le faire arriver au terme de sa patience.
- La veux-tu ? *sec*
- Oui, bien s√Ľr.. Mais.. Vous en avez besoin ! *Regardant la lame avec appr√©hension*
Elle s'en saisit, non à mains nue, mais dans les pants de sa cape, prenant garde à ne pas l'effleurer.
- Adieu Syndrael.
- Non, attendez ! Et Leylia ?
- Dis-lui Adieu.
- Que dois-je lui dire, que se passe-t-il ? Vous ne pouvez pas partir ainsi !
La panique la gagnait déjà, tandis que l'impatience de Baal parvint à son comble.
- Je t'avais dit de partir...

Tout s'était passé bien trop vite pour qu'elle ait la moindre de chance de réagir, riposter ou fuir. En deux enjambés, le démon était sur elle, frappant d'abord de sa dague, par deux fois à l'abdomen, lacérant la robe et les chairs en extrayant la lame pour balayer sa poitrine d'un nouveau mouvement transversal plus ample, qui eut la cruauté de ne pas faire briller sa pierre..
Cela lui aurait permit d'√©viter l'orage de flammes et de n√©cromancie qu'il d√©cha√ģna sur elle alors qu'elle n'√©tait d√©j√† plus que stupeur et douleur. La peau, d√©j√† perc√©e et taillad√©e se consuma sur le passage du souffle, langue de flammes qui la balaya litt√©ralement tandis que le froid mortel des incantations sombres gelaient ses plaies de leur morsure frigide, la renvoyant au temple, en une br√™ve d√©tonation.


Syndrael.

Par Alanis Lyn le 11/11/2002 à 23:15:13 (#2539694)

J'lui avait bien dit... :rolleyes: Elle m'ecoute jamais... pffff

Par Chrysaor Osten le 11/11/2002 à 23:47:42 (#2539996)

Provient du message de Alanis Lyn
J'lui avait bien dit... :rolleyes: Elle m'ecoute jamais... pffff


Nan mais tu as fini de jouer les enfants prudes et sages toi ? :ange:


Chrys* tout les prétextes sont bons pour renvoyer vers le haut un joli post *aor

Par Syndrael le 15/11/2002 à 19:20:42 (#2570445)

"Que le ciel est beau..." murmurait-elle, tremblante, les yeux fixés sur les flots, immergeant ses cuisses à chaque reflux de la marée.

Elle resta agenouillée sur la plage.
L'épée n'avait pas bougé.
Mais le lien était tissé..



Le remous s'était apaisé lorsque Leylia la trouva, à genoux sur le sable humide, les yeux baissés. Elle s'avança, souriante, sans s'étonner de ne pas la voir se tourner au son de ses pas, comme elle le faisait d'ordinaire : reconnaissant la démarche pour la saluer d'un sourire dés le premier regard.
Aucune réaction cette fois, pas plus que lorsqu'elle lui murmura quelques mots, à mi voix, pour ne pas trop la surprendre.
"Bonjour mon amour.."
L'épée émergeait du sable, profondément fichée, perpendiculairement au sol, à un mètre à peine de la silhouette courbée, toujours sans réaction.

Sans un mot de plus, Leylia s'avan√ßa aupr√©s d'elle et s'agenouilla prestement √† ses c√īt√©s, soudainement inqui√®te.
Les paupières étaient levées mais le regard fixe, ne trahissant par aucun mouvement qu'elle l'avait entendue ou sentie.. et elle frissonnait, peut-être à cause de sa robe, détrempée jusqu'à la taille, seconde peau glaciale moulant ses cuisses d'un noir luisant.

Luisant comme l'épée, dont émanait un éclat nouveau, plus pur, plus intense, uniforme sur toute la lame dont les runes semblaient s'être embrasées d'une incandescence obscure, éclatante de ténèbres, toujours auréolée de ce voile, invisible aura de noirceur aisément perceptible par un observateur aguerri, formé aux arcanes de l'art sombre.
Mais elle ne s'attarda qu'un bref instant à la contemplation de l'arme pour reporter son attention sur sa compagne, livide et grelottante, ne donnant autre signe de vie que ce faible mouvement perpétuel et spasmodique dont elle ne connaissait pas la cause.
Leylia s'√©tait √©veill√©e sous la vo√Ľte d'arbres fruitiers qui leurs avait servi d'abris pour la nuit, seule, bien qu'elle ne l'eut pas entendu partir. Instinctivement, ses pas l'avaient men√©s sur cette plage o√Ļ elles se retrouvaient souvent, y partageant de doux moments lors de leurs passages en ville.

