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Prise au piège.

Par Yolinne MIP le 4/10/2002 à 10:11:26 (#2279769)

Dans le cachot le plus s√Ľr du ch√Ęteau du seigneur d√©chu, une forme √©tait √† demi affal√©e, les poignets retenus par de lourdes cha√ģnes couverte de sang caill√©, la t√™te retombant tristement vers le sol, noy√©e sous les cheveux blonds terni par le manque de lumi√®re. Cr√©ature pitoyable, en surcis, dans un coma profond. La n√©philim s√©l√©nite n'avait plus toute sa superbe, elle donnait m√™me une image choquante d'un corps o√Ļ la vie n'√©tait plus qu'infime et vacillante, vautr√© dans l'inf√Ęmie et l'obscur...

Tout avait commenc√© lorsqu'elle avait crois√© le Proph√®te noir, alors qu'elle avait fui le temple de S√©l√®ne. Elle s'appr√™tait √† le laisser, rong√©e par l'ennui, quand il √©x√©cuta une danse comique dont elle se r√©jouissait tant l'homme aust√®re en √©tait ridicule. Grande faute que celle-ci, car l'haruspicien profita de ce moment d'inattention pour frapper la jeune femme de son b√Ęton, la plongeant dans une inconscience brumeuse, riv√©e au sol. Noir total... Elle se sentait ball√īt√©e, sur des chemin cahottants, une marche qui parut une √©ternit√©. Quand elle reprit ses esprits, elle sentit des mains lui ligoter les siennes et un baillon se ficher sur les l√®vres. Elle ouvrit les yeux et regarda autour d'elle. Quatre personnes se tenaient l√† √† la toiser, de leurs airs hautains. Trois n√©philims et un homme en armure et drapp√© d'habits sombres de pied en cape. Elle reconnut les trois hommes qui composait respectivement Le Proph√®te noir, l'un des haruspicien qu'elle avait cru mort, et le seigneur banni des terres royales sur son √ģle, le Seigneur Bane. Elle ne connaissait pas la jeune femme. Celle ci √©tait bard√©e de cicatrices encore fra√ģches, et √† en juger la mani√®re dont lui parlait les autres, elle n'√©tait qu'une bien faible √©x√©cutante. Elle fut somm√©e de suivre les pontes haruspiciens, sous la menace du fl√©au du sieur Sanctis. Contrainte malgr√© sa l√©g√®ret√© et sa moquerie, elle se retrouva dans la biblioth√®que du ch√Ęteau, sous leurs bonnes gardes.

Du sang frais se d√©versa au sol poisseusement. Elle se trouvait au centre de la pi√®ce, les joues encore rougies des claques que lui avait administr√©es KaZ pour insulte envers leur ma√ģtresse. DarKneS quant √† lui gardait un calme apparent, alors qu'il √©tait agac√© par ses sarcasmes. Ils avaient eu le malheur de lui enlever son baillon et la jeune femme avait d√©ball√© son cynisme, sa moquerie et ses injures, ce qui lui avait valu de nouveau le tissu sur les l√®vres. Elle s'amusait futilement √† briser le pentacle au sol en dessinant des figures enfantines avec le sang dont il √©tait fait, provoquant la col√®re sourde des deux hommes. Un brusque tiraillement en arri√®re : sa t√™te √©tait contrainte par la main qui lui serrait les m√™ches de chevelure √† √™tre post√©e en arri√®re. DarKneS approcha les pointes de son fl√©au pour lui entailler le front et recueillir de son sang. Elle avait fait un mouvement brusque et l'objet de m√©tal avait ripp√© sur son cou. Une douleur fugitive, quelques perles de sang coul√®rent le long de sa gorge blanche pour finir dans une petite fiole. La jeune femme se gaussait en silence, elle √©tait s√Ľre d'elle, ces deux hommes ne pourraient rien sans risquer la vie de son h√īte. Ils lui firent boire un m√©lange inf√Ęme de son propre sang et de venin pour l'affaiblir, et DarKneS entailla son bras dont les veines palpitaient du sang de la Tisseuse. Encore une fois ils lui firent ingurgiter le liquide, r√©pandant dans ses veines le poison sanguin Feydien. Elle se crispait peu √† peu, crachant aux visages des deux hommes une partie de la substance √©coeurante. Puis ils refirent le pentacle, alors qu'elle se sentait peu √† peu dans une douce torpeur et se plac√®rent.

