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Br√®ves de Cauchemar n¬į16:

Par Ten Dondachil le 14/9/2002 à 22:13:35 (#2157833)

Br√®ves de Cauchemar n¬į1


Les chemins de la Maudite étaient comme à leur habitude. Le Malin y régnait et envoyait ses hordes sauvages contre les pauvres aventuriers qui osaient traverser leur territoire.
Encore une fois, je me retrouvais dans le r√īle de l'√©claireur. Celui sur qui l'avenir de la caravane marchande reposait, au pire un app√Ęt un peu r√©sistant... *sourire ironique*

La jungle foisonnante était à double tranchant, une protection contre les attaques de groupes, mais aussi un bourbier inextricable, ne permettant aucune fuite. Jusque là, que de brèves escarmouches ont fait baisser la tension de notre vigilance, des créatures isolées, mues par un basique instinct de sustentation.

Le glas de l'heure du bivouac avait sonné. Il était toujours périlleux d'organiser ces haltes, toujours difficile d'empêcher les voyageurs de faire des feux de camps et de bavarder bruyamment.
Aux craquements et murmures de la forêt, se joignaient les crépitements de la graisse de saucisses sur une broche. Les discussions passaient en revue les moments forts de la journée. Des moments qui faisaient mon quotidien, mais laissons les à leurs exploits, ces bourgeois... Quelle amertume dans mes pensées... Peut-être trop solitaire ces derniers temps, la Meute me manque, à mon retour en ville je rejoindrais mes compagnons.


"Et là! J'ai sorti mon poignard, et je lui ai planté entre les deux yeux! Juste là! Ce reptile n'aurait jamais du s'attaquer à moi!"

Des rires gras et pleins de suffisance s'ensuivirent, les mêmes rires que la veille et l'avant-veille... Le même conte que la veille, et l'avant-veille d'ailleurs.


"Vous pensez que nous arriverons bient√īt?"

Une main me fr√īla l'√©paule, et je sortais de mes marmonnements cyniques pour r√©pondre vaguement :


"Dans deux jours je pense. La jungle va s'épaissir, et à moins d'augmenter le rythme, la progression sera bien moins aisée. Pour le moment, nous n'avons pas eu à faire de détours, mais je sens que l'on nous observe, des chasseurs en petit nombre, mais on ne doit rien laisser au hasard."

Ceci était vrai, voilà plus d'une journée que je décelais de faibles bruissements à quelques mètres de notre colonne, toujours à la même distance. Une technique employée par des fauves à l'origine, des fauves l'ayant enseigné aux hommes hantant, et hantés par ces lieux sombres.



"J'ai h√Ęte de rejoindre ce camp de mineur, je suis s√Ľr que je vais faire des affaires en or avec ma viande s√©ch√©e."

Un sourire... de la viande s√©ch√©e... Tsss, un billet de retour sera la seule chose qu'ils ach√®teront, pour s√Ľr!


"Venez voir! Vite!"

Tout le monde se massait autour de l'homme qui avait parlé. Je me frayais un chemin et découvrais ce qui était montré du doigt. Un nid, un simple nid, mais je n'arrivais pas à identifier les oeufs tachetés de rouge et d'or.


"La nature est hostile, mais il en est qui réussissent à échapper aux prédateurs."

Sur cette note d'optimisme, la rumeur s'élevait de nouveau, allant même jusqu'aux chants grivois.
J'allais pour alimenter le feu lorsque le premier cri per√ßant se fit entendre. Toutes les oreilles se dress√®rent, √† l'aff√Ľt.
Un deuxi√®me... un troisi√®me... A l'est ou √† l'ouest, on se sentait entour√© par de petites cr√©atures hurleuses. Des feuilles bruissaient sous des pas l√©gers, si l√©gers... que pouvaient-√™tre ces cr√©atures, s√Ľrement pas les m√™mes qui nous suivaient ces jours. Non... Je distribuais quelques torches, comptant sur les instincts les plus primaires de nos agresseurs.

Rien ne bougeait dans les fourrés. Rien de visible du moins. Rien, ou... peut-être que... Oui, une petite lueur perçante à vingt mètres environ. D'un geste je faisais taire l'assemblée, et je leur montrais. Rapidement, nous nous sommes retrouvés entourés de minuscules feu-follets. Un craquement me fit bondir, la lame en avant. Trop nerveux, bien trop nerveux me disais-je. L'un des marchands venait d'écraser les oeufs, de minuscules larves baignaient dans l'herbe. Deux pattes, quatre... huit. Des araignées, pas étonnant que je n'aie pas reconnu la coquille auparavant.
Les cris reprirent.


"Tous autour du feu! Vite! Que chacun se prépare, et cramponne sa torche!"

Les buissons frissonnaient, s'agitaient de tous sens. Un flot d'arachnides de toutes tailles et de toutes laideurs apparurent à nos yeux. J'aurais préféré quelques trolls...