Le soleil n'√©tait pas encore au plus haut, prenant essors vers le zenith avec une paresseuse lenteur, faisant luire le sable humect√© et les cimes des arbres, quelques pas en retrait, constell√©s de ros√©, dont le feuillage, rendu rare par la saison, scintillait sous les premiers rayons de l'aube orang√©e, d√©j√† tr√®s p√Ęle.

"Ma douce..." chuchota Leylia, sans la quitter des yeux, à la fois intriguée et effrayée par cette insolite léthargie.
Mais elle obtint une réaction cette fois, un bref sursaut, qui sembla la faire émerger quelque peu de sa torpeur. Ses yeux s'animèrent, tandis que ses lèvres s'entrouvraient sur un son qui ne s'en sortit pas.
C'est √† ce moment que Leylia remarqua les gants, √©chou√©s √† quelques distance de l√†, t√Ęches brunes sur la liti√®re blanche.. qui signifiait bien plus que de simples pi√®ces de cuir sur une plage.. leur d√©couverte rendit plus f√©briles les mots qui se bouscul√®rent √† ses l√®vres.
"Tu.. tu vas bien ?"
Cette fois, Syndrael se tourna vers elle, sans toutefois la regarder. Elle semblait absente, le regard vague, dans le lointain, paraissant voir à travers son interlocutrice de plus en plus interdite et anxieuse. Elle rouvrit la bouche, parvenant cette fois à en laisser échapper quelques sons :
"Je.. j.. n'en sais rien.." *léger frisson*
Ses pupilles s'agit√®rent de fa√ßon chaotique alors qu'elle vacillait, bien qu'elle fut d√©j√† assise.. le sang battait √† ses tempes, la faisant passer de la p√Ęleur √† la rougeur sans raison apparente.
Leylia devinait à présent ce qui s'était passé ; elle laissa choir son sceptre et l'entoura de ses bras, la serrant contre elle, autant pour la réchauffer que pour la rassurer, et pour se rassurer elle même.
"Tu trembles..." elle resserra doucement son étreinte, l'enlaçant plus étroitement pour l'apaiser, ou provoquer une réaction, quelle qu'elle soit.

Mais le calme fut rompu par une injonction tranchante, une voix à la fois proche et lointaine, qui semblait les entourer de son écho métallique, autoritaire et sans douceur.



Leylia ouvrit de grands yeux, fixant instinctivement l'épée, toujours à la même place. C'était la première fois qu'elle pouvait entendre sa 'voix', bien que Syndrael lui eut parlé du chant, des appels pressants de la lame, des menaces, de la tentation. Cette dernière s'était aussi tournée vers l'épée, au premier mot, sursautant entre les bras de sa compagne. Elle s'en détourna vivement pour se serrer à Leylia avec plus de force, s'agrippant à elle comme pour se protéger de la menace intangible, visiblement terrifiée par les mots.

La voix était soudain plus douce et chaude, sans dureté.

Nouvelle crispation.. un sursaut à chaque parole.
"Dire quoi..." Demanda Leylia, manifestement tendue.
Syndrael trembla de plus belle, se blottissant contre sa poitrine, dans le refuge chaleureux des ailes qui se refermaient sur elle, barrière soyeuse et rassurante, qui apaisa sensiblement les battements frénétiques de son pouls.
La nephilim reprit, n'obtenant pas de réponse.
- *secoue la tête* Que veux tu ?

Le ton changeait radicalement d'une phrase à l'autre, évoluant de mot en mot, se faisant cette fois pathétique et plaintif.

- Elle ne te laissera pas... Mais tu ne dois pas le lui ordonner.
Cela n'appelait nulle réponse, aussi la lame ne répliqua-t-elle pas. C'eut été inutile.
Syndrael reposa le regard sur l'arme, désormais luisante sous les premiers feux de l'aube et baissa prestement les paupières avant de ramper à genoux sur le sable, pour se décaler de quelques pas par rapport à la lame, s'en éloigner, ne serait-ce qu'un peu. Elle parvint à articuler une première phrase cohérente :
"Je suis désolée d'être partie cette nuit...je.. n'arrivais pas à dormir
- Syndrael...que c'est-t-il passée ?
- Je ne trouvais pas le sommeil... elle m'appelait.. *petite voix* ..tout le temps..
- Que te disait t-elle ?
- Je.. je ne sais plus.. je ne sais même plus.." *troublée*
Elle reprit sa respiration, en quelques inspirations profondes, parvenant à vaincre le souffle haletant qui naissait, sous l'effet de l'épuisement et de la panique.
"Elle disait que.."

- Et que je.."

