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Une Journée à Firesky

Par Enthymion le 11/7/2002 Ă  3:08:45 (#1789488)

Aurore


Le coup porta. Juste au bon endroit. Un mince filet de sang commença à couler, les yeux à se révulser sous la vision de la mort prochaine.

Le jeune homme, revĂŞtu dÂ’une chasuble aux couleurs ternes, regarda le dragon, lÂ’interrogeant de son regard aux pupilles noires de jais.

« - Oui, il est mort... »

L’homme scruta à nouveau le centre de l’arène dallée de pierres de jade, le cadavre gisant et souillant le sol. Puis, il parla :

« - Je n’aime pas ces combats à mort. Ils sont vains et futiles. J’ai du mal à comprendre, que vous autres dragons, appréciez cela. En retirez-vous du plaisir ? »
Le dragon cligna ses yeux et répondit de sa voix gutturale :
« - Du plaisir ? Jeune homme, même s’il y a peu de temps que tu es avec nous, tu aurais dû comprendre que nous ne cherchons rien, pas même le plaisir. Ce combat-là était nécessaire, dans l’ordre des choses... Seuls les renégats cherchent ce plaisir. Et ils ont sombré dans la folie. »
« - Ordre des choses... ? » murmura d’une voix songeuse l’homme. « Le Destin, hein ? »
« - Si vous voulez... Le Destin, la logique de toute chose. Vous savez, jeune homme, les prophéties s’accomplissent toujours, même les plus obscures. Quelque part il était dit qu’il devait mourir. Et il est mort. Quelque part... »
Le jeune homme lui répondit d’une voix énervée et agacée :
« - Oui oui. Un stupide duel, pour des broutilles, des banalités… »
Le dragon sembla sourire :
« - c’est votre jugement, homme. Pour le mort et le vainqueur, ce combat avait une toute autre valeur, car il révélait celui qui avait raison et celui qui avait tort. La main des Dieux n’est jamais loin.
« - S’abaisser à croire en cette main des Dieux, alors que vous êtes plus anciens que la plupart d’entre eux, excepté le Vénérable Artherk... C’est simple et facile. Il y a autre chose, que vous me cachez, Ismajnghnar. »

L’Ismajnghnar se contenta d’hausser les épaules, puis partit sans répondre en se dandinant à travers les larges et hauts couloirs du Palais des Dragons. Le vieil homme resta quelques instants, visiblement agacé, puis descendit dans l’arène, près du cadavre.

Les traits nÂ’Ă©taient ni beaux, ni laids. De grands yeux aux pupilles marrons, des cheveux bruns poisseux de sang. Un jeune inconnu. Le vainqueur avait disparu, et lÂ’immense salle Ă©tait silencieuse. Personne. BientĂ´t on viendrait chercher le corps. Que deviendrait-il ?

L’homme délaissa le corps. Il emprunta le déambulatoire qui entourait le palais. De là, il voyait la ville, d’immenses demeures aux formes extravagantes, reflétant de manière particulière, la lumière du soleil. Magnifique ville ! Même Silversky et son splendide château, les hautes murailles grises, n’égalait pas la Cité des Dragons.

Il y a peu que l’homme était arrivé. Une nouvelle pressante l’avait amené jusqu’ici, en ses contrées peu connues des hommes. Il ne savait pas encore quoi exactement, bien que dans son cœur, les soupçons se multipliaient. Pourquoi l’Ismajnghnar l’avait-il mené jusqu’à cette arène ? Pour montrer un combat ? La vanité d’une bataille ? La fragilité d’une vie ?

Voilà peu de temps qu’il se sentait libéré des croyances qu’il avait toujours eues. Comme ça, d’un seul coup. Le nom de Sélène lui paraissait toujours doux, mais la ferveur, qui l’avait animé jusque là, s’était éteinte, transformée en braises mourantes. Oui… Il lui semblait étonnant que cette libération coïncide avec le message des dragons.

Enfin, bientĂ´t, il saurait pourquoi et pour quoi il Ă©tait venu jusquÂ’ici. Question de temps.


Midi


Le dragon concentra les énergies dans la salle. Puis il les focalisa en un point. L’énergie, bouillonnante, légère fusionna en une boule à peine plus grosse que le poing. Les yeux clos, le grand lézard guida la boule vers le corps de l’infortuné duelliste. Au contact de la chair avec l’énergie, un grand silence se fit, et l’énergie s’étiola, coulant, le long du corps. Ressuscité. Le savoir fort ancien des dragons se dispensaient des pierres d’Artherk, pour faire revenir la vie.

