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Récits et Poêmes d'un rongeur...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:20:41 (#3031854)

cool je connaissais pas ce forum moi =)

Allez hop, je pose l'intégralité de mes textes ici =)

Aux Portes de la Bataille

Ton épée de fer forgée,
A ton bras un écu,
Paré à tuer,
Jusqu'à ce que tu n'en puisse plus...
Les mages derrière toi,
Les druides √† tes c√īt√©s,
S'agitent et lèvent les bras,
En toi la force tu sens affluer...
Des armures belles et dorées,
Sur la plaine fleurie,
S'alignent par millier,
Prêtes pour la grande tuerie...

Les Barbares ont sorti,
Leurs haches aiguisées,
Et poussent de grands cris,
Ne voyant l'ennemi arriver...

Les Paladins magnifiques,
A genoux sous la pluie,
Murmurent en langue Elfique,
Mais chacun sait qu'ils prient...

Les Hobbit aux pieds poilus,
Sont sortis de leurs vallées,
Ils attendent le Dieu déchu,
En contemplant les vertes forêts...

Les Mages cagoulés,
Lancent des formules magiques,
D'une aura ils sont entourés,
Puisse-t-elle leur être bénéfique...

Les Rangers dans la forêt,
Guette l'arrivée de l'ennemi,
Les animaux sont rentrés,
Se terrer dans leur logis...

Sur la plaine fleurie,
Les armées sont stressées,
Les Rois sont là aussi,
Ils tentent de les rassurer...

T'as mal au dos,
T'as mal aux bras,
Ici il ne fait point beau,
Et ton armure pèse sur toi,
Un rugissement arrive au galop,
Enfin Berto, te voilà !

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:23:31 (#3031866)

Ode à Quellious

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...
Depuis que mon village j'ai quitté,
Vivre en paix je désirais,
Les contrées arpenter,
Les créatures rencontrer.
Mais je n'ai croisé
Que la haine, la cupidité
Vers un nouveau dieu je me suis tourné,
Oui, la monnaie j'ai déifié.
√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

Les créatures j'ai tué,
Les monstres j'ai pourchassé,
Les animaux j'ai traqué,
Pour de l'argent amasser.
Un Roi s'est montré,
Ses Chevaliers m'ont aidé,
Ses mages m'ont guidé,
Mais la guerre il pr√īnait.

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

Les Dieux contre moi courroucés,
Sur ma route ont tracé,
La guerre, la haine, le danger,
Je ne pouvais plus reculer.
Dans mes mains ils ont posé
Une épée, un bouclier,
Sur mes épaules ils ont posé,
Un heaume de métal forgé.

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

Je les ai écouté,
J'ai frappé, j'ai traqué,
J'ai suivi, j'ai pourchassé,
Les créatures j'ai tué.
Au fond de moi, je me rebellais,
Contre cette haine que j'engendrais,
Mais pourtant je ne pouvais,
m'arrêter et camper.

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

Dans les tavernes je suis entré,
Mais seuls des barbares festoyaient.
Dans les temple je suis allé,
Mais seuls les fanatiques prêchaient.
Dans les ruelles j'ai erré,
Mais seuls les assassins se tapissaient.
Dans les bois je suis passé,
Mais seuls les traqueur chassaient.

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

De Odus à Faydwer je suis allé,
Erudin j'ai visité,
Dans Qeynos j'ai guidé,
A Halas je me suis aventuré,
A Freeport j'ai erré,
Sur l'Ocean je me suis engagé,
Kaladim de loin j'ai contemplé,
Et à Karana je suis rentré.

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

O√Ļ que j'aille je n'ai trouv√©
Une once de tranquillité
La paix j'ai rêvé
Mais seule la haine j'ai croisé.
Un jour je trouverai
Un havre ou règne la paix
Mes amis j'y emmènerai
En harmonie sera ces contrées.

√Ē, Quellious, pourras-tu me pardonner ?
La tranquillité tu souhaitais,
Mais je n'ai pas écouté...

En attendant un seul ennemi j'ai trouvé
Je n'aurai de cesse de le traquer
Le pourchasser, le courser,
De loin le contempler,
Me demandant si jamais
A l'avoir je parviendrai,
Car il ne cesse de reculer,
L'Horizon il est nommé.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:25:07 (#3031875)

Alors que j'étais seul, je les ai aperçus,
Toute la journée, j'avais fièrement combattu,
Des hordes de Orcs, qui nous avaient attaqué,
Avec de preux compagnons, nous les avions repoussés...
Alors que j'étais seul, je les ai aperçus,
Je m'étais écarté, heureux mais fourbu,
Cherchant un peu de repos, sur le doux rivage,
Je les ai rencontr√©, √Ē heureux pr√©sage...
Alors que j'étais seul, je les ai aperçus,
Tout comme nous ils s'étaient battus,
Pour sauver Freeport de l'odieux agresseur,
Ils avaient mis de c√īt√© leurs croyances et leurs peurs...

C'est alors que nous nous sommes regardé,
Un long regard entre nous s'est échangé,
L'un d'entre eux a subitement aboyé,
Ce n'était pas de la colère, il voulait me saluer...

Leur pelage, gris argenté,
Sur lequel se reflétait,
Les rayons du ciel d'été
Etait légèrement souillé,
Du sang des Orcs tombés,
Montrant ainsi par là,
Leur puissance et leur fierté...

Ce soir là, à la nuit tombante,
Alors que mon épée était encore vibrante,
Des coups répétés de la journée,
J'ai croisé des loups au pelage argenté...

Je n'attend pas de toi, √Ē Noble Seigneur
Des louanges sur ce poème, que j'écrivis avec mon coeur,
Juste un peu de respect pour l'Oeuvre de Tunare,
Sa végétation, ses créatures, et tout ce qui compose son Art,
Juste un peu d'amitié et d'amour pour les loups,
Et non pas de l'animosité ou même du courroux.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:26:27 (#3031880)

Lassitude...

Il était las, las de cette haine et de cette guerre omniprésente, las de
devoir combattre pour survivre, de devoir combattre pour repousser la Mal et
le Chaos.
Il aspirait à la paix, au bonheur, c'est d'ailleurs pourquoi il s'était
engagé dans ce combat contre l'Obscur, mais maintenant il comprenait que ce
combat n'aboutirait à rien, rien de plus que de batailles interminables ou
la seule issue est la mort, sa mort ou même pire : la mort de ceux qu'on
aime.

Alors il s'était isolé, de tous, loin des combats, loin des hommes. Il
vivait reclus dans la forêt, ne dormant plus de peur de revoir la mort de ses
amis en cauchemar, ne mangeant plus, ne buvant plus... Il n'avait pour seul
compagnon qu'une simple balisette à cinq cordes, sur laquelle il composait
sonates et chansons lui faisant oublier ce qu'il était... Il ne se
nourrissait que de musiques et de champs, qu'il composait lui même, se
lançant parfois dans des poèmes épiques qu'il trouvait plat et creux, après
les avoir r√©citait, mais qui aurait fait p√Ęmer les plus grands po√®tes du
royaume et fait rosir plus d'une paire de joues de damoiselles... Il
gambadait en chantant, riant de sa nouvelle condition, s'arrêtant sous un
arbre propice à l'inspiration ou auprès du ruisseau traversant la forêt...
Il ne voyait ni n'entendait les voyageurs qui, curieux d'entendre de la
musique en cette forêt, s'écartaient du sentier pour contempler ce
ménestrel, croyant voir en lui le Dieu du Verbe et des Mots. Mais il n'était
qu'un homme, avide de chanter et heureux de voir que les animaux
appréciaient ses chansons et ses poésies... Heureux d'être loin du fracas
des armes, du bruit de l'acier contre l'acier... Heureux d'être loin de la
cour o√Ļ il ne se passait rien mis √† part de vagues rumeurs qui circulait de
bouches à oreilles et de compliments creux qui sonnaient faux que les plus
l√Ęches dispensaient aux plus puissants.

Non, il était heureux, seul avec sa balisette, sans se soucier de ces
Voyageurs qui voyaient en lui un grand poète, sans se soucier de ce qu'il
adviendra le lendemain...
(...)

Le Sage était las, las... Le poids des années pesaient lourds sur ses frêles
épaules qui avaient été jadis celle d'un guerrier...

Il avait cru tout voir, tout ce que proposait la Vie mais en lui il savait
qu'il n'avait rien vu, du moins qu'une parcelle du monde. Il avait servi des
Rois, des Empereurs, combattu contre des hordes sauvages, découvert des
contrées inconnues, fait la cour aux plus grandes Dames de ce monde, dompté
des animaux sauvages, traversé des océans pourtant maintenant il était las,
trop vieux pour continuer ses folles aventures, et puis la contemplation et
le travail avait un go√Ľt autrement meilleur que celui du combat... C'est
pourquoi depuis de nombreuses années il passait le clair de son temps en
reclus dans une forêt, découvrant les joies de la musique, de la poésie, de
la méditation, de la symbiose avec les Dieux... Tout ceci avait fait de lui
non pas une machine de guerre ou un valeureux voyageur, mais un esprit pur
et droit conscient de la nature profonde du monde et du respect d√Ľ aux
Dieux...

Au dessus de sa tête se répandaient les branches d'un magnifique acacia à
l'ombre duquel il venait souvent méditer et qui représentait la puissance de
la nature et sa force infinie...

Aujourd'hui ce n'était pas une méditation profonde qui le gagnait, mais une
nostalgie quant à sa vie passée, à tout ce qu'il avait effectué, aux
compagnons de toutes races qu'il avait rencontré...

Le Sage ferma les yeux et parti pour son dernier voyage, celui dont on ne
revenait pas, avec un sourire aux lèvres...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:27:23 (#3031887)

Agonie

Il agonisait.
Il agonisait, loin des yeux de tous, au beau milieu d'une prairie d'un pays
qui n'était pas le sien.
Il agonisait et seul les vautours s'intéressaient à lui.
Il était là, pleurant dans une flaque faite de son sang, il pleurait la
guerre, il pleurait la haine, il pleurait les Dieux qui avait fait de lui un
homme et qui aurait mieux fait de créer une belle créature de plus telle une
licorne, une biche, un loup, un ours ou un aigle au lieu d'un Humain en
proie au conflit perpétuel avec d'autres nations.
La blessure √† son c√īt√© √©tait mortelle et pr√©sentement douloureuse mais la
tristesse lui servait de morphine si bien qu'il ne sentait pas la
souffrance, bien qu'il ne pouvait plus se lever ou faire un quelconque
mouvement.
Alors il pleurait, lui, un guerrier √† qui des ma√ģtres avaient confi√© de
belles épées, un bel arc, une belle armure, un guerrier qui s'était sans
cesse battu pour la lumière et le bien, il était maintenant qu'un futur
corps sur la plaine, contraint de pleurer jusqu'à ce que la Dame Noire
vienne le prendre.
Les larmes étaient une plus grande souffrance que ce trou béant en lui qui
lui retirait petit à petit les quelques parcelles de vie qui lui restait,
pourtant il ne pouvait empêcher la vie de le fuir et les larmes de couler.
Il avait beau crier à l'aide, personne n'était là pour l'aider, pour le
soigner.
Pas un Druide pour guérir son corps,
Pas un Clerc pour gu√©rir son √Ęme,
Pas une Enchanteresse pour guérir son coeur.
Alors il mourait, seul, attendant la délivrance qui le mènerait au cieux,
prés de ses Dieux... Ses Dieux qui l'avaient quitté en plein coeur du
combat, qui n'avaient pas empêché cette lame de s'enfoncer en lui et qui
n'avaient pas protégé leur fidèle. Ces Dieux auxquels il sacrifiait, ces
Dieux qu'il priait l'avaient abandonné et il se retrouvait seul.
Pas un compagnon d'arme pour soutenir sa tête, pas une seule Dame à qui dire
qu'il était ravi de s'éteindre avec pour dernière image un visage
enchanteur, pas une √Ęme qui vive pour le voir crever. Crevait, oui il
crevait, comme un chien qui agonise et non comme un guerrier ni même comme
un mendiant qui un matin ne se réveille pas, emporté par le froid de la
nuit, non il crevait comme seuls la plupart des animaux meurent : sans
dignité et seul.
De toute façon ce n'était qu'un petit guerrier, indigne des plus grands Rois
ou des Héros, pourtant... Pourtant il aurait peut-être pu en devenir un, un
héros, si les Dieux l'avaient protégé, si la chance lui avait souri... Mais
il n'était pas un héros, et encore moins un Roi. De toute façon il n'avait
pas l'étoffe d'un roi et celle d'un piètre héros... Mais il avait un bijou
digne d'un roi, mince bandeau √† son front o√Ļ √©tait sertie une pierre bleue
profond, cachée sous la chevelure... C'était une pierre magnifique, on
pouvait voir au travers un Désert, fait de dunes de sables à perte de vue...
Cette pierre était l'unique relique sacrée vouée à un Dieu inconnu et rejeté
par tous... Pourtant le guerrier agonisant en était le dépositaire et il
mourait...

La Vie l'abandonnait, il cessa de gémir sans toutefois s'arrêter de pleurer,
sa respiration se fit plus lente.
Il soupira :
"Je n'ai pas été digne, RisWààq"..."
Puis, il ferma les yeux et s'éteignit dans le froid de l'automne, au beau
milieu de la plaine. A son front la pierre étincela d'un feu flamboyant,
illuminant le corps inerte. Malgré la mort du guerrier, le culte du Dieu
inconnu et rejeté ne s'éteindrait pas.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:28:03 (#3031891)

Glacé, gelé, frigorifié

Je suis dans un désert, mais un désert glacé,
La neige crisse, doucement sous mes pieds,
Tout est recouvert d'un manteau blanc,
Uni, infini, pur et éclatant...
Le désert de sable était loin maintenant,
Et dans ce désert de glaces, j'allais de l'avant,
Le froid était partout, me pénétrant, me mordant,
Et dans cette immensité, je fermais les yeux un instant...

J'étais loin de tout, du désert, de mes amis,
Mais dans ce nouveau lieu, je reprenais go√Ľt √† la vie,
Il est en moi, je suis en lui, ce havre de froideur,
Et dans un élan de joie, j'y retrouve le bonheur...

Mon esprit est au coeur des glaces,
Mais mon coeur est en feu,
Si un ennemi me terrasse,
Je saurai que j'ai vécu heureux...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:28:46 (#3031897)

La Chanson du Guerrier Chanteur

Bien s√Ľr, je pourrais vous conter,
L'Histoire d'un Roi, du Dragon ou d'un Chevalier,
Mais ces histoires n'ont que trop duré,
Aujourd'hui ce sera celle d'un petit guerrier...
Un petit guerrier, comme on en voyait tant,
Hardi et téméraire, mais farouche combattant,
Grand Ténébreux, selon ses amis,
Epée tranchante, selon ses ennemis...
On en dénombrait comme lui des milliers,
Si on se promenait dans les obscurs contrées,
Traquant sans rel√Ęche les ennemis,
Rien ne différenciait des autres celui-ci...

Jusqu'au jour o√Ļ tout bascula,
A la merci d'un loup il tomba,
Cependant l'animal ne voulut pas de sa vie,
Au grand plaisir du guerrier, tout ravi...

Cette rencontre le transforma,
Durant de longues heures il médita,
Songeant à cette créature qui l'avait épargnée,
Symbole de la nature et de sa générosité...

Après ces pensées, pures mais profondes,
Qui pourrait passer pour étranges, pour un guerrier de ce monde,
Il se consacra à l'aide des autres, et à leur bonheur,
Mettant dans cette aide autant de coeur que d'ardeur...

Il n'abandonna bien s√Ľr pas les combats,
D'ailleurs vous pourriez le croiser un jour ici bas,
Il se voua aux chants et à la poésie,
Récitant des vers en trucidant des ennemis...

Si un jour vous croisez, un fou armé de deux épées,
Ne vous en faites pas, il est inutile de vous alarmer,
C'est juste ce guerrier-là dont les Dieux guident le bras,
Qui ne peut cesser de chanter, durant les combats...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:29:40 (#3031905)

J'attends

Un jour, je le sais, elle viendra,
Toute de noir et de blanc vêtue,
Ce sera le jour de mon dernier combat,
De celui o√Ļ j'aurai √©t√© vaincu...
Alors elle m'emmènera là-haut,
Au paradis des guerriers, des héros,
J'aspirerai alors au repos et à la paix,
Mais pourtant resterai tourmenté...
Seul, dans ce paradis blanc et mielleux,
Qu'aurais-je pu espérer de plus merveilleux ?
Mais je suis seul, seul et isolé,
Mais il manque quelqu'un √† mes c√īt√©s...

Alors ce Paradis sera un enfer,
Tous ces anges ne seront que p√Ęles lumi√®res,
Certains pensent qu'une fois là-haut,
Je pourrai chanter indéfiniment, nul besoin de repos,

Mais ils se trompent amèrement,
Là-haut qu'est-ce que je fais ? j'attends.
En position de méditation, je ne bouge pas,
Je n'attend qu'une seule chose : toi.

Et j'attendrai, indéfiniment s'il le faut,
Que vienne enfin le moment de ton dernier repos,
Et que tu prenne le même chemin que moi,
J'ouvrirai les portes du Paradis devant toi...

Là-haut je serai ton guide, ton protecteur,
Même si en ce lieu tu ne risque point de malheur,
Nous parcourons les plaines célestes en courant,
Toi apprivoisant les papillons, moi chantant,
Nous nous baignerons dans les lacs sacrés,
Nous traverserons monts et vallées,
Je te parerai des plus beaux atours,
Tu seras ma Lumière, mon Amour,
Et nous vivrons alors éternellement et heureux,
Nous serons deux amants, au pays des Dieux...

En attendant je prie, je chante et je combat,
Attendant impatiemment que survienne mon trépas.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:30:14 (#3031908)

Mon trésor

J'ai traversé monts et vallées,
J'ai rencontré rois et héros,
J'ai admiré des tas d'or, des trésors,
Et même contemplé les bijoux les plus beaux...
Mais à coté de mon joyaux,
Tout ceci n'est ni pur ni beau,
Que des babioles, sans grandes valeurs,
Comparées à sa splendeur...
Au fond d'un bois je l'ai trouvé,
De blanche lumière auréolé,
Il s'offrait à moi, dans sa splendeur,
Et je l'ai admiré tel un voleur...

On pourrait croire que c'est un sceptre, une couronne,
Ou bien une pierre précieuse, grosse comme une pomme,
Mais mon trésor, qui crée chaque jour mon bonheur,
Est encore plus beau qu'un arbre en fleurs...

C'est une chose douce, parfumée,
Aux yeux charmeurs, à la voix de fée,
A la bouche en coeur, aux gestes pleins de douceur,
Belle comme une déesse, l'égale d'une princesse,
Douce comme la caresse du vent, innocente comme une enfant,
De si belles mains, un rire cristallin,
Une chevelure d'or,
La beauté incarnée dans un corps,
De petits pieds léger et coureurs,
Une créature pleine de splendeur,
Et dès que je l'aperçois,
C'est comme si c'était la première fois,
Que s'ouvraient à la lumière du monde mes yeux,
Et dans ces moments là, je ne vénère plus aucun Dieu,
Je ne pense qu'à une seule chose :
Préserver cette Elfe, belle comme une rose,
L'écarter du moindre danger,
Et en l'admirant, me mettre à rêver...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:31:20 (#3031912)

Le chemin continue...

Et la route défile de nouveau, sous mes pieds,
Un jour, peut-être en aurais-je assez,
De me battre, de courir, de frapper, de tuer,
Alors ce jour-là, il sera temps de m'arrêter...
Je trouverai un paradis, ou ne règne que l'été,
J'y construirai un logis, un foyer, un chalet,
Seul ou en compagnie, j'y vivrai toute l'éternité,
Je pourrai alors m'éteindre, bien-heureux et en paix...
Et les cris et la guerre seront alors inexistant,
L'odeur de la chair, dans la bouche le go√Ľt du sang,
Les soupirs de mes frères qui partent en agonisant,
Les hurlements des ennemis, qui vocifèrent en mourant,
Le cr√©pitement de la magie, tuant et br√Ľlant,
Toutes ces choses dispara√ģtront, je ne penserai qu'au pr√©sent...

Je vivrai de chasse, de pêche et de poésie,
Partant me promener au matin, ne rentrant qu'avec la nuit,
Priant souvent les dieux, pour les remercier de cette vie,
Ecoutant les oiseaux, les loups et leurs cris,
Cultivant un jardin, emplit de couleur et fleuri,
Fabriquant de mes mains mes propres outils...

Je mettrai dans un coffre, ma cape et mes épées,
Je n'aurai plus besoin de mon casque et mon bouclier,
Les rejoindront ma cotte de maille et mes épaulettes usées,
Je ne garderai que mon arc, que je suspendrai au-dessus de la cheminée...

Je vivrai mille ans, en ayant enfin trouvé,
Ce que je cherchais vraiment, la joie et la paix,
Je verrai défiler les saisons et les années,
Un beau soir, devant la cheminée,
En feuilletant un livre, je m'assoupirai,
Je m'éteindrai alors, heureux et satisfait...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:33:04 (#3031918)

Vie au monastère

Le moine l'interpella :
"Que faites-vous dehors en pleine nuit, Frère Baeandor ?"
Il semblait étonné de voir quelqu'un à cette heure tardive tandis que tout
le monde dormait dans le petit monastère.
"Je regarde les étoiles, mon Frère...
- Les étoiles ? mais qu'ont-elles de particulier ce soir ?
- Rien de plus qu'hier mais l'une d'entre elle me guide et me surveille
alors je la contemple tous les soirs...
- Voilà une idée étrange et proche de l'hérésie... Je vous conseille d'aller
vous coucher Frère, un repos vous ferait du bien...
- Vous avez raison..."
Après un dernier regard à RisWààq", le moine rentre dans ses quartiers et
s'allongea sur son lit, cherchant le repos. Tous autour de lui dormaient
depuis plusieurs heures... Après une éternité, la fatigue accumulée lors de
la journée le submergea et il s'endormit...
Le jour était à peine lever et déjà tout le monastère était en agitation. Un
moine courut vers les quartiers et ouvrant la porte, cria à la volée :
"Le Père Supérieur désire voir le Frère Baeandor !!!"
Baeandor se leva, extirpant son regard d'une amulette qu'il avait amené avec
lui dans son pèlerinage, représentant un loup majestueux. En passant près de
son coffre, il l'ouvrit et posa l'amulette, auprès d'objets hétéroclites
tels qu'une cape, une plume et quelques feuilles de papier ou bien deux
courtes épées.
Enfin, il traversa la cour tandis que le soleil pointait ses premiers rayons
sur le petit monastère. Il traversa les quelques couloirs obscurs et frais
de la demeure et entra dans le bureau du Père Supérieur. Celui-ci était en
train de compulser un parchemin jaunit par le temps, assis dans un siège
semblant horriblement inconfortable. Son visage était sévère, parsemé de
rides, mais on y sentait une sagesse peu commune.
"Ha, Frère Baeandor, te voilà...
- Bonjour Père...
- Bonjour mon Fils, bonjour... J'ai un tracas te concernant.
- Aurais-je eut une conduite reprochable mon Père ?
- Non, point du tout... Vois-tu nous ne questionnons pas ceux qui deviennent
moines et encore moins les raisons qui les poussent à devenir moines.
Pourtant tu es différents des autres. D'une part tu ne sembles pas être le
fils cadet d'un riche propriétaire qui à défaut d'héritage trouve sa voie
dans la prière, d'autre part tu ne sembles pas être non plus quelqu'un qui
tente de refaire sa vie dans les ordres... Me trompe-je ?
- Non, vous ne vous trompez pas mon Père...
- En fait tu sembles être un guerrier. Ne sois pas étonné : tu n'as pas une
carrure colossale mais tu n'as pas non plus la frêle apparence propre à tous
les autres religieux du monastère. Donc j'en ai conclu que tu étais un
guerrier. Et vu ton attitude pieuse qui ferait p√Ęlir le plus d√©vot des
ecclésiastiques, j'en ai aussi déduit que tu n'as pas toujours eut une vie
facile et que tu as une raison précise d'être ici.
- C'est vrai mon Père... J'ai pêché par le passé et je tente de me faire
pardonner auprès des Dieux mes fautes commises. De plus, depuis le début de
mon existence je n'ai jamais put trouver la paix. Je cherche le repos
intérieur en priant les Dieux... Je suis en guerre perpétuelle, en guerre
avec moi-même, traquant mes démons jusqu'à ce qu'ils fuient ma personne...
- Je comprends... Mais quelques furent tes fautes, les Dieux t'ont pardonné
je pense. Voilà plus de deux ans que tu es parmi nous et tu n'as eut de
cesse de prier du matin jusqu'au soir dans la chapelle. N'importe quel Dieu
aurait pardonné n'importe quelle erreur face à une telle dévotion mon Fils.
- Mais pourtant je ne trouve pas le repos mon père...
- Alors c'est que tu ne le trouvera point ici... Ecoutes mon Fils : tu es un
guerrier et je suis un moine. Pourtant nous avons un but commun, nous
vénérons la lumière. Mais le mal ne peut être repoussé que par des prières,
il faut le combattre. En ceci je ne puis offrir mon aide mais toi tu le
peux.
- Vous me chassez mon Père ?
- Non, j'agis comme me l'indiquent les Dieux. Te garder ici serait ne pas
profiter des talents d'un guerrier de la Lumière. Je te conjure donc de
retourner au combat et d'apporter la lumi√®re l√† o√Ļ r√®gne l'obscurit√©.
- Mais le salut de mon √Ęme ?
- Peut-être chasseras-tu tes démons une fois que tu auras vaincu
l'obscurité... Tu auras plus de chance de trouver la paix interne au combat
qu'en te ressassant de noires pensées.
- Bien Père, je partirai donc sur l'heure.
- Que les Dieux te gardent mon Fils..."
Le moine redevenu guerrier se retourna... Il retraversa la cour du monastère
et une fois entré dans ses quartiers, ouvrit son coffre en grand. Alors,
lentement, il retira la robe de bure qui lui servait de vêtement depuis deux
longues années et enfila ses anciens vêtements. En enfilant un à un ses
habits, des images du passé ressurgissaient en lui... La cotte de maille le
ramena auprès des vils gnolls alors qu'il n'était qu'un adolescent seul et
perdu... Les jambière semblaient renfermer les esprits des milliers d'orcs
de Freeport qui avaient eut le malheur de croiser sa route. En enfilant son
casque, il vit les plaines de Karana s'étendre devant lui, à l'infini. En
ajustant les deux épées dans son dos, il se retrouva parmi une horde
d'iksars vociférant tandis que le bruit du métal contre le métal résonnait
dans ses oreilles. Enfin, en prenant son arc, il se retrouva dans le désert,
immense et colossale, pur et tueur, silencieux et pénétrant... Alors, en
regardant le fond du coffre il vit les bijoux qu'on lui avait offert
jadis... En les enfilant, il revit tous ses compagnons d'arme du temps
passé, tous les Seigneurs qui avaient croisé sa route et mélangé leur sang
au sien...
En sortant du monastère, il semblait à la fois vide et plein de vie, mort
mais ressuscité. Alors, d'un pas vif, il se dirigea en direction du soleil
qui montait lentement dans la fra√ģcheur du matin...

