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Sharra.

Par Lisèn le 30/3/2002 à 15:41:30 (#1199848)

Le soleil se coucha baignant ainsi la ville de Silversky d’une lumière ocre.
La vie dans les rues se fait moins intense. On entend le cri des mères rappelant leur enfant pour aller prendre leur dernier repas avant un sommeil réparateur. Les marchands ferment leur échoppe.
L’air dans la ville est lourd. Malgré la fraîcheur du printemps, un vent chaud s’est levé venant du désert et chargé de fin grain de sable… Une odeur sortant des cuisines du Roy se mêle à cet air chaud, le rendant enivrant.
Des bruits d’armures se font entendre, des pas lourds sur les pavés… La Garde du Vicomte faisait sa ronde. La fontaine majestueuse au milieu de la ville, prenait des couleurs dorées. De l’or, la teinte que prenait l’eau au coucher du soleil ressemblerai à s’y méprendre à de l’or. On n’entendait plus que le doux bruit de l’eau, une musique apaisante pour les oreilles.
Des guerriers accompagnés d’un mage et d’une archère pénétrèrent dans l’auberge. Ils prirent place dans une table au coin de l’auberge. Une table qui était fort mal éclairée malgré les chandelles et la cheminée toute proche. Le groupe d’aventurier demanda trois chambres et passa commande : des chopes de bières pour les quatre guerriers, un vin chaud pour le mage et un verre de vin blanc pour la jeune femme. A ceci, s’ajoutai une antilope, spécialité du chef. Elle était accompagnée de pomme de terre. La viande, mariée à la sauce fondait dans la bouche, un régal pour le palais. Le repas se termina par les récits de leurs périples Des rires gras accompagnèrent les plaisanteries des guerriers. Le mage pris du recul par rapport à la scène et se tapis dans l’obscurité. La femme se leva et se dirigea vers sa chambre. Les regards des hommes présents se tournèrent alors vers elle. Durant la soirée, l’alcool coula d’avantage. Le mage avait regagné sa chambre depuis longtemps sans dire un mot et les histoires de combat féroce contre les diverses créatures peuplant le royaume se changèrent alors en des histoires paillardes. A chaque nouvelle commande de bière, c’était l’occasion pour les hommes présents de passer leurs mains sous les robes des serveuses.
Théa, et la nouvelle serveuse, Sharra s’amusaient de ces mâles qui boivent pour montrer leur virilité. Un jeu de séduction se faisait où le seul but était de faire boire davantage ses hommes sans aucun respect pour leur retirer plus d’or.

Par - Sharra - le 30/3/2002 à 15:42:30 (#1199854)

Il est tard, le soleil se couche marquant ainsi le retour des activités pour l’auberge. Le travail est certes dur, mais il est fort plaisant. Je me souviens encore de la première fois où j’ai rencontré cette femme et de la façon dont j’ai eu mon travail ici. J’en remercie encore la déesse qui veille sur moi et cette femme pour sa gentillesse malgré le masque qu’elle semble vouloir porter. Tout ça, parce que mon estomac n’a pas pu résister à l’appel d’un bon dîner. Le cuisinier de l’auberge, certes un peu brutal, possède un don dans l’art de faire la cuisine. L’odeur qui dégage des cuisines et un appel au vol qu’on ait faim ou pas.
Je me souviens encore de chaque détail qui encore me font sourire.
Ce jour ci, c’était le début de la saison où les premiers bourgeons poussent, l’odeur qui s’échappai des cuisines était encore plus enivrante. Ne pouvant lutter cette fois à l’appel de mon ventre n’ayant pas manger depuis déjà quelques jours, je suis entrée dans l’auberge sans m’en apercevoir. J’ai passé commande sachant fortement que je n’avais pas d’or sur moi pour m’offrir un tel repas. C’est Théa qui est venue me voir et qui a pris commande. Cette femme état assise dans la table du coin, mais je ne sais pourquoi, je ne l’avais pas remarqué à mon arrivée. Je posa mon arc le plus naturellement et mon carquois prés de moi.
Cette odeur devenait de plus en plus grisante. J’en salivai presque. Je sortis alors de ma poche un petit livre rouge qui m’avait été offert par un charmant messire et me remis à le lire. Mes pensées étaient plutôt pour le gigot qui marinait dans la marmite que pour les choses intéressantes qui se trouvaient dans ses pages. La porte s’ouvrit. Une femme avec des ailes blanches entra et se dirigea alors vers cette table. La où se tenait la gérante de l’auberge que je n’avais pas vue. Il faisait sombre à ce coin de l’auberge malgré que la lumière du jour traversait les fenêtres… Je regarda alors cette femme et attendit que mes yeux se fassent à cette obscurité. Elle me fixait à son tour. Une éternité ou bien un court moment se passa ainsi. Un bruit se fit alors entendre sur ma table. Effrayée, je me retourna pour voir la cause de ce bruit. Cette l’assiette apportée par la serveuse. Elle me souhaita un bon appétit et je lui répondit par un sourire. Je me retourna une encore une fois vers la femme et son visage avait changé : elle me souriait. Elle me fit un signe de tête, et je me retourna prestement vers mon assiette un peu gênée.
Je mangea à ma faim tout en prenant mon temps pour repousser le moment où je devrais payer. Mon esprit essayait de trouver un moyen pour que je puisse fuir sans payer. Un vol, j’allais faire mon premier vol. Moi qui n’aimais pas cette pratique et qui ne l’apprécie toujours pas. Mais je n’avais pas le choix. L’auberge, mis à part la serveuse, la gérante et son amie ainsi que le cuisinier était déserte. La seule solution était de courir.
J’appela de nouveau la serveuse et je lui demanda alors un verre de vin blanc. Elle s’en alla le chercher. Je jeta un rapide coup d’œil en arrière pour voir si les deux femmes me regardaient. Toutes les deux étaient occupées et ne me prêtaient aucune attention. Je pris discrètement mon arc et mon carquois et je courus aussi vite que mes jambes me le permettaient à la porte de l’auberge. La séraphin aurait pu très bien me retenir, mais l’autre femme l’avait alors retenue. Une aubaine pour moi. Je sortis de l’auberge, et je me dirigea alors vers la fontaine pour regagner l’autre sortie de la ville. Et je la vis. Elle venait juste d’apparaître devant mes yeux. Surpris, je tomba à terre. Elle se rapprocha de moi et me tendit la main. Je fut de nouveau surprise. Elle me sourit. Dépitée, je me releva aidée de cette main.