La sombre litanie de sorcellerie d√©buta. Au front, dans la figure sanglante que le proph√®te lui avait faite et dans le sang de la jeune femme, bouillonnaient le poison, r√©agissant aux incantations noires. Ses veines et ses art√®res se mirent √† devenir douloureuses, comme prises d'incandescence. La jeune femme hurla de souffrance, s'√©crasant au sol face contre terre. Les muscles t√©tanis√©s se tendaient et se convulsaient de fa√ßon critique, et pire, la voix de l'√™tre d√©moniaque vocif√©rait dans son cr√Ęne, alors qu'elles ressentaient la douleur toutes deux, tour √† tour conscientes pour partager cette torture. Son coeur s'√©tait emball√© jusqu'√† tout rompre et son corps ne faisait maintenant que tressauter nerveusement, recroquevill√© sur le sol glac√©. Soudain, la chose dans un hurlement horrible, mis en oeuvre la fin de sa souffrance : le coeur s'arr√™ta net. Mourrantes toutes deux, quelques filets de sang s'√©coulant de ses narines et de ses oreilles marquant la faiblesse du d√©mon, les l√®vres bavant une √©cume de sang noir√Ętre, le corps g√ģsait au milieu de la pi√®ce, affal√© sur le sang frais, √©clair√©e faiblement par les bougies dispos√©es aux branches. Encore secou√© de spasmes, la chair s'affaissa pour ne plus laisser transpara√ģtre un signe de vie. Sous le regard inexpressif de KaZ, DarKneS s'approcha pour v√©rifier l'√©tat de la jeune femme et releva la t√™te, la secouant d'un signe n√©gatif. Ils demand√®rent √† la n√©philim de s'occuper d'elle, tandis que le proph√®te sombre se retirait en ses appartements.

Craquement grin√ßant. Une c√īte ou deux venaient de se briser sous l'impact de coups redoubl√©s sur son sternum. Le coeur fut saisi brutalement et repartit doucement d'un battement chaotique. Un air pur fut insuffl√© dans ses poumons √† plusieurs reprises, faisant red√©marrer la m√©canique respiratoire. Ce n'√©tait plus qu'un corps o√Ļ vacillait une flamm√®che de vie. Il fut tra√ģn√© par la n√©philim dans le cachot, incapable de se mouvoir de lui-m√™me, incapable de protester. Puis Yolinne fut attach√©e aux lourds anneaux de cha√ģne du mur. Entre vie et tr√©pas, la jeune femme √©tait bien mal en point, et la mort pouvait passer d'un moment √† l'autre. Cependant une faible volont√©, de par la pr√™tresse mais aussi de son parasite permit √† l'essence vitale de continuer son oeuvre, et elle resta prostr√©e et inconsciente dans sa ge√īle glac√©e. Elle n'entendit pas ses fr√®res faire irruption, ni m√™me ce qui se d√©roula ensuite, elle √©tait lasse, perdue entre la vie et la mort, sur ce fil de funanbule, la respiration sifflante.

Par Aina HarLeaQuin le 4/10/2002 à 14:45:44 (#2281112)

Oser donner du sang de la Très Haute à une impie telle que Yolinne, sélénite qui provoque les Feydiens depuis de trop longues années. Femme qui insulte la toute Puissante... Quelle hérésie, quelle honte. Espérons que le but en soit intéressant et non pas une passade du Prophète.

Par MortifeR le 4/10/2002 à 15:53:04 (#2281483)

Diaphine, la servante, le spectre à la puissance titanesque termina son récit sur cette note dramatique.
Elle s'osa √† un sourire timide et translucide, retroussant ses l√®vres d√©chiquet√©es qui ne cachaient d√©j√† plus ses dents en temps normal. Elle dissimula avec pudeur le trou b√©ant ouvert √† l'arri√®re de son cr√Ęne, communiquant avec le vide d√©rangeant de on orbite gauche.
J'ai pensé que tu voudrais savoir, mon prince...

Il resta pensif, affal√© sur le tr√īne de marbre, les mains jointes devant lui.

Un supplice sans fin.