Cela faisait quelques jour qu'il avait quitté le monastère et lorsqu'elle
apparu devant lui, éblouissante sous le soleil au zénith, il ne put
s'empêcher d'avoir un pincement au coeur... Il n'avait pas vu la mer depuis
deux longues années et voilà qu'elle s'étalait face à lui, infini, bleu avec
des reflets jade, impétueuse et recelant une énergie colossale...
Après quelques minutes de contemplation, il se dirigea vers ce qui semblait
être un petit port à quelques lieues de là... Il marchait depuis des jours
mais il ne s'en rendait pas compte. De plus il avait marché tout sa vie
durant et la fatigue ne le gagnait jamais. D'ailleurs on l'appelé
Pied-Rapide, l√†-bas, de l'autre c√īt√© de l'oc√©an...
Alors d'un pas allègre il entra dans le village... C'est un petit bourg
paisible, avec quelques habitation et au bout d'une rue étroite, on
d√©bouchait sur un petit port o√Ļ √©taient accost√© une ou deux barques...
Hélant un pêcheur occupé à aiguiser ses hameçons, il lui demanda quand
arriverai un bateau en direction du continent voisin...
"Un' bon' heure, j'dirions mon brav' ma√ģt'...
- Merci mon brave..."
Il s'assit donc sur le quai et, pour occuper au mieux cette heure à
attendre, il se mit à méditer... Ce ne fut que des cris qui le sortirent de
son état second, quelques temps plus tard... Un grand voilier était
maintenant amarré et il semblait que le capitaine l'attendait pour mettre le
cap sur le vieux continent... Le jeune guerrier se releva prestement et
sauta sur le pont, non sans avoir donné au passage une piécette au capitaine
du navire.
Le bateau n'avait que peu de personnes à bord... Un vieux druide hobbit,
deux jeunes paladines humaines et un mage érudit semblant très imbu de sa
personne. Le bateau, dans un grincement, se détacha du quai et s'éloigna de
la terre.
Les jours passaient inlassablement et le guerrier passait son tend soit à
méditer, soit à prier les Dieux, soit sur le pont à respirer les effluves
salées de la géante bleue s'étalant à l'infini, écoutant le bruit des vagues
s'écrasant sur la coque, inlassablement... Il prenait ses repas avec les
autres voyageurs, mis à part le mage qui semblait vouloir rester seul. Ses
compagnons étaient fort sympathique, le druide par son esprit jovial et
bon-vivant et les paladines pour leur dévotion à Mithaniel et leur désir de
découvrir le monde... Elles n'avaient de cesse de questionner le druide et
le ranger sur les contrées qu'ils avaient déjà vu. Le guerrier se portait
volontiers à raconter des histoires, ce qui le changeait de la méditation et
lui rappelait le temps ou on le disait barde...
Enfin, après plusieurs jours de voyage, le bateau accosta à une grande
ville. Les voyageurs se séparèrent, chacun partant dans une direction
différente, et le jeune ranger se retrouva seul. Alors, il traversa la ville
qu'il connaissait fort bien, il passa sous la porte Est et, après avoir
march√© quelques minutes, il se retrouva l√† o√Ļ son esprit venait toutes les
nuits depuis deux ans. Il s'assit en tailleur, insouciant des créatures
environnantes, admirant le désert s'étendant devant lui.
Il était revenu chez lui.

La salle était vide. C'était une grande salle froide avec quatre piliers
soutenant la charpente et aucun meuble ne donnait un semblant de vie à cette
pièce.
Il n'y avait qu'une grande statue à l'un des bouts de la salle, représentant
une Déesse au bras écartés te portant dans ses mains une fleur et une arme.
Le travail était très précis et si ce n'est l'aspect gris foncé de la
pierre, on aurait pu croire à une véritable personne. Face à la statue se
trouvait une autre statue, plongée dans l'ombre. On reconnaissait vaguement
un être assis en tailleur, méditant face à la Déesse.
Non, ce n'était pas une statue mais bel et bien un prieur qui ne bougeait
pas d'un cil, plongé dans une méditation profonde. Il portait la robe des
moines que tous portaient dans le monastère et une courte barbe courait sur
son menton. Il n'était pas vieux, pourtant de fines rides striaient aux
coins de ses yeux clos.
Derrière le prieur, l'unique porte s'ouvrit, laissant entrer une grande
quantité de lumière qui vint irradier la statue maintenant nimbée d'un halo
lumineux.
Un moine traversa la salle sans faire de bruit et, se penchant au-dessus de
l'homme en méditation, dit :
"Le père supérieur désire vous voir, frère."
L'homme assis ne bougea pas, mais le moine reparti sans attendre de réponse,
replongeant la pièce dans son obscurité.
Après quelques secondes, les muscles des bras et des jambes de l'homme
fr√©mirent sous l'effort apr√®s des heures de rel√Ęchement. Les paupi√®res
s'ouvrirent, révélant de profonds yeux marrons. Le méditeur décroisa les
jambes et se releva, difficilement...
Il était grand, pour un moine, et avait une carrure impressionnante, du
moins pour un humain. Claudiquant, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit
en grand.
La lumière le frappa d'estoc et il plissa les yeux pour éviter le coup
violent que lui portait le soleil.
Il resta là, sans bouger, pendant quelques minutes, laissant sa vision se
réhabituer à la lumière après cette éternité dans la nuit de la salle de
prières. La cour du monastère regorgeait de vie, entre les moinillons qui
faisaient une pause entre deux leçons, les moines discutant debout par
petits groupes ou assis sur des bancs de pierre et les animaux qui vivait en
liberté dans la cour et qui faisaient un raffut du diable...
Le moine vacilla sous l'afflux soudain de tant de bruit. Puis, une fois
accoutumé à la lumière et au vacarme, il se dirigea vers la petite chapelle
de l'autre c√īt√© de la cour. Les portes √©taient ouvertes et illuminaient
l'intérieur, pourtant les cierges étaient encore allumés.
Passant entre les bancs de bois, le moine traversa la courte allée menant à
l'autel sur lequel étaient posés des statuettes de plusieurs Dieux. Après
avoir saluer ceux-ci, il se dirigea vers un porte basse dans un angle de la
chapelle et entra dans une petite pièce ou régnait un désordre composé de
parchemins et de livres. Un petit homme tr√īnait sur une chaise de paille
derrière une pile recueils de prières.
"Ha, Frère Baeandor, vous voilà... Que vous avez l'air fatigué. Il faut
penser à manger et à dormir, prier les Dieux jours et nuits est une bonne
chose mais les Dieux n'apprécieraient pas de voir leurs créatures se laisser
mourir à prier...
- Bonjour Père Dafyd."
Le père supérieur était un petit homme au visage blafard qui bien qu'ayant
√©t√© un grand b√Ętisseur de temples et de chapelles dans sa jeunesse, √©tait
maintenant un grand érudit qui connaissait une étonnante quantité de livres
saints.
"Mon Fils, que savez-vous du reste du monde ?
- Depuis que je suis parmi vous, je ne m'intéresse plus guerre au monde
extérieur et les seules nouvelles que j'ai sont celles que me portent les
vents.
- Et que vous disent les vents ?
- Les vents m'apportent des senteurs de sang et des bruits de batailles, mon
père.
- C'est tout ?
- Non... Je ne devrai pas l'avouer mais ils m'apportent aussi les visages de
mes anciens compagnons, les senteurs de contrées lointaines et de l'océan,
le cri des loups au loin et de multiples vieux souvenirs...
- Vieux ? Cela ne fait qu'un an que vous êtes parmi nous, mon Fils...
Quoiqu'il en soit, les vents vous ont bien parlé. Une guerre se prépare, une
grande guerre, qui pourrait plonger beaucoup de monde dans le noir et le
chaos.
- Alors je vais retourner prier pour éviter qu'il en soit ainsi.
- Non, répondit sèchement le père supérieur, vous n'allez pas retourner
prier, laissez cela à d'autres moines n'ayant jamais pris les armes. Vous
servirez mieux les Dieux en allant au combat qu'en priant ici...
- Vous me chassez une fois de plus, Père ?
- Je ne vous chasse pas, j'utilise au mieux les talents que m'envoient les
Dieux. Vous êtes un guerrier, frère Baeandor. Vous êtes un guerrier avant
d'être moine, si bien que je préfère savoir que des guerriers comme vous
d√©fendent la lumi√®re plut√īt que prient dans une salle de pri√®re mal
éclairée...
- Très bien, je laisse votre sagesse dicter ma conduite et partirai sur
l'heure.
- Merci, Frère Baeandor, puissiez-vous revenir sain et sauf.
- Merci, mon Père."
Le moine ressortit de la chapelle et se dirigea vers les quartiers des
moines. Comme la vie était répétitive... Toute sa vie n'était qu'une
répétition de faits. Mais après tout, le Père avait raison, il était
guerrier avant tout. Arrivé devant son lit, au pied duquel se trouvait un
coffre, il retira sa robe de bure. Ouvrant le coffre, il en tira sa vieille
tunique, qu'il n'avait pas porté depuis un an. Il l'enfila et prenant ses
armes, ressortit à la lumière du jour, dans la cour.
Sans savoir pourquoi, il écarta les mains et commença à les agiter, leur
faisant effectuer un ballet gracieux. Les moinillons qui jouaient dans la
cour arrêtèrent de chahuter et le regardèrent faire. Une lumière bleuté
jaillit des doigts du guerrier et le nimba d'un halo lumineux sans cesse
plus aveuglant. Les anciens réflexes lui revenaient et la magie se faisait
pratiquement d'elle même. Ses mains continuaient à danser tandis qu'au loin
un loup hurla. La lumière décrut enfin autour de lui et se retira, pourtant
il sentait une force colossale envahir ses jambes : l'esprit du loup était
sur lui. Rassemblant ses forces, il parti en courant, se dirigeant vers
l'ouest, sans même jeter un regard sur le monastère qui disparaissait petit
à petit derrière lui.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:34:00 (#3031925)

Pitié

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...
J'étais heureux, le monde était merveilleux,
J'allais l'√Ęme en paix, rien ne pouvait m'arriver...
Mais je vous ai vu, pour la première fois j'étais vaincu,
Mon monde s'écroulait, mon esprit s'embrasait...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Les oiseaux ne chantent plus,
Le soleil ne brille plus,
La nature a perdu sa splendeur,
Et je me languis dans mon malheur...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Vous ne pouviez me faire ça à moi,
Je ne suis pas fait pour cette vie là,
J'aime courir dans les vertes forêts,
Rire, boire et méditer...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Mais la course ne m'amuse plus,
Le rire a à tout jamais disparu,
La boisson me pousse à m'apitoyer,
Et depuis que je vous ai vu je ne puis plus méditer...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Je m'effondre et je pleure,
Ne voyez-vous point que je me meurt !
Je suis un homme vidé, fini,
J'ai perdu la notion du jour et de la nuit...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Je tente de mettre fin à mon malheur,
En risquant ma vie à toute heure,
Mais la mort ne veux point de moi,
Je suis contraint de errer ici-bas...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Ma main tremble, mon coeur se serre,
Je ne suis même plus fait pour la guerre,
Mon verbe est acerbe avec l'ensemble de mes frères,
Je suis seul, seul et perdu, sur cette terre...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Je pourrai entrer dans les ordres religieux,
Prier soir et matin, devenir très pieux,
Hélas lorsque je prie, je ne vois pas les Dieu,
Mais deux yeux profonds teintés d'un joli bleu...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Je ne vois plus qu'un visage, et rien de ce qui m'entoure,
Je n'entend plus qu'un rire, et plus les bruit tout autour,
Je ne sens qu'un parfum et les sens envolés,
Je suis emmené dans le lointain, pleurant sur ma destinée...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...

Je cherchais le repos, je n'ai trouvé que la torture,
L'amour si pur si beau a touché mon coeur de sa morsure,
Je meurt à petit feu, mais l'esprit embrasé,
Attendant ma fin, l'√Ęme toute enti√®re d√©vor√©e...

Vous m'avez dérobe mon coeur Madame,
S'il vous plait, rendez-le moi, rendez-le moi...
Rendez-le moi...
Rendez-le moi...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:34:44 (#3031928)

Je suis prêt

Il pleuvait, encore et toujours,
Au lointain pointait le petit jour,
Le guerrier était seul, dans une vallée,
L'√Ęme sombre, il m√©ditait...
"Le mariage, qu'est-ce que cela ?"
Se demandait-il tout bas,
Bien qu'il connaisse une réponse éclairée,
Cette question ne cessait de le tourmenter...
"Et puis d'abord, suis-je fait pour ça ?
Est-ce une chose faite pour moi ?"
A ces questions, lui répondaient,
Que le vent, soufflant sur la forêt...

"Tu es un ranger, un marcheur, un voyageur et un r√īdeur !
On te traite de voleur, de menteur, de brigand et de tueur !
Tu es un exclu, un rejeté, un isolé du monde, un paria,
Cette belle Elfe est folle de vouloir épouser un homme comme cela...

Elle mériterait un grand Elfe, auteur de mille victoires,
Ayant déjà posé son sceau dans les livres d'histoire,
Capable de tuer à mains nues une armée de géants,
Beau et noble comme un roi, un guerrier, un conquérant...

Mais elle d√©sire √©pouser un humain et ranger de surcro√ģt,
Tout le temps sale, pas très malin, rustre parfois,
Capable de toutes les erreurs et de toutes les bavures,
Et dont les mains ne sont ni blanches ni pures...

Un errant sans cesse partant, un vagabond, un voyageur,
Incapable de rester au même endroit plus d'une heure,
Un membre de la folle Seigneurie de l'Azur,
Courant après l'horizon, reculant au fur et à mesure...

Adepte d'un culte aux racines bien obscur,
Vénérant un Dieu au nom de mauvaises augures,
Ayant pitié du mal et de ses forces maléfiques,
Aimant les Teir' Dal et trouvant les dragons magnifiques...

Cette belle Elfe n'est pas faite pour toi,
En vivant avec elle, tu la blesseras,
Elle mérite autre chose, un noble, un roi,
Et non pas un vagabond jamais là...

Mais cette femme peut te transformer,
Te faire accepter dans la société,
Faire de toi un noble seigneur,
Un homme qui n'aurait jamais peur...

Elle te transformera en prince charmant,
Excellent mari, et très bon amant,
Tu lui apprendra la littérature et la poésie,
Tu lui fera découvrir, la mer infinie...

Nous voyagerons lorsque nous nous ennuierons,
Nous irons découvrir, de nouveaux horizons,
Puis nous retournerons dans notre doux foyer,
Et nous y trouverons de quoi nous occuper...

Je lui apprendrai la chasse et la pêche,
La vie en forêt, la fabrication des flèches,
Elle m'apprendra les arcanes et la magie,
Comme faire la cuisine ou les bases de la joaillerie...

Nous partagerons nos joies et nos peines,
Les rires et les pleurs, les mauvaises nouvelles,
Nos merveilleuses trouvailles, nos découvertes,
Nos récits de bataille, ainsi que nos pertes..."

Et le guerrier, s√Ľr de son amour,
S'en va alors, sous le petit jour,
Retrouver sa maison, son foyer,
Et sa princesse, tant adorée...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:35:47 (#3031932)

Donjon funeste

Il gisait dans une flaque de sang,
Son compagnon √† ses c√īt√©s, tremblant,
"Debout ! Relève-toi ! Il reste des ennemis ici et là !"
Mais pour le guerrier il n'y aurait plus de combat...
Et les larmes et les pleurs n'y font rien,
Le noble guerrier g√ģt, au petit matin,
Au fin fond d'un lugubre donjon,
Tandis que se lamente son compagnon...
"Pourquoi me laisse-tu maintenant !
Tu es fort et étonnement puissant !
Tu ne peux pas partir comme ça,
Il nous reste encore beaucoup de combats !"

Mais le moine ne bouge pas,
Il est déjà bien loin de là,
Retrouvant les ancien héros tombés,
Il s'assoit aux c√īt√©s des Dieux v√©n√©r√©s...

Et le guerrier est seul et pleure,
Non pas d'être seul dans cette demeure,
Mais d'avoir perdu un cher compagnon,
Un frère d'arme si loyal et si bon...

Et le guerrier, de rage et de désespoir,
Se relève en tremblant, dans le noir,
Et le cerveau embrumé par le chagrin,
Se rue sur les ennemis, une arme dans chaque main...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:36:34 (#3031937)

Chasse

Elle courait à travers bois, affolée par le bruit des chasseurs qui la
traquaient... Elle les sentait qui se rapprochaient, menaçant avec leurs
arcs et leurs piques, prêts à la tuer dès qu'elle chuterait ou qu'elle
serait trop faible pour continuer à courir.
Pourtant la journée avait bien commencée, elle s'était réveillée aux
premiers rayons du soleil et aux premiers gazouillements des oiseaux... Elle
s'était mise à arpenter la forêt, heureuse d'être libre ou peut-être même
simplement heureuse d'être...
Elle gambadait allégrement sous le soleil bleu dépourvu de nuages, cheminant
sur les sentiers ou coupant à travers les bosquets, saluant les êtres
qu'elle croisait sur sa route, cerf, biche et faon, une lapine et sa portée,
un renard parti chasser, des rossignols chantant, des loups amicaux, toute
la population de la forêt la saluant en retour...
Le midi, elle s'arrêta à un petit ruisseau pour se désaltérer et manger
quelques fruits poussant sur de petits arbustes non loin de là. Une fois
rassasiée, elle se coucha au bord du ruisseau et, le bruit de l'eau aidant,
elle s'endormit paisiblement, rêvant de plaines vertes.

Mais voilà, les aboiements des chiens la réveillèrent en sursauts et les
cris des chasseurs lui firent comprendre ce qu'elle redoutait : les
chasseurs l'avaient retrouvé et cette fois-ci il n'abandonneraient pas...
Quelques jours auparavant, elle avait réussi à les semer, se camouflant dans
un épais bosquet épineux après avoir traversé un torrent impétueux qui avait
failli l'emporter. Les épines l'avait transpercé de leurs pointes et encore
aujourd'hui elle sentait toujours leurs griffures sur son corps.
Hélas les chasseurs n'abandonneront pas cette fois-ci et il sera difficile
de les semer car ils désiraient beaucoup trop le joyau qu'elle avait sur le
front. Elle se mit à courir, à courir, évitant de faire trop de lignes
droites pour ajouter de la difficulté au travail des chiens. Les arbustes
d√©filaient √† ses c√īt√©s √† une vitesse folle, transformant la magnifique for√™t
en une vague tache floue tandis qu'elle courrait comme une possédée. Elle
savait qu'elle n'arrivait pas à distancer les chiens et les chasseurs car
elle entendait les cris des uns et les aboiements des autres qui se
rapprochaient, inlassablement, telle une lente mise √† mort dont on conna√ģt
déjà la finalité.

Combien de temps courut-elle ainsi, peut-être un temps très court mais il
lui parut que cela faisait des heures, des jours, une éternité quelle
courrait et la fatigue la gagnait, et les chasseurs se rapprochaient.
Soudain, elle entendit le bruit de la corde qui claque, du bois qui se
redresse, de la fl√®che qui file. Elle fit un bond de c√īt√© mais cela
n'emp√™cha pas l'objet mortel de se planter dans sa cuisse, la faisant l√Ęcher
un cri de douleur. Elle ne s'arrêta pas pour autant mais elle se mit à
boiter, les chiens à quelques mètres derrière elle. Un long filet de sang
coulait de sa cuisse et après quelques dizaines de mètres sous cette atroce
torture, elle chancela et finit par s'écrouler sous un grand chêne. Dans les
derniers instants de vie qui lui restait, elle eut une pensée pour ses
parents, son père qui lui avait ordonné de ne jamais aller se promener seul
dans le bois, sa mère qui l'emmenait découvrir les animaux quand elle était
jeune...

Les chiens se jetèrent sur elle au moment ou le soleil disparu derrière un
horizon qu'on ne distinguait pas au beau milieu de la forêt.

Ce soir, une Licorne est morte.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:37:20 (#3031942)

Licorne

Je me promenais dans la forêt
Entre les arbres je déambulais
Leur rude écorce je caressais
Sous leur feuillage je m'arrêtai
A l'ombre, je composais
Puis ils sont arrivés,
Je les entendais hurler,
Des chiens, des hommes, ils aboyaient
Alors je me suis caché
Dans un épais fourré
Les hurlements se rapprochaient
Les animaux devant eux fuyaient
J'ai vu un ours puis un sanglier
Devant moi, se mettre à détaler

Et puis elle est arrivé
Majestueuse, malgré le danger
Hélas pour elle, elle saignait
A quelques pas de moi elle s'est écroulée

Les chasseurs sont arrivés,
D'arcs et d'épée armés,
Et des chiens √† leurs c√īt√©s,
Alors je suis resté caché,
La tête dans les bras, je n'ai pas bougé

Trop nombreux ils étaient,
Féroces et dangereux ils paraissaient,
D'une unique plume j'étais armé,
La rage au ventre j'ai patienté,
Et ils se sont enfin en allés

Sur le corps je me suis penché,
La tête complètement ensanglanté,
Exprimait la paisibilité,
Dans un dernier frisson la vie la quitté,
Et sur une licorne, je me suis mis à pleurer...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:40:50 (#3031964)

Le Culte de RisWààq"

Chapitre I - La création du monde
Au commencement était le néant. Le vide. Eternel, immuable. Après un temps
infini, se créèrent dans le néant des entités intelligentes dotées de
capacités étonnantes. Elles se nommèrent Dieux et adoptèrent chacune un nom
et une forme particulière.
La majorité des Dieux choisirent des formes de créatures vivantes, des êtres
à membres, à tête...
Mais l'un des Dieux rejeta cette forme-là et se transforma en un soleil,
étincelant. Il prit le nom de RisWààq". Les Dieux vécurent longuement dans
le néant mais un jour, l'un d'entre eux décida de tester ses pouvoirs et
cr√©a la premi√®re plan√®te. Nul ne sait o√Ļ se trouve cette plan√®te et quel fut
le Dieu qui la créa, tout ce que l'on sait c'est que les autres Dieux firent
de même.

