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Un revenant [Part I]

Par Justine Jellers le 1/6/2002 à 2:01:34 (#1566180)

La matinée débutait et, avec elle, un soleil timide peinait à surpasser les derniers vestiges de la brume nocturne qui lavait le paysage de pierre et de bois. La capitale semblait encore endormie et rares étaient les aventuriers ou les résidants de la ville qui surgissaient du brouillard pour disparaître aussitôt vers quelque affaire. Un calme déroutant régnait en ces lieux, prélude à une activité débordante qui, les habitués de cette cité ne l'ignoraient en rien, n'allait pas tarder à envahir CielArgent.

Aux abords du château, dont les tours s'élevaient par-delà le ciel disait-on dans des contes enfantins originaires de contrées lointaines, surgit des volutes de brouillard un petit museau frémissant dont les longues moustaches fouillaient les environs à la recherche de la moindre trace d'une présence étrangère. Rassuré, le rat émit un petit cri et fut rejoint par deux de ses congénères. Ce fut bientôt un concert de couinements, une conversation animée ayant vraisenblablement pris forme au sein du petit trio. Ce tintinmarre fut interronmu par une voix humaine, sèche mais empreinte d'une certaine lassitude.


- Assez !

Un individu assez grand avançait pesamment, appuyé sur un bâton en bois grossièrement taillé. Il était vêtu de haillons crasseux et un capuchon venait entièrement cacher son visage. Ses pieds n'étaient enveloppées que de chausses en toile presque entièrement recouvertes de terre et d'une substance pourpre. Visiblement, il boitait, mais ne semblait pas souffrir outre mesure.

- Cela suffit, mes petits compagnons. Je le vois bien que nous sommes arrivés.

Les trois rats baissèrent les oreilles en signe de soumission et chacun observa l'homme. La capuche de ce dernier oscilla de droite à gauche puis se leva sur les remparts du château pour enfin revenir droit devant.

- Etrange nom que celui de ce royaume... Lune d'Or. J'aurais aimé rencontrer ceux qui l'ont fondé pour connaître leurs motivations. L'esprit humain est si tortueux parfois...

L'homme se mit à marcher lentement dans les rues, s'appuyant toujours sur sa canne noueuse. Ses pensées continuaient de sortir à voix haute, comme si leur expression lui permettait de se libérer d'un poids devenu trop lourd à porter. A sa suite, les rats, nerveux, avançaient en zigzagant, se dressant parfois sur leurs pattes pour humer l'air.

- Voilà donc CielArgent. Un bien belle ville...

Ses pas le menèrent au temple, bâtisse gigantesque à la gloire d'Arthek, dieu miséricordieux s'il en est, comptant parmi ses troupes de fervents adeptes prêts à tout. Les souvenirs des innombrables attaques perpétrées sur la place juxtaposant le temple assaillirent l'homme et provoquèrent en lui un tremblement incontrôlable. Ses trois compagnons cessèrent tout à coup leurs bruits suraigues. Voilà des mois que l'homme n'avait plus ressenti ce kaléidoscope d'émotions s'insinuer en lui: la peur, la foi, le courage, la passion, la mort... vaste panel que seul le champ de bataille sur lequel il avait été laissé pour mort surpassait.

Ne l'avait-il pas vraiment été? Mort...

L'homme emplit d'air ses poumons pour se prouver le contraire et mit sa main sur son torse, sentit son coeur battre et se rassènéra. Son dernier souvenir avant le grand trou noir fut l'image de celle qu'il aimait qui le tenait dans ses bras en pleurant.


(Huit mois auparavant).

Il pensait avoir été tué... mais il se réveilla face à cette sombre silhouette. Elle parlait d'une curieuse voix sifflante mais l'homme se souvenait très bien de ce qu'elle lui avait dit, alors qu'il émergeait d'un sommeil sans rêve au milieu de corps décharnés.

- La Maison Grigg n'est plus, de même que ta famille... Ssss... Toutes les terres que tu voies appartiennent maintenant à la Maison Lyrsss... Ssss... Nombreux sssont ceux qui sssont partis... Ssss...