Les mots venaient péniblement à ses lèvres, mais l'épée était toujours là pour la précéder.
"- Le temps.. pour Vermine je suppose.. murmura Leylia.
- Je.. je pense oui. Oui, c'est bien ça, elle me l'a dit. Je ne sais pas pourquoi tu l'entends..
- Alors nous sommes d'accord.. j'ai moi même assez attendu. *sombre*
- Tu veux y aller maintenant ?.. *apeurée*

En guise de r√©ponse, Leylia tendit le bras, posant la main sur la garde de l'√©p√©e. Ses ailes s'ouvrirent l√©g√®rement, desserrant inconsciemment leur √©treint, laissant de nouveau frisson parcourir celle qu'elles couvraient un instant plus t√īt.
"Je ne peux te porter....mais je t'aiderai a avoir ce que tu désires le plus."
Elle ajouta, repliant complètement les plumes dans son dos, avant de les déployer, d'un mouvement brusque, tandis que la lame sifflait de satisfaction, diffusant en sa main une plaisante vibration.
"Je suis prête moi aussi. Dés que nous le verrons, nous l'aurons."
Ne constatant aucun signe de protestation ou d'hostilité, elle laissa descendre sa main, d'un mouvement lent, jusqu'à venir caresser le tranchant, serrant plus fermement l'arrête effilée contre sa paume, la tranchant doucement alors qu'elle parcourait la surface glaciale.
Le bras qui entourait encore la taille de Syndrael la quitta à son tour alors que cette dernière la regardait faire, médusée et effrayée, sans comprendre ce qui lui arrivait.
Leylia serra encore l√©g√®rement le tranchant, le regard perdu et se releva d'un mouvement souple, sans voir le sang qui coulait contre l'acier noir s'amenuiser et dispara√ģtre, comme s'il avait √©t√© absorb√© ou bu. Il ruissela un instant de sa paume entaill√©e avant que ses facult√©s de r√©g√©n√©ration ne referme la plaie, n'en laissant qu'un sillon color√© qui disparut √† son tour.
Syndrael ne la quittait pas des yeux, suivant ses mouvements avec incrédulité, ne pouvant que marmonner, sans comprendre, toujours dans un état de relatif désordre psychologique.
"Leylia...
- Je me sent plus forte que jamais...je devrais l'affronter dans un combat face a face comme l'aurait voulu mon p√®re. Ensuite tu auras son √Ęme.
*catégorique*
Elle se tourna vers Syndrael, une lueur indéfinissable et inhabituelle dans le regard, répondant toutefois à l'épée : "oui.."
- *Frémit* Ne me laisse pas ici.." A la surprise succédait une nouvelle terreur.
"- Non j'ai besoin de toi... de ta présence. J'ai aussi besoin d'Elle.
- Tu n'as besoin de moi que pour prendre son √Ęme..?" *murmure √©trangl√©*
Elle restait à genoux sur la plage, les yeux levé vers Leylia, qui ne semblait plus sensible à son trouble, continuant malgré les suppliques :
- Tu devras frapper une fois que sa pierre aura brillée, au moment ou il sera le plus faible."
L'intéressée baissa les yeux, fixant la plage, en proie à une profonde confusion.
"Il faudra faire vite pour ne pas que d'autres Brehanites ne viennent nous en empêcher."
Elle se redressa, replia les ailes dans son dos jusqu'√† sentir le rouge pennage de l'extr√©mit√© fr√īler le sol et posa les yeux sur Syndrael, qui la regardait, sans r√©action, agit√©e de frissons r√©siduels.
"Allons.." Ajouta Leylia d'un ton qu'elle devait vouloir rassurant mais qui ne l'apaisa en rien. Elle se plaça face à elle pour capter son regard, l'embrassant fugacement. "Ne me laisse pas, j'ai besoin de toi."
- J'ai peur...
- Peur..?
- Tu ne parle que meurtre et vengeance.. tu n'es là que pour accomplir celle ci, sinon, tu irais sans moi... tu me laisserais ici.. J'ai l'impression de te voir quand tu n'étais plus toi-même.." *la gorgé serrée*
Leylia baissa les yeux, la vivacit√© et la lueur s'√©teignant aussit√īt de son regard, sans que l'on puisse encore d√©terminer ce qui s'y refl√©tait, sinon le visage d√©compos√© de Syndrael, qui ajoutait d'une voix perdue.
"Je le désire autant que toi mais... il y a des choses que je fais passer avant..... toi..
- Je...je suis tellement désolée...je. *voix tremblante*
- Ca ne fais rien.. je sais ce que tu ressens.." Répliqua-t-elle, l'enlaçant avec force alors que sa gorge se dénouait quelque peu.
- Vermine nous détruit sans même être auprès de nous.. cela a assez duré, il faut qu'on en finisse.. j'en arrive moi même à ne plus trouver le sommeil.
- Ma louve.. dis moi que c'est bien toi.. pas seulement une vengeresse..
- Je...perds la tête... *confuse*
- Ce sera bient√īt termin√©.. *voix douce* Ne craque pas maintenant.. nous sommes si proches. Ne laisse pas la haine t'envahir.. ne la laisse d√©ferler qu'au moment de le combattre.. pas avant. Et m√™me √† ce moment, reste lucide.
- Je n'en puis plus...
- Pour le moment.. reste avec moi.. j'ai tellement besoin de toi.. *baissant vivement les paupières pour écraser les larmes naissantes.* Ce qui doit être accompli le sera.. mais pas comme ça.. pas au détriment de tout le reste. Et certainement pas de nous *sans cesser de déposer de multiples et courts baisers sur ses lèvres*
Leylia n'esquissait plus un mouvement, l'implacable √©tau du doute la plongeant dans des affres que le remord rendait plus profond encore.. Tenaill√©e par une haine, grondant sourdement en son coeur bien qu'elle eut la conscience aigu√ę et insolite qu'elle ne venait pas d'elle.. ou plut√īt de quelque chose d'enfouis.. L'autre.
Les yeux clos, elle tentait de retenir la peine affluant rapidement entre ses cils, perles luisantes glissant doucement le long de ses joues. Sa vision se troublait sous le ruissellement qui s'en épanchait, imparfaitement endigué par les lèvres de Syndrael, cherchant à en tarir la source, usant d'amour et de tendresse pour seule arme. Elle la gardait contre sa poitrine, étroitement serrée, murmurant inlassablement, jusqu'à ce que ralentissent les battements de son coeur. "Remet toi.. je t'aime, je reste prés de toi.. toujours"
- Je...ne la laisserai pas s'emparer de moi..
D'abord interloquée, Syndrael avait frémit en comprenant, oubliant l'épée et son gouffre opaque et chaleureux, le maelström chaotique et malsain dont elle venait d'émerger. Chassant ces dernières réminiscences, elle ne pu qu'articuler :
"Non.. je ne la laisserai pas non plus.. Je t'aime bien trop pour te laisser te perdre.."
- Ne t'inquiète pas...elle n'en fera rien. Je vais mieux.. *léger sourire* J'ai eu un instant de faiblesse je suis désolée...

