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Retour à Trandling - 44ème partie

Par Galadorn le 6/6/2002 Ă  0:02:35 (#1600297)

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Devant la grande tente de soins, deux spadassins du duché d'Ithildar veillaient. La nuit était froide, plus fraiche que les soirs précédents, plus claire aussi, la voute étoilée dessinant les silhouettes des grands arbres à la bordure du camp sur un champ de constellations lointaines. Dans le ciel sans nuage, un mince croissant avait fait son apparition, et l'astre lunaire accordait une luminosité glacée à la neige drapée de longues ombres noires, peignant un clair obscur aux teintes bleutées.
A cette température, l'air vif atténuait les odeurs tandis que les rare sons prenaient un aspect particulier, immaculé, que les deux gardes mettaient à profit pour surveiller leurs environs immédiats. S'ils ne piétinaient sur place de temps à autre, trahissant d'un crissement éphémère leur présences, un observateur désinvolte aurait pu les confondre avec des statues qu'un sculpteur aurait abandonné dans le plus incongru des endroits. C'était un bivouac immense, un cimetière de mastodontes de bois et de tissus bigarrés, constitué de centaines d'auvents et de chariots abandonnés, et où s'étaient retranchées huit cent vingt deux personnes.

Le premier des épéistes était un grand gaillard, aux épaules larges et au visage fermé, un vétéran au vu de son équipement vétuste et solide. Son camarade avait l'apparence d'un homme dans la force de l'age, plus jeune que le premier de quelques années, plus mince, mais sous les épais vêtements et les pièces d'armures, tout aussi musculeux.
Lorsque le comte Girmog d'Erkjavik avait fait appel à des volontaires pour rester avec les blessés, leur compagnie au complet s'était avancée. Pour ces guerriers, l'homme qui reposait dans le pavillon incarnait la Légende qui avait sauvé leurs contrées des hordes nordiques. Ils étaient conscients que sans le paladin blanc et les valeureux soldats tombés à Trandling, beaucoup de leur parents et amis auraient péris, ou seraient devenu les esclaves des brutes sauvages qui sillonnaient les vastes steppes glacées au delà des montagnes d'Airain.

Alors qu'ils avaient été informés du siège, les nobles du Conseil avaient poursuivi leur débat sur une insignifiante revendication territoriale, une discussion houleuse qui divisait la Chambre et les intérêts commerciaux. C'était la rage au coeur que les soldats des différentes Maisons étaient demeurés à leur postes, espérant un hypothétique ordre de marche qui n'était jamais venu. Seuls les plus stupides ou les plus laches d'entre eux s'étaient réjouis des tergiversations politiciennes, pendant qu'au nord-est, le duc de Trandling et les défenseurs trop peu nombreux de la cité-forteresse repoussaient vague après vague les assaillants hirsutes venus des plaines septentrionales. Les autres savaient que si la ville tombait, les barbares se répandraient dans les Terres du Nord sans plus aucun obstacle, et qu'alors tout effort pour les renvoyer au delà des montagnes serait futile.
Grande avait été leur honte à la nouvelle de la chute de la fière citadelle. Le chagrin et l'angoisse avaient étreint leur coeurs, avant de laisser place au soulagement d'apprendre que quatre mille hommes avaient finalement été envoyés sur place. Ces derniers, arrivés trop tard pour sauver la cité mais déterminés à réclamer vengeance, ne trouvèrent en face d'eux qu'une armée exhangue, qui prit la fuite après avoir mis à sac la ville marchande de Yorbunt. Les derniers défenseurs de la cité-forteresse avaient tous péri, mais les blessés qui avaient été évacués parlaient d'un démon blanc qui semait la mort et la terreur dans les rangs des guerriers nomades. Mille cinq cents soldats avaient tenu tête à plus de douze mille adversaires. La Légende était née.

Sept ans plus tard, une menace plus sombre encore que les barbares s'était levée des ruines de Trandling. Les mêmes nobles siégeaient toujours au Conseil, et leurs querelles avaient couté la vie au baron de Lutri, perdu la fertile Sarsadhar en même temps que les armées mort-vivantes étendaient leur influence à travers le pays, semant la destruction, récoltant la pourriture, consumant la Vie pour satisfaire leur faim perverse et inextinguible.
Quand le rédempteur vêtu de blanc se présenta à la Chambre, la rumeur du retour du Démon de Trandling courrut les rues de la capitale, pour enfler comme une vague gigantesque, balayant les doutes et les peurs.
Quand les trompettes annoncèrent son impossible victoire dans l'Arène, nul ne doutait plus de l'identité du Berseker. Son exploit fit renaitre l'espoir dans la population.
Quand l'étendard de la Licorne se dressa, les armées coalisées, précédemment mises à mal par les légions maudites, se regroupèrent sous ses ordres.
La Légende était de nouveau en marche, et cette fois, les soldats des Terres du Nord ne resteraient plus les bras croisés.