Un petit groupe de Dieux Dieux s'allièrent pour créer une magnifique planète
et c'est ainsi que Norrath apparu. RisWààq", voyant que c'était beau, tenta
lui aussi de créer une planète. Celle-ci était verte et orbitait autour du
Dieu. RisWààq" y créa alors les océans et leur donnèrent vie.

Certains Dieux inventèrent les animaux et RisWààq" les imita sur sa propre
planète. Il créa ainsi les animaux maritimes, les animaux terrestres et les
animaux aériens. Pendant plusieurs millénaires il admira le vol des oiseaux,
la nage des poissons, la course des mammifères, allant même parfois jusqu'à
prendre une forme animale pour goutter au plaisir de l'eau autour de soit,
du vent qui souffle et vous porte, de la terre ferme sous vos pieds... Il
créa la différence entre le male et la femelle pour permettre aux animaux de
se reproduire sans son aide.

Enfin, il dota certains de ces animaux d'une intelligence plus élevée et les
admira tandis qu'ils tentaient d'évoluer. Ainsi naquirent les humains de
RisWààq", grand, la peau clair ou foncée selon l'exposition aux rayons
divins.

Chapitre II - L'humanisation de RisWààq"

Les humains, livrés à eux-mêmes, se regroupèrent en groupes, formant des
clans. Ces clans grandirent et formèrent des peuples puis des nations. Les
humains inventèrent l'organisation, d'abord en désignant des chasseurs, des
cueilleurs, des pêcheurs dans le clan, puis, lorsque les peuples furent plus
grands, en choisissant des chefs, capables de prendre des décisions sages et
justes.... Ces chefs furent appelés Rois.

Hélas, les humains inventèrent la guerre et la haine et voyant cela, pour la
première fois depuis son apparition dans l'univers, RisWààq" pleura. Ses
larmes se déversèrent sur le monde et transformèrent les océans, qui étaient
autrefois composés d'eau douce, en océans salés.
Aucun homme ne sait quelle fut la raison de la première guerre mais après
celle-ci, il n'y eut pas une année dans le monde sans qu'il n'y ait une
guerre entre deux rois.

L'un de ces Rois était un homme noble et bon, empleint de sagesse... Il
vivait sur un territoire riche o√Ļ la terre √©tait fertile. Il n'avait aucun
ennemi et ses voisins étaient heureux d'avoir des frontières avec un homme
si pacifiste. Son peuple l'aimait, son royaume prospérait, tout allait pour
le mieux.
Mais la richesse que son royaume accumulait attira les pillards et les
voleurs. Au début, il ne fut guère difficile de les repousser tant ceux-ci
étaient désordonnés. Pourtant au fil du temps ces pillards se réunirent sous
une seule bannière et parvinrent à mettre le royaume à feu et à sang avec
l'aide de l'un des voisins du Roi, jaloux de la richesse de celui-ci. Le
Palais Royal, que le peuple avait offert au Roi pour ses bons services, fut
détruit et ses occupants furent tous tués. Le peuple était au bord du
gouffre et de longues années de famine s'annonçaient sans que quiconque ne
dirige le royaume.

Pourtant un homme, ami de l'ancien Roi et grand voyageur revint peu de temps
après la destruction du royaume au Palais Royal. Voyant les ruines de ce qui
√©tait le plus beau b√Ętiment du royaume, il pleura longuement, songeant √† son
ami et son Roi qu'il venait de perdre. Il fit le tour des villages
environnants, afin de voir les d√©g√Ęts occasionn√©s par les pillards, et dans
chaque village o√Ļ il passait, les habitants l'accueillaient comme un
sauveur, comme celui qui remettrait de l'ordre dans le royaume maintenant
qu'il n'y avait plus personne vers qui se tourner.

Le Voyageur n'eut pas d'autre recours que d'accepter ce poste qu'on lui
confiait et il devint le Roi de ce pauvre royaume désolé. La situation
n'était guère enviable : son peuple avait faim et avait plaçait toute sa
confiance en lui, pourtant il était impuissant face à cela. Ses voisins
refusèrent de lui offrir de quoi nourrir son peuple...
Alors il monta au sommet du Mont Soleiel, la plus haute montagne du royaume.
Une fois arrivé au sommet, il s'assit et médita. RisWààq", dardant ses
rayons à travers les nuages, admira ce jeune homme dont la tache était
ardue et impossible. Sachant qu'il ne réussirait jamais à sortir son peuple
de la famine, il lui teint ces propos :
"Humain, écoute-moi ! Je suis RisWààq", ton Dieu et soleil. Je suis prêt à
t'aider à relever ton peuple si tu sers la lumière."
Le Voyageur, apeuré par ce Dieu qui se présentait à lui, se jeta à genoux,
le nez dans la poussière... Il accepta pourtant le marché de RisWààq" et
redescendit tout content au palais royal qu'il avait reconstruit et qui se
composait pour l'instant d'une hutte en bois. Les champs s'épanouirent peu
de temps après, en plein automne ! Le peuple adora son nouveau Roi qui
venait de les sortir de la misère tandis que celui-ci adorait son nouveau
Dieu pour son service.

En quelques années, le royaume reprit son rythme d'antan, prospérant et
s'enrichissant petit à petit. Le Roi, conscient de son marché avec RisWààq",
savait qu'il serait bient√īt temps de partir en guerre pour repousser
l'obscurité et le chaos et cela commençait par la destruction des armées de
pillards et des royaumes aux rois cupides et perfides.

Le Roi monta une armée colossale et parti à l'assaut des forteresses du roi
qui avait trahi son ami, quelques années auparavant. Guidé par RisWààq" qui
ajoutait à son bras la force d'un Dieu, il mena ses troupes à la victoire.
Pendant des décennies, le Roi combattis à chacune de ses frontières pour
unifier les peuples. RisWààq", content de voir que ses créatures seraient
bient√īt r√©unifi√©es, donna une long√©vit√© accrue afin qu'il ait le temps
d'accomplir sa t√Ęche avant de mourir. En 100 ans, le Roi conqu√©rit toutes
les terres du monde et fut nommé Empereur par ses fidèles.

Hélas sa fin approchait et sentant sa dernière heure venir, il monta au
sommet du Mont Soleiel tel qu'il l'avait fait jadis. Une fois au sommet, il
appela RisWààq" et l'implora de le prendre près de lui. RisWààq", en gage de
remerciement pour avoir réunifier les humains, accepta et l'Empereur et le
Dieu ne firent plus qu'un.

Le fils de l'Empereur reprit les rennes du pouvoir et fit lui aussi
prospérer le royaume. Pourtant le mal et le chaos n'avaient pas été balayés
à jamais et il savait qu'un jour, un de ses descendant devrait à son tour
guerroyer pour rependre la lumière et repousser la nuit...

Chapitre III - La naissance du Culte de RisWààq"

Lorsque le Roi redescendit du Mont Soleiel, il ne confia pas à ses amis son
dialogue avec RisWààq". Il leur dit simplement que le soleil et le temps
soigneraient les blessures du peuple. Pourtant, au fil des années, ses amis
remarquèrent la vénération que portait le Roi envers le soleil, lui offrant
sanctuaires et temples, prières et offrandes. Lorsqu'ils lui demandaient
pourquoi il vénérait un astre, il leur répondait que c'était lui qui avait
fait ce qu'il était...
Le Roi transmit le culte de RisWààq" à son fils, qui le perpétua lui même à
sa descendance.
Le culte de RisWààq" consiste à prêter allégeance à la lumière et à tout
faire pour repousser le chaos. Un jour, le Roi, à la tête de son armée,
perchait sur son cheval, s'apprêtait à lancer l'assaut sur un campement de
pillards lorsque RisWààq" l'arrêta et lui dit :
"Ces hommes que tu vas tuer n'ont rien fait, ils ont été bernés par leurs
chef. Ils ne faut point les punir pour cette erreur, ce sont leur chefs
qu'il faut punir pour avoir fait un pacte avec le mal. Ces hommes n'ont fait
qu'un pacte avec un autre homme et ne peuvent être punis pour cela. Ne
l'oublie jamais, jeune mortel, la guerre n'est pas une bonne chose et
repousser le chaos ne veut pas dire faire des génocides." Ce jour là et les
jours suivant, le Roi fut plus clément envers ses prisonniers, leur
proposant même de rentrer dans son armée. Le peuple ne lui en fut que plus
reconnaissant.
Le culte de RisWààq" prone la tolérance avec toutes les créatures car un
jour le Roi, alors qu'il √©tait d√©j√† √Ęg√©, du attaquer un Roi de l'autre c√īt√©
du monde. Les hommes de ces contrés lointaines étaient noirs comme l'ébène.
Le Roi appela RisWààq" et lui dit : "Ces hommes sont noirs, c'est bien la
preuve qu'ils sont imprégnés de mal. Tu m'as appris à être clément envers
mes ennemis, mais pourtant nous ne pouvons laisser en vie des hommes pleins
de haine..." RisWààq" lui expliqua alors que les différence entre les
créatures n'avaient rien à voir avec le fait qu'ils adore la lumière ou le
chaos... Le Roi ce jour là découvrit à être tolérant envers toutes les
créatures, quelques soient leurs différences avec lui. On dit d'ailleurs que
son épouse était une de ces femmes de ces lointaines contrées...


Il est dit qu'un jour un descendant du premier empereur devra affronter le
chaos et le mal, de l'autre c√īt√© de l'univers. Ce jour l√† RisW√†√†q" lui
conférera sa puissance et son pouvoir afin qu'il accomplisse sa tache
dignement. Mais nul ne sait quand apparaitra ce descendant...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:42:19 (#3031975)

Chasse avec Xaldelare

J'étais dans les Karanas, cherchant un compagnon pour partir à la chasse...
Je courais, allègrement, cherchant une quelconque présence connue... Puis,
alors que j'allais m'en retourner au campement des nomades afin de me
restaurer, je croisais la piste toute fraiche d'un Erudit, passé ici
quelques minutes auparavant. Comment savais-je que c'était un érudit ? ça,
ce sont des secrets de rangers et on découvre mille et une petites choses
lorsqu'on examine les traces de pas d'une créature. Quoiqu'il en soit, je
savais que c'√©tait un √©rudit et un male de surcro√ģt. De plus, il me semblait
que je connaissais cette piste et que j'avais déjà croisé cet homme. Je me
mis donc en piste, afin de rencontrer ce futur potentiel compagnon.
Je courais quelques instants en direction de l'Est des Karanas, lorsque je
vis enfin l'érudit. Il gambadait joyeusement entre les collines, riant,
insouciant des gigantesques araignées qui le poursuivaient férocement.
Serait-il fou, me dis-je. Mais non, après avoir couru sur une centaine de
mètres, je le vis se retourner et lever les bras. Un halo bleuté irradia
autour des araignées mais celle-ci ne s'arrêtèrent pas pour autant.
L'érudit, quand à lui, reparti en courant, toujours riant... Piètre magie,
me dis-je. Et soudain tout se passa très vite : en une fraction de seconde,
les araignées se retrouvèrent raides étendues, les pattes en l'air. Le mage
se pencha sur elle et prit la précieuse toile couvrant leur ventre. Avec
cette toile on confectionnait de magnifiques robes dignes des plus belles
princesses. Une fois la récolte terminée, le mage s'approcha de moi, jovial.
C'est alors que je le reconnu, c'était un des Seigneurs de la cour du Roi et
je l'avais croisé plus d'une fois à plusieurs cérémonies. Un puissant mage
que le Roi contait parmi ses conseillers.
"Bonjour Seigneur Baeandor ! Vous aussi vous venez faire la récolte de soie
? Pour ma part, la récolte est excellente..."
"Que nenni Sire, ma magie est bien médiocre et je n'ai pas votre puissance,
la chasse à l'araignée est bien trop risquée pour ma part. Elle se termine
souvent par un duel d'homme √† araign√©e ou je fr√īle la mort et
l'empoisonnement à maintes reprises. En tout cas, votre technique est fort
efficace, au vu de tous ces cadavres jonchant la plaine."
"Certe oui, les araignées sont très stupides... Il suffit de se promener en
faisant du bruit et elles vous courent après en bande. Il ne reste qu'à
lancer un sort leur infligeant des d√©g√Ęts petit √† petit. Elles ne voient pas
la vie qu'elles perdent et finissent par mourir d'épuisement. Je procède de
la même sorte avec les géants, bien que les poils de barbe de géants soient
plus utilisées dans les potions que dans la confection de robes."
En effet, on pouvait admirer aussi des cadavres de géants, certes plus
imposants que les colossales araignées, mais néanmoins aussi nombreux.
"Mais dites-moi, ajouta-t-il, n'êtes vous pas ranger mon ami ?"
"Euh, oui, répondis-je modestement."
"Donc c'est votre spécialité de pister les proies... Voyez-vous le plus dur
de ma chasse consiste à trouver les araignées et les géants car comme vous
pouvez le constater, je décime assez rapidement une région et les araignées
sont de plus en plus difficiles à trouver... Pourriez-vous m'aider à les
chasser ?"
"J'en serai ravi sire mage..."
Et nous voilà parti, le puissant mage et le jeune ranger, à la recherche
d'araignées... Je me contentais à le guider afin qu'il tombe sur les
araignées et lui se chargeait de les exciter pour qu'elles le suivent... Il
riait de voir ces créatures se jeter sur lui. Bien que sa peau soit lisse et
parfait, on voyait dans ses yeux une étincelle de vieillesse, une marque
qu'a posé le temps et les événements de la vie. Mais lorsqu'il chassait,
cette étincelle disparaissait et seule subsistait la joie de la chasse.
Hélas toute chose a une fin et alors que je courais non loin de lui,
contemplant les araignées qui commençaient déjà à faiblir, je ne vis pas
arriver le danger. Lorsque j'entendis un grondement sourd derrière moi, je
me retournais rapidement. Un géant se dressais devant moi, immense, semblant
monter jusqu'au ciel. Sa barbe rousse était aussi grande que moi et je me
ratatinais devant lui, devant ces force de la nature. Tétanisé je ne réussi
même pas à fuir. Le géant leva son poing et la dernière chose que je vis fut
ce poing qui fonçait vers moi. Je sombrais alors dans le néant.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:43:13 (#3031982)

Seigneur Malork

Je me promenais dans les Karanas, comme à mon habitude, ne sachant que
faire... Partir à la pêche ? Trouver un compagnon ? Chasser le félin,
l'araignée ? Non, tout ceci ne me disait rien qui vaille. Je laissais mon
esprit vagabonder, librement... Mes pensées me ramenèrent à ma jeunesse,
passée dans le désert. Le désert... Qu'il était loin maintenant et pourtant
si proche... Cela faisait une éternité que je n'étais pas allé à Ro et un
désir soudain de sentir le sable sous mes pieds me pris à la gorge. C'est
dit, je retourne dans le désert.
La route n'était pas tellement longue et j'y serai dans quelques heures, il
suffisait juste de prendre garde à ne pas se laisser rattraper par la nuit
dans la forêt de Kithicor mais sinon le trajet serait paisible.
Bient√īt je fut en vue des montagnes encerclant les Karanas. Allez, au boulot
mon petit, tu dois passer le col et aborder la descente avant qu'il fasse
nuit, sinon tu es bon pour un somme High Keep.
Je montais, montais, montais et enfin je fut au sommet, il ne restait plus
qu'à redescendre. Hélas, le soleil tombait et il ne servait plus à rien de
courir maintenant, je ne traverserai pas Kithicor aujourd'hui... Qu'importe,
je m'arrêterai au camp des Orcs au sommet histoire de leur passer un petit
bonjour.
Alors que j'arrivais près de leur campement, je vis un homme en robe noire,
qui me tournait le dos et qui faisait face à trois orcs. Si ce mage est un
tant soit peu maladroit, il sera mort dans quelques secondes. Je ne bougeais
pourtant pas, s'il montrait quelque signe de faiblesse j'irai l'aider.
Il leva les bras, ses manches révélant des muscles noueux et fermes pour un
mage...
Le ciel qui était encore bleu malgré le déclin du soleil, s'obscurcit d'un
coup. On se cru un instant en pleine nuit. Les nuages qui s'étaient
amoncelés au-dessus de notre tête se zébrèrent d'éclairs. L'un deux,
s'abattit sur les bras du mage tandis que celui-ci psalmodiait une litanie
de combat. Ses bras devinrent blancs, presque translucides, chargés de
courant. Il les abattit d'un geste vif et un éclair sortit de ses doigts
pour se ruer sur les trois orcs, apeurés. Les trois créatures moururent sur
le coup, les bras du mage redevinrent normaux et le ciel retrouva sa couleur
d'avant.
Je ne put m'empêcher d'applaudir malgré moi... Je ne connaissais que peu de
mages mais celui-ci avait un style particulier qui me plaisait. M'entendant,
il sursauta et se retourna prestement. Malgré son pouvoir, il semblait
exténué par ce récent combat. Sous son front sur lequel perlait des
gouttelettes de sueur, ses yeux s'éclairèrent en me reconnaissant.
"Bonsoir Seigneur Baeandor ! s'écria-t-il.
- Bonsoir Seigneur Malork", lui répondis-je.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:44:38 (#3031987)

Lame Mortelle

Le combat n'était pas fort difficile, les gnolls ne s'attendant pas à une
attaque si soudaine en fin d'après-midi... Il se battaient donc de façon
désordonnée, tombant les uns après les autres sous les coups du groupe
d'aventuriers. Après quelques heures de combat, le Roi des Gnolls fit
irruption hors de son trou pour punir les malheureux qui le dérangeaient...
Hélas pour lui, comme ses hommes il ne ferait pas le poids. Il était
accompagné de deux solides guerriers, des gardes d'élite apparemment, qui se
ruèrent sur le petit groupe en hurlant sauvagement. Ils tombèrent en
quelques minutes, tandis que le Roi contemplait ses gardes se faisant tuer
sous ses yeux, se demandant s'il ne ferait pas mieux de fuir plut√īt
qu'affronter un groupe de guerriers à l'air féroce. L'un des guerriers
croisa soudain le regard du roi, un regard plein de haine et de colère. Le
Roi se rua sur lui à une vitesse stupéfiante et le guerrier para les
premiers coups avec dextérité. Mais le Roi des Gnolls, dans sa perfidie,
sortit une courte dague qui prit le guerrier au dépourvu et ne pu parer tous
les coups en même temps. Il vit la lame mortelle se rapprocher de lui, trop
rapidement, chargée de souffrance et de mal. Il ne put éviter la lame qui le
transperça.
Alors le temps se figea pour le guerrier. Il n'entendait plus le fracas des
armes du combat, mais seulement le bruit de son coeur transpercé qui
frappait dans sa poitrine et le sang qui battait à ses tempes. Il
n'entendait pas le rugissement du Roi qui tombait sous les coups des autres
guerriers. Il ne sentait que cette lame, en lui, les mains serrées sur le
pommeau, incapable de la dégager, incapable de bouger. Pourtant il tituba,
faisant quelques pas maladroits. Il s'écroula sur le dos, toujours avec
cette lame fichée en lui. Il entendait au loin des voix qui parlaient, mais
les voix étaient indistinctes et il ne voyait pas les visages penchés sur
lui. Il sentait la vie se rependre hors de lui mais il ne sentait plus ses
jambes, ses bras et même la main qui serrait la lame à s'en faire blanchir
les articulations.
Il ne sentait pas le vent qui caressait doucement son visage, faisant danser
ses cheveux. Il ne voyait plus que le ciel qui s'obscurcissait tandis que le
soleil déclinait vers l'horizon. Et, tandis qu'il admirait ce bleu éclatant
remplissant son champ de vision, sa main glissa de la lame mortelle, ses
jambes arrêtèrent de trembler, sa poitrine de se soulever, son coeur de
battre.
Il continua à admirer le ciel, incapable de bouger, insensible aux pleurs de
ses amis autour de lui.
Il continua à admirer le ciel tandis qu'au loin, un loup se mit à hurler.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:45:30 (#3031991)

Rencontre avec les Dieux

Le noir, rien que le noir autour de moi...
Une affreuse douleur au ventre mais je ne peux pas bouger...
Dieux, vous qui êtes bons avec vos fidèles, donnez-moi la force, juste un
peu de force...
Ouvrir les yeux, il faut que j'ouvre les yeux, mais je suis si las, si
fatigué...
Ca y est, mes yeux sont ouverts mais le noir reste omniprésent. Suis-je
devenu aveugle ? ou bien suis-je entré dans les Terres des Dieux... Enfer ou
Paradis ? Je voyais le Paradis comme un havre de lumière blanche et pure, je
dois donc être en enfer... Les Dieux m'ont abandonné aux griffes du mal, me
voici dans un lieu de tourmente jusqu'à la fin de l'éternité...
Non, ce n'est point du noir, seulement un bleu sombre... Je rassemble mes
souvenirs, dans un effort surhumain. Ca y est, je me rappelle, c'est le ciel
que je vois... Et s'il est sombre c'est qu'il doit faire nuit.
Deux mots me viennent à l'esprit : Lune et Etoiles. Ha oui, la lune et les
étoiles, elles sont visibles la nuit, pourquoi ne les vois-je pas... Je
comprend, nuage, voilà la réponse à tout... Et cette douleur atroce en mon
ventre, mais je n'arrive pas à bouger les bras...

Qu'est-ce que cela ? On dirait une lumière qui vient de ma droite, une
lumière blanche mais je n'ai pas assez de force pour tourner la tête.
Pourtant je sens cette lumière se rapprocher, je sens une chaleur
m'environner. Je veux crier pour que celui qui apporte cette lumière vienne
m'aider mais les mots ne peuvent sortir de ma gorge.
La lumière est toute proche, je le sais, elle ne doit être qu'à quelques
m√®tres de moi et j'entends faiblement le bruit l√©ger de pas sur l'herbe o√Ļ je
suis allongé...

Soudain un visage appara√ģt dans mon champs de vision... Je m¬í√©tais tromp√©.
Je suis bien mort, et je me trouve au Paradis. Un visage de femme me
surplombe, à quelques centimètres de moi. Ses traits fin ne peuvent
appartenir qu'à un ange ou même à une Déesse. De son visage semble irradier
la lumière blanche que j'avais aperçu.

