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Retour Ă  Trandling - Prologue

Par Dodgee MIP le 17/5/2002 Ă  20:47:03 (#1481407)

------------------ Avertissement-----------------------
Cette réédition, sortie sous la pression des éditeurs, n'a pas pour but d'être une version corrigée et remaniée des premiers écrits. Elle demeure relativement fidèle à la première mouture, avec toutefois quelques corrections orthographiques. Elle ne constitue en aucun cas la version finale qui sera retravaillée avant l'édition
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- Index -

Dans l'air flotte une odeur pestilentielle, mélange de sueur acre et d'effluves empoisonnés, de sang peut être.
"- Viens, cela suffit... Si tu le tues maintenant, qui pourras-tu effrayer lors de notre prochain passage?" La première voix est rauque, gutturale à en écorcher les mots, inhumaine.
"- Tu as raison. Il sera encore là, sûrement, à attendre une aumône ou je ne sais quoi. Et je serai aussi généreux qu'aujourd'hui." Et la seconde voix de partir dans un rire bestial.
Un dernier coup de pied dans le corps fébrile au sol, recroquevillé sur lui-même, les bras croisés l'un sur l'autre pour se protéger la tête. Epars, sur le sol, un sac dont le contenu hétéroclite s'est déversé sur l'herbe, un bâton de marche aux extrémités ferrées, et un bouclier qui ressemble à un couvercle de marmite. L'homme entend les rires s'éloigner, le bruissement des ailes membraneuses se confondre avec le vent qui court d'arbre en arbre comme l'écho du hurlement qui accompagne partout les Serviteurs du Dieu de la Destruction.
Reprenant son souffle, il reste encore de longues minutes replié sur lui-même, comme pour laisser refluer la douleur, et le souvenir de la rencontre. Lentement, l'homme s'assoit, et masse ses membres engourdis par les coups. Son visage jeune est recouvert de saletés et de poussières, mais sous la crasse se devine la pâleur de son teint. Ses cheveux blonds sont courts et désordonnés, entremêlés de feuilles et de brindilles. A l'endroit où un jour des yeux gris riaient encore, il n'y a plus que de la peau, comme s'il était né sans ses globes oculaires. L'homme est aveugle.
Plus loin, derrière les derniers hauts arbres de la forêt sombre et par-dessus leur chapiteau de verdure, se dressent deux immenses obélisques qui semblent figurer un portail gigantesque, et marquer l'endroit d'un événement improbable et magique. Pourtant, par delà les deux piliers, il n'y a qu'une courte plaine herbeuse, puis une étendue d'eau perpétuellement recouverte de brume. Le lac, quel que soit le temps, ne semble jamais dévoiler la rive opposée. Les lambeaux gris aux abords de l'eau se font plus opaques au fur et à mesure de l'avancée, et vers le centre forment un mur presque solide, au point d'occulter la lumière du soleil. Aucune barque n'est visible, et bien courageux serait le nageur qui s'aventurerait dans l'eau noire et lisse, presque huileuse.
Dès son arrivée en ces lieux, l'homme a su que l'objet de ses recherches se trouvait au-delà de cette porte incongrue. Mais aujourd'hui, il se rend compte à quel point son but est inaccessible.
"C'est peine perdue" se dit-il. "Je n'y arriverais pas. Personne ne viendra me mettre sur la voie."
Cela fait bientôt un an qu'il parcourt l'île maudite, et pas plus que dans la crypte royale de Raven's Dust, il n'a obtenu d'indices sur le nécromancien Limish. Gagnant Stoneheim, il a espéré trouver des réponses auprès de l'Oracle. Mais il n'a pas su atteindre non plus cet être énigmatique, malgré les nombreuses rumeurs qui circulent à son sujet tant à l'auberge des Aventuriers qu'au temple d'Artherk. Et pire encore, depuis qu'il a perdu la vue, il lui est impossible de mener une recherche seul.
"- Galadorn, tout va bien?" Cette fois ci, le timbre est délicieusement frêle, et bien loin de sursauter, le jeune aveugle esquisse un pale sourire en reconnaissant le propriétaire de la voix fluette.
"- Bonjour Bastien... Oui, ça va." Il hésite, puis réalisant la pagaille que le garçon doit avoir devant les yeux, il ajoute, un peu honteux du spectacle qu'il offre: "Plus de peur que de mal...". A quatre pattes et à tâtons, l'homme se met à rassembler ses affaires.
"- Je vais t'aider."
Bientôt, le sac est de nouveau plein, mis à part quelques fioles brisées, et Galadorn est assis le dos contre un arbre, avec à ses cotés un garçon aux yeux malicieux.
"- Merci beaucoup."
"- De rien. Tu sais qui ils Ă©taient?" demande Bastien.
"- Non, c'était des Servants d'Ogrimar que je n'ai jamais rencontré."
L'homme et l'enfant ont fait connaissance au château du seigneur Beltigan, après s'être heurtés violemment au détour d'un couloir. Galadorn se rendait à la bibliothèque pour poser des questions tandis que le garçon tentait d'attraper un petit chien. Le premier aveugle, le second le nez par terre, la rencontre avait été rude pour les deux.