Tout était revenu à la normal, et l'épée fut momentanément oubliée. Elle ne manifesta pas.
L'après midi était à elles, s'écoulant, paisible et généreux, les gardant soulagées et heureuses. Elles étaient allées d'un coin à l'autre de StoneHeim, entre chaleur et calme, d'une étreinte à l'autre, baisers après baisers, achevant la journée en un lieu reculé de Raven Dust ou elles avaient passée une douce et longue nuit.
Les pr√©paratifs √©taient accomplis.. la lettre pour Vermine, le lieu de la rencontre.. ce monstre conna√ģtrait enfin une juste sentence pour ses crimes.


Syndrael.

Par Drazhar Ul'Gar le 15/11/2002 à 20:20:39 (#2570813)

Tres long, mais superbe.

Par Vermine Ark le 16/11/2002 à 10:24:54 (#2573533)

L'√Ęme du Brehanite √©tait √† nouveau dans le corps qui l'appartenait. Vermine n'avait pas souvenir d'avoir apper√ßu sa femme dans le ch√Ęteau avant d'√™tre assom√©. Pourtant en se reveillant aux pieds des murailles, il lui semblait bien que quelque chose ne tournait pas rond.....

Peu importe, sur le moment la chose la plus importante à son sens était de revenir au plus vite au Temple de Brehan, revoir ceux de la Garde centaure et également la Baronnie....

A présent rien ne serait plus la même chose.... après avoir revu la Baronne qui lui apprit les actes dont elle avait eu vent....le Brehanite rentra dans une rage... Son dernier souvenir était d'être venu à l'appel de Bardiel et lorsqu'il était arrivé, son ultime souvenir s'était d'être face à Syndrael.....Celle qui avait déjà juré sa perte.....Pour se venger de la perte de Baal. Vermine savait qu'il n'avait rien approché, son combat était des plus loyales et qu'il avait débarassé Goldmoon d'un grand fléau... La Baronne avait pourtant jugé bon de réconcilié la Sylrus et le Brehanite. Vermine avait accepté mais en promettant qu'au moindre acte de Syndrael ou sa Leylia lancerait une traque sans possibilité de retour.

Telle √©tait la situation √† pr√©sent, plus rien ne pourrait l'arr√™t√©. Mais il restait dubitatif √† son √©veil devant le sombre ch√Ęteau.....


http://perso.club-internet.fr/christophe.briffault/image/vermine1bis.jpg

:)

Par Graetel Lloth le 16/11/2002 à 19:34:56 (#2576571)

...*sans voix*

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