Le feu avait toujours été mon allié lors de mes expéditions sauvages, et là encore il faisait des merveilles.


"Faites attention, on ne sait pas quel venin elles peuvent bien transporter dans leurs crocs!"

Une longue phrase bien inutile, chacun connaissait, marchands ou aventuriers aguerris, les risques encourus. Dans mes pires cauchemars, je n'avais jamais envisag√© ce qui me faisait face √† pr√©sent. Une masse de chair r√©pugnante mont√©e sur huit pattes luisantes, au moins vingt livres. Je fendais le corps de ma lame, et je finissais en br√Ľlant au niveau des mandibules.
Elles ne cessaient de venir, des légions entières devaient déjà joncher le sol, mais pour le moment, pas une égratignure à déplorer.


"Arrrhhhhhh"

J'avais pensé un peu trop vite, en voilà un qui se retirait au milieu du cercle en se tenant le bras sous la douleur.
Je n'avais plus trop la notion du temps. Peut-être seulement dix minutes de combat, ou une heure, qui sait.
Mon bras me faisait mal, le tranchant de ma lame était émoussé par les sécrétions des arachnides.


"Maudites créations!!!", je me mis à hurler.

Les compagnons les moins aguerris grossissaient les rangs de nos blessés. Notre rempart d'acier était bien restreint à présent. Ce fut le signal que nos assaillants attendaient... pour fuir sous nos yeux médusés.

Pas le temps de souffler pour autant, un craquement sourd rempla√ßait les bruits de lutte. L√† o√Ļ seules les herbes avaient √©t√© foul√©es, l'on pouvait voir les branches s'√©carter brusquement. Un mastodonte de chair, de soie et de poils nous faisait face... peut-√™tre leur reine... peu importait. D'un rapide coup d'il, j'√©valuais nos forces restantes... 3 hommes bien fatigu√©s. Nos portes de sorties... aucunes car les yeux luisants nous entouraient toujours √† 30 m√®tres de distance.

L'assaut devra √™tre bref, en notre faveur ou non. J'essuyais une derni√®re fois mon √©p√©e, orientais une derni√®re fois mes pens√©es vers la Meute qui m'avait accueillit, et que je ne reverrais peut-√™tre jamais... puis l√Ęchait une derni√®re fois un cri de bataille.
Un seul mouvement suffit à nous balayer, désarmés dans les fourrés. Un filet de bave s'approchait de mon visage, des mandibules et crochets ne s'agitaient pas bien loin derrière...
Trou noir...
Flottement... la mort? ...


Une douleur vive au visage... Un mal de tête, comme si... une légion hurlait dans mes oreilles, à moins que... Le bruit se précisait à présent.


"Messire!", comme un écho.

J'ouvrais les yeux, une forme blanche était au-dessus de moi.


"Messire, réveillez-vous!"

Deux gifles plus tard, je me trouvais plus ou moins conscient dans une chambre, un infirmier qui me parlait et changeait des compresses posées sur mon front bouillonnant de fièvre et de questions.


"Que...", la gorge sèche.

"Vous avez eu de la chance d'avoir été retrouvé par ce vieil homme. Votre campement n'était plus qu'une ruine, et vous êtes le seul survivant.", me disait l'homme en blanc.

Il était parfait. Juste assez bavard pour me tenir éveillé, juste assez informé pour répondre à mes interrogations. Il continuait :


"Vous avez une belle morsure, mais il n'y para√ģtra plus dans quelques semaines, d√®s que le venin aura √©t√© enti√®rement drain√©.", sur un ton qui se voulait rassurant.

Une autre voix, plus chevrotante avait fait son apparition :


"Pouvez-vous me laisser seul avec lui à présent?"

La porte claqua.
Un visage osseux me faisait face.


"Et bien mon garçon, ne bougez pas... je vais juste procéder à un prélèvement.", sans aucune autre forme de procès.

Mon corps se réveillait peu à peu de sa longue torpeur. Je ne pouvais pas faire un geste, mes bras et mes jambes avaient été sanglés.


"Votre sang est devenu une réserve inestimable de fluides arachnéens encore actifs, contrairement à celui de vos compagnons", une note de dédain transparaissait dans sa voix.

"Que faites-vous..."

"Une petite incision, vous ne sentirez rien... plus rien", d'une voix devenue inhumaine.

Plus aucun son ne sortait de ma bouche b√©ante. Le scalpel mettait mon corps √† vif √† plusieurs endroits. Une chaleur de mort m'envahissait au fur et √† mesure que le vieil homme, ou plut√īt ce qui en avait pris la place, remplissait ses flacons.


"Encore une fois Ten, vous êtes venu à moi... pour moi...", *cinglant*


Plus rien...

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Le matin était frais, j'avais du mal à seller ma monture, l'esprit encore hanté par le songe de cette nuit...

Par Ethel Tvar MIP le 15/9/2002 à 2:59:59 (#2159154)

superbe ! :amour: :lit:

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