Elle se penche et je vois sa main, elle aussi luisant dans la nuit, toucher
mon front. Une vague d'énergie me submerge et je parviens à croasser d'une
voix rauque :
"Belle Dame, suis-je mort ?
- Que nenni, mon enfant". Sa voix est une cascade de notes mélodieuses,
chargée de mille délices incomparables. "Ton temps n'est point encore venu."
Ajoute-t-elle.
"Qui êtes-vous ? demandais-je, me rendant compte après coup que ma question
était un brin directe...
- Je suis ta mère et la mère de tous tes semblables, jeune guerrier..."
Enfin, je comprend et je ne peux empêcher les larmes couler lentement sur
mes joues, des larmes de bonheur et de joie.
Ma blessure me tiraille et je fais une grimace. La femme pose alors sa main
sur mon ventre. Je sens sa main devenir br√Ľlante sur la plaie ouverte, la
chaleur me fais mal, me transperce. Enfin elle enlève sa main et je ne sens
plus aucune blessure en moi... Je regarde mes chairs et constate qu'il n'y a
aucune marque... Je relève alors la tête et murmure :
"Madame, ordonne et j'obéirai.
- Je ne désire rien de plus que ce que tu as fait jusqu'à maintenant.
Repousse le chaos et la nuit, repend la lumière, c'est tout ce que nous
désirons.
- Alors je servirai la lumière avec encore plus d'ardeur qu'auparavant...
- Adieu, mon Enfant...
- Adieu, Dame Karana..." et je la vis s'éloigner doucement, répandant une
lumière blanche autour d'elle, telle la lune dans la nuit noire... Après
quelques instants, elle dispara√ģt de mon champ de vision. Je me rel√®ve
alors, saisissant mes armes, et me dirige vers l'Est.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:47:21 (#3031998)

Guerre à Qeynos

Je me réveillais en sursaut, tremblant et frissonnant. Que se passai-il ?
Etait-ce le froid ? J'enfilais rapidement mes bottes et ma cotte de maille
et sortais de la tente, encore plongée dans la nuit noire. Je contemplais le
ciel... Au vu des étoiles, le soleil ne tarderai pas à pointer son nez...
Une étoile semblait briller plus que les autres et je reconnu instantanément
RisWààq", qui veillait sur moi. Pourtant, malgré mon gardien céleste, une
sensation étrange me submergeait et je ne parvenais point à m'en
débarrasser... Je me dirigeais vers le mince ruisseau coulant à quelques
mètres de ma tente et, après m'être passé de l'eau sur la figure pour
m'éveiller, je constatai que la sensation ne disparaissait pas.
Le mal, je le sens... Il approche. Je me tournais vers l'Ouest, mu par une
impulsion soudaine. Mais je ne voyais rien, rien de rien... C'est alors que
la douleur me submergea, me faisant tomber à genoux. Un flot d'images
passait en moi, des images de guerre, de villes pillées, de vertes vallées
détruites, d'animaux chassés. Je ne pouvais stopper le flux d'image qui
continuait, inlassablement, à une vitesse vertigineuse. Et j'entendais les
cris des guerriers, les hurlements des créatures de la forêt, le bruit du
fer contre le fer et le crépitement de la magie. Je me saisi la tête à deux
mains, me bouchant les oreilles et fermant les yeux pour ne plus voir et ne
plus entendre mais cela ne cesser pas, allais-je devenir fou ?
Soudain tout s'arrêta, excepté un hurlement de douleur qui, je m'en rendis
compte après plusieurs secondes, provenait de ma gorge.
Epuisé, pleurant toutes les larmes de mon corps, je me relevais chancelant.
La guerre était là, à notre porte. J'avais vu des villes en feu. Je n'en
avais reconnu qu'une : Qeynos. Je ne pouvais laisser l'obscurité prendre
possession des villes de la lumière alors je pliais rapidement mon campement
et me mis en route vers l'Ouest...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:48:02 (#3032003)

Donjon Funeste

Enfin, le groupe d'aventuriers était au fond du donjon. Ils avaient eut du
mal à descendre à de telles profondeurs sans perdre aucun membre de leur
équipe mais ils y étaient arrivés.
Maintenant, ils attendaient dans une antique bibliothèque tombée en ruine et
o√Ļ on trouvait plus de mort-vivants que de parchemins anciens. Le barde, de
sa voie chantante, annonçait les monstres qui s'approchaient et lorsque
ceux-ci comprirent que les aventuriers étaient une sérieuse menace pour eux,
le barde alla jusqu'à les provoquer, les repoussant dans leurs derniers
retranchements afin de les mettre dans une colère épouvantable. Il courait
alors vers le reste des aventuriers qui attendait au pied de la statue de la
bibliothèque. L'ennemi ne comprenait que trop tard qu'il était tombait dans
un piège et s'effondrait rapidement sous les coups puissants des guerriers.
A la fin de chaque combat, le clerc qui méditait se relevait et soignait les
blessures au moyen de puissantes prières, puis se replongeait dans l'étude
des parchemins qu'il trouvait dans la bibliothèque.
Tout allait pour le mieux, le groupe était uni, rien ne pouvait l'atteindre,
lorsque soudain, des hurlements nous parvinrent, résonnant dans le donjon.
"Il y a un autre groupe d'aventuriers dans une salle non loin de là, je les
ai vus tout a l'heure. Ils ont du tomber sous les coups de l'ennemi. Clerc,
ne peux-tu les guérir si je te ramène les blessés et les morts ?
- Mon Dieu est bon et amour. Si je lui demande, il daignera ramener à la vie
ceux qui sont tombés au combat en repoussant les forces du mal. Vas donc,
barde."
Sur ce le barde partit, toujours chantant pour donner du courage à tous et
faire fuir l'ennemi, vers le lieu du carnage o√Ļ l'autre groupe d'aventuriers
était tombé.
"Surtout ne bougez pas d'ici et évitez d'attirer trop d'ennemis !"
s'√©cria-t-il avant de dispara√ģtre au d√©tour d'un couloir.
Les aventuriers attendirent quelques instants, sachant que ramener les corps
ne serait pas une chose rapide pour le barde, aussi, rompant le silence, la
grande guerrière barbare dit de sa voix grave :
"Compagnon moine, peux-tu nous ramener quelques ennemis ? Ma lame se languit
du go√Ľt du sang. De plus mon bras subit des √©lancements lorsqu'il ne fait
rien pendant un trop long moment, rajouta-t-elle après coup en faisant un
grand sourire charmeur déformant partiellement les tatouages sur sa figure.
- Entendu, Belle Dame, je ferai tout pour vous plaisir, lui répondit le
moine."
Il s'engagea alors dans les couloirs sombres, arm√© d'un b√Ęton et de ses
poings, sa robe claquant autour de lui tandis qu'il partait en courant.
Après quelques minutes, la guerrière, qui s'était assise et méditait, les
yeux clos, se leva brusquement, le visage marqué par l'inquiétude.
"Il a des ennuis, je le sens, il est tombé dans une salle remplie d'ennemis.
Ils sont nombreux autour de lui, heureusement il fait le mort et les
squelettes ne s'en aperçoivent pas. Notre compagnon va tacher de revenir une
fois qu'il aura semé ces immondes créatures. Il se rapproche, ça y est, les
squelettes s'éloignent de lui, il revient."
Sur ce, nous v√ģmes appara√ģtre le moine, qui nous expliqua rapidement qu'il
n'y avait plus de danger. Mais quelques secondes plus tard, la horde de
squelette nous apparut.
"Horreur ! s'écria le moine, j'ai été suivi !"
Le combat s'engagea alors, sanglant et mortel. Les ennemis étaient nombreux,
trop nombreux. La guerrière frappait avec force, faisant tournoyer sa lourde
épée au-dessus de sa tête, coupant les cranes des assaillants. Le moine
assenait son b√Ęton de toute ses forces sur les squelettes, brisant les
membres au moyen de coups de poing et de pied redoutables, tandis que le
ranger, armé de deux longue épées tranchantes, pratiquait une danse mortelle
avec les serviteurs du chaos, lacérant les chairs en putréfaction, tranchant
et découpant tout ce qui ne ressemblait pas à ses compagnons. Le paladin,
quant à lui, étincelant dans son armure de métal, brandissait son épée à la
lame orn√©e de runes et faisait de nombreux d√©g√Ęts dans les rangs ennemis,
psalmodiant une litanie à l'intention de son dieu guerrier.
Derrière eux, l'air crépitait sous la magie du clerc qui soignait à tour de
r√īle les quatre guerriers, remplissant la biblioth√®que de reflets bleus et
d'éclairs fulgurants.
"Nous ne tiendrons pas, pensa le ranger, nous ne tiendrons pas... Ils sont
beaucoup trop nombreux et nos forces s'affaiblissent."
Les squelettes tombaient un par un mais ils revenaient sans cesse, plus
nombreux, tandis que la sueur perlait aux fronts des aventuriers.
"Je n'ai plus de force, s'√©cria le clerc, je suis √©puis√© et vais bient√īt
m'écrouler !!!
- Non, cela ne doit pas être, cria la guerrière, enfuies-toi par tes propres
moyens et si nous tombons au combat, tu tacheras de nous ramener à la vie.
Si tu meurs, nous sommes perdus. Fuis !"
Alors le clerc, rassemblant ses dernières parcelles de force, lança un sort
de portail et s'y engouffra, se retrouvant dans l'autre-monde. Pour en
sortir, il n'avait qu'une solution : recréer un portail qui le ramènerait au
fond du donjon. Mais il ne pouvait faire cela tant que la bataille durerait,
il attendrait donc un signe de son dieu avant de retourner sur les lieux du
carnage.
Pendant ce temps, sur ces lieux-dits, la situation empirait pour nos
compagnons. Le Paladin, enfonça sa lame dans le thorax d'un mort-vivant mais
ne put éviter les coups des autres l'entourant. Dans un dernier cri, il
tomba au sol. Le moine aux poings puissants tenait ses ennemis en respect
mais sa robe ne lui conférait qu'une piètre armure et il ne pouvait éviter
tous les coups. Pourtant les assaillants hésitaient à se mettre à portée de
son b√Ęton. Le ranger, tourbillonnait, entour√© d'ennemis, faisant danser ses
lames devenues rouges de sang autour de lui. Les ennemis parvenaient
pourtant à lui infliger de lourdes blessures qui l'affaiblissaient de plus
en plus. Tandis que la barbare, levait sa lourde épée avait plus de mal, et
parait de plus en plus difficilement les coups répétés des ennemis. L'un
deux lui planta sa lame dans le c√īt√© mais les blessures √©taient si
importantes qu'elle ne s'en rendit pas compte et continuait à se battre. Un
squelettes armé d'une grosse massue l'abattait sur l'épaisse armure de la
guerrières, provoquant d'assourdissants bruits de métal dans le donjon.
Terrassée, la guerrière finit par tomber à genoux, épuisée mais continuant à
se battre. Hélas elle ne tint pas longtemps et finit par s'écrouler. Le
moine, qui avait vu la scène à quelques mètres de là, hurla :
"NOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!"
Il tenta de se précipiter vers le corps de la belle guerrière, donnant coups
de poings et coups de pieds pour se trouver un chemin. Derrière lui le
ranger finit par tomber sous les assauts répétés de ses ennemis, serrant
toujours fortement ses épées dans ses mains.
Le moine combattit longuement au-dessus du cadavre de son amie, des larmes
aux yeux mais la rage au ventre. Les squelettes arrivaient par vagues mais
toujours il les repoussait, faisant tournoyer son b√Ęton autour de lui pour
les faire reculer. Pourtant ils arrivaient toujours de plus en plus nombreux
et le moine faiblissait. Sachant qu'il ne pourrait lutter, il arrêta de
s'agiter, et, s'agenouillant auprès de la barbare, lui enlaça la tête, lui
caressant doucement les cheveux tandis que coulaient abondamment ses larmes.
Nul n'a un poing plus solide qu'un moine, pourtant nul n'a un coeur plus
fragile qu'un moine amoureux.
Les ennemis se ruèrent sur lui, lui assenant de nombreux coups qui eurent
raison de lui. Alors le moine, sentant ses dernières force s'en aller, se
pencha un peu plus sur la défunte pour la protéger de son corps, et ferma
les yeux à jamais.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:49:26 (#3032011)

Histoire de Baeanwor

"Seigneur, nous sommes arrivés." La voix du capitaine fit sortir le ranger
de sa torpeur. Il s'était enroulé dans sa cape, recouvrant sa tête du
capuchon pour éviter la pluie qui tombait drue en cette soirée. Il se releva
alors, les muscles douloureux d'être resté assis en tailleur pendant toute
la traversée. Que ces voyages étaient longs ! Et cette damnée pluie qui ne
voulait point cesser !
Tout en grommelant, le ranger sauta du navire, pataugeant dans la boue
proche des quais... Il revenait du Lac aux Mauvais Présages, loin au Sud, et
il avait décidé de découvrir les terres des Elfes des Bois, qu'il ne
connaissait que peu. Mais avec ce temps, il regrettait un peu de n'avoir pas
tout simplement fait voile sur le désert de Ro. Enfin bon, maintenant qu'il
était arrivé, autant découvrir ces contrées, et puis la pluie ne durerait
pas perpétuellement...
Il sortit du petit village, puis se mit à courir pour se réchauffer. Le sol
était trempé et il manqua plus d'une fois de glisser sur un souche qu'il
n'avait pas vu, dans l'obscurité tombante. Il suivit un chemin sillonnant à
travers les bois, lorsqu'il arriva √† un croisement de route o√Ļ se dressait
une petite cabane abandonnée. Il hésitait encore entre se poser dans la
pi√®tre b√Ętisse pour faire du feu et se r√©chauffer ou bien continuer son
chemin vers la cité des Elfes des Bois lorsqu'il entendit un cri provenant
de la cabane. Un animal bless√© ? Non, on aurait plut√īt dit les pleurs d'un
bébé. Il entra alors dans la cabane et vit, posé à même le sol, un paquet de
linges blanc. Au milieu de ces linges se trouvait une petite boule rose, un
adorable bébé agitant ses petits poings et pleurant de faim. Comment
était-il arrivé là ? Le ranger sortit de la cabane, cherchant des traces de
pas pour retrouver celui qui l'avait abandonné. Mais pas une trace ne se
trouvait autour de la cabane. Il était encore penché à scruter le sol
lorsque les cris du b√©b√© le sortirent de sa t√Ęche.
Mon Dieu, qu'il était idiot ! Qu'importait qui que fut ses parents ou celui
qui l'avait abandonné là, ce bébé avait besoin d'être nourri et réchauffé
sans quoi il mourrait. Le ranger retourna alors dans la cabane, se saisit du
paquet de linge et le tenant sous son manteau, serré contre lui-même, reprit
le chemin pour la cité des Elfes. Le bébé, réchauffé par la chaleur du
guerrier, cessa de s'agiter mais continua à pleurer de faim, le ranger
accéléra alors son pas et finit par arriver en vue d'une estrade de bois, au
c√īt√© de laquelle se trouvait un homme arm√©.
"Hol√† l'Ami, cria-t-il, o√Ļ se trouve Kelethin, la Cit√© des Elfes des Bois,
je te prie ?"
Le soldat partit d'un petit rire et lui répondit :
"Vous êtes en-dessous, puissant seigneur, il suffit juste de lever les
yeux..."
Le ranger leva la tête et vit d'immenses plates-formes accrochées aux chênes
plusieurs fois centenaires. C'était étonnant ! Jamais il n'avait vu une
chose pareille. C'est vrai qu'en écoutant bien il écoutait les bruits de la
cité, camouflés par la pluie. Le cri du bébé le sortit de sa contemplation.
"Comment monte-t-on là-haut ?
- Rien de plus simple", dit le guerrier en tirant sur une corde pendant à
ses c√īt√©s que le ranger n'avait pas vu. Une plate-forme descendit alors, √†
l'aide de treuils et de poulies dissimulés dans les frondaisons de l'arbre.
Le ranger monta sur la plate-forme qui s'éleva doucement. Il mit alors pied
dans Kelethin. Et comme la petite créature se mit à rugir dans ses bras, il
s'empressa de trouver un lieu pour se poser et le nourrir. Une taverne ?
Non, à part de la bière frelatée, il ne servait pas grand chose. Même
obtenir de l'eau dans une taverne nécessitait de batailler ferme, les armes
à la main. Les bébés ne boivent pas de bière, ça, le ranger en était
certain. Que buvaient-ils ? de l'eau ? Ca y est, ça lui revenait, du lait,
tous les bébés boivent du lait... Mais aucune vache ne vit sur des
plates-formes dans les arbres alors o√Ļ trouver du lait ?
Après avoir retourné son cerveau une dizaine de fois, le regard du ranger
tomba sur une pancarte "Guilde des Bardes de Kelethin". Sans savoir
pourquoi, le guerrier poussa la porte et entra. A l'entrée était postés deux
gardes armés... de lyres ! Ceux-ci, le voyant, entamèrent un chant de
bienvenue. Comme les bardes étaient amicaux avec les étrangers.
"O√Ļ puis-je rencontrer votre Ma√ģtre ? demanda le ranger aux gardes.
- Passe cette porte et tu le trouveras, répondit l'un d'eux en pointant son
doigt long et fin sur une porte sculptée non loin."
Le ranger entra alors dans cette nouvelle pièce et découvrit Taliesin ap
Elpphin, le Ma√ģtre Barde de Kelethin.
"Salut à Toi, Ranger. Tu es loin de chez Toi, il me semble mais sois le
bienvenue ici.
- Merci, Ma√ģtre, r√©pondis le ranger. J'arrive chez toi tel un r√īdeur,
faisant entrer le froid et la pluie dans ta demeure, mais j'ai besoin de ton
aide.
- Mon aide ? mais tu n'es pas barde et il existe une guilde de rangers à
Kelethin.
- Je viens de loin et ne connais point la ville. En venant ici, j'ai trouvé
un jeune bébé pleurant de faim et de froid. Je me suis alors empressé de
venir à Kelethin pour lui offrir un abris et de quoi survivre, de plus...
- De plus ? le Ma√ģtre des Bardes se redressa sur son si√®ge.
- De plus je désirerai que tu éduques cet enfant dans l'esprit et le talent
des bardes.
- Tu es ranger et tu veux que cet enfant devienne barde ? Comme tu es
√©trange, Seigneur... Ce b√©b√© pourrait recevoir l'√©ducation du ma√ģtre de ta
guilde et devenir ainsi un membre de ta fraternité, pourtant tu désires
qu'il soit barde, pourquoi ?
- Je... je... je ne sais pas. J'ai toujours été attiré par l'art de la
poésie et des chants, et aimerait que cet enfant bénéficie de ce que je n'ai
pas eut : des ma√ģtres lui apprenant ces arts. Je ne suis qu'un guerrier, bon
à se battre pour la lumière sans réfléchir. J'aimerai que cet enfant ait une
autre vie, une vie meilleur.
- Les bardes sont des guerriers aussi, même s'ils le font avec plus de
réticences et qu'ils sont plus enclins à la pitié. Bien, j'éduquerai cet
enfant, si tu lu souhaites.
- Ma√ģtre, puis-je te demander une autre faveur ?
- Demandes toujours, ranger, nous verrons ensuite, soupira le Ma√ģtre des
Bardes.
- Pourrais-je revenir voir cet enfant, régulièrement ?
- Pourquoi ?
- Je suis jeune et n'ai jamais eut d'enfant, même si un jour cela viendra,
pourtant depuis que j'ai trouvé cet enfant, je me considère comme son
protecteur, comme... son père.
- D'accord, ranger. J'accepte. Puisque tu es son père, tu dois lui trouver
un nom.
- Un... un nom ? bafouilla le ranger. Mais... mais, je n'y ai pas pensé.
- Comment te nommes-tu ?
- Baeandor.
- Il me semble qu'il est coutume chez les humains de trouver un nom à un
enfant qui ressemble au nom de son père. Il suffit donc de trouver un nom
ressemblant à Baeandor. Il faut un nom qui sonne bien, pour que la renommée
du barde soit grande.
- Gaeandor ?
- Hum... Je voyais plus un nom comme Baeannor ou Baeanwor.
- Baeanwor ! s'écria le ranger. J'aime ce nom. Baeanwor il se nommera.
- Très bien. Alors j'accueille aujourd'hui Baeanwor dans ma guilde et le
traiterai comme mon fils.
- Merci, Ma√ģtre, maintenant je m'en vais voir mes fr√®res, dit le ranger.
- Bonne route, guerrier."
Et le ranger, se retournant, ressortit sur la plate-forme. La nuit était
partie et le soleil levant réchauffait le bois autour de lui. Il se sentait
bien, fier et content de ce qu'il venait d'accomplir. Son coeur bondissait
dans sa poitrine. Baeanwor. Son fils.
Tout heureux, il se dirigea vers une autre plate-forme, à la recherche de la
guilde des rangers.
Voilà mon histoire, telle que me la conta, il y a quelques années, mon père,
Baeandor.

Baeanwor ap Baeandor.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:50:04 (#3032012)

Mariage

Le soleil haut et br√Ľlant,
Le sable et le vent soufflant,
Au plus profond de moi font resurgir,
Un flot de lointains souvenirs...
Une autre époque, mais ici-même,
Le même sable, le même soleil,
Assis en tailleur, je méditait,
L'esprit en feu, tourmenté...

Lorsqu'une belle Elfe, on m'a présenté,
Fille de Felwithe, blonde comme le blé,
Reflétant la splendeur et la pureté,
Grande magicienne, j'étais charmé...

Des yeux immenses, bleu comme les cieux,
Les regarder signifie tomber amoureux,
Des cils longs, papillonnants et enj√īleurs,
De véritables appels à l'amour et au bonheur....

Un petit nez charmant et digne d'une reine,
Teinté de rose, lorsque le froid le malmène,
Pointant en avant, tel la proue d'un navire,
Fier comme un roi et pur comme un saphir...

Des lèvres exquises, rouge comme le sang,
Alternant moue de déception et sourire charmant,
Des lèvres de déesse, cachant des dents parfaites,
Et une langue que la Dame tire lorsqu'elle fait la tête...

Ajoutez un menton fripon, dénué de pudeur,
Des joues roses, de joie ou bien de bonheur,
Une belle peau blanche, douce et parfaite,
Vous obtenez le visage à rendre fou un poète...

De longs cheveux, une fontaine aux eaux dorées,
Sentant le parfum, les fleurs, les fruits et l'été,
Une mer blonde, o√Ļ il doit faire bon se noyer,
Une mer magnifique, par le souffle du vent agitée...

Une silhouette de rêve, tout juste dissimulée,
Par une robe moulante bleue à profond décolleté,
Un corps à faire damner un homme plein de piété,
A enflammer le coeur d'un ranger charmé...

Des mains gracieuses, dignes d'un joueur de musique,
De longs doigts fins enserrant une baguette magique,
De petits pieds divins, clo√ģtr√©s dans des sandales dor√©es,
Bref l'ensemble était d'une incomparables beauté...

La Belle me regardait, avec un sourire enj√īleur,
Et c'est ce jour-là, que disparu un petit ranger,
Pour donner naissance à un poète enfiévré,
Un amoureux fou, prêt à tout pour cette beauté...

Mais les souvenirs s’effacent et font place au présent,
Non loin de là, la belle Enchanteresse Elfe m'attend,
Dans une ravissante robe, d'un blanc immaculé,
Plus de futile nostalgie ! Faites place à la mariée !