Une fois remis du choc, le serveur avait calmé le chiot apeuré et aidé le garçon à s'en faire un ami, et l'enfant lui avait parlé de la demi-Séraphe Glaenshenmilandira, sa mère.
De fil en aiguille, ils en étaient venus à parler de l'Oracle et des Porteurs de Lumière.
"- Je te l'avais bien dit que ça ne servirait à rien de t'emmener ici. Seul les puissants peuvent pénétrer dans la Citadelle." lance le garçon, les yeux dirigés vers les brumes qui dissimulent le Coeur du Destin.
"- Oui, je m'en rends compte maintenant. J'espérais... Je ne sais quoi. Peut être un miracle." dit Galadorn doucement.
"- Bah... Je te vois mal passer les Ă©preuves, tu sais."
"- Le vieil homme que j'ai croisé à l'auberge m'avait affirmé qu'il existait bien des chemins pour arriver à l'Oracle, et qu'il revêtait une apparence différente pour chacun de ses visiteurs. Ses paroles avaient l'accent de la vérité... Je pensais que l'Oracle me permettrait de le rencontrer."
"- Il faut croire que non. Cela fait une semaine que tu attends que quelqu'un te fasse entrer, tantôt sous les quolibets et les moqueries, tantôt sous les regards bienveillants et peinés."
Galadorn ne répond pas, et le garçon continue, meublant le silence.
"Il te reste assez à manger? Tu veux que je te ramène quelque chose du château?".
"- Non merci, je vais rentrer au Kulgan's bar. Je crois que je n'ai plus rien Ă  faire ici."
L'amertume se lit sur ses traits, et ses épaules sont affaissées. L'enfant le remarque et essaie de donner plus d'enthousiasme et d'indignation dans sa voix.
"- C'est quand mĂŞme incroyable qu'aucun SĂ©raphin ne t'ait conduit Ă  lui!"
"- Pas tant que ça. Ils savent que je ne cherche pas l'Oracle pour les aider dans leur lutte contre la Liche... Ma question est égoïste, et la bataille qui les attend occupe toute leur attention."
"- Tout de mĂŞme!!"
"- Tu sais, Bastien, je ne suis même pas sur qu'ils en aient le droit ou le pouvoir. Ta mère m'a mis en garde de toute manière. Je suis content que les Séraphes n'attachent pas plus d'importance à un serveur d'auberge que ça..." dit il en se tâtant les cotes, une grimace sur le visage.
"J'ai entendu dire que certains Servants d'Ogrimar s'en prendraient aux Porteurs de Lumière qui tentent de rallier les armées d'Artherk, malgré la trêve qui existe entre les deux Dieux. Et Torgas à l'auberge m'a révélé que plusieurs Héros accomplissant la quête avaient été retrouvés morts de façon suspecte, leurs cadavres portaient des stigmates de magie noire. Tu imagines ce que ces démons m'auraient fait s'ils avaient su que je cherchais à pénétrer dans la Citadelle?"
Le garçon reste silencieux.
" Non, j'abandonne. Je vais rentrer, et essayer de vivre les jours, les mois, les années qu'il me reste avec cette ombre dans mon coeur."
Le jeune homme soupire puis poursuit d'une voix Ă  peine audible, plus pour lui-mĂŞme que pour l'enfant.
" Après avoir tant recherché et espéré de cette rencontre avec l'Oracle, il y a une semaine j'avais commencé à imaginer toutes les possibilités... A vivre enfin libéré de tout soucis pour mes proches et ceux que j'aime, j'aurais pu demander la main de Diona, repartir chez moi a Ejhin, raconter à mes parents si fiers les aventures qui me sont arrivés depuis ce triste naufrage... Tout cela, sans craindre qu'un jour, devenu l'instrument du nécromancien, je ne cause douleur et tristesse autour de moi.
Je réalise à présent que je me suis bercé d'illusions, et que cet avenir joyeux m'est interdit. Je porte la Marque de Limish. Maintenant et pour toujours."
Alors que Galadorn, amer, s'aide du tronc pour se mettre debout, le garçon toujours assis lève ses yeux clairs vers le serveur et lui dit, du ton de ces enfants qui savent déjà tout de la vie sans l'avoir vécu, si sérieux et empreints qu'ils sont de cette certitude qui ne souffre aucune réplique.
"- Galadorn, il faut que tu gardes espoir. Ma mère m'a dit que l'amour triomphe toujours à la fin.
Ma mère ne se trompe jamais."

(par Galadorn)

Par Delorfilia le 17/5/2002 Ă  22:55:18 (#1482226)

Merci beaucoup Dodgee, il faudra penser à dire à Galadorn de rééditer son index avec les nouveaux threads :)

Par Conrad McLeod le 17/5/2002 Ă  23:47:11 (#1482477)

Ca va me permettre de remettre quelques chapitres qui avaient disparus dans les rayonnages de la Bibliothèque... Un sacré boulot en perspective.

Par Galadorn le 17/5/2002 Ă  23:55:32 (#1482522)

*donne une grande claque dans le dos de Supermodo*
Allez hop au boulot! Go go go!

:D

Par Llenlleawg le 18/5/2002 Ă  0:59:44 (#1482771)

:merci: pour la réédition du prologue
j'espère que celle des premiers épisodes suivra afin de me permettre de rattraper mon retard.

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