Par Yolinne MIP le 5/10/2002 à 7:54:40 (#2284518)

Dans le cachot humide, ses yeux s'entrouvrirent d'une torpeur qui lui avait sembl√©e une √©ternit√©. Elle voyait flou, ne distinguait rien. Des corps se mouvaient devant ses yeux, un clapotement incessant, et toujours cette odeur de sang qui emplissait ses narines. Pourtant ce n'√©tait pas elle qui exhalait ce parfum de mort : on l'avait quelque peu nettoy√©e et soign√©e. mais les lourds anneaux de fer enserraient toujours ses poignets avec ardeur, laissant des h√©matomes br√Ľler sa peau bl√Ęfarde. Elle entendait des voix bourdonner autour d'elle, mais elle √©tait si lasse qu'elle ne comprenait rien, ne savait plus quoi penser. Ses yeux se referm√®rent sur ce qui lui sembla quelques secondes pour les r√©ouvrir sur les traits d'un jeune homme aux traits fins. Il √©tait d'une grande beaut√©, quelque peu √©clips√©e par l'air froid qu'il maintenait avec rigueur. Il lui posa quelques questions auxquelles elle r√©pondit du mieux qu'elle pouvait, harass√©e de lassitude. La jeune n√©philim √©tait l√† √©galement. Tous deux ignoraient la raison de sa d√©tention, tout comme elle √† vrai dire.. Ils s'enqu√©rirent tout de m√™me de son √©tat, de sa survie. Apparemment, elle √©tait en ge√īle mais √† garder en vie. Pour quelles raisons? son dernier souvenir pr√©cis remontaient √† cette fois o√Ļ elle avait attent√© √† sa vie, le reste √©tait brumeux, et voil√† qu'elle se r√©veillait ans les sombres prisons de Bane..

Un bruit interrompit ses pens√©es. Un autre n√©philim avait p√©n√©tr√© la pi√®ce. Un jeu de regards tant√īt discret tant√īt curieux s'op√©ra. Tandis qu'il arborait toujours un air glacial et de marbre, Yolinne qui √©tait toute aussi inexpressive mais √©plor√©e par la fatigue reconnut l'assassin de Feyd. Elle l'avait peu crois√©, en avait eu au d√©part une br√®ve peinture de ses traits de ceux qui en avaient parl√©. Puis elle l'avait entrevu une autre fois, par hasard.. La confontation cessa, et il tourna les talons. Les autres suivirent, et de nouveau elle resta seule dans la ge√īle. Sa t√™te retomba sur son √©paule lourdement dans la p√©nombre. Ses muscles √©taient tiraill√©s sans cesse par les cha√ģnes et la position inconfortable, mais il fallait se rendre √† l'√©vidence : elle devait s'en accomoder, et pire, ce devait √™tre une situation durable.. Elle sentait des fourmillements incessants lui parcourir le corps, ainsi que des frissons d√©sagr√©ables. La fi√®vre l'avait gagn√©e de m√™me et elle avait tojours du mal √† respirer avec ses c√ītes bris√©es qui semblaient lui perforer les poumons assid√Ľement. L'odeur acide de l'acier se m√©langeait √Ęprement √† l'odeur du sang, cr√©ant une vapeur assez insoutenable. Elle regarda autour d'elle : tout n'√©tait que spectacle de supplice et de d√©solation, vide, insipide.

Un grincement strident la sortit des brumes de sa r√©flexion. Une forme se dessina dans l'encadrure de la porte et s'avan√ßa vers elle. Un sourire mince vint se perdre sur ses l√®vres, elle avait reconnu l'homme qui se dressait devant elle. Sa froideur et son assurance, le Proph√®te Noir m√©ritait bien son nom. Il lui demanda son identit√©, et quelque peu surprise elle se dut de lui r√©v√©ler qu'elle ne savait point ce qu'elle faisait en ces lieux et que sa m√©moire lui faisait d√©faut depuis cette soir√©e chez elle. Bien s√Ľr la conversation se tourna sur les √©v√©nements de cette fameuse soir√©e. Elle baissa les yeux, et avoua √† mi-mots qu'elle avait tent√© de mettre fin √† ses jours. En elle la honte et l'appr√©hension avait √©lu domicile, tourmentant encore son esprit tortur√©. Le silence s'√©tablit quelques instants. Il lan√ßa une phrase qui la fit sourire. Il n'avait pas vraiment les mots pour r√©conforter, on le sentait g√™n√© de devoir s'exprimer avec douceur √† une femme encha√ģn√©e et souffrante. Enfin elle apprit la raison de sa pr√©sence en ces lieux, il le lui annon√ßa bri√®vement sans une once de sentiments, froid, comme √† son habitude. Yolinne quant √† elle sentait les pr√©misces des larmes envahir ses yeux, signe de d√©sespoir. Elle avait cherch√© √† tuer la chose en mettant fin √† son existence, mais il fallait encore que l'√™tre l'habite et la fasse souffrir. Elle craqua psychologiquement et fondit en larmes sous le regard inexpressif de son interlocuteur qui gardait ses distances. Apr√®s quelques derni√®res phrases √©chang√©es, KaZ se fondit de nouveau dans les ombres, quittant la pi√®ce, avec une phrase qui voulait porter une √©tincelle d'espoir. Elle resta seule, prostr√©e, les yeux envahis de larmes et la souffrance de ses membres endoloris.