Le même soleil au-dessus de ma tête casquée,
Le m√™me sable br√Ľlant sous mes pieds bott√©s,
Aujourd'hui ma vie est comblée de bonheur,
Je suis sans conteste le plus heureux des rangers...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:51:10 (#3032015)

Départ

Le ranger se tenait debout, au bord de l'océan, contemplant les eaux
infinies s'étalant devant lui. Beaucoup de choses avaient changé
dernièrement, trop de choses... Un doux vent frais lui caresse le visage,
lui rappelant les diff√©rences entre le d√©sert et cette contr√©e de verdure o√Ļ
il s'est installé.
Il se penche, ramasse un caillou et le lance à la surface de l'eau, tentant
de faire des ricochets. Loupé.
La nuit commence à tomber mais il ne s'en soucie pas, et continue à
contempler ce paysage qui s'offre à lui. Il longe la plage, marchant
doucement, le crissement du sable à peine couvert par le ressac de la mer le
berce et lui font rapidement perdre le fil de ses pensées... Il se revoit
tout jeune, des ann√©es plus t√īt, alors qu'il ne connaissait pas m√™me
l'existence de Norrath. Il se revoit dans une forêt, un peu comme celle-ci,
aux c√īt√©s de son p√®re, celui-ci lui enseignant les r√®gles de la chasse.
Des larmes ? oui, mais il ne peut les éviter, tout ceci est si loin... Comme
ses parents seraient fiers s'ils savaient ce que leur fils est devenu. Mais
il trop tard maintenant, ses parents ne sont plus...
Il revoit des combats, sur ce monde o√Ļ il est apparu tandis qu'il √©tait
plongé dans le plus profond désespoir. Enfin il revoit les combattants de
lumière qui l'ont recueilli alors qu'il sombrait dans le chaos, ces
combattants qui l'ont nourri, logé et accepté parmi eux. Et maintenant il
était l'un de ses guerriers.
Ca y est, la nuit est tombé et déjà la lune est haute dans le ciel. Sortant
de sa torpeur, le ranger se retourne et s'engage sur le petit sentier menant
à Kelethin, la ville des Elfes des Bois.
Ils s'étaient installé là, lui et sa ravissante nouvelle femme, car elle
voulait être proche des vastes forêts de Felwith et lui du désert. A
Kelethin, il y avait des forêts, et le désert n'était pas très loin...
Il arriva en vu de la ville pourtant il sortit du chemin et s'engagea à
travers bois, pour déboucher sur une clairière, après quelques minutes de
marche. Au centre de la clairière, près d'un petit lac, se trouvait leur
maison, qui ne leur servait que lorsqu'ils n'étaient pas en voyage à l'autre
bout du monde...
Il ouvrit la porte en bois et savoura la chaleur qui l'enveloppa,
contrastant avec le froid de dehors. Le feu dans l'√Ętre cr√©pitait
bruyamment.
Sa femme, la tête posée sur un épais manuscrit, dormait paisiblement. Niché
au creux de son cou, le petit dragon, offert par une amie durant le mariage,
dormait lui aussi d'un sommeil tranquille. Pourtant, lorsque le ranger
déposa ses deux épées près de la porte, le dragon ouvrit un oeil, puis se
rendormit.
Elle s'était encore endormi en lisant.
Il la contempla, admirant ses longs cheveux blonds cascadant sur son dos et
ses courbes délicieuses.
En faisant un minimum de bruit et de mouvements, il se saisit d'un parchemin
sur la table, d'une plume et d'un peu d'encre, puis s'asseyant dans un
fauteuil près du feu, se mit à écrire.
"Ma douce,
Si tu savais comme il m'est difficile d'écrire cela, pourtant cela est
nécessaire. Beaucoup de faits récents se sont présentés à moi et je ne sais
plus bien o√Ļ j'en suis... Des faits pr√©occupants, angoissants. J'ai besoin
de méditer à toutes ces choses, seul. La méditation me permettra de trouver
les réponses à certaines questions qui me préoccupent.
Ne crois en rien que notre amour est l'un de ces sujets, notre amour est
aussi fort que jamais et si je t'écris ceci aujourd'hui, c'est justement par
amour.
Je m'en vais dans le désert, méditer à toutes ces choses et reviendrai une
fois mon esprit éclairci. Je ne puis revenir avant d'avoir assimilé ces
événements préoccupants. Ne cherche pas à me retrouver, le désert est
immense.
Je t'aime.
Bae"
Puis, posant doucement la lettre près de la tête de la belle Elfe, il
récupéra ses armes et sortit sans bruit de la maison.
A ce moment là, seule la lune contempla les larmes ruisselant de ses joues.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:52:13 (#3032021)

Lechaat la Guerrière

Le ranger se trouvait sur les quais de Freeport, et pêchait en attendant un
bateau. Il était assis sur le ponton, les pieds au-dessus du vide, et tenait
sa cane négligemment dans la main, laissant son esprit vagabonder à droite à
gauche. Son air morose n'engageait pas à la conversation si bien qu'il
était seul, tentant vainement d'attraper un poisson avant que son bateau
n'arrive. Il ne vit arriver qu'au dernier moment la créature, qui se
promenait sur les quais en inspectant les caisses de poisson entreposées
de-ci delà. Puis, apercevant le ranger, elle se dirigea vers celui-ci.
Lorsque le chat lui monta sur les genoux, le ranger ne fit rien pour
l'arrêter, et se mit à le caresser distraitement.
"Salut boule-de-poils, dit-il seulement au chat.
Celui-ci se roula en boule et ferma les yeux, bercé par les caresses. Le
ranger, qui avait définitivement abandonné la perspective d'attraper ne
serait-ce qu'une sardine, engagea la conversation avec le chat, à la grande
stup√©faction des quelques p√™cheurs qui passaient √† c√īt√© de lui sur les
quais.
- Tu me rappelles quelqu'un, boule-de-poils. Elle était beaucoup moins
poilue que toi, mais aussi beaucoup plus baraquée. Elle maniait l'épée comme
une déesse et à la cour du Roi, c'était une des seule qui pouvait rivaliser
avec moi à l'arc...
Le ranger soupira, revoyant le visage tatoué de la guerrière du nord.
- Elle avait les mêmes yeux que toi, de grands yeux perçants qui t'évitaient
de l'embêter lorsqu'elle était de mauvais poil... Mais elle est partie,
comme tous les plus grands guerriers de la cour. Elle est partie pour des
terres lointaines. Pourquoi partent-ils tous ?
Les yeux du ranger s'embuaient de larmes. Le chat, toujours blotti sur ses
jambes, continuait à ronronner paisiblement.
- Pourquoi ? Pourquoi ?
Les larmes ruisselaient maintenant sur ses joues, souillant la fourrure du
chat sur ses genoux.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:53:02 (#3032055)

Je danse...

Depuis l'aube, je danse et jusqu'à la nuit je danserai...
Je danse depuis l'aube des temps et jusqu'à la nuit éternelle je le ferai...
Je danse avec la mort, redoutable mais si belle...
Je danse et ne fait rien d'autre, seul, avec elle...
Une danse macabre et effrayante,
Une danse sous les éclairs de la tourmente,
Une danse sans fin, qui ne conduira qu'à ma perte,
Une danse ressemblant à la fureur de la tempête...

La danse des épées,
La danse des guerriers,
La danse désespérée,
Une danse qui ne peut s'arrêter...

Et la mort danse avec moi, ici et ailleurs,
Dans sa grande robe noir, représentant le malheur,
Tout Norath nous a vu danser,
Sur tous les océans avec elle j'ai valsé...

Et je danse, je danse, sous le regard courroucé des dieux,
Je danse, inconscient des remarques des plus vieux,
Je danse, inconscient de la fatigue et de la douleur,
Je danse, seulement sensible à ce ballet et sa splendeur...

La mort abandonne, elle est fatiguée,
Ce sera tout pour aujourd'hui, elle doit aller se reposer,
Alors seulement, je sens le poids des épées,
Et mes muscles douloureux, de sueur perlés...

Je l√Ęche mes √©p√©es, c'est la fin du combat,
Une fois de plus, elle n'a pas eut raison de moi,
Epuisé, je tombe au sol à genoux,
Et rit doucement, serais-je fou ?

Autour de moi, les clercs s'affèrent et soignent mes blessures,
Les druides invoquent sur moi, les soins de Dame Nature,
Mais je ne les vois pas, je ne vois que mes deux épées,
Qui √† la nuit tombante, diffuse une p√Ęle lueur bleut√©...

Je me relève et me saisis de mes armes enchantées,
J'aurai le temps de me reposer, une fois ma vie terminée,
Madame la mort, o√Ļ √™tes-vous pass√©e ?
Madame la mort, voulez-vous encore danser ?

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:53:56 (#3032091)

Les Trois Sages

Et non, pour une fois je ne me trouvais pas dans le désert au sommet d'une
dune. Je n'étais pas non plus au coeur d'une forêt ni en haut d'une montagne
enneigée. Pas même au coeur d'un combat, non, j'étais dans une cité.
Baeandor, dans une cité ? hé oui, que voulez-vous, je dois aussi m'y rendre
parfois, bien que je préfère l'odeur de l'herbe humide à celle des bas-fonds
d'une cité.
J'√©tais donc √† Port Libre, ville que tout le monde conna√ģt, carrefour du
monde connu... J'avais collecté, en éradiquant quelques gnolls, je dois
l'avouer, une petite somme d'argent et j'avais décidé de le mettre en
banque, seule véritable invention utile que les hommes ont de plus sur les
loups. J'étais donc face au banquier, un vieux moustachu qui n'avait
certainement jamais pris une épée et encore moins tenu un arc. Je lui
donnais mon argent et alors que je me retournais pour me diriger vers la
sortie, je l'aperçu. C'était un guerrier, comme tant d'autres, pourtant il
attira mon attention. Il ne portait pas d'armure rutilante, d'épée enflammée
et magique ni même un arc serti de pierres précieuses. Non, il ne portait
aucun objet montrant sa puissance, pourtant il était entouré d'une aura de
bonté et de puissance, mais la chose qui me troubla le plus fut son visage.
Ce visage, je le connaissais depuis toujours, des cheveux bruns tirant
légèrement sur le roux, un grand front plissé, des sourcils épais surmontant
un regard sévère. Un nez droit, des lèvres gercées par le froid et la
chaleur et une courte barbe. Ce visage, c'était le miens, j'étais en face de
mon sosie.
De stupéfaction, je tombais à genoux devant lui en pensant que je me
trouvais devant RisWààq" lui-même, ayant pris une apparence humaine pour me
punir de mes actes.
"Salut à toi, Baeandor Piedrapide, je t'attendais."
prenant mon courage à deux mains, je parvint à prononcer :
"Je suis votre serviteur, Ma√ģtre.
- Je ne suis pas ton ma√ģtre, jeune ranger, dit-il en esquissant un sourire,
je ne suis que l'un de tes guides. Prends ceci, tu en auras besoin."
Il me tendit des gants de cuir et des brassières de métal forgées.
"Merci ma√ģtre, je les porterai avec honneur.
- Ces objets recèlent la sagesse du monde, prends-en bien soin. Deux autres
sages viendront apr√®s moi, tu les reconna√ģtra comme tu m'as reconnu, il te
conféreront eux-aussi la sagesse mais maintenant je dois partir. Bonne route
à toi Baeandor.
- Adieu, Grand Sage."
Et alors que je disait ces mots, il disparut. J'étais encore tout retourné
par ces discussion et je tenais les gants et les brassières contre moi,
quand soudain je vis le second sage. Comment aurais-je pu savoir que c'était
lui ? je ne sais pas, mais je savais que c'était lui. C'était un grand
guerrier, un barbare du nord, armé d'une puissante hache et portant des
tatouages compliqués sur le visage ainsi que sur ses muscles puissants de
ses avant bras. Il me regardait, un sourire se dessinant sur son visage.
"Salut à toi, compagnon guerrier ! rugit-il au milieu de la banque. je
t'attendais !"
Je m'approchais de lui et j'esquissais une courbette qui me sembla très
maladroite sur le moment.
"Je suis l'un des Trois Sages, m√™me si j'ai plut√īt l'apparence d'un f√©roce
guerrier dénué d'intelligence, mais tout combat exige de la sagesse. Tout
guerrier dénué de sagesse ne dure jamais plus de deux ou trois combats,
d'ailleurs. Tiens, voici les objets de la sagesse, porte-les avec honneur."
Et il me posa dans les bras un casque orné de gravures et une cape grises
sur laquelle était tracé un symbole représentant un homme assis en tailleur.
"Maintenant je dois partir mais un autre après moi viendra et comme moi tu
le reconna√ģtras, rugit-il, que la force guide ton bras et que la sagesse
contr√īle ta force", rugit-il avant de dispara√ģtre lui-aussi, sans que je
n'ai eut le temps de dire un mot. Je contemplais le casque dans mes mains...
Il était argenté et les gravures encadraient le front en dessinant deux
traits se croisant et s'enlaçant mutuellement dans un ballet sans fin.
J'étais encore en train de contempler cet objet sacré lorsque mon regard se
releva subitement. A quelques mètres de moi se trouvait une jeune femme,
elle aussi imprégnée de l'aura bleuté de la sagesse. Je m'approchais d'elle
et fit une courbette, tout aussi maladroite que la précédente.
"Salut à toi, enfant de RisWààq". Je suis la dernière des Trois Sages.
Prends ces objets et porte les avec honneur, ils te conféreront la sagesse."
Elle déposa au creux du casque deux bagues et un collier. Celui-ci était
fait de pierres vertes ench√Ęss√©es dans une armature d'argent. Pourtant le
collier pouvait se plier et se tordre comme un bout de ficelle. Les bagues
quand à elles, étaient faites de platine et dans chacune d'elle se trouvait
une pierre blanche qui étincelait au fond du casque.
"Mais je dois partir, maintenant, ajouta-t-elle de sa voix cristalline.
Longue Vie à toi, Baeandor, tu as la bénédiction des Trois Sages.
- Attends, ne pars pas ! m'écriais-je. Pourquoi m'offrez-vous tout ceci ? Je
ne mérite pas tout ces présents et nombreux sont ceux qui mériteraient
chacun de ces objets. Pourquoi moi ?
- Ta destiné est tracée, jeune guerrier, il ne tient qu'à toi de la
découvrir, quant à moi, je ne peux rien te dire de plus, tu dois laisser
faire le temps. Maintenant, adieu..."
Et elle disparut.
Tout estomaqué, je me dirigeais d'un pas chancelant vers la sortie, à la
recherche d'un bol d'air frais.
Une fois dehors, les bras chargés des objets des Trois Sages, je réfléchis.
Les Dieux voulaient que je mette ces objets, je les mettrait donc, pourtant
de pareil chef d'oeuvres ne peuvent pas être souillés par le sang, je ne les
mettrai donc pas lors des combats. Je détacha mes brassières et accrocha les
nouvelles. J'agrafa la cape à mon épaule et sertis le collier et les bagues.
Une fois ceci fait, j'enfilais les gants. Je posais alors le casque sur ma
tête.
Une décharge de courant me traversa alors et d'un seul coup, je vis, ouvrant
la premi√®re fois les yeux sur un monde que je croyais conna√ģtre. Mais je ne
savais rien, je ne connaissais rien alors que maintenant je savais. Je
compris le comment et le pourquoi du monde, je compris la guerre et la
haine, je compris mille et une choses que j'aurais voulu ignorer. Un son
guttural surgit à mes oreilles et je mis plusieurs secondes avant de
comprendre qu'il sortait de ma gorge. Alors, dans le flot tourbillonnant de
connaissance, je me débarrassais du casque, des gants, de la cape et des
brassières ainsi que des bijoux. Puis tremblant, je m'assis près de
l'attirail, et me mit à pleurer... Ho RisWààq", pourquoi ne m'as-tu pas
laissé dans l'ignorance ?

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:55:18 (#3032142)

Timbrés les Rangers ?

Au beau milieu, d'une plaine désertique et abandonnée,
Gis un pauvre ranger, sur son sort apitoyé,
Le long de ses joues, on pourrait contempler,
De nombreuses larmes qui au sol s'écrasaient...
A-t-il perdu son épouse, tant adorée ?
Le soleil de ses nuits, belle comme un ciel étoilé,
Est-elle morte ce soir, en combattant √† ses c√īt√©s ?
Pleure-t-il de désespoir, d'avoir été abandonné ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

A-t-il perdu un fier compagnon de combat ?
Un ami très cher, qu'il respectait comme son roi,
Un frère d'arme, valeureux mais mort ce jour là,
Pleure-t-il la mort d'un guerrier fier et droit ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

A-t-il perdu son Roi, fier et conquérant ?
Un Roi haut comme trois pommes mais grand comme un géant,
Un Seigneur toujours juste, bon et riant,
Pleure-t-il d'avoir vu son Roi mourant ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

Pleure-t-il d'avoir été profondément blessé ?
Une lame ennemie, l'a peut-être poignardé,
Et il g√ģt sur cette plaine, tremblant, t√©tanis√©,
Attend-il que la mort vienne l'emporter ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

Pleure-t-il car son Dieu s'est fait tuer ?
De vils ennemis dans sont royaume sont entrés,
Cachant leur vilenie, sur le Dieu se sont jetés,
Pleure-t-il de n'avoir pas su le protéger ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

Mais non, rien de tout cela n'est vrai,
Toutes ces choses ne sont point arrivées,
Si le ranger pleure, comme un enfant abandonné,
La raison est tout autre, de celles évoquées...

Sur ses genoux repose, un arc brisé,
La belle corde blanche a été coupée,
Sa chasse est finie, le ranger peut rentrer,
Et son arc finira accroché à la cheminée...

Des cheveux d'une Déesse, la corde était tressée,
De l'épée d'un diable, la corde fut tranchée,
Nul ne pourra maintenant la remplacer,
L'arc est inutile, bon à être jeté...

Et le ranger pleure, pleure sans s'arrêter,
Nul ne pourra jamais parvenir à le consoler,
Cette mort, dans son coeur sera à jamais gravée,
Et même si les années passent, elles ne parviendront à l'effacer...

Que faut-il comprendre à cette courte épopée ?
Tout simplement, que si un jour vous apercevez
Un ranger pleurant, comme un enfant abandonné,
Ne songez pas à la mort, quelle affreuse pensée,
Dites-vous seulement, que le valeureux guerrier,
Pleure plus facilement sur la mort de son arme préférée,
Plut√īt que sur la mort d'une personne fortement aim√©e,
Et bien oui, qu'est-ce que vous voulez,
Les rangers sont fous, on ne pourra les changer,
Et que derrière leurs propres éloges de super-guerriers,
Il n'y a, je pense, pas grand chose à tirer.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:56:07 (#3032175)

Fleur de Lys

Le ranger parcourait les Terres de l'Epouvante lorsqu'il fut surpris par la
tombée de la nuit... Trouvant un carré d'herbe, chose qui est rare sur ces
terres désolées, il s'enroula dans son manteau et s'endormit au bout de
quelques secondes.
Ce fut le soleil matinal qui le tira de ses doux songes et se relevant, le
ranger entreprit d'épousseter son manteau chargé d'herbes. Une fois ceci
fait, il se mit en quête de trouver des baies et une source afin de se
nourrir quelque peu...
Hélas, les Terres de l'Epouvante ne sont pas réputées pour la saveur des
fruits sauvages et les sources y sont extrêmement rares. Après avoir
longuement cherché, le ranger resta perplexe... Impossible de trouver de la
nourriture dans ces contrées et le gibier n'y est pas courant.
Alors qu'il se plaisait dans ses profondes réflexions, sont regard fut
attiré par une tache blanche à quelques mètres de ses pieds. Une fleur de
lys. Elle étendait ses petites pétales perlées de gouttes de rosée et dans
lesquelles le soleil jouait de ses mille feux. C'était une chose étonnante à
voir, cette petite fleur, seule au beau milieu de terres mortes et o√Ļ la vie
se fait rare. Mais non, la fleur de lys s'accrochait à l'écorce du sol,
comme si ça vie en dépendait... Elle semblait être là depuis le commencement
des dates et le ranger se dit que rien ni personne au monde ne pourrait la
déranger et qu'elle serait là encore pour de nombreuses années.
Le guerrier resta figé devant cette petite chose ondulant sous le vent. Il
était tétanisé d'avoir trouvé un semblant de beauté dans une région si
dévastée et il ne bougea pas durant de longues minutes, contemplant la
petite fleur sans pouvoir bouger un cil. Elle était à la fois une chose si
simple et pourtant c'était la beauté-même. Avoir croisé tant d'arbres morts
et déracinés, de terres craquelées et fissurées par la sécheresse pour
tomber sur une magnifique petite fleur de lys, voila une récompense qui
enchanta le ranger.
Il fut tiré de sa rêverie par un grognement, derrière lui. Il se retourna en
sursaut, furieux que quelqu'un d'autre découvre aussi la fleur. Mais il ne
s'attendait pas à voir le colosse qui se dressait devant lui. La créature
ressemblait vaguement à un gnoll, en deux fois plus haut et deux fois plus
large. Son museau allongé était bordé de crocs tranchants et redoutables.
Les yeux, injectés de sang, fixaient le ranger d'une façon féroce. L'être
portait un casque à longues cornes et une épaisse cotte de maille forgée
grossièrement. Mais le plus redoutable se trouvait dans sa main droite : une
énorme épée capable de pulvériser un bouclier et que même un barbare ogre
aurait eut du mal à soulever.
Le ranger sortit ses deux √©p√©es et se mit aussit√īt en position de combat,
prêt à se défendre tandis que le monstre lançait sa première charge en
poussant un hurlement redoutable. La redoutable épée au-dessus de la bête
tomba subitement sur le ranger qui l'évita en effectuant un bond sur le
c√īt√©. Se remettant sur ses pieds, il eut √† peine le temps de parer le coup
suivant de sa lame droite. Le bruit de l'acier contre l'acier résonna tel le
tonnerre d'un orage d'été. Le bras encore douloureux à cause du choc, le
ranger se dit que s'il ne passait pas immédiatement à l'attaque, sa fin
surviendrait avec l'épuisement. Il bondit alors sur le colosse, les lames en
avant. Pendant que la droite montait au niveau des yeux de la créature,
l'obligeant à relever sa défense, la seconde lui lacéra la cuisse, laissant
échapper un épais sang sombre qui s'écoula le long de la jambe velue. Le
gnoll géant poussa un hurlement et le ranger recula vivement afin d'éviter
la lourde lame qui faisait des moulinets devant lui. H√©las, dans sa h√Ęte de
reculer, il glissa sur une branche humide et s'écroula sur le dos. Le
monstre, voyant cela, se précipita sur lui, lame en avant. Roulant sur lui
même, le ranger se releva prestement mais ne put éviter la charge de la
créature.
Il ne sentit que la terrible de morsure du métal qui entrait dans son
ventre. Serrant désespérément la lame à plein mains, tentant vainement de la
retirer, il finit par s'écrouler au sol. Il n'entendait que vaguement les
hurlements de victoire du gnoll. Des taches sombres dansaient devant ses
yeux. Sa respiration haletante se fit de plus en plus rare jusqu'à s'arrêter
totalement.
A quelques centimètres de ses yeux, la fleur de lys ondulait doucement sous
la brise matinale, ses petites pétales blanches couvertes de sang...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:56:51 (#3032178)

Je veux divorcer...

Pourquoi la mort ne cesse-t-elle donc pas de me hanter ?
Pourquoi tous mes poèmes se terminent-ils par la mort d'un guerrier ?
Est-ce la peur, ou bien peut-être la folie,
Qui font que la mort se retrouve dans tous mes récits ?
Je pourrai chanter la joie et l'allégresse,
Mais je ne chante que les larmes et la tristesse,
Je pourrai chanter le calme et le bonheur,
Mais je ne chante que les épées qui s'enfoncent dans un coeur,
Je pourrai chanter l'amour et la beauté,
Mais je ne chante que les fins tragiques de guerriers...

Pourquoi ces mêmes thèmes hantent-ils mes pensées ?
Suis-je donc devenu fou, un esprit possédé ?
Un esprit tourmenté, qui a peur de la mort,
Et qui récite de funèbres chants, encore et encore...

Je pourrai chanter la gloire et l'honneur,
Mais je ne chante que la glace et la froideur,
Je pourrai chanter la paix et le prospérité,
Mais je ne chante que des récits d'épées,
Je pourrai chanter la beauté de la nature,
Mais je ne chante que la souffrance des blessures,

Mon coeur est de glace, et mon esprit se meurt peu à peu,
Si un jour je trépasse, voudront-ils de moi, ces Dieux ?
A chanter la mort, la mort encore et toujours,
Ne me suis-je pas attiré la haine des Dieux de l'Amour ?

Je pourrai chanter le repos et la piété,
Mais je ne chante que la fureur des guerriers,
Je pourrai chanter la douceur du vent,
Mais je ne chante que le pouvoir du sang,
Je pourrai chanter la bonté et l'élégance,
Mais je ne chante que la guerre et la violence...

Tout comme la lune a besoin du soleil pour briller,
J'ai sans cesse besoin de réciter pour oublier,
Mais mes poèmes, parlant sans cesse des mêmes horreurs,
Ne sont-ils pas en train de forger ma propre terreur ?

Madame la Mort, je veux divorcer,
Madame la Mort, j'en ai assez,
Madame la Mort, vous devrez chercher,
Un nouveau fou, qui vous fera danser,
Un jeune conquérant à l'esprit déluré,
Qui n'aura de cesse de chanter votre beauté,
De décrire vos exploits et de les déclamer,
Pour ma part, j'ai assez donné,
Mon esprit en flamme doit s'apaiser,
Et en esprit tranquille, se transformer...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:57:41 (#3032183)

Deux p'tits yeux vert

Autrefois j'étais solitaire,
Cette vie avait tout pour me plaire,
Mais le guerrier si orgueilleux, si fier,
S'est fait charmer par deux yeux vert...
Dieu sait ce que je pourrai faire,
Transformer le bois en pierre,
Inverser le cour des rivières,
Remuer ciel et terre, pour...

Deux ptits yeux vert...

Traverser toutes les mers,
Transformer l'eau en bière,
Secouer des dragons vert,
Supprimer toute la lumière, pour...