Le maigre guerrier retint un baillement, et jeta un coup d'oeil à son compagnon, qui acquiesca d'un léger sourire. Ils se connaissaient depuis plusieurs mois, et ces derniers temps chacun avait eu l'occassion de sauver l'autre lors des innombrables engagements avec les revenants. L'enthousiasme du départ avait laissé place à une détermination intense, forgée au spectacle de la désolation engendrée par les Légions, trempée dans le sang de batailles furieuses où le seul but était de survivre pour combattre encore le lendemain.

L'attente avait été meurtrière. Des soixante hommes que comptait leur escouade lorsqu'ils quittèrent Cymod, cinquante et un seulement avaient pu se porter volontaire trois jours auparavant. Les autres étaient morts ou avaient du être rapatriés tout au long de ces difficiles semaines. Ce soir, ils n'étaient plus que trente-cinq. Certaines compagnies se trouvaient plus mal en point encore, ou avaient du être simplement dissoutes et reformées.
Les zombis et les squelettes avaient attaqué le camp jusque tard dans la matinée et de nouveau, la danseuse de guerre s'était trouvée au plus fort des combats, tissant sa symphonie de destruction dans un tourbillon d'acier.

L'homme d'armes avait pu observer le Champion dans l'Arène, et comparer leurs techniques. La différence sautait aux yeux: le paladin plein d'expérience avait pour lui la puissance et la férocité, tandis que la guerrière sereine misait sur son agilité prodigieuse. Tous deux étaient terriblement efficaces.
Le garde lui-même n'était pas un mauvais bretteur, meilleur que beaucoup, mais les nuances des mouvements du Berseker comme de la disciple lui échappaient en grande partie. Il haussa les épaules. Lorsqu'elle ne défendait pas le périmètre, la jolie guerrière était au chevet d'un officier sympathique, Palan d'Arel, blessé en même temps que le paladin blanc.

Le vétéran s'était demandé comment la jeune fille se passait ainsi de sommeil, lorsque prenant son poste il la trouva endormie, adossée à un chariot non loin de la tente de soins. Quelqu'un avait posé sur ses épaules une lourde couverture de laine. Chacun se procurait le repos où et quand il le pouvait, et il la laissa à ses rêves.

A l'intérieur de la batisse, les respirations étaient calmes. Zeed Mithror était allongé sur un lit de camp, sa poitrine se soulevant au rythme régulier des ronflements d'un voisin légèrement plus bruyant. Au centre de l'abri, des braises rougeoyaient sous un couvercle métallique destiné à limiter les risques d'incendie, distribuant avec une égale avarice clarté et chaleur.

Quelque chose se mit en mouvement... Invisible aux vivants, une créature de la taille d'une grosse citrouille déplia ses longs appendices. Semblable à une méduse sans substance, elle parcourut de ses tentacules le corps du paladin, glissant sur lui ses extrémités serpentines comme autant de sondes. Sa victime brillait faiblement à travers le Voile, entourée d'une aura oscillant entre le rouge et le cuivre.

Le Mrulorch', réduit à la taille d'un poing suite à son effort mental, avait récupéré ses pouvoirs, son diamètre après trois jours en témoignait. Une fois le moine de Tornheim décapité, l'entité de cauchemar avait lancé ses vrilles dans l'espoir d'atteindre le paladin et de s'y transférer. Sinon il lui aurait fallu attendre que le hasard emmena un être vivant à s'approcher suffisamment du cadavre de son hôte pour qu'il put le parasiter. Ni l'un ni l'autre cas ne s'était produit.
Epuisée par l'usage de son pouvoir, ses membres avaient rétrécis, étaient devenus des filaments évanescents et inutiles. L'horreur avait par conséquent accompagné son porteur au sol, échouant tout près de son but. Mais quelques secondes plus tard, Zeed Mithror s'était écroulé à quelques pas, touché par le même archer qui l'avait percée à jour. A ce moment là, la créature avait rampé jusque sa proie, et s'était lovée contre sa cuisse. Elle était restée la, une excroissance indécelable, enflant de jour en jour, à l'écoute des remarques des soigneurs et des discussions entre blessés, attendant son heure.

Le Mrulorch' allait achever sa mission cette nuit. L'étrange archer était mort, et les soldats de Cymod avait éloigné la néphilim avec le corps principal de l'armée. La molle carapace fut parcourue de spasmes, comme secouée d'un rire lugubre, avant de se déplacer vers la tête du Berseker. Un seul mot de commandement suffirait... Un seul mot, et la Légende disparaitrait:

"- Meurs!"

Une explosion de lumière fit trembler la tente.

Par Dodgee MIP le 6/6/2002 Ă  0:31:55 (#1600410)

*distribue les feuillets Ă  l'assistance*

Oui oui la suite arrive bientôt, elle est déjà sous presse!

Par Zeed Mithror le 6/6/2002 Ă  3:36:40 (#1600829)

Y a pas Ă  dire, Ă  chaque fois il m'emballe ce cher Gala...