Un nouveau bruit se fit entendre, √† peine quelques minutes apr√®s. La n√©philim entra discr√®tement dans la pi√®ce sombre. D√©vor√©e de d√©sespoir Yolinne lui intima de repartir, avec des mots qu'elle voulut cinglants. La jeune femme lui r√©pondit avec calme et froideur qu'elle n'√©tait l√† que pour veiller √† sa sant√©. Bredouillant quelques excuses, la s√©l√©nite la laissa approcher. Orn√© d'un sourire amer elle lui conta l'histoire dont elle √©tait victime et la raison de sa pr√©sence en ces lieux sordides. Victime... la n√©philim avait r√©torqu√© qu'on ne se devait de l'√™tre tout le temps. Un sourire appais√© se dessina sur le visage de la pr√™tresse, et s'ensuivit une discussion bord√©e de calme, o√Ļ elle souriait avec douceur √† cette jeune femme qui avait √©galement souffert. Etait-ce par curiosit√©, ou alors compassion ? ou elle ne savait qu'elle raison... mais l'haruspicienne enleva quelque peu sa froideur de ses traits. Pour finir, elle lui chuchotta au creux de l'oreille qu'elle √©tait somme toute pourvue de courage dans une telle √©preuve, et d√©posa une couverture sur son corps √©prouv√©. Yolinne lui r√©pondit pas un sourire, pas un mot, juste ce sourire et ce regard de reconnaissance, et la jeune femme s'√©clipsa. Ecras√©e par la lassitude, elle s'endormit lourdement, recroquevill√©e sur ce morceau de tissu, encore un peu fi√®vreuse mais surtout... Avec cette lueur d'espoir en son coeur, qui mena√ßait de s'√©teindre √† chaque instant...

Par Leylia le 5/10/2002 à 11:23:06 (#2284957)

:lit: Très joli Yolinne :)
*se met en mode : éviter les Haruspiciens, et le chateau de Bane* :D

Par Ibuki Tribal le 5/10/2002 à 13:54:04 (#2285457)

on imagine bien la scene... :lit:

Par Aza√ęl Lloth le 5/10/2002 √† 15:03:48 (#2285686)

:lit: Beau recit :)

Par Zeed Mithror le 5/10/2002 à 17:34:42 (#2286152)

Provient du message de Leylia
*se met en mode : éviter les Haruspiciens, et le chateau de Bane* :D

C'est bien simple, moi j'me connecte même plus...

Quand on lit ca on sent bien que Bane ne compte pas sur le tourisme pour faire rentrer des devises dans la caisse ;)

*Imagine un visiteur : *
- C'est bien mais un peu humide et un peu froid...
- Bane (voix sépulcrale) : C'est normal c'est un cachot... moisisseeez bieeeen ;)

(joli récit ;) )

Par Syris Lloth le 5/10/2002 à 18:41:54 (#2286347)

Quand on lit ca on sent bien que Bane ne compte pas sur le tourisme pour faire rentrer des devises dans la caisse


Bah il sait faire des affaires Bane, genre il ordonne aux harus de taxer ceux qui viennent pour ses yeux de kraanians, et ma foi ça rapporte pas mal... :rolleyes:

Joli Mélie, la suiteuh la suiteuh, comme on dit =)

La nuit des intrigues.

Par Yolinne MIP le 6/10/2002 à 9:02:19 (#2288682)