Deux ptits yeux vert...

Transformer en or le fer,
Même défier Gorenaire,
Des Dieux subir la colère,
Ou bien devenir poussière, pour...

Deux ptits yeux vert...

Transformer le diamant en verre,
Tuer des élémentaux de l'Air,
Défier la fureur de la Terre,
Marcher sur le sol lunaire, pour...

Deux ptits yeux vert...

Remuer ciel et terre,
Redevenir solitaire,
Tout cela pour plaire,
Au centre de mon univers, à...

Deux ptits yeux vert,
Deux ptits yeux vert...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:58:36 (#3032188)

Guerre à Great Divide

La neige crissait sous ses bottes légères tandis qu'il arpentait la berge de
la rivière coulant lentement devant Thurgadin, la Ville du Roi Nain des
Neiges. Pourquoi était-il là ? Lui-même ne le savait pas, il savait pourtant
que quelque chose allait se passer, quelque chose qu'il n'oublierait jamais.
Alors il attendait, nerveusement, que le temps passe.
Au bout de quelques minutes, n'en pouvant plus, il s'assit non loin de la
cascade surplombant Thurgadin et sortit d'un de ses sacs quelques ustensiles
afin de faire des fl√®ches. Si je me plonge dans une t√Ęche qui m'occupe, le
temps passera plus vite, se dit-il en commençant sa besogne méticuleuse.
Pendant qu'il s'évertuait à faire se qu'il savait faire de mieux,
l'agitation perpétuelle régnant autour de Thurgadin changea subitement : les
ours géants et agressifs se terrèrent dans leurs cavernes, les
hommes-taureaux retournèrent dans leur labyrinthe, les loups se réfugièrent
dans leurs logis et même les géants, qui n'ont que peu de choses à craindre,
se dirigèrent vers leur forteresse au Nord-Est. Sentant ce bouleversement,
le guerrier arrêta son travail, cherchant une explication à ce phénomène.
Etait-ce qu'il avait pressenti ? Mais qu'allait-il arriver maintenant ?
Il n'eut peu de temps à attendre car le sol se mit à trembler tandis que le
tonnerre roulait en cadence, loin à l'Est... Non, ce n'était pas le
tonnerre, le son était trop régulier. Des tambours ! non, le sol tremblait
en rythme avec les tambours, ce ne pouvait être que... les géants. Cela
faisait pourtant une éternité que la guerre entre les géants et les nains
avait pris fin. Certes les géants continuaient de temps en temps à faire de
brèves excursions mais ce n'était pas une action de l'ampleur de celle qui
se déroulait en ce moment même...
Le guerrier se retrouvait au beau milieu d'une guerre entre nains et géants,
une guerre titanesque, sur un continent o√Ļ il n'existe aucun lieu pour se
cacher ! Se cacher ? Non, il ne pouvait pas rester là à chercher un creux ou
se réfugier tel un lapin peureux, il aiderait les nains dans ce combat
insensé ou seule la mort l'attendait.
Mais les nains n'étaient pas seuls car de puissantes armées s'étaient
rassembl√©es, gr√Ęce aux talents divinatoires des plus grands esprits de
Norrath. Une armée colossale s'étendait devant les yeux du jeune guerrier.
Toutes les races étaient venues apporter leur aide et leurs guerriers aux
nains. Ainsi une mer de haches, épées, lances et autres ustensiles coupant
faisant un mur à l'avancée des géants tandis que derrière eux se trouvaient
les multiples archers armés de leurs grands arcs et chacun portant sur le
dos un carquois empli de flèches mortelles. Suivaient les mages et les
sorciers et certains d'entre eux étaient déjà enveloppés de lumière en
attendant de pouvoir libérer toute leur énergie magique tandis que les
enchanteurs armaient les esprits de tous. Enfin, les soigneurs attendaient,
tout à l'arrière, impatients de pouvoir mettre en action leurs talents
spirituels. La plaine résonnait des chants des bardes afin que les armées
soient fortes et fières au moment du combat.
On pouvait même voir, un peu à l'écart, une armée de nécromanciens et autres
chevaliers de l'ombre, qui étaient venus porter main forte aux nains.
Certains paladins Elfes lançaient des regards noirs de haine et de colère
aux squelettes morts-vivant de l'armée nécromancienne mais pour une fois ne
leur lancèrent pas l'assaut, l'ennemi était tout autre et bien trop fort
pour que les esprits s'échauffent maintenant à propos de luttes ancestrales.
A l'avant de l'armée se trouvait Heito, un jeune chef de clan, qui donnait
les derniers ordres avant le combat, tandis que derrière lui commençaient à
se profiler les silhouettes des géants, émergeant du brouillard.

Les géants, voyant cette armée étirée devant eux s'arrêtèrent, incertains.
Leur nombre était aussi important que leur taille et plus d'un guerrier
aguerri ne put refréner un tremblement léger face à ces colosses. Soudain,
un géant, un capitaine à en juger son casque, poussa un rugissement et
l'armée ennemi se jeta en hurlant sur les premiers rangs de guerriers. Heito
s'écria : "Pour la Victoire !!!" et son cri se répercuta sur toutes les
falaises de la vallée, porté par un millier de voix derrière lui. Alors il
se rua en avant vers le plus proche géant et le flot de guerriers derrière
lui lui embo√ģta le pas. Le choc fut titanesque. Les g√©ants donnaient de
grands coups de poings et de pieds contre cette foule de frêles combattants.
Le guerrier, ayant toujours une flèche pas encore terminée dans les mains,
repris ses esprits accaparés momentanément par ce qui se déroulait devant
lui, sauta sur ses pieds, prit son arc accroché dans son dos et descendit la
plaine en courant et hurlant lui aussi pour se donner du courage.
Il ne sut pas ce qui se passa ensuite, son esprit embué par la fureur du
combat. Seules quelques brèves images fugitives, dernières bribes de sa
conscience lorsque le guerrier est pris de frénésie au combat, lui revinrent
à l'esprit. Ainsi il se revit en train de décocher flèche sur flèche, au
point d'en avoir les mains rouge et sanguinolentes. Il se souvient de la
vibration qui parcourait son bras gauche à chaque flèche qui quittait son
arc. Il revoit un géant tombait dans un fracas de tonnerre tandis que les
guerriers se tournaient déjà vers d'autres colosses. A un moment, lui
raconta-t-on plus tard, il se jeta dans la mêlée, n'ayant plus de flèches à
tirer, afin de continuer à participer au combat à l'aide de ses deux épées.
Une image ressurgit parfois à son esprit : celle de ses deux épées qui
semblent danser toutes seules devant lui, mordant une jambe de géant à
chaque instant. La danse mortelle dura longtemps sur la plaine glacée,
devenue rouge du sang des combattants. Des cadavres gisaient un peu partout,
donnant une masse de travail aux soigneurs qui s'évertuaient à faire des
miracles pour sauver les √Ęmes pures.
Lorsque la nuit tomba, le Roi des Géant était mort, face contre terre, les
yeux orientés vers les lourdes portes de Thurgadin, qu'il n'avait pas su
ouvrir. Alors, l'armée se regroupa au centre de la plaine et chaque peuple,
après avoir salué une dernière fois Heito, s'en retourna vers sa terre
natale...
Lorsque le combat s'acheva, le ranger retrouva peu à peu ses esprits tandis
que la folie guerrière se calmait doucement à travers lui. Alors, constatant
que la plaine était maintenant paisible, il s'en retourna vers un coin plus
paisible pour pouvoir faire ses flèches tranquillement.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:59:12 (#3032191)

La Dame Blanche

Brrr ! Qu'il faisait froid dans ces cavernes... Le jeune ranger sautilla sur
place en se tapant sur les bras pour se réchauffer. Il aurait bien fait
appel à la bonté de Tunare pour qu'elle lui donne l'apparence du loup et
ainsi avoir une chaude fourrure mais la Déesse n'avait aucun pouvoir en ce
lieu alors le ranger se réchauffait comme il pouvait pour ne pas finir gelé.
Il n'était pas seul, loin de là, car de nombreux aventuriers et aventurières
avaient aux aussi répondu à l'appel et attendaient aussi avec lui,
grelottant, dans ces grottes de glace. Il avait même retrouvé certains
Seigneurs qu'il connaissait. Bien s√Ľr il aurait pu rester chez lui bien au
chaud au coin d'un feu ou bien assis dans le d√©sert sous le soleil br√Ľlant,
mais pourtant si chacun restait dans son chez soi paisiblement, les grands
dragons se remettraient à détruire et dévaster Norrath. Non, il fallait tuer
les dragons dès que l'un d'entre eux était aperçu afin d'éviter une
catastrophe telle que celles que le monde avait vécues jadis.
Justement un dragon avait été aperçu non loin de Halas et après quelques
recherches on avait découvert sa tanière dans de profondes grottes non loin
de la ville. Le Roi de Halas s'était empressé d'envoyer des missives dans
tout Norrath pour quérir de l'aide aux autres rois. Ceux-ci s'étaient
empressés d'envoyer des renforts et maintenant une petite armée attendait à
l'entrée des cavernes avant de donner l'assaut au dragon.
Les généraux du Roi donnaient des recommandations tandis que de puissants
adeptes des arcanes usaient de mille sortilèges et charme pour donner plus
de puissance aux guerriers. Le ranger écoutait d'une oreille distraite les
consignes et ne sentait pas l'air crépitait autour de lui tandis que sa peau
prenait la dureté du diamant et son bras la puissance du titan. Il était
hautement plus intéressé par ce qui l'entourait notamment les magnifiques
stalactites pendant du plafond. Peut-être qu'avec une puissante magie il
soit possible de faire en sorte que cette glace ne fonde pas au soleil. Il
ne resterait plus qu'à tailler le stalactite pour avoir une magnifique
√©p√©e... Bien s√Ľr pour ne pas qu'elle casse il faudrait d'autres sortil√®ges
mais cela ne devait pas être compliqué. Ainsi à la lacération de la lame
s'ajouterait la morsure du froid. Ses pensées furent interrompues par un
grondement de tonnerre derrière lui. L'armée poussait un cri de guerre
tonitruant, l'assaut allait commencer. Abandonnant ses stalactites, le
ranger retourna avec le reste des troupes au moment o√Ļ celles-ci se mirent
en marchent, d'abord lentement puis les premiers se mirent à courir et le
guerrier leur embo√ģta le pas. Il passa sous une arche naturelle faite de
pierre et d√©boula dans une immense caverne au milieu de laquelle tr√īnait
majestueusement le dragon. Le ranger s'arrêta, impressionné par cette image.
Après tout c'était la première fois qu'il affrontait un dragon de cette
taille et l'allure de ce monstre était vraiment très impressionnante. Devant
lui, l'armée se rua sur le dragon en poussant un hurlement de tonnerre et le
ranger rassembla son courage et courut lui aussi en criant pour oublier le
noeud qu'il avait à l'estomac.
Il se retrouva très vite aux pieds du dragon à frapper de ces deux lames
comme si sa vie en dépendait. D'ailleurs c'était un peu le cas car le dragon
ne se laissa pas faire et alternait les coups de griffes, de dents sur ces
petites créatures qui la torturaient. L'armée ne s'arrêta pas pour autant et
continua à redoubler d'efforts pour faire tomber le dragon qui, pris soudain
de rage, se tourna d'un coup en frappant un grand coup de sa queue sur
l'armée. Une vingtaine de guerriers furent projetés sur le mur opposé de la
caverne mais la majorité se releva rapidement, la tête un peu sonnée, pour
repartir à l'assaut tandis que les clercs soignaient ceux qui avaient le
plus souffert de ce choc.
Le dragon faiblissait peu à peu et ses rugissement étaient plus de
souffrance que de colère maintenant. A un moment, il se dressa sur ses
massives pattes arrières, sa tête se trouvant alors à quelques dizaines de
mètres de haut et il cracha un flot de flammes sur l'armée à ses pieds. Le
ranger fut touch√© par ses flammes mais elles ne le br√Ľl√®rent pas mais lui
glacèrent le bras droit qui resta paralysé par le froid pendant plusieurs
minutes, jusqu'à ce qu'un clerc le soigne d'une puissante prière.
Après un rugissement de tonnerre, le dragon s'effondra, s'écroulant
lourdement sur le sol de glace de la caverne tandis que ceux qui se
trouvaient en-dessous s'écartaient rapidement. Alors l'armée un grondement
de colère qui fit tomber plusieurs stalactites. Le dragon était tombé, la
ville de Halas pourra dormir paisiblement à l'avenir.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 0:59:59 (#3032193)

Chasse aux Wurms

"Alors là je suis pas du tout d'accord, dit le hobbit, la bière naine
n'arrive pas à la cheville de la bière hobbite.
- Mais pas du tout, gronda le nain qui lui faisait face, assis sur le cou
massif d'une wurm morte, la bière naine est ce qu'on fait de meilleur. Bien
s√Ľr il ne faut pas la boire dans une vulgaire taverne √† Freeport mais si tu
veux je t'emm√®nerai go√Ľter celle de Thurgadin, elle est divine !"
La discussion avait débuté quelques minutes auparavant, lorsque le nain se
plaignit de ne plus avoir de bière naine dans ses sacs.
Ils étaient quatre, dans de gigantesques grottes de cristal ou dormaient
paisiblement de petits dragons dont les écailles et les dents se vendaient à
prix d'or sur le marché. Ils s'étaient assis dans une grande caverne,
attendant que les wurm pointent le bout de leurs naseaux et le corps encore
fumant du dernier dragon à être entré gisait encore au milieu de la caverne.
Le nain s'était hissé sur le cou du monstre pour voir arriver de plus loin
leur prochaine victime et faisait donc face aux trois autres compères qui
étaient assis en rond en train de polémiquer sur une question de la plus
haute importance.
"Hmm... Vous n'y connaissez pas grand chose vous deux, dit le clerc Elfe, la
meilleure boisson est le vin elfique. Je connais une petite taverne à
Felwithe et quand je m'y arrête, j'ai toujours la larme à l'oeil quand je
dois repartir. Je vous assure que vous trouverez rien de meilleur que le vin
elfique.
- Et toi t'en penses quoi, demanda le hobbit en se tournant vers le ranger
humain.
- Moi ? demanda-t-il en relevant les yeux de la flèche qu'il était en train
de confectionner. Hé bien, je ne sais pas trop... Cela fait longtemps que je
n'ai pas bu d'alcool mais je crois que c'est le vin elfique que je préfère.
Mais bon je préfère boire un lait de louve au miel de Surefall Glade, c'est
exquis et ça évite les désagréments de l'alcool.
- Pouah ! cracha le nain, du lait de louve ! Voilà bien des idées de ranger,
pour rien au monde je ne boirai de l'eau alors du lait non alcoolisé ! Non
merci...
- L'avantage de la bière hobbit, commença le hobbit, c'est qu'elle est moins
forte que la naine, donc on peut en boire plus sans problèmes. De plus, un
astucieux système permet de faire macérer la bière en lui ajoutant d'autres
composants. D'ailleurs mon cousin de Rivervale m'a montré un jour ses
cuves...
Les trois autres ne l'écoutaient plus que d'une oreille distraite, l'un
faisant ses flèches, l'autre plongé dans son livre de magie et le troisième
guettant. Le petit druide ne s'en soucia pas et continua son exposé :
- ... myrtilles cueillies le matin même. Mais le meilleur, c'est lorsque la
bière est faite avec des framboises telles que celle de ma tante, celle qui
a déménagé l'année passée dans les karanas parce que le temps de Rivervale
lui donnait des rhumatismes, et bien ses framboises étaient les meilleures
de toute la région et lorsque mon cousin lui en prenait quelques unes pour
les mettre..."
Le nain, à l'instar des autres, n'écoutait plus, il venait de voir un
mouvement à l'autre bout de l'immense caverne. Plissant les yeux, il
distingua un bout de queue d'une wurm qui dépassait de l'entrée de la
grotte. Sautant sur ses pieds, il se saisit de son arme puis sauta à terre
et sur rua sur le monstre en hurlant :
"Chargeeeeeeeeez !!!!!"
Le ranger rangea rapidement sa flèche et couru à la suite du nain tandis que
le clerc faisait de même tout en gardant son livre à la main. Le hobbite,
plongé dans sa discussion, mis du temps à comprendre que plus personne ne
l'écoutait et se releva rapidement puis couru à leur suite en criant :
"Attendez-moi ! Attendez-moi !"
Mais rien en pouvait arrêter le nain. Serrant crispement son arme à deux
mains, poussant un rugissement dans le but d'effrayer la wurm, il courait
aussi vite que ses petites jambes lui permettaient.
Le ranger, à quelques mètres derrière lui, sourit en contemplant l'image qui
s'offrait à lui : une toute petite créature se ruant sur un monstre
titanesque en hurlant. Que les guerriers nains étaient étranges, leur petite
taille n'assécherait jamais leur amour du combat, quelque soit la taille de
l'ennemi et c'est ce qui faisait d'eux d'agréables compagnons de combat.
Le nain était déjà sur le dragon, tenant dans ses mains une longue pique
deux fois plus grande que lui. Il tentait de l'enfoncer entre les écailles
du colosse et lorsqu'il y arrivait, le rugissement de colère et de douleur
de la wurm couvrait momentanément les cris du petit guerrier. Le ranger se
mis c√īte √† c√īte avec le nain et entreprit lui aussi de glisser ses lames
entre les épaisses écailles.
Après quelques minutes le dragon s'écroula. Le nain, se tata le ventre et
jura :
"Dieu que j'ai faim, je donnerai n'importe quoi pour manger un boeuf de
Kaladim r√īti. Rha ! Je crois qu'il n'y a rien de plus bon qu'un boeuf de
Kaladim.
- Alors là, je suis pas du tout d'accord, l'arrêta le hobbit, je trouve
qu'un mouton de Rivervale ne peut pas être surpassé.
- Ha non, dit le nain, j'ai d√©j√† go√Ľt√© au mouton et les hobbit ont vraiment
aucun go√Ľt. En plus la sauce √† la menthe qui l'accompagne est immonde."
Le clerc, prenant à l'écart le ranger, lui demanda :
"Ca te dit on go√Ľte le civet de hobbit et le r√īti de nain, j'en ai plein les
oreilles de leur histoires de cuisine..."

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:00:46 (#3032195)

Dame Sharafa

J'√©tais adoss√© √† un arbre centenaire, affair√© √† ma t√Ęche. Fabrication de
flèches, aiguisage d'épées ou même création d'un nouveau récit, qu'importe,
là n'est pas la question !
J'étais donc absorbé dans mon oeuvre, le front plissé par l'attention
lorsque un rire cristallin me fit sursauter.

"Qui est là ? demandais-je d'une voix que je voulais assurée.
- Hihihi, jeune ranger, vous faites de dr√īles de grimaces lorsque vous √™tes
occupé.
- Dame Sharafa, est-ce vous ?
- Oups, pardon, j'oubliais que vous ne me voyiez point."

Dans un nuage de fumée apparut Sharafa Angeflamme devant moi. C'était une
grande dame, à la peau foncée par le soleil d'avoir tant voyager mais elle
se cachait souvent dans un grand manteau sombre. Elle cachait sa magnifique
chevelure dans la capuche du manteau, ne laissant apercevoir qu'un petit
visage fripon. Pourtant ce qui frappait en la regardant étaient ses yeux,
emplis d'une sagesse rare. Je connais Dame Sharafa depuis que je suis tout
jeune et elle a toujours eut cette beauté et cette jeunesse, pourtant ses
yeux ont l'air aussi vieux que le monde et semble avoir déjà tout vu. Cela
doit provenir de la science des arcanes, je pense, mais cela me frappait à
chaque fois que je croisais Dame Sharafa.

"Dites moi jeune ranger, je ne voudrais pas vous importuner mais vous passez
vos journées assis au pied d'un arbre. J'ai peur que vous finissiez par
prendre racine, que diriez-vous de visiter un peu le monde ?
- Visiter le monde, mais j'ai déjà tout visité Dame Sharafa...
- Vraiment, dit-elle un peu surprise, et qu'avez-vous donc visité ?
- Mais tout ! absolument tout ! Je connais comme ma poche le chemin qui mène
de Qeynos à Freeport, sans compter les tunnels de Blackburrow.
- Mon pauvre petit, s'écria-t-elle en levant les yeux au ciel, que vous êtes
bête, le monde est bien plus vaste que cela, vous n'avez rien vu du tout...
- Ha bon ? pourtant après Qeynos c'est la mer et après Freeport aussi, donc
je pensais avoir tout vu.
- Mais non, il y a bien plus de choses à voir, allez hop, je ne vais pas
vous laisser dans l'ignorance, je vous emmène avec moi."

Le paysage vacilla autour de nous, l'arbre auquel j'étais adossé quelques
minutes auparavant tremblota, comme s'il s'était reflété dans l'eau et
disparut tout comme le reste autour de nous. Le ciel s'éclaircit et le sol
devient blanc étincelant si bien que je fermais les yeux...
Lorsque je les rouvrais, le blanc était toujours là et Dame Sharafa me
regardait amusée.

"Ho ! de la neige, m'exclamais-je en sautant sur place pour entendre craquer
le glace sous mes pieds.
- Hum... Bon, nous aurons tout le loisir d'admirer cette neige plus tard,
elle ne va pas s'envoler. Ne bougez pas et n'ayez pas peur", me dit Dame
Sharafa.

Elle commença à réciter une formule magique dont je ne comprenais
strictement aucun mot. Tout en la récitant, elle faisait des gestes avec ses
mains, semblant tracer des signes dans le vide.
Soudain, une pluie de minuscules étoiles sortirent de ses mains et
m'entourèrent. Je me sentais léger, léger, j'avais l'impression que je
pourrai m'envoler. Avec stupéfaction je me rendis compte que je ne touchais
plus le sol...

"Haaaaaa !!!! hurlais-je de frayeur.
- Arrêtez de hurler, vous ne risquez strictement rien, me gronda la
sorcière.
- Vous... Vous √™tes s√Ľre ?
- Absolument, allons, en route, suivez moi !"

Et nous voici parti en direction de colossales montagnes au loin. Je
marchais tout en étant suspendu au-dessus du vide. Je sentais un contact
sous mes bottes pourtant il n'y avait rien et si je m'arrêtais, je
redescendais tout doucement...

Nous f√Ľmes vite arriv√©s aux montagnes et une grotte s'ouvrait dans
celles-ci, telle une monstrueuse gueule béante.

"Ne bougez pas jeune ranger, je reviens", me dit Dame Sharafa avant de
s'engouffrer dans la grotte.

Je restais seul dehors, à contempler le paysage qui s'offrait à mes pieds
lorsque j'entendis un horrible rugissement. Je me retournais en sursaut pour
voir Sharafa sortir en courant de la grotte.

"Ne restez pas là, la grotte était habitée", me cria-t-elle alors qu'elle se
mettait un peu plus loin, suspendue dans les airs.

A l'entrée de la grotte apparu une créature titanesque, ressemblant à un
gros gorille blanc. Apeuré je me précipitais vers Sharafa.

"C'est un Yéti des Montagnes... Nous allons le laisser tranquille, tant pis
pour la grotte. Je vais vous montrer un autre lieu."

Le monde revacilla autour de moi et je me retrouvais dans des marais.

Ainsi se déroula ma première visite du monde. Combien de fois le monde
vacilla-t-il autour de moi ce jour là ? Je ne pourrai le dire, ce que je
sais c'est que je découvris plus de paysages que je n'en avais jamais rêvé.
J'étais alors tout jeune et c'est ce jour là que j'ai reçu une des plus
belles leçons de ma vie : "on croit avoir tout vu mais le monde qui nous
entoure nous réserve toujours de nouvelles surprises"...
Depuis ce jour je voyage, cherchant à découvrir de nouveaux lieux, courant
après l'horizon qui ne cesse de s'éloigner...

Qu'est devenue Dame Sharafa ? Je ne saurais le dire aujourd'hui, elle voyage
toujours autant elle aussi. Par contre je crois que je ne l'ai jamais
réellement remercié pour cette leçon qu'elle m'a inculqué ce jour là...

Merci Sharafa, merci pour tout.

Allez jeune barde, va te coucher, je te raconterai d'autres prouesses de ma
jeunesse demain soir.