- Et...?

- Celle pour qui ta première pensssée fut en fait partie... Ssss... Elle est maintenant sssur des terres sssituées à au moins mille lieues d'ici... Ssss... Je peux t'en indiquer le chemin mais toi ssseul devra trouver le moyen de l'atteindre... Ssss...

- Qui êtes-vous...?

- Cela n'a point d'importance de sssavoir qui je sssuis... Ssss... Dis-toi que tu as trouvé une bonne âme qui ne sssouhaite qu'une ssseule chose: réunir deux persssonnes trop longtemps ssséparées... Ssss...

Disparue sans laisser la moindre trace, la silhouette ne laissa qu'un parchemin avec, écrits à l'encre rouge, quelques mots dont certains retinrent son attention: 'Royaume de la Lune d'Or' et 'Arakas'. Depuis lors, l'homme avait erré pendant des jours, ne reconnaissant plus ces vertes contrées où, petit, il avait aimé courir et s'amuser. Les choses toujours changeaient, c'était un fait immuable, mais jamais il n'avait envisagé une métamorphose si radicale qu'il ne pourrait plus distinguer la mondre similitude avec ce que sa mémoire enfantine lui montrait. Personne ne lui adressa un salut, pas même certains partisans de son père qui avaient combattu à ses côtés. Visiblement, il était bel et bien mort pour tous, tombés en ce jour funeste sous les trop nombreux coups de ses ennemis.

Suivant les indications de son étrange interlocuteur, l'homme entreprit de se renseigner sur ce royaume dans les villes et villages qu'il traversait. Mais peu de gens, même les marins, y avaient jamais mis les pieds. Ce ne fut que lorsqu'il rencontra Rignar le Pleutre, capitaine du 'Sans-Visage', dans une auberge enfumé par l'encens, à Port-Tempêtes, qu'il en apprit plus, aidé par les quelques dix-huit bières que celui-ci avait ingurgité.


- C'vieux royaume? 'Sur que j'le connais. J'ai même eu l'plaisir d'rencontrer c'bon Théodore. Un gentilhomme c'ui-là. Pas comme moi...

- Et y retournez-vous prochainement?

- C'est-y pas une coïncidence? J'lève l'ancre dès d'main pour Ciel Argent, la capitale.

Les yeux du capitaine se fendirent soudain et il lança à l'encontre de l'homme un regard suspicieux.

- J'pourrais savoir c'qui vous mène à entreprendre un tel voyage?

- J'y ai là-bas un être cher que je dois rejoindre.

- C'est-y pas beau l'amour!

Et le capitaine partit d'un rire tonitruant qui ne suffit pas à cuvrir le brouhaha de l'auberge. Toute méfiance de sa part semblait avoir disparu, comme si elle n'avait jamais existé.

- J'consentirais bien à vous prendre, jeun'homme, mais mon équipage est au complet et j'n'ai pas pour habitude d'prendre des passagers. C'la dit, si vous m'offriez une bourse bien garnie, je n'dirais peut-être pas non. V'savez, les temps sont durs pour tout l'monde et un p'tite compensation n'a jamais fait d'mal.

- C'est que... je n'ai pas grand chose sur moi.

- Ah... Il sembla déçu. Désolé... Je n'peux rien faire de plus pour vous.

Tandis que le capitaine se levait, l'homme sortit brusquement de ses frusques une rapière dont le pommeau, semblable à du diamant, était finement ciselé et à la lame recouvert dun fourreau d'or et d'argent étincelant. L'homme prit soin de la dissimuler aux regards inquisiteurs des autres clients de l'auberge. La main avide du capitaine en disait long sur l'intérêt qu'il portait à l'arme, mais l'homme la rangea vivement.

- Cela sera assez pour le trajet?

- Affaire conclue, mon jeunôt! Rignar n'a qu'une parole! J't'emmènerais au bout du monde s'il le faut.

- Je vous donnerai l'épée une fois que je serais sûr que vous m'emmènerez là où je souhaite aller.