Par Alanis Lyn le 6/6/2002 Ă  6:52:30 (#1600951)

la suiiiiiiiiite !!!

arg on n'a pas idee d'arreter sur un suspens pareil !!!

Par Zeed Mithror le 6/6/2002 Ă  13:16:44 (#1602367)

Vi.. Gala c'est l'ami des cardiologues... ;)

Par Llenlleawg le 6/6/2002 Ă  23:36:51 (#1605765)

:chut: :lit:
J'ai failli louper cette suite tant attendue. ouf je l'ai vue Ă  temps.

:merci: d'avance pour la suite

*saisie*

Par Graetel le 6/6/2002 Ă  23:52:51 (#1605861)

*avide d'histoires passionnantes, attend impatiement la suite*

Par The Marmotte le 7/6/2002 Ă  10:59:29 (#1607395)

*sortant d'une hibernation bien longue la Marmotte jette un coup d'oeil en dehors de son terrier pour constater que le sieur Galadorn n'a pas perdu de son talent et qu'elle a ratée quelques chapitres de son fabuleux recit* :)

*clin d'oeil a dodgee ;)*

Diable une marmotte! Pour la peine, un intermède :p

Par Tessa le 7/6/2002 Ă  11:03:19 (#1607415)

Le sang abreuvait sa lame… Oh pas ce sang rouge de vie qui jaillissait d’ordinaire des plaies de ses victimes, mais ce sang coagulé, ce sang bafoué et trahi de ceux qui ne vivaient plus que par de noires arcanes. Les zombies n’éprouvaient pas la douleur ou avaient oublié cette sensation. Le sang ne coulait plus vraiment dans leurs veines, même s’il y demeurait encore. Il n’était plus que ce liquide visqueux qui ne demandait qu’à coaguler, créant cet infâme mélange avec la chair qui pourrissait. Tessa haïssait ces créatures sans honneur, sans vie, ces pales parodies des combattants qu’ils avaient été, avant de succomber. Beaucoup portaient encore les armes et les armures qu’ils avaient de leur vivant, portant alors les couleurs de Trandling ou des régions voisines. D’autres étaient des barbares, tombés lors des premiers assauts, d’autres enfin, étaient bien plus anciens, vestiges d’anciennes luttes et d’anciens massacres. Tous pourtant, étaient maintenant rassemblés sous une même bannière, celle de la non-vie, celle de l’étrange puissance qui se terrait à Trandling.

La progression avait été plus difficile ces derniers jours. La présence proche des légions des morts occupant les esprits, il avait fallu redoubler de prudence sur un terrain difficile. Les rapports des éclaireurs avaient fait état de nombreuses troupes aussi bien sur les flancs qu’au devant de l’armée, et si ceux-ci étaient exacts, la situation devenait toujours plus préoccupante. Les rumeurs commençaient à naître parmi les soldats, l’excitation et l’enthousiasme des premières batailles cédant finalement à la dure réalité et aux peurs que chacun portait en soi. L’attaque portée sur le paladin et les siens n’arrangeait guère le climat qui régnait à présent dans les rangs, et le doute commençait à faire son chemin dans les esprits moins sûrs. D’autres y puisaient une énergie nouvelle, cette froide détermination qui ne naît qu’au coeur des grandes batailles, cette certitude que l’on défend une cause pour laquelle on est prêt à risquer sa vie. Les escarmouches se faisaient plus fréquentes, sans pour autant qu’une véritable bataille n’éclate, laissant une impression constante d’oppression…

Repoussant du bouclier un premier adversaire, elle fit un tour sur elle-même, faisait décrire un arc à sa lame qui trancha net le cou de sa victime. Le zombie s’écroula lentement, non sans tenter de l’agripper une fois de plus de ses mains. Se dégageant rapidement, la guerrière fit volte-face pour parer une nouvelle attaque, et s’enfonça toujours davantage dans la mêlée, hurlant fort son cri de guerre en l’honneur de Brehan. De tous les cotés résonnèrent des cris lui faisant échos, alors que les combattants rassemblés sous l’Ost de Cymod bataillaient ferme. Au milieu des râles et gémissements des zombies et des morts-vivants, les cris de guerre rappelaient à chacun qu’ils étaient en vie, cette même vie qu’ils avaient choisie de mettre en jeu pour un idéal, une cause, ou simplement par devoir. Le combat ne dura guère, une fois de plus ce n’était qu’une petite troupe de morts-vivants qui avait assailli l’avant-garde de l’armée.

Tessa se jetait dans les batailles, ces rares moments où elle ne doutait plus, où les inquiétantes questions qu’elle se posait n’avaient plus leur place. Là, dans le coeur du combat, elle ressentait cette excitation maintenant si familière, cette joie de combattre. Mais ce n’était pas la seule raison qui l’avait poussée à demander à être placée avec l’avant-garde. Elle ne pouvait chasser de son esprit les visions qu’elle avait eues, aussi elle espérait également pouvoir découvrir au plus vite ce qu'elles cachaient en se plaçant avec l’avant-garde…

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