Baeanwor se retourna pour aller se coucher, laissant seul son père, assis
dans un fauteuil devant la cheminée, l'esprit embrumé de mille souvenirs...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:01:58 (#3032201)

Hommage à Dame Buenry

Dieu que ses pas l'avaient menée loin cette fois-ci... Elle était fort loin
de son logis. Elle ne savait même pas comment elle était arrivée là, ni même
comment elle repartirai mais elle ne s'en souciai guère, préférant admirer
tout ce qui l'entourait.
Elle se trouvait dans une vaste plaine verte. Une herbe douce caressait ses
petits pied nus... On aurait dit que pour chaque brin d'herbe une fleur
avait poussée tant le sol en était recouvert, formant un épais tapis de
mille couleurs. Par endroits, on trouvait de fiers arbres aux pieds desquels
il semblait bon s'allonger pour faire une sieste à l'ombre, bien que le
soleil haut dans le ciel ne faisait point transpirer, et ce malgré une
quelconque armure, mais réchauffait juste assez la peau pour qu'on se sente
bien.
Mais ce qui attirait le plus son attention était le grand humain à quelques
pas d'elle. D'ailleurs dire que c'était un humain serait s'avancer car même
pour un humain il avait une grande taille. Il portait une grande cape
blanche à capuche qui lui plongeait le visage dans l'ombre et empêchait de
voir ses traits et bien qu'il n'y avait pas un souffle de vent, sa cape
s'agitait furieusement derrière lui.
De plus, il portait une épaisse armure, signalant que c'était un guerrier.
Toute sa tenue √©tait d'un blanc pur et pas une seule t√Ęche ne maculait cette
pureté.
Même la lourde épée, sur le pommeau de laquelle le guerrier avait les deux
mains posées, avait une lame blanche. Cet individu reflétait la paix
intérieur à un tel point qu'on aurait pu croire que c'était une statue.
Il semblait attendre quelque chose, ou bien quelqu'un bien qu'il n'y avait
personne qu'eux deux dans cette vaste plaine. Il ne bougeait pas, ne parlait
pas et bien que sa capuche plongeait son visage dans l'ombre, on aurait pu
juré que ses yeux étaient fixe et ne bougeaient pas non plus, ou même
étaient fermés.
Intriguée, elle demanda :
" Mai qui aite vou donc, grande gens ? "
Alors une voix puissante se fit entendre, sortit de nulle part. Une voix
emplie de force et de puissance mais dans laquelle on aurait pu déceler de
l'amour mêlé à un brin de tristesse :
" Je suis Uriel. Roi des Archanges et Chef des Armées Célestes !
- Ha bon... Et vou voulai un cookie ? "

√Ē mon Dieu, qu'il est difficile d'√©crire ces mots,
Comment manier la plume quand votre corps est parcourut de sanglots ?
Mais je sais qu'ici ou là-haut,
Qu'il fasse gris ou bien qu'il fasse beau,
Tout ceux qui auront la chance de croiser son chemin,
Ange ou Humain, Elfe, Hobbit ou même Nain,
Chacun d√©couvrira un avant go√Ľt du paradis,
Lorsqu'ils croqueront dans leur cookie...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:04:24 (#3032216)

Le Départ

Le palais est vide. Il fait nuit. Quelques gardes, endormis à leur poste, ne
voient pas la silhouette noire traversant sans bruit les long couloirs.
A la lueur d'une torche, on peut apercevoir deux longues lames accrochées
dans son dos ainsi qu'un grand arc porté en bandoulière.
Après avoir traversé de nombreux corridors, l'homme s'arrête devant une
lourde porte encadrées par deux gardes somnolant. Ceux-ci le reconnaissent
et le laisser entrer dans la grande salle illuminée par mille torches.
Le ranger s'avance lentement vers le centre de la pièce ou est posé le lourd
tr√īne royal d'or forg√© et serti de joyaux. La salle est vide, seuls ses pas
font un faible écho qui se répercute jusqu'au fin fond du palais. Le ranger
s'agenouille devant le tr√īne. Il avait vu tellement de rois assis dans ce
fauteuil, il avait l'impression d'avoir vécu mille ans. Il entendait encore
les rires des innombrables festins qui s'étaient déroulés dans cette salle,
des nombreuses fêtes qu'elle avait vu passer au fil des années...
Avec le temps, les rires avaient changé et le ranger regrettait les anciens
rires qui cascadaient dans ces oreilles, vestige d'un √Ęge d'or r√©volu. Il
revoyait le visage de tous les rois qu'il avait servi, de tous les mentors
qu'il avait eut alors qu'il n'était qu'un jeune archer tout juste sorti de
sa forêt. 1000 compagnons de combat et combien en restait-il aujourd'hui ?
Peu, beaucoup trop peu...
Dépité, il se releva, des images plein les yeux. Lentement, il repoussa les
lourdes portes et sortit de la salle du tr√īne, se dirigeant vers l'aile Est
du palais, vers les appartements royaux.
Enfin il se retrouva devant la derni√®re porte, la chambre du couple royal o√Ļ
la reine devait sommeiller depuis de nombreuses heures. Délicatement, il
poussa la porte dorée et entra doucement dans la pièce, sans faire le
moindre bruit.
Il contempla la Reine, allongée sur le lit, sa longue chevelure pareille à
une cascade d'or se déversant sur l'oreiller, sa poitrine rythmant sa longue
respiration régulière. Elle dormait profondément et rien n'aurait pu la
réveiller.
Le ranger s'approcha d'une chaise posée dans un coin et dégrafa la broche
dor√©e repr√©sentant une plume accroch√©e √† son cou. L'ayant lib√©r√©e, il √īta sa
cape bleu et or d'un ample geste et la contempla quelques secondes. L'aigle
doré dessiné au dos semblé lui demander de l'aide, tel un animal blessé.
Détournant les yeux, il posa la cape et la broche sur la chaise et retourna
près du lit.
"Je suis désolé ma douce, j'espère que tu comprendras, chuchota-t-il pour
lui même."
"Les temps changent, les choses bougent et moi qui désirais rester le même
je me rend compte maintenant combien il est difficile de rester soi-même
lorsque tout tourne autour de soi. Tant de Seigneurs disparus, tant de
Seigneurs partis au loin, je ne pouvais pas contempler tout cela sans avoir
un gros serrement au coeur, comprend moi je t'en supplie... Ce n'est ni un
adieu, ni un au revoir, je dois seulement m'éloigner du palais quelques
temps... Nous nous retrouverons dans notre demeure de Felwithe, si tu peux
me pardonner un jour."
Les yeux embués, il se pencha sur la Reine et, poussant délicatement une
mèche dorée comme si c'était un trésor inestimable, il posa un léger baiser
sur le front de la belle endormie. Une larme vint s'écraser sur la joue de
la reine, toujours plongée dans ses songes. Alors le ranger se releva et
sortit rapidement de la chambre.
Le coeur lourd, il traversa les couloirs en sens inverse et sortit du palais
tandis qu'au loin le soleil commençait à se lever...
(...)

Le jeune barde avait accompagné avec plaisir son père lorsque celui-ci lui
avait demandé de le suivre. Il avait pris son petit tambourin et lui avait
embo√ģt√© le pas. Traversant ais√©ment vall√©es et plaines.
"O√Ļ allons-nous P√®re ?
- Tu verras lorsque nous arriverons. Je désire te montrer la nature des
hommes, lui répondit le ranger."
Le barde s'étonna des propos de son père qu'il ne comprenait pas bien mais
ne posa pas d'autres questions.
Ils arrivèrent devant une colline plus haute que les autres et recouvertes
de fleurs et d'une herbe douce et drue.
"Nous sommes bient√īt arriv√©, dit le ranger."
Ils se mirent alors à monter cette colline, le père ouvrant la marche et le
fils jouant toujours sur son tambourin. Après quelques minutes ils
arrivèrent au sommet.
"Et maintenant, vois, mon fils."
Alors le barde scruta le versant opposé de la colline et ce qu'il vit le
stupéfia. Deux immenses armées se faisaient face dans la plaine, prêtes à se
foncer dessus et s'entre-déchirer. Pas un bruit ne se faisait entendre.
"Mais que font-ils père ?
- Attends et regardes, tu comprendras la nature des hommes et de toutes les
espèces dominantes de Norath."
A ces mots, un son de cor se fit entendre d'un c√īt√© de la vall√©e et se
répercuta à l'autre bout, reprit par d'autres cors. Les deux armées, en
entendant cela, poussèrent un énorme rugissement qui fit trembler la
montagne puis se ruèrent l'une sur l'autre. Le choc retentit jusqu'à l'autre
bout de Norath. Le silence avait disparu, faisant place au bruit de l'acier
contre l'acier, de la magie qui crépite, des cris de guerre et des
hurlements des blessés tandis que l'herbe au sol virait au rouge et que
l'air se chargeait de l'odeur du sang. Les hurlement emplissaient la tête du
jeune barde qui se boucha les oreilles en hurlant lui aussi, pleurant de
toutes ses larmes. Il ne sentit pas son père qui le prit par les épaules et
lui fit redescendre la colline du c√īt√© paisible.
Le barde retira ses mains de ses oreilles, ouvrit les yeux et s'arrêta peu à
peu de pleurer.
"Voilà la nature humaine...
- Mais père, pourquoi ?
- Je ne sais pas, ils sont comme ça, c'est tout...
- Et les Elfes ?
- Il n'existe aucun peuple de Norath qui ne veuille entretuer son voisin.
- Mais alors que faire, que dois-je faire ?
- Rejoins la meute des loups Bawa, eux seuls ne passent pas leur vie à
s'entretuer, à se battre pour leur territoire.
- Mais père, je ne suis pas un loup, jamais ils ne m'accepteront !
- Alors fais ce que tu peux pour tempérer les hommes, peut-être
parviendras-tu avec tes chants à faire ce que je n'ai pas réussi avec mes
récits, moi je suis trop las pour continuer.
- Tu pars, Père ?
- Oui, je pars... Je te confie la Seigneurie de l'Azur, ta mère te remettra
l'emblème dès que tu retourneras au palais. Prends soin de toi et de tes
frères d'armes, je reviendrai te voir souvent.
- Aur... Aurevoir Père.
- Aurevoir mon Fils, prends soin de ta mère en mon absence."
Le ranger se transforma alors en loup et s'engouffra dans la forêt proche.
Le barde, seul avec son tambourin, tomba à genoux et se remit à pleurer,
pleurer... Il était seul, maintenant...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:05:27 (#3032220)

Lame Immortelle

Il pleut.
Il pleut et les nuages qui s'amoncellent dans les cieux font rejaillir
l'aspect froid et dur de la lame souillée.
Il pleut et les gouttes d'eau glisse doucement sur l'épée, roulant doucement
dans les striures de la poignée dorée pour finalement s'écraser dans la
boue.

Le gros joyau, ench√Ęss√© dans la garde de l'arme est serti de mille diamants
de pluie, étincelant dans la pale lueur du matin. Il pleut toujours mais
les gouttes ne parviennent pas à se fixer sur la lame excepté aux endroits
o√Ļ sont not√©es les inscriptions en Elfique. Les lettres ont une vague lueur
bleutée, conférant à l'épée une aura de magie et de mystère. Esber'ded
pourrait-on lire avec quelques notions d'Elfique. Brandis-moi. De l'autre
c√īt√© de la lame on pourrait lire Esger'ded. D√©poses-moi. L'√©p√©e attend,
seule, sous la pluie, tandis que celle-ci lave le sang qui souille sa lame
et son pommeau. Non loin de l√† g√ģt un guerrier. Mort. Un guerrier qui a
brandit la lame mais n'a pas su la déposer avant qu'il ne soit trop tard.
Alors elle attend, elle attend qu'un autre vienne la prendre et la brandir.
Elle a soif de sang, elle veut go√Ľter √† la chair une fois de plus. Elle
attend qu'on la brandisse encore et encore, et ses runes elfiques brillent
plus fort d'impatience tandis que la pluie s'arrête et que le soleil caresse
de ses rayons la douce lame mortelle.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:06:10 (#3032226)

Demande en mariage

Je me croyais fort, invincible et puissant,
Je n'étais qu'un jeune fou, fou et arrogant,
Mais tout s'est un beau jour éclairé,
Lorsque ton regard j'ai croisé...
Les cieux auraient pu se déchirer,
La guerre aurait pu éclater,
Le tonnerre aurait pu gronder,
Que je n'aurai pas bougé...
Tant de splendeur et de beauté,
En une seule personne rassemblées,
Comment ne pouvait-on vénérer,
Pareille magnifique divinité ?

Alors j'ai fui, pour t'oublier,
Courant à travers bois et vallées,
Cherchant le salut dans l'art de manier
Mon arc et mes flèches et mes deux épées...

Mais tu me suivais, me poursuivais,
Le traqueur pour la première fois traqué,
J'étais comme une bête, blessée à jamais,
Je ne pouvais plus que faire front et lutter...

Mais vaincu je suis, vaincu je resterai,
Je t'offre mon coeur, sur un plateau doré,
Agis à ta guise, tu peux l'aimer ou le broyer,
Dans les deux cas, ma souffrance s'arrêterait...

Je t'offre mon coeur, mon arc et mon épée,
Ma plume, mes pri√®res, mon √Ęme enflamm√©e,
Je t'offre mon corps, pour le reste de l'éternité,
Apporte-moi le repos et l'amour tant recherchés...

Faire le tour du monde, je t'emmènerai,
Découvrir de nouveaux horizons, de belles vallées,
Ou bien rester ici, et nous y installer,
Je ferai ce que tu désire, si cela te plait...

Gocus, Belle entre les Belles,
Gocus, Reine entre les Reines,
Gocus, Douce et Tendre Demoiselle,
Gocus, acceptes-tu d'être mienne ?

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:06:54 (#3032228)

En route pour Qeynos

Le vent soufflait, faisant tourbillonner les cheveux et claquer les capes
dans le froid hivernal. Le jeune ranger se trouvait au sommet d'une petite
colline et contemplait les contrées environnantes. Rien. Le néant absolu.
L'herbe s'√©tendait √† l'infini mais pas une √Ęme ne semblait vivre en ce lieu.
Pas la moindre créature dans son champ de vision. Seulement une vaste
étendue d'herbe grasse. Les Karanas.
Bient√īt, il serait en vue de la vall√©e de Qeynos, la ville qui l'avait vu
grandir.
En repensant √† la ville sale et souill√©e, un go√Ľt amer lui emplit la bouche.
Qu'il aurait préféré être ailleurs, loin de cette cité atroce. Mais le
combat se déroulerait en ce lieu. Le combat entre la Lumière et la Nuit,
entre le Bien et le Mal, entre le Bon et le Mauvais.
Qeynos ville de lumière. Que cette phrase était difficile à prononcer.
Pourtant il fallait éviter qu'elle tombe dans les mains de l'ennemi.
Resserrant sa cape autour de lui, le ranger reprit son chemin, tenant dans
chacune de ses mains une longue lame bleuté à l'allure mortelle.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:07:35 (#3032230)

Retour au Désert

Les terres désertiques et desséchées s'étendaient à perte de vue devant
lui... Il était ici depuis trop longtemps, bien trop longtemps... Il ne
supportait plus ce sol craquelé, ces ruines éparses et ces créatures sorties
d'on ne sait o√Ļ... Il ne supportait plus de ne pas voir d'arbre mais
seulement des buissons rabougris et ch√©tifs mais √ī combien tenaces. Il
voulait revoir les lieux qui lui plaisaient, le continent glacé de Vellious,
les forêts épaisse de Faydwer et le désert de Nro. Depuis combien de temps
n'avait-il pas march√© dans le sable br√Ľlant ? Il ne se souvenait m√™me plus
de la sensation qui s'offre à vous lorsque le vent caresse votre joue, la
fouettant doucement de mille grains de sables.
Allons, se dit-il, je n'ai plus rien à faire là, je rentre chez moi.
Seigneur de la Plume, rentres chez toi,
Seigneur de la Plume, cesse le combat,
Le Temps des Batailles est achevé,
Le Temps des Récits doit recommencer...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:08:20 (#3032233)

Ma Muse

Elle est partie, me laissant seul avec mon désespoir,
Elle est partie, me laissant seul broyer du noir...
Ma muse s'est enfuie, que vais-je devenir ?
J'ai perdu mon inspiration, que me réserve l'avenir ?
Je suis seul avec ma plume, penché sur un parchemin,
Cherchant à écrire quelque chose, mais n'y arrivant point,
Trois jours et trois nuits, sans pouvoir écrire un vers,
Ni même inventer une histoire, d'amour ou de guerre...

J'ai passé tant de temps, à écrire contes et chansons,
Mais hélas maintenant je n'ai plus aucune inspiration,
Le parchemin reste vierge et l'encre sur ma plume durcit,
Et moi, intérieurement, je vocifère et peste sans bruit...

Le monde m'aurait-il déjà tout montré ?
Aurais-je déjà tout écrit, tout chanté ?
Cela ne peut être ! Je suis trop jeune et n'ai point assez vécu,
Mais le doute en moi pénètre, aurais-je déjà tout vu ?

Cette attente d'inspiration me ronge et me fait souffrir,
Y'a-t-il plus grand malheur que de ne pas savoir quoi écrire ?
Le Seigneur de la Plume ne sait plus quoi chanter !
Je sens que sur moi, on va encore jaser...

Et soudain une flèche me transperce la coeur,
Serait-ce ma faute s'il m'arrive ce malheur ?
N'y a-t-il donc plus rien qui me fasse rêver ?
Mon coeur est-il redevenu de glace à jamais ?

Mais non, la glace il y a fort longtemps a cédé,
Libérant mon coeur qui était enfermé...
Une nouvelle journée va encore s'achever,
Sans que je n'ai pu écrire un quelconque sonnet...

La Lune se lève, de mille et une étoile elle est entourée,
Je la contemple comme chaque soir, émerveillé,
Tant de beaut√© et de gr√Ęce dans cet astre divin,
Que je sens mon inspiration qui revient enfin...

Elle est revenue, je ne suis plus seul ce soir,
Elle est revenue, fini de broyer du noir,
Ma muse était partie, mais la voici de nouveau,
Et dans mon esprit enfiévré se déverse mille mots..

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:10:26 (#3032240)

Archer

"Non, pas comme ça !"
Déconcentré, le tireur ne put empêcher la corde de se détendre subitement,
provoquant un claquement sec des branches et voyant la flèche partir se
perdre au coeur de la forêt.
"Concentres-toi et recommence."
Le corps torse nu, luisant de la sueur de la fatigue se cambra tandis que la
main agrippait fermement la corde et l'attirait vers l'oeil. La fatigue
gagnais le bras qui, après plusieurs heures de tir intensif, avait perdu de
son √©nergie. Tentant peine perdue de ma√ģtriser les tremblements, l'archer
visa. La corde claqua, la flèche se perdit au loin, sans avoir eut une
quelconque chance d'atteindre le tronc visé.
La branche claqua sur le corps de l'archer, y laissant une longue trace
rouge vif. L'instructeur était un homme sévère mais un excellent professeur.
Il faisait partie de l'élite des archers de Norrath.

"Tu es un incapable Bae, tu n'arrive même pas à atteindre le tronc... C'est
un chêne et il n'est qu'à 150 pieds après tout !!! Fais un effort !"

L'instructeur se saisit de l'arc, le soupèse, puis prend une flèche dans le
carquois posé au sol. Avant que le jeune archer ait eut le temps de
comprendre, le bras du Ma√ģtre s'est tendu, les branches de l'arc ont pli√©
puis se sont détendues dans un claquement sec. La flèche a filé, tel un
oiseau fondant sur sa proie, pour se ficher en plein coeur de la cible, à
150 pieds de là. Le jeune archer regarde stupéfait.

"Ce n'est pas dans le bras que ça se passe, c'est dans la tête. Tirer une
fl√®che c'est pas seulement tendre une corde et la l√Ęcher, c'est visualiser
le vol de la flèche, s'unir à elle et entrer au coeur de la cible. Tu dois
voir par la pointe de ta flèche, sentir le frottement de l'air contre toi,
redouter l'impact tout en le visualisant. Tu ne dois pas être le bras, tu
dois être la flèche. Recommence, sans la flèche."

Baeandor se saisit de l'arc, bien décidé à épater cette fois son
instructeur... Il lève le bras, ferme l'oeil gauche et tire la corde, se
figeant dans cette attitude comme s'il tirait.

"Vois-tu la flèche ?
- Euh...
- Même lorsque l'arc est bandé à vide, tu dois visualiser une flèche. Cette
flèche est ta dernière, tu ne dois pas la rater, si tu la rate, ton ennemi
te tue. Tu comprends ?
- Oui.
- Bon, il faut que tu aligne l'oeil, l'encoche et la pointe sur le centre de
la cible. Allez, aligne."

Le jeune archer réajuste sa position, soulevant légèrement le bras gauche,
bras qui tient l'arc.

"Il faut que ton coude soit dans l'alignement de la flèche, relève ton bras
!!!"

Le coude droit se relève sensiblement jusqu'à ce qu'il soit dans une
position acceptable...

"Ecarte les jambes ! Perpendiculaire à la cible ! Relève le torse !"

La position de l'archer se fait de plus en plus juste tant est si bien
qu'elle finit par être parfaite au bout de quelques minutes... Pourtant le
jeune homme souffre horriblement. Voilà quelques minutes que l'arc est bandé
sans qu'il ait pu reposer son bras droit d'o√Ļ partent des √©lancement
douloureux, l'arc pèse lourd sur son bras gauche, sans compter le soleil qui
tape dur en ce début d'après-midi...

"Parfait, tu peux rel√Ęcher, la position √©tait bonne... Maintenant on
recommence avec la flèche."

Fire d'avoir pu satisfaire son instructeur, Baeandor reprend une flèche,
l'encoche sur la corde puis bande l'arc. Attentif à ses gestes, il reprend
exactement la même position que précédemment et, après quelques secondes,
l√Ęche la corde, lib√©rant la fl√®che qui part furieusement sa course...
L'archer, toujours le bras tendu et l'oeil gauche fermé, suit la flèche et
ne peut cacher sa joie sur son visage quand il la voit atteindre la cible...
Certe ce n'est pas le centre, mais la cible est atteinte !!!

"C'est bien, le tir était bon... N'oublies pas de couper la respiration et
de bloquer tous les tremblements imperceptibles. Maintenant il faut que tu
apprenne à t'identifier à la flèche, que tu voies par elle et non pas par tes
yeux. Continues à tirer jusqu'à ce que tu ais réussi. Cela peut être long,
très long, certains mettent plusieurs jours avant d'y arriver et certains,
trop bornés, ne réussissent jamais."

L'instructeur, se détourne et s'enfonce dans la forêt pour retrouver la
campement. Le jeune archer se retrouve seul, dans la clairière, avec ses
flèches, son carquois, son arc et sa détermination à réussir le défit de son
instructeur. Si certains y étaient arrivés, alors il y arriverait aussi.

Il tira, tira, tira... Le soir tombait alors qu'il continuait à tirer.
Fatigué et fourbu, il s'allongea à même le sol et s'endormit profondément.

A son réveil, il tenait encore l'arc dans la main et, repoussant sa faim, se
remit à tirer. Après une heure de tir, découragé, il décida de tester la
puissance de son bras. Il encocha une flèche et banda l'arc. Il attendit
ainsi en position de tir, voyant combien de temps il pouvait tenir; Son oeil
était rivé à la cible, son bras, de temps en temps, était parcouru de
tremblement qu'il refrénait avec difficultés à mesure que le temps
s'écoulait.

Combien de minutes, de secondes réussit-il à tenir ? nul ne le sait. Il lui
semblait qu'une éternité s'était passé depuis qu'il avait bandé l'arc depuis
la dernière fois. Sa vision se brouilla tout à coup et il vit plus net, plus
grand aussi. Il cligna des yeux mais sa vision restait pareille, trop nette
et la grandeur des arbres lui donnait des vertiges... Il décida d'arrêter
l'exercice l√†, la faim lui donnant s√Ľrement des vision. Il l√Ęcha la corde et
se sentit projeté par une force surhumaine. Le vent sifflait à ses oreilles,
provoquant un bruit infernal qu'il aurait voulu ne jamais entendre. Un arbre
se rapprochait dangereusement de lui, une cible posée à son pied... Il vit
la cible de plus en plus grosse et au moment de l'impact, se retrouva assis
par terre, à 150 pieds de l'arbre, complètement sonné. Il courut vers
l'arbre.