- Ma foi c't'un bon compromis. Vous embarquerez dès c'soir. En attendant, j'vous offre quelquechose?

- Ce ne serait point de refus.

Quelques heures plus tard, alors que la lune entamait la longue descente qui finirait invariablement par l'arrivée tant attendue du soleil, les deux compères sortirent de l'auberge et s'engagèrent dans les étroites ruelles qui menaient au port où étaient ammaré le 'Sans-Visage' du capitaine Rignar. Celui-ci n'avait cessé de lui parler de ses innombrables voyages et plus particulièrement du royaume de la Lune d'Or, qui intéressait particulièrement son confident d'un soir.

Sous les regards discrets de l'équipage, l'homme monta à bord du navire, un deux-mâts solidement charpenté, mais qui avait visiblement connu des temps meilleurs et le capitaine lui présenta les qurtiers qu'il allait occuper durant les six prochains mois. Pour la première ois depuis qu'il s'était réveillé, l'homme put apercvoir son reflet. La personne qu'il avait en face de lui n'était pas celui qui était resté dans sa mémoire. Il n'y avait rien eu d'étonnant à ce que personne ne l'ai reconnu. Des cheveux longs pendaient misérablement sur ses épaules et une longue barbe filandreuse dissimulait son cou. Des cernes violacés venaient entourer ses yeux vitreux. Ses vêtements n'étaient que haillons. Comment Rignar avait-il daigné lui adresser la parole?


- Laissez-moi seul, capitaine!

- Et... pour le paiement?

- Je vous ai dit que vous auriez l'épée une fois que je serais sûr que vous ne pourrez plus me laisser ici. L'homme observa le port par l'une des vitres de la cabine. Je n'y laisse que des souvenirs et n'ai plus rien à y faire.

- Bien...

Rignar recula vers la porte ouverte de la cabine et s'apprêta à la fermer derrière lui quand l'homme reprit la parole.

- Au fait, pourquoi ce surnom? Le Pleutre?

- Oh ça...? Avez-vous entrevu la moindre arme sur mon bâteau?

- Non, en effet...

- C'est qu'il n'y en à pas... ou peu. J'n'aime pas la violence. J'suis un marchand, pas un pirate. Et mon équipage n'a pas vraiment d'formation pour le combat. 'Voyez c'rafiot? Il tapa du plat de la main contre le mur. Il est peut-être un peu usé, mais il file t'jours aussi vite. Il est l'plus rapide d'la côte. Aucun pirate n'a jamais réussi à nous accoster. Mais les mauvaises langues n'hésitent pas à dire que j'suis un couard, d'où cette réputation aussi ridicule qu'infondée.

- Ah...

- Schess m'protège. J'n'ai guère b'soin d'plus.

L'homme parut surpris.

- Seriez-vous un peu druide?

- J'ai passé plus d'temps à explorer les océans et faire du commerce aux quat'vents qu'à étudier dans des livres, mais j'en connais plus que beaucoup de prétendus érudits. Schess n'est qu'un nom qu'les druides donnent à l'esprit qui maîtrisent les vents. Et les dieux savent qu'ils me sont utiles. Alors s'il en est un auquel je m'dois d'faire confiance, c'est bien celui-là. L'nommer l'rend peut-être plus concevable... et puis ça sonne bien.

Sur un dernier sourire, le capitaine referma la porte de la cabine, laissant l'homme seul face à ses pensées...

(A suivre)

Par Ashraam Darken le 1/6/2002 à 2:06:48 (#1566207)

:lit:

:amour: :amour:

Par Marwan Moon le 1/6/2002 à 2:25:45 (#1566299)

:lit:

la suite !! :amour:

Par Azulynn Kissous le 1/6/2002 à 9:54:09 (#1567042)

Ahhh, ça me manquait... :amour:

Par Llenlleawg le 1/6/2002 à 22:48:13 (#1572431)

:chut: :lit:
Excellent début ! J'attends la suite avec impatience.
:merci:

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