Sommeil... Souffrance... R√©veil... Douleurs... Sommeil... Tout n'√©tait plus que ce cycle pour elle. Sa vie se r√©sumait √† cette ellypse infernale et redondante, preuve qu'elle avait encore la vie en elle. Car si l'an√©sth√©sie rappelle la mort.... La douleur elle ravivait la vie. N'√©tait ce pas apr√®s tout la premi√®re chose que faisait un nouveau-n√© ? Crier de souffrance pour montrer qu'il est en vie ? Un mince √©clat de lumi√®re brouilla ses r√©flexions. La couverture glissa le long de son corps meurtri pour drapper ses chevilles. Douloureusement elle redressa la t√™te, r√©habituant ses yeux √† cette lumi√®re qui lui manquait tant. Mais la p√©nombre redevint ma√ģtresse des lieux. Quelqu'un √©tait entr√©, doucement, sans bruit. Cette fois ce n'√©tait pas la jeune femme, mais le jeune homme au visage fin. Elle fixa son regard sur lui, avec faiblesse. Ses traits lui rappelaient vaguement quelque chose, ou quelqu'un peut-√™tre.. Elle ne savait plus r√©ellement, plac√©e hors du temps, hors des lieux, rejet√©e de tout. Le jeune homme la toisa, sans aucun sentiment. Elle commen√ßait √† s'accoutumer √† la froideur des occupants du ch√Ęteau. Au final ils se ressemblaient tous.. si gla√ßants et durs √† la fois... Et pourtant une √©tincelle de curiosit√© semblait animer son regard. Il s'avan√ßa lentement et commen√ßa un nouvel interrogatoire. Les blessures de l'√Ęme et du corps.. Ses blessures √† elle.. Le temps d'un instant elle lut une sorte de compassion en ses yeux, mais elle ne la recherchait point. Le jeune homme d√©posa √† ses c√īt√©s un sachet de graines m√©dicinales que la pr√™tresse avait refus√© poliment. Au sol, tra√ģnait un bol empli de nourriture qui n'avait pas √©t√© vid√©. Cel√† faisait trois jours que la s√©l√©nite je√Ľnait, trop √©prouv√©e pour avoir avaler quoique ce soit.. Elle avait expliqu√© bri√®vement les raisons de son acte attentant √† sa vie, qui fusa sur une question √† laquelle le jeune Aza√ęl mis quelques temps √† r√©pondre. La trahison... Sujet √©pineux en lui-m√™me.. elle avait voulu l'√©viter par d√©vouement.

"Pourquoi KaZ Tribal cherche-t-il √† vous aider ?" La question la fit vaciller quelques secondes. Elle r√©pondit avec une petite touche d'empressement que celui ci √©tait de sa famille. Mais l'haruspicien restait sceptique. Le sujet d√©riva quelque peu. Elle n'avait pas grand chose √† lui dire de toute fa√ßon. Quelques toussotements et une lassitude √† pr√©sent profonde venaient parsemer les fils de discussion courtoise. Il y eut un moment, o√Ļ le jeune homme tenta de lui d√©crocher quelques mots sur son culte. A cel√† Yolinne r√©pondit par un sourire et lui rappela avec douceur que sa Foi √©tait la flamme qui la poussait √† vivre et √† s'√©panouir, et qu'elle ne pourrait jamais trahir par sa propre volont√©. Apr√®s une courte pause, il se rapprocha d'avantage d'elle. Elle sentit son souffle l√©ger sur son visage, et ses l√®vres murmur√®rent quelques mots. Une lueur d√©tonnement et d'interrogation √©treignit le regard de Yolinne. Au m√™me moment, des pas pesants se firent entendre. Le sieur Sanctis p√©n√©trait la ge√īle. Aza√ęl s'√©loigna de la prisonni√®re allant √† l'encontre du nouvel arrivant. Encore l√©g√®rement troubl√©e, elle releva la t√™te et reconnut l'haruspicien. Celui ci arborait un visage sombre et ferm√©. Ils s'entretinrent quelques secondes et elle apprit qu'Aza√ęl √©tait de la famille de l'assassin Syris Lloth. Mais elle garda cette information dans un creux de m√©moire, portant son attention vers DarKneS qui se dirigeait vers elle, tentant de faire bonne figure, chose quelque peu ironique en soi-m√™me. Elle ne put s'emp√™cher de tenir un discours parsem√© de cynisme et d'ironie. Cet homme... qu'elle avait tent√© de sauver lorsque Maverick avait rendu l'√Ęme... Alors qu'elle √©tait enceinte d'El√©ah. Elle revoyait en une fraction de seconde cet instant qui lui avait √©t√© douloureux au possible. Tout ce qu'elle avait tent√© pour sauver DarKneS alors qu'il se vidait de son sang, oui elle avait tout tent√© en ce jour, bravant la col√®re des autorit√©s royales, pour sauver... Deux haruspiciens. Un sourire mince vint √©largir ses l√®vres doucement. Tout cel√† √©tait si loin...