La flèche était fichée au coeur de la cible.

Puis, la fatigue et la faim eurent raison de lui et il tomba dans l'herbe,
inconscient.
Pourtant, les oiseaux piaillant purent voir, en s'approchant du jeune homme
endormi, un sourire radieux éclairer son visage...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:11:43 (#3032250)

Bénédiction

L'oiseau plane, lentement, dans le grand silence des cieux.
Il est seul, la terre, à quelques milliers de pieds sous lui est cachée par
les nuages. De toute façon, à cette altitude, on ne pourrait pas distinguer
grand chose, mise à part le contour des continents...
L'oiseau est majestueux, il a de grandes ailes et un bec acéré...
Si des Erudits l'avaient vu, ils aurait dit : "C'est un Aigle Royal."
Mais sa race importait peu, dans les cieux, il était juste un oiseau, un bel
oiseau, peut-être le plus beau.
Au loin il vit un vol d'oiseaux migrateurs et un autre que lui serait aller
les pourchasser pour défendre son territoire ou simplement pour s'amuser.
Lui n'avait pas de territoire propre et il avait passé l"age de s'amuser.
Lui, il avait une mission... Tout jeune déjà il ne faisait pas comme ses
frères, piaillant et quémandant de la nourriture. Non, il restait dans son
coin, ne bougeait pas, ne criait pas... Il attendait qu'On lui donne le
signal du début de sa mission. Le signal ne venait pas alors il compris
qu'il devait d'abord grandir...

Il devint un magnifique rapace, si bien qu'aujourd'hui les rares êtres qui
l'ont vu ont oublié la haine et la guerre pour un moment, admirant cet
oiseau magnifique, représentant la beauté pure, la fierté, la puissance.
Plus d'un dragon se sentit ridicule face à cet oiseau, non pas par la
puissance qui s'en dégageait, car les dragon aurait pu aisément lui broyer
le corps d'un coup de queue ou d'un coup de griffe, mais par l'aspect
majestueux qui émanait de l'Aigle...

Et l'Aigle volait, en silence, faisant des ronds au milieu des nuages. Il y
avait des nuages au-dessus et en-dessous de lui et il planait entre les deux
couches... Soudain, un rai de lumière traversa les couches et l'oiseau sut
que c'était le signal, qu'il voyait en rêve depuis des années déjà... Il se
dirigea vers la lumière, douce, bleutée et descendit. Il piqua, toujours dans
le rayon... Le vent sifflait à ses oreilles, le frottement de l'air
réchauffait ses plumes qui conservaient la chaleur près des ailes... Il
piqua, tel une flèche décochée dont on ne peut arrêter la route. Il creva la
mer de nuage et aperçu la terre ferme. Il continua son vol, sachant qu'il ne
pouvait se soustraire à son destin, et qu'il devait suivre cette lumière...
La chute se prolongea, prolongea, il commença a discerner une forêt et une
plaine, puis des êtres dans cette vallée. Il continua sa descente dans la
lumière qui semblait tomber sur un homme...

Celui-ci était debout, devant des guerriers, des mages et d'autres
créatures... A son front était ceinte une couronne discrète. Il avait dans
les mains deux épées et dans le dos un grand arc. La lumière l'éclairait
doucement et il leva les yeux pour comprendre ce qui se passait.

L'oiseau, déployant ses ailes, freina sa chute et vint se poser sur
l'épaule du Roi et se penchant sur lui, lui dit à l'oreille :
"Tu es béni des Dieux, Noble Roi, Tunare te protégeras tant que tu
protégeras Ses créatures."

Et l'oiseau reprit son envol, sa mission était terminée.
Dans un hurlement, les loups saluèrent son envol.

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:13:33 (#3032254)

Un Rire...

"Juste un rire, murmura-t-il en regardant les flammes qui crépitaient dans
le foyer.
- Continue Bae...
- Quoi ? demanda-t-il en se retournant d'un coup.
- Tu semble attristé par la missive que tu viens de recevoir et tu as l'air
d'avoir besoin d'en parler, alors continue et déballe ce que tu as sur le
coeur...
- Voyez-vous mes Amis, j'apprends dans cette lettre la mort d'une femme...
D'elle je ne connais qu'un rire... Un rire cristallin, emplissant les salles
du Palais Royal o√Ļ je m'√©tais rendu apr√®s un rappel des troupes par notre
Roi... J'harpentai fébrilement ces grands couloirs, traversant de longues
salles o√Ļ s'alignaient armures et √©tendards, passant devant des centaines de
cheminées immense dans chacun desquelles crépitaient un feu comme celui-ci
mais en 4 ou 5 fois plus imposant... J'étais perdu au beau milieu du Palais
Royal... Ne vous dites pas par cette description que le Roi est un
mégalomane excentrique qui es fait construire des palais grands comme une
forêt, non, loin de là... Il avait juste hérité, en tant que Roi, du Palais
Royal b√Ęti il y a quelques g√©n√©ration par un de ses pr√©d√©cesseurs
aujourd'hui oublié. Bref, j'étais perdu et je n'avais plus qu'à attendre que
quelqu'un passe pour qu'il m'indique mon chemin jusqu'à la salle d'arme,
salle que je connaissais le mieux dans le ch√Ęteau. Et personne ne venait, et
j'attendais, suffocant sous mon armure de cuir car n'ayant pas eut le temps
de voir le Majordome Royal, je n'avais pu mettre une tenue plus légère avant
l'entretien avec le Roi. Soudain, j'entendis Son rire... Un rire pur, digne
d'une reine ou bien d'une déesse. Le rire allait de par les salles, se
faufilant sous les fauteuils et les tables, se glissant dans les armures
poussiéreuse qui semblait reprendre vie à cette douce musique, un rire qui,
une fois que vous l'aviez écouté, vous semblait être là depuis la création
du monde et sera là lorsque les millénaires auront passé, ce rire était un
Tout, quiconque n'était jamais allé à la Cour tel que moi et qui ne
connaissait que peu de rire à part le rire nerveux d'un Orc qui comprend
qu'il va mourir ou encore le rire d'un Ogre ou d'un Barbare sortant d'une
taverne assez éméché, quiconque n'avait jamais entendu un rire de femme
aurait voué à cette musique un culte sans pareil... Et me voilà dans le
Palais Royal, un sourire jusqu'aux oreilles, les yeux perdus dans le
lointain, avançant encore et encore, me guidant de cette source de bienfait,
marchant telle un automate vers mon salut, vers une Déesse...
Mais voilà qu'en chemin je rencontre un de mes compagnon d'arme qui
m'interpelle et me demande si je suis perdu, me voyant errer tel un zombie.
Le charme est rompu, le rire est toujours là mais cette présence entre le
rire et moi m'est insupportable... Ce rire m'était destiné, nul autre que moi
ne pouvait l'entendre, pas même mon meilleur ami... Dans un sursaut de rage,
j'agrippe fermement une de mes deux épées dans l'intention de tuer ce voleur
de rire et puis la lucidité me revient, mes phalanges, blanches d'avoir
serrées mon arme, se décrispe et viennent se poser, tout comme le reste de
ma main, sur l'épaule de mon compagnon.
" Merci mon Ami... Je m'étais perdu parmi tout ces couloirs et ce rire que
l'on entend encore a été pour moi comme une lumière dans la nuit.. Sais-tu à
qui il appartient ?
- Héhéhé... Tes talents de poète refont surface telle des bulles sortant de
l'eau... A mon avis la poésie te rend trop faible et aveugle et un jour
provoquera ta perte en combat... Enfin bon, ce rire, oui, il appartient à
Lelhia Demortelune, une Grande Dame. Allez, viens, le Roi nous attend et on
ne fait pas attendre le Roi. Tu rêveras de rires et de femmes une autre
fois...
Je suivis mon compagnon parmi les couloirs jusqu'à la salle d'arme...
Je n'ai jamais rencontré l'auteur de ce rire, n'ai jamais connu la raison de
ce long rire dans ce palais mais je reconna√ģtrai ce rire entre 1000,
n'importe o√Ļ, m√™me aux derniers instants de ma mort... Cette femme est morte
et malgré ma tristesse, je suis heureux de pouvoir dire que j'ai acquis un
magnifique trésor ce jour là, gagnant un rire qui maintenant teinte aux
divines oreilles de RisWààq", Tunare, Mithaniel Marr, Erollisi ou encore
Karana, qui sait ?

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:16:16 (#3032264)

Méditation

Le Guerrier était assis, seul, dans le noir, paraissant dormir...
En fait, il serait plus correct de dire qu'il ne faisait plus noir depuis
qu'il était là... En effet, il paraissait entouré d'un halo, une aura de
lumière non pas éblouissante comme on a l'habitude de se représenter les
auras des Dieux mais néanmoins visible dans l'obscurité omniprésente qui
régnait dans le donjon... Cette lumière semblait bienfaitrice et apaisante,
une lumière telle que seul les être emplis de sagesse, de bonté et de
courage pouvait disperser autour d'eux...
Le Guerrier était assis, seul, dans le noir, paraissant dormir... Ses yeux
clos ne bougeaient pas, même aux sons lugubres qui résonnaient de temps en
temps dans les tr√©fonds obscurs de la b√Ętisse... Non, le Guerrier √©tait
immobile, assis en tailleur, les paupières closes, les mains sur les
genoux...
Dans son dos resplendissaient deux magnifiques √©p√©es luisant d'un bleu p√Ęle
dans l'obscurit√©... Les plus ignares auraient tout de suis cr√Ľt √† des lames
Elfiques mais c'était bien mieux que cela, c'étaient deux épées forgées par
le meilleur Armurier Nain de Norrath dans une matière aux origines
lointaines, mi-magique mi-surnaturelle... Les fourreaux des deux lames
étaient translucides si bien que les murs du donjon étaient éclairés d'or
et de bleu azur par les auras du Guerrier et de ses épées...
Le Guerrier méditait, assis, seul, dans le noir, paraissant dormir... Il
avait purgé son esprit de toute pensée, rejetant au loi, au fond de lui-même
sa peur, sa crainte, sa fierté d'être encore vivant ainsi que son désir de
revoir la lumière du soleil... Il ne pensait à rien, ne voyaient rien,
n'entendaient même pas les cris des créatures néfastes du donjon...
S'il avait ouvert les yeux ils auraient pu voir le cercle de Skelettes, de
Ghoules, de Vampire et autre êtres issus de la nuit qui s'étaient rassemblés
autour de lui, admirant tout en craignant cet être magique issu de la
lumière du jour qu'ils n'osaient approcher de peur peut-être d'être
foudroyées... Ils le regardaient, poussant parfois de lugubres hurlements
qui résonnaient parmi les couloirs vide de toute présence humaine.
Derrière le Guerrier se trouvaient d'autres couloirs et d'autres salles
pareils √† ce qu'il devrait affronter t√īt ou tard s'il voulait descendre
jusqu'aux tréfonds obscur de la demeure mais dans les salles précédemment
visit√©es, on voyait l'oeuvre des deux lames et de leur Ma√ģtre gr√Ęce √† la
multitude de cadavres qui, s'ils avaient été vus par leur congenères encore
vivant, les auraient incité à fuir cet Être de lumière qui représentait leur
mort proche...
Mais non, les créatures contemplaient le Guerrier, tandis que celui-ci
sentait peu à peu affluer en lui une force nouvelle et génératrice faisant
en m√™me temps cro√ģtre l'ampleur et la luminosit√© de son aura ainsi que la
lumière de plus en plus intensive des épées magiques dans son dos qui
sentaient que le combat allait reprendre d'ici peu et qu'elle pourrait à
nouveau go√Ľter le sang mal√©fique...
Après un long moment sans bouger, le guerrier sut qu'il était prêt pour
reprendre sa descente vers l'enfer, et d'un geste ample mais vigoureux, il
sortit les deux lames dans son dos, provoquant un effroi parmi le cercle
qui s'était formé autour de lui s'apeurant de voir cette statue prendre
soudainement vie... Les créatures reculèrent d'un bond sans toutefois
prendre la fuite.
Alors, le Guerrier ouvrit les Yeux, dans lesquels on pouvait discerner une
marque divine, un léger flamboiement au fond de la pupille.
"Pour RisWààq" !!!" Cria-t-il en se mettant sur ses pieds d'un bond...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:18:48 (#3032275)

Empoisonné

Il √©tait seul, chassant dans une contr√©e o√Ļ peu de monde se serait aventur√©.
Il chassait seul, au milieu d'une vallée envahie par d'immondes arachnides.

Il chassait seul mais un moine doit choisir entre vivre en groupe dans un
monastère ou bien se contenter d'aventures solitaires.

Il chassait seul mais les araignées ne l'effrayaient pas.

Il chassait seul armé de ses poings et de ses pieds.

Il chassait seul, admirant la bêtise de ces trois araignées qui avaient eut
l'audace de se mettre sur son chemin.

Les araignées s'acharnaient sur lui, inconscientes de sa puissance.

Les araignées s'acharnaient sur lui, inconscientes de leur mort qui
approchait.

les araignées s'acharnaient sur lui, résolues à le trucider, ne sachant pas
qu'elles ne s'attaquaient pas comme à leur habitude à un moinillon parti
chercher de l'eau au puits pour le monastère.

Il chassait seul, rêveusement, pensant à ses amis, à son pays... Il se dit
qu'une fois ces trois immondes créatures décimées, il se reposerait un peu,
à l'ombre d'un arme, juste pour s'allonger quelques minutes, regarder le
ciel, écouter les oiseaux, peut-être somnoler un peu ou simplement prier son
Dieu. Il pensait à tout cela alors qu'il assénait vigoureusement de puissant
coups de poings sur le renflement de l'araignée servant d'abdomen.

Il chassait rêveusement.

Il ne vit pas arriver le Guerrier de l'Ombre, armé de son épée et bardé
d'armures et de harnachements. Il ne vit pas non plus l'ignoble créature qui le
poursuivait, se rapprochant petit à petit de sa proie. Il ne vit pas la
Reine des Araignées, immense arachnide haute comme un homme, dont la partie
supérieure était un buste de femme nue, majestueuse dont les cheveux tirant
sur le rouge sang cachaient les seins, qui aurait put être une véritable
Reine si elle n'avait eut cet immonde abdomen et ces multiples horribles
pattes.

Il ne vit pas le Guerrier de l'Ombre se réfugier dans un trou pour éviter
les coups de la Reine, il n'eut que le temps de voir l'immense patte qui se
dirigeait vers lui. Il ne put l'éviter et il tomba. Dans sa chute, il sut
qu'un corps à corps serait suicidaire et il se figea dans sa position,
feignant d'être mort aux yeux de la créature néfaste. Celle-ci cru
véritablement en la mort du Moine et le regarda, longuement. Le Moine
feintait, certes, mais cette feinte serait bient√īt inutile si le poison dont
les pattes de la reine étaient imprégnées continuait à faire son office au
sein de son organisme. Il attendait que la reine s'en aille, espérant que le
poison et la blessure n'auraient pas raison de lui. La douleur était
insoutenable, elle lui rongeait le bras qui avait été atteint.

La Reine s'en retourna dans son repère. Laissant le Moine blessé à mort.
Celui-ci, dans un ultime effort, s'assit et se fit un bandage, priant les
cieux que l'onction dont était imprégné le tissu suffirait à effacer le
poison de son corps.

Une fois le bandage terminé, il se rallongea dans l'herbe, attendant. Des
larmes coulaient lentement sur ses joues tandis qu'il pensait à sa vie
passée, à la vie future qu'il ne verrait pas, à ses amis qu'il ne reverrait
pas. Lentement, il ferma les yeux.

Un corps de Moine gisait seul dans la prairie.

La pluie se mit à tomber, d'abord doucement, puis à torrents, ruisselant sur
ce corps froid et immobile dont les traits semblaient figés.

L'eau réveilla le moine qui cru un instant être arrivé aux cieux et dont la
pluie représentait le salut de Karana qui l'accueillait en sa demeure. Mais
non, il était vivant, rescapé d'une mort affreuse.

Il se leva, chancelant, heureux de vivre, heureux d'être. Il se mit à rire,
à gorge déployée. Il riait de bonheur, de joie, il riait tel un nouveau-né
qui découvre le monde, il riait tel un aveugle à qui on offre la vue et qui
s'émerveille de toute chose, il riait, encore sous le choc, se demandant si
sa vie n'était pas un rêve, qu'il était en fait mort...

Il était vivant.

Après quelques instants, il se souvint qu'il avait des amis dans la région
et alla les chercher. Ensemble, ils descendirent dans l'antre de
l'arachnide. Là, elle s'était rendormie, ne se réveillant que lorsque des
insouciants troublaient son sommeil.

Les guerriers lui sautèrent dessus pendant qu'elle dormait et le Moine
redoubla de puissance pour se venger de cette mort qu'il avait évité de
justesse.

En quelques instants, la reine ne fut plus qu'un cadavre dans une grotte
froide.

Il sortit de la grotte, le visage éclairé par la douce lumière du soleil qui
avait remplacé la pluie.
Bercé par le chant des oiseaux qui piaillaient, il se dit :
"Tu reviens de loin, Crim..."

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:20:10 (#3032286)

Le temps est futile, les dieux sont éternels...
Ils le regardent s'écouler tandis que meurent les hommes et les soleils.
Vous avez beau chasser pendant des années, luttant pour votre survie,
Vous ne pourrez échapper à la morsure de l'éternel ennemi.

Vous êtes un enfant, jouant dans les bois,
Vous vous réveillez transpirant respirant avec effroi,
votre crinière est brodée d'argent, le temps ne vous a pas épargné,
et vous êtes clairsemé de rides, telles des rivières asséchées...

Combien de larmes ces rivières ont-elles vu couler ?
Combien de fois sous les rires se sont-elles déformées ?
Vos mains, autrefois douces et lisses, joyaux de la jeunesse,
Combien de fois ont-elles versé le sang et combien de caresses ?

Vous servez les Dieux, leur vouant un culte passionné,
Mais aucun dieu quel qu'il soit ne pourra vous sauver,
Ils n'ont que faire du temps, ils sont éternels,
Ils ne voient pas le nouveau cheveu blanc, à chaque réveil...

Mordre dans la vie, la dévorer à pleine dents,
Avant d'être dévoré, par l'ennemi se glissant lentement,
A chaque coup de lame sa morsure est plus douloureuse,
A chaque poème on sent sa morsure encore plus hargneuse...

Qu'est-ce que le bonheur ? pouvoir vivre éternellement ?
Mais ce rêve n'est-il pas un cauchemar lorsqu'on vous dévore lentement ?
Pourquoi tant de vieillards sont-ils morts avec le sourire ?
Sont-ils heureux de leur vie ou content d'enfin en finir ?

Etre heureux d'avoir vécu ou se féliciter de pouvoir enfin mourir ?
Qu'y a-t-il derrière le grand mur blanc ? Une autre vie, de nouveaux
sourires ?
Ou bien simplement des larmes et du sang, coulant et se mélangeant,
Et l'action éternelle qui redémarre, la morsure du temps ?

Pourquoi les animaux ne craignent-ils pas le temps ?
Chasser pour survivre et nourrir les enfants,
Pourquoi les loups n'ont-ils pas peur de la mort, qui vient inexorablement ?

Et ne pouvoir le fuir me met dans une grande colère,
Vous avez beau traverser terres et mers,
Il est toujours là, vous dévorant lentement,
J'ai si peur de lui, ne pourrais-je rester un enfant ?

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:21:11 (#3032291)

Doomshade

Vous l'entendez, lentement il se rapproche,
Gardé de ses disciples, tout aussi féroces,
Vous attendez, votre coeur semblant exploser,
Vous ne pouvez rien faire, vous n'êtes qu'un guerrier...

Pourquoi êtes-vous là, pour un combat sans espoir,
Pour combattre des êtres tout droit sortis d'un cauchemar,
Vous ne savez plus, pas même qui vous êtes,
Le sang bat aux tempes, la peur obscurcit la tête...

Une cause perdue, une couronne abandonnée ?
Peut-être même un royaume ou un trésor dérobé,
Qu'importe, il est trop tard pour songer à fuir,
L'ultime recours est d'espérer rapidement en finir...

Ca y est, il est la, ombre parmi les ombres,
Géant parmi les géants, tout en encapuchonné de noir,
Il s'avance, court, flotte telle une ombre,
Et plonge les coeurs au sein même du désespoir...

Le général lève son épée, et l'abaisse d'un large mouvement,
Le combat est lancé, plus rien ne compte maintenant,
Comme les autres, vous courez sur l'ennemi en hurlant,
Défiant la mort, la narguant, la bravant impunément...

Les lames mordent a toge sombre, semblant couper de l'air,
Les boules de feu traversent la grande ombre en colère,
Les sombres mains s'élèvent, faisant jaillir l'obscurité,
Mais vous ne sentez même pas leur morsure, l'esprit trop embrumé...

Les hurlements de terreurs retentissent sur la vallée,
A cote de vous un guerrier s'enfuit, épouvanté,
Desespérement, vous luttez pour ne pas fuir le combat,
Si la raison vous échappe, c'est la Mort qui viendra...

Mais l'ennemi, lui aussi se met peu à peu à faiblir,
Ses bras s'élèvent moins haut, son obscurité à cessé de s'épaissir,
Alors les chants des bardes redoublent, pour redonner du courage,
Les prières des prêtres emplissent de nouveau les coeurs de l'entourage...

L'ennemi vacille, tangue, titube et s'écroule,
Le fracas est assourdissant, et l'armée recule,
Contemplant le corps sombre, les morts et les blessés,
Ne réalisant pas encore, la fin du combat acharné...

Ils repartiront avec encore un peu plus de vieillesse dans les yeux,
Le dos vo√Ľt√© de fatigue ou de douleur, peut-√™tre un peu des deux,
La Grande Ombre n'est plus, le soleil brillera de nouveau ici,
Le bruit de la bataille est retombé et la vie a enfin repris...

Par Baeandor le 16/1/2003 à 1:22:51 (#3032295)

Teir'Dal

Esprit de la Guerre, Guerrier de la Peur,
Magie obscure et sombre, Nécromancien de Malheur,
Le Seigneur de la Haine, le Dieu de la Destruction,
Demandent sang, sacrifice, offrandes et vénération...

Arm√©e d'une √©p√©e noire, d'un sceptre ou d'un b√Ęton,
Tous fuiront en horde devant notre abomination,
Mais la fuite est vaine, seul importe le combat,
Seul le silence restera, lorsque passeront nos soldats,

Et lorsque ne restera plus que ruine et chaos,
Nous construirons alors, sur les décombres et les os,
Des Temples des arcanes, o√Ļ br√Ľleront mille flammes,
Et ou r√©gnera la mort des c¬úurs et des √Ęmes...

Alors tous vénéreront la nuit et ses armées,
Tous adoreront la violence et sa pureté,
Les Elfes Noirs gouverneront monts et vallées,
Et le r√®gne d'Innoruuk br√Ľlera √† jamais...

Par Wizoom le 16/1/2003 à 11:43:08 (#3033857)

super plein de nouveau textes à lire !!
j'ai lu le premier c'est très prometeur !

merci à toi pour cette lecture qui s'annonce très sympa ! gratz !
et t'arretes pas avant le 100 ème surtout ! :)

/kneel

Par Baeandor le 16/1/2003 à 12:02:47 (#3033982)

Arf merci Wizoom =)

Par Haskeer le 3/2/2003 à 14:00:08 (#3161006)

J'ai lu "l'empoissoné" :)

Sympa :merci: :merci:

Je ne voyais pas Crimsonbeta sous cette personnalité :D

Par Baeandor le 3/2/2003 à 20:59:53 (#3164335)

=)
Crim c'est un moine qui n'hésite pas à faire boire les autres (c'est ce rustre qui m'a enseigné les joies de la beuverie, balayant en quelques minutes les sermons de mon mentor un paladin pieux comme pas deux) et il a un don inné pour dévarier la jeunesse...
Mais quand il est fait le mort, il le fait comme un dieu =)

JOL Archives 1.0.1
Par Mind