« Je suppose que vous n’avez pas d’argent sur vous… »
Je baissa la tête et la secoua pour dire non.

« Regardez moi je vous prie »
Je m’exécuta. Je releva lentement la tête les yeux commençant à se remplir de larmes.
« Je suis désolée Dame, sincèrement désolée. Je regrette mon geste …
_ Et croyais vous que parce que vous regrettez votre geste, ceci vous permet d’être excusée ? »
Des mots durs pour moi qui me firent mal. J’étais sincèrement désolée pour le crime que j’avais commis.
« Suivez-moi » me dit-elle.
Je lui obéis. Elle pousse la porte de l’auberge et m’y fait entrer.
La séraphin était toujours présente, elle n’avait pas bougé. La femme me débarrassa de mon arc et de mon carquois.

« Vous allez aider Théa à faire le ménage dans cette pièce et les cuisines. Ensuite, vous pourrez partir. »
Elle s’en retourna voir son amie.
Je ne dit aucun mot, et j’alla rejoindre la serveuse. Je fit ce que la femme m’avait dit de faire. Et même plus. Je voulais montrer mes excuses et me faire pardonner de ce geste. Mais durant que je travaillai dans la grande salle à manger, elle ne me jeta aucun regard pour vérifier mon travail. Je m’appliquai à la tâche, passant plus de temps qu’il n’en aurait fallu. Trois heures se sont écoulées. Trois heures où je travaillai pour faire pardonner ce geste.
Quand j’eu fini, elle me rendit mon arc et mes flèches. Je m’en alla la tête basse. Elle ne m’avait rien dit, enfin, les mots que j’aurais voulut entendre et qui aurait fait que mon geste soit pardonné…

« Excusez moi ! »
Mon cœur s’accéléra, qu’avais donc fait ?


« Quel est votre nom jeune fille ? »
Je me retourna lentement et baissa la tête.
« Sharra , je m’appelle Sharra Dame…
_ Je vous ai déjà dit de lever la tête. Un si beau visage ne doit pas être cachée. »
Elle me sourit. Je me sentais gênée.

« Théa a besoin d’aide, cella vous plairait il de travailler ici ? »
Je n’en croyais pas mes oreilles, elle me demandai si je voulais travailler pour elle. Elle était satisfaite du travail que j’avais fait. Elle me sourit et je lui rendit un sourire maladroit.
« Bien, vous serez bien sur payée. Vous dormirez ici si vous n’avez nul part où dormir. »


La porte s’ouvre et un groupe d’aventuriers pénètre dans l’auberge. Je sort de mes rêveries. Le début des activités de la soirée vont commencer. Je suis heureuse d’avoir rencontré cette femme, Lisèn.

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