Tandis que ses souvenirs remontaient √† flot dans son esprit, les deux hommes parlaient √† voix basse dans un des coins de la pi√®ce. Yolinne ne put, et ne voulut m√™me pas les entendre. Puis au terme de quelques minutes, ils revinrent vers elle. DarKneS se positionna devant elle, et √©leva sa main avec lenteur. Intrigu√©e, elle suivait la sc√®ne des yeux, un peu d√©pass√©e et se demandant ce qu'il √©tait en train de faire. Puis il posa sa paume sur le font de la s√©l√©nite. Elle ressentit tout d'abord un long frisson. La main √©tait comme un √©peron de glace pos√© sur son front br√Ľlant de fi√®vre. Le Feydien ferma les yeux et marmonna quelques mots incompr√©hensibles. Ce fut tout d'abord des picottements... Puis telle une br√Ľlure d√©chirant son cerveau, coupl√©e d'un cri fulgurant et sournois, sombre et strident √† la fois. Abasourdie, Yolinne recula sa t√™te implorant l'homme de cesser. Des bourdonnements envahirent son cr√Ęne vrombissant. Comme si la lave se d√©versait dans toutes les veines de son corps, elle sentait une chaleur insoutenable br√Ľler son corps. Son souffle se mit √† acc√©l√©rer et quelques perles infimes de sueur coul√®rent le long de ses tempes. Son teint, paradoxalement, pris la couleur d'un linceul immacul√©. Tout vacillait autour d'elle pour ne former plus qu'une tache d'ombre prenant toute sa vision. Et sa t√™te retomba lourdement sur son √©paule, alors qu'elle sombrait dans la plus parfaite inconsciente, victime des maux violents qu'elle avait du endurer.

Tout n√©tait plus qu'une toile sombre, pesant lourdement, √©crasant sa conscience comme un √©tau d'acier. Elle ressentait quelques vagues de naus√©es, transport√©e dans un monde cotonneux et sombre. Une image de cath√©drale sombre, haute et terrifiante lui vint √† l'esprit. Le glas sonnait froidement, mais nul n'en actionnait la cloche. Yolinne poussa les grandes doubles portes du b√Ętiment, entrant dans une nef vide et sombre.Tout √©tait d√©labr√© et vici√©. Les murs √©taient souill√©s de sombres marques impies, ravageant le lieu religieux, baffouant l'innocence et la puret√©. Quelques cadavres putr√©fi√©s jonchaient le sol √ßa et l√†, alors qu'elle avan√ßait comme envo√Ľt√©e vers ce qui lui semblait √™tre l'autel. Un bloc de marbre noir formait celui-ci, d√©goulinant d'une substance poisseuse et noir√Ętre. Elle d√©tourna doucement l'autel, prise de tremblements, attir√©e par un bruit inf√Ęme de succion et de craquements sinistres, provoquant de sombres √©chos dans la haute b√Ętisse. Et elle vit ce qu'elle ne pouvait nommer. La chose se d√©tourna de son festin macabre et la fixa. C'√©tait une femme, d'une beaut√© ensorcelante au teint livide occult√© par une opaque tache de sang lui parcourant le visage, ses cheveux √©b√®ne retombant en longues m√™ches jusqu'en bas de ses reins, le regard noir √©galement et per√ßant. Elle sortit ses griffes ensanglant√©es du corps fra√ģchement mort et se dressa devant elle. Face √† face silencieux, confrontation hasardeuse et troublante. Puis la forme se tint les tempes de ses mains griffues et tomba √† genoux poussant un cri d√©chirant de souffrance et d'horreur, r√©sonnant dans l'immense pi√®ce. Le cri lui vrilla les tympans, et elle ferrma les yeux avec force, prises de convulsion de terreur. Puis elle sentit des mains l'assaillirent et l'arracher du cauchemar et la transporter, elle se sentait b√Ęlott√©e...

La fi√®vre avait gagn√© en puissance. Le silence revint l'appaiser doucement. Soudain elle sentit une voix s'emparer de son esprit, telle une caresse glaciale, telle un chant macabre port√©e par les spectres anciens. Elle lui sussurra doucement et sombrement quelques mots qui l'ensorcel√®rent, envo√Ľtants. Ses l√®vres s'anim√®rent pour r√©p√©ter faiblement les mots de cette proph√©tie si ir√©elle, puis tout s'estompa. Elle d√©lira encore quelques minutes puis sombra dans le sommeil encore une fois... Quand elle ouvrit ses paupi√®res lourdes de fatigue, elle aper√ßut dans un brouillard cotonneux une forme √† quelques pas d'elle. Ses poignets √©taient toujours li√©s, ainsi que ses chevilles, resserrant douloureusement ses h√©matomes. Puis la forme s'assit √† ses c√īt√©s, lui prenant avec douceur la main. La chaleur l'envahit peu √† peu et elle reconnut KaZ. Un pauvre sourire orna son visage livide. Elle sentait en cette pr√©sence quelque peu famili√®re un brin de r√©confort et de force. Mais cel√† n'√©tait pas asez. Ses nerfs √©taient √† vifs, aussi quand ils parl√®rent √† mi-voix de sa possession, elle fondit en larmes. Strill√©e de d√©sespoir et d'impuissance, elle se recroquevilla contre lui, serrant sa main avec le peu de force qui lui restait. Puis elle regagna le monde des brumes du sommeil lourd, veill√©e par le regard bienveillant et anxieux de son Po√®te Sombre dans une cave profonde et glaciale...

