Archives des forums MMO/MMORPG > La 4ème Prophétie > T4C - Feyd-Ehlan > Peu sépare le héros du cadavre exsangue
Peu sépare le héros du cadavre exsangue
Par Ashley Funestelame le 7/9/2002 à 19:12:16 (#2115655)
Je déambulais tranquillement dans les rues, me dirigeant vers la poterne à larrière de la cité. Javais revêtu un ample manteau blanc qui mabritait quelque peu de létuve estivale. Je me souvenais davoir ri la première fois où javais vu cet accoutrement, mais force était de constater son efficacité. De plus, ses replis dissimulaient sans peine lépée glissée sous le large vêtement. Jatteignis la sortie sans avoir croisé âme qui vive.
Si tôt les murailles franchies, je pressai le pas, les herbes sèches craquant sous mes lourdes bottes. La végétation et ses mille senteurs assaillirent mes narines. Comme toujours, cette sensation menivra et sa richesse me désorienta ; lodorat était devenu un sens essentiel pour moi. Je respirais à pleins poumons pour macclimater au mieux de la situation. Je poursuivis mon chemin jusquà une petite colline dégagée et balayée par un faible vent chaud. Jôtai ma cape et mon plastron, exposant un torse couvert de cicatrices aux rayons solaires. Si je détestais le soleil et ce quil représentait, sa chaleur évoquait trop de doux souvenirs denfance pour que je ne lapprécie pas.
Lépée glissa du fourreau avec ce sifflement métallique si caractéristique ; jimaginais aisément la lame dacier damasquiné briller de mille feux dans la lumière de ce début daprès-midi. Jadoptai une position de combat en garde haute avant dentamer une série de moulinets et de coups portés à un invisible adversaire. Chaque geste composait une série dexercices visant la maîtrise de larme. De vieux souvenirs surgissaient
toujours conserver la lame libre de toute entrave
les conseils des instructeurs revenaient comme une litanie obsédante. Mon esprit se scinda : mon inconscient guidait mes mouvements selon un schéma connu depuis longtemps tandis que mes pensées vagabondaient.
Je demeurais un guerrier, incapable de me débarrasser de mon éducation. Je métais battu au nom de lois implacables avant de prendre les armes contre elles, espérant lutter pour une cause juste ; ce fut un échec. En cet exil javais voulu faire fi de mon passé martial
en vain. Jéprouvais désormais le besoin irrépressible de protéger une personne chère à mon cur
Je me reconcentrai sur les exercices, frappant lair avec une rage irraisonnée, exutoire à mes sombres pensées. Je suais abondamment sous leffort et le soleil implacable. Tout en reprenant mon souffle, je tendis le bras dans la prolongation de mon épaule. Le but du jeu était de tenir la position le plus longtemps possible malgré les crampes, prouvant ainsi la supériorité de la volonté sur la douleur physique.
Le calme des environs fut troublé par des bruissements non loin, accompagnés déclats de voix. Instinctivement je me jetai au sol dans lespoir de ne pas être vu. Je me laissai rouler au bas de la colline, atterrissant silencieusement dans un buisson. De là je pouvais surprendre la conversation que menaient deux hommes.
« Tas vu comme cétait facile Tonar ? Ces ptits bourgeois sévanouissent rien quà la pensée dlacier tirant une goutte dleur sang ! »
La voix était grossière et me rappelait le ton des ivrognes avachis sur leur table au petit matin.
« Oui Erk, ils nous ont remis tous leurs biens sans broncher
mais je ne vais pas me contenter de vivre de maigres rapines. On ma entraîné à me battre, on ma payé pour que je me batte et je nhésiterai pas à user de la force pour gagner une petite fortune. »
Lexpression de celui-ci était plus posée, plus sure. Il me semblait posséder cette confiance propre aux hommes darmes expérimentés.
« Ah ouais ?, reprit le premier, et que comptes-tu faire ? Faudra déjà ramasser un joli magot pour payer tous les coupe-jarrets que tu veux employer ! Tpourrais mdire cque tu manigances ? Jvois pas où y a une telle somme dans lcoin. »
« Dans les caisses du duché, sinistre idiot ! »
Un rire gras retentit.