Par Zeed Mithror le 6/10/2002 à 12:21:05 (#2289081)

*réprime un frisson dans le dos*

Raaaaah bon sang mais que quelqu'un la sorte de là !!!

Par Graetel Lloth le 6/10/2002 à 18:37:03 (#2290403)

*Glacée*

Le Marché.

Par Yolinne MIP le 12/10/2002 à 21:55:46 (#2324829)

Le plafond humide diffusait quelques gouttes d'humidit√© glac√©es rettombant s√©chement dans quelques flaques dispos√©es √ßa et l√†, unique bruit qui filtrait dans la bulle de protection du n√©cromant. Le tableau semblait fig√© sur cette image de la n√©philim endormie tenant encore dans son sommeil la main de son protecteur. Leurs deux visages √©taient p√Ęles et immacul√©s et donnait une impression fant√īmatique √† la sc√®ne presqu'ir√©elle. Les minutes s'√©gr√©naient lentement, dans un silence mortuaire et pesant. Soudain la jeune femme bougea imperceptiblement. L'haruspicien nota toutefois le changement, et alors que l'√™tre s'√©veillait doucement devant lui, il se leva lentement. La belle ouvrit finalement les yeux, un √©clat de noirceur dans le regard. Cette noirceur qu'on aurait pu remarquer si l'on avait vu les images du r√™ve de Yolinne, cette m√™me expression qui peu √† peu se changeait en un rictus d'insatisfaction et crisp√©. Les traits hautains elle se releva de sa pose √©tal√©e et fixa haineusement l'homme plac√© devant elle. Une fraction de seconde, et KaZ posa √† la jeune femme la question portant sur son identit√©, mais il connaissait d√©j√† la r√©ponse. Cette ombre dans le regard, ce sourire mesquin : elle n'√©tait plus la s√©l√©nite douce et compr√©hensive mais une chose machiav√©lique et malsaine. Duel de regards, quelques mots fus√®rent. Elle restait placide mais moqueuse, hargneuse dans ses propos, vocif√©rant de sa conditions les poignets attach√©s, alors qu'elle forcait sur ses liens pour se lib√©rer. Quelques gouttes de sang suint√®rent de ses avant-bras, la corde s'enfon√ßant dans les chairs en br√Ľlant la peau. Mais rien n'y fit... elle √©tait impuissante et devait se r√©signer...

C'est alors que vint le pacte. Que pouvait bien faire un n√©cromant devant une possession ? Il √©nonca le seul moyen de la lib√©rer : pr√™ter son corps √† l'engeance d√©moniaque. Un silence de quelques minutes s'√©tablit. Selath regarda l'homme fixement. Elle cherchait dans son regard une h√©sitation, une moquerie, ou encore un simple √©clat de haine. Mais il n'y avait que d√©termination dans les iris onyx. Elle consid√©ra la situation rapidement dans son esprit : son p√®re √©tait souffrant ou mort, car elle ne ressentait plus sa pr√©sence, sa mission n'avait donc plus de raison d'√™tre. Elle se retrouvait en ce monde juste par plaisir √† pr√©sent, se pr√©occupant de semer tourments et souffrance, √ī d√©lectable douleur qu'elle affectionnait.. Ce corps ne lui √©tait maintenant plus utile, elle pouvait √† pr√©sent changer d'h√īte √† son bon plaisir. Elle esquissa un fin sourire et accepta le march√©. peu lui importait la vie de celle qu'elle habitait, de toute fa√ßon le corps √©tait suspendu √† un fil de la Mort, faible et us√© par les ressentiments √©prouv√©s. Elel mourrait sans doute, sans la pr√©sence de la larve qui la r√©g√©n√©rait, apr√®s tout, ce n'√©tait plus l√† son affaire. Elle en parla avec l√©g√®ret√© au n√©cromant pour observer sa r√©action. Mais celui-ci n'avait pas chang√© d'avis. Toutefois il parti qu√©rir de l'aide pour soigner Yolinne lorsque la chose serait en lui. Selath haussa les √©paules ; au pire, elle ne mourrait pas mais retournerait en son royaume des Enfers, elle ne perdait rien dans l'histoire, aussi le laissa t'elle partir. Un sourire d'auto satisfaction se dessina sur son visage alors que le mage sombre disparaissait. Elle prit une pose lascive et attendit l'homme un long moment, adoss√©e contre la roche, s√Ľre d'elle, confiante, se gaussant int√©rieurement de ses prochaines exactions.

Une heure √† peu pr√®s s'√©tait √©coul√©e alors qu'elle entendit des pas fouler avec force la roche calcaire. Les insectes qui se dressait sur la route du n√©cromant s'affaissait au sol, les orbites vides, l'√Ęme absorb√©e par les mains gant√©es. Les traits visiblement agac√©s, il se retrouva devant elle. Elle le d√©visagea avec amusement de sa contrari√©t√©, notant qu'il √©tait en fin de compte seul. Il s'adressa √† elle s√©chement et froidement, lui intimant de faire ce qu'elle avait pr√©vu. L'√™tre lui montra les poignets de son h√īte pour les faire d√©faire, mais KaZ refusa : il n'avait aucune confiance en elle et s'adossa √† la pierre abrupte pour lui signifier qu'il ne se d√©gagerait pas de son √©treinte. Elle lui avait en effet expos√© que ce serait sous la forme d'un baiser qu'elle changerait d'h√īte, sans plus d'explication. Elle se leva lentement, avan√ßant sensuellement et de sa voix envo√Ľtante elle lui adressa quelques mots, fixant ardemment sa nouvelle proie. Il soutint son regard avec fiert√© et assurance, ce qui la troubla quelques instants. Il mijotait quelques chose, assur√©ment, mais il n'√©tait sans doute pas assez fort pour la contrer, elle, Reine des 9√®mes Enfers. Elle s'avan√ßa encore, et son souffle vint balayer doucement le visage de l'homme post√© devant elle. Ses l√®vres pulpeuses se rapproch√®rent des siennes et en une caresse l√©g√®re vinrent se poser sur les siennes, en un baiser sulfureux...

Tout se passa rapidement. La larve se fraya un passage √† travers la gorge de Yolinne, faisant fi des parois serr√©es, d√©chiquetant l'int√©rieur de la trach√©e et s'engouffra avec impatience dans la bouche du n√©cromant. Le crops de la pr√™tresse s√©l√©nite s'effondra au sol dans un bruit mat, un fin filet de sang coagul√© √©cumant de ses l√®vres. La chose fouilla la gorge de l'haruspicien, cherchant un passage pour se loger au cerveau. Un hurelemnt de douleur s'ensuivit, d√©chirant l'atmosph√®re lourde de la caverne des abeilles. La poitrine, le front et le bas du dos de KaZ se mirent √† rougeoyer violemment : la marque de Feyd-Ehlan r√©agissait √† la pr√©sence de l'intrus, enflammant son corps d'une col√®re sourde : on ne touche pas au √©lus de Feyd sans cons√©quence. Selath fut secou√©e d'une violente d√©charge alors qu'elle se trouvait dans sa gorge, foudroy√©e par la haine de la ma√ģtresse araign√©e. Et tandis que le corps de KaZ s'√©croulait au sol √† son tour soulev√© de soubresauts et de cris immondes, elle mena une bataille sans pr√©c√©dent avec la puissance du g√©n√©ral de l'Haruspice. Son corps de larve la br√Ľlait horriblement, et son √©nergie vitale √©tait inexorablement aspir√©, comme si elle se vidait par un trou b√©ant. Cal√©e dans la cavit√© chaude de la trach√©e, elle se retrouva prisonni√®re, entour√©e de flux magiques noir√Ętres et rouge√Ętres, dansant autour d'elle tels des feux follets, mordant sa chair et son essence. Dans un dernier soubresaut l'√™tre d√©moniaque maudit par trois fois le supp√īt de l'araign√©e avant de s√©chapper vers ses strates infernales, bless√©e mortellement.

Le silence revint dans la caverne... Une goutte tomba sur le sol... Ce n'√©tait plus une flaque d'eau pure mais une petite mare sanglante qui se formait autour des deux corps inconscients, vomie par leurs bouches p√Ęles. Plus rien ne bougeait.. le calme replongea l'endroit dans sa froideur habituelle.

Par Zeed Mithror le 13/10/2002 à 11:44:56 (#2326814)

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:merci:

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