« La banque dla ville ? Mais tes fou ! Cest impossible
enfin au moins tu mauras fait rire ! »
« Sombre crétin, tu devrais aller moins souvent chez les catins et réfléchir plus. Nos amis qui seront payés bien plus que ce quils ne valent auront pour tâche de leurrer la garde en un point de la ville
et même si une de ces traînées reste en retrait, je me fais fort de la transpercer de par en par. »
Jétouffai un hoquet de surprise en entendant le plan du brigand
je ne pouvais imaginer que lon touche à un seul cheveu de Dame Azulynn. Je pris la résolution davoir une petite explication avec eux. Je rampai sans bruit, ne prêtant plus garde au sens de leurs paroles mais bien uniquement aux bruits qui me permettaient de les situer.
La conversation allait bon train lorsque je jaillis des fourrés. Ma lame, en un mouvement sec, trancha la gorge du plus sot, qui seffondra dans un immonde gargouillis. Jaurais davantage souhaité prendre son compagnon par surprise, mais le destin ne men avait pas laissé le choix.
Mon adversaire ne perdit pas de temps et je lentendis dégager promptement son épée du fourreau.
« Je ne sais pas qui tu es, mais tu aurais mieux fait de te mêler de tes histoires
maintenant je vais être obligé de te tuer sans que cela ne me rapporte le moindre sou ! »
« Je ne vous permettrai jamais de porter la main sur ma Dame, gredin ! »
« Ho
un chevalier de la vieille école, comme cest émouvant
mais cela ne va pas retenir ma main ! »
Lair siffla autour de la lame comme il portait le premier coup. Je le déviai au dernier moment ; sa frappe était puissante et précise, il navait rien dun amateur. Nous échangeâmes quelques passes darmes, menant successivement loffensive.
« Je ne laisserai jamais les routiers de votre espèce mener à bien ce pillage
»
« Cest bien dommage chevalier, mais les morts ne nous gêneront pas
»
Son souffle était rauque et bruyant, maidant à le situer
mais si javais lavantage de la vitesse, sa force physique surpassait indéniablement la mienne.
Feintes et bottes se succédaient sans cesse, en un ballet dacier mortels, tels des danseurs nous virevoltions
Javais appris que lorsque deux combattants de même valeur saffrontaient, lendurance déterminait souvent le vainqueur. Et à ce jeu-là, je me donnais perdant ; il allait me falloir ruser.
Murmurant une brève incantation, je lui préparai une surprise : un éclair de feu jaillit de mes doigts. Au lieu de sabriter de ses bras comme je lavais escompté, il se fendit et esquiva les flammes en un mouvement souple. Son arme me transperça.
« Tu as perdu, chevalier »
Même aveugle, je pouvais deviner le sourire qui se dessinait sur ses traits.
« Jai peut-être perdu
mais tu nas pas gagné »
Serrant les dents, je relevai mon épée de toutes mes forces. Lacier mordit sa chair au niveau de laine ; lui déchira le bas-ventre et continua son chemin jusquà buter sur le sternum, séparant son corps en deux. Le flot de sang qui se répandit sur moi me donna la nausée.
Jabandonnai là les cadavres et méloignai en boitillant. Il nétait pas difficile didentifier ma blessure : un poumon avait été percé et se remplissait de sang. Une lésion que chaque soldat savait mortelle.
Je me demandai soudain pourquoi je marchais ainsi, sans but
je me posais toujours la question lorsque je mécroulai
Certaines vies doivent parfois être sacrifiées pour en sauver dautres
Peu sépare le héros du cadavre exsangue.
Par Olakith le 7/9/2002 à 19:31:43 (#2115749)
Par Fenrill le 7/9/2002 à 19:50:59 (#2115863)
Harn : On est les champions
Plus serieusement : Excellent texte , on en redemande...
Par Conrad McLeod le 7/9/2002 à 21:09:37 (#2116134)
Provient du message de FenrillVu la fin du récit, il faudra demander à un bataillon de nécromanciens d'intervenir, avant d'avoir des nouvelles d'Ashley. :(
Plus serieusement : Excellent texte , on en redemande...
Par Ibuki Tribal le 7/9/2002 à 22:36:24 (#2116480)
Par Ashley Funestelame le 8/9/2002 à 0:33:06 (#2117000)
Provient du message de Conrad McLeod
Vu la fin du récit, il faudra demander à un bataillon de nécromanciens d'intervenir, avant d'avoir des nouvelles d'Ashley. :(
Par Alanis Lyn le 8/9/2002 à 5:30:52 (#2117586)
Par Aina HarLeaQuin le 8/9/2002 à 9:44:45 (#2117833)
Par Khaelon Lloth le 8/9/2002 à 10:38:58 (#2117929)
JOL Archives 1.0.1
@ JOL / JeuxOnLine