Le duelliste tressaillit violemment, puis hoqueta. Une porte s’ouvrit et deux hommes posèrent sur une civière le Réveillé. L’Ismajnghnar poussa le jeune spectateur à son tour. Il en avait assez vu. Bien que le savoir et la connaissance des dragons est si grande, les rituels étaient d’une complexité qui exigeait calme, silence et sagesse.

« - Pourquoi m’avez-vous montré cela ? » s’enquit le jeune homme.
« - Car s’il existe un Destin, les choses ne sont jamais définitives. La mort n’est pas une fin, la preuve en est que nous l’avons ressuscité. L’accomplissement des Prophéties ne sont jamais des fins. Il y a toujours eu un Avant et un Après. Comprends-tu cela ? » demanda l’Ismajnghnar.
« - J’avoue que j’ai dû mal à cerner ce à quoi vous voulez en venir... »
« - Ne cherche pas. Comprends seulement qu’il existe des Forces bien supérieures aux Dieux même et qu’ils y sont soumis, comme toi et moi. Et il n’y aura jamais de Fin. » répondit le dragon en s’envolant. Le jeune homme ne put répliquer quoi que ce soit.

Sceptique, il commençait en à avoir assez de cette atmosphère mystérieuse. Il ne comprenait rien. Las, l’homme regagna par de longs dédales, sa chambre et s’endormit.


Crépuscule


Assis sur une chaise de bois monumentale, comme un trône, le jeune homme feuilletait des ouvrages étranges, écrits par une main d’homme, tremblotante et âgée. Il contemplait un croquis de dragon, presque flou, lorsque l’Ismajnghnar entra.
« - Viens, il est temps. »
Sans mot dire, le jeune homme se leva. Le Dragon le saisit dans une de ses larges pattes, puis le posa délicatement sur son dos. Il sortit de la pièce, et d’une esplanade s’envola vers un point indéterminé.

Le vol ne dura pas longtemps. Bientôt, ils arrivèrent en vue d’un temple, à l’architecture toute aussi étrange que les demeures de la Cité des Dragons. De grandes portes d’airain, des sculptures de têtes de dragons apaisés. Sur un mot de magie, les portes s’ouvrirent, et ils pénétrèrent dans le temple. Une douce odeur de myrrhe flottait dans l’atmosphère. L’obscurité était presque complète. Ils avancèrent ensemble sur le sol dallé de marbre noir. Puis l’Ismajnghnar s’arrêta et commença à psalmodier des mots étranges, gutturaux, venus d’un autre âge. S’arrêtant aussi, le jeune homme attendit la fin du chant. Mais il ne se terminait pas, alors, il continua un peu son chemin.

Il remarqua de nombreuses absidioles dans la paroi du temple. Ses yeux, s’habituant à l’obscurité, distinguèrent des formes tantôt immenses, tantôt beaucoup plus petites, allongées sur des socles en pierre. Il continua son chemin, et s’arrêta à une des absidioles. Sur le fronton de celle-ci, un dragon de diamant avait été dessiné, lumineux. Par un jeu de lumière, les diamants éclairaient une forme allongée sur le dos, le gisant d’un homme au sourire apaisé. Baissant les yeux, il put lire ces trois mots :

Enthymion de Bryl

« - Il n’y a jamais de Fin. » susurra l’Ismajnghnar.

En vérité, Erenion n’éprouvait qu’un vague sentiment de mélancolie, mais aussi de l’apaisement, en voyant les traits figés de son père, souriant. Il était mort, la Malédiction avait pris fin. Il était libre et son père aussi était libre. Cette nuit, il rêverait sans doute de choses qui n’ont pas de fin, et comment chacun le sait, seuls les songes sont éternels...

Par Una Mag Mell le 11/7/2002 Ă  9:41:59 (#1790144)

Et, ce pendant, elle l'attend...

Par Yodavid le 11/7/2002 Ă  11:04:54 (#1790412)

Bien loin de tout cela, le petit Bout de chou dodeline néanmoins de la tête, comme pour marquer son approbation.
Le soleil lui sourit allègrement et il le lui rend bien.
Dans le vaste siège à bascule, bercé par le chant de sa mémé, il s'endort enfin pour rêver une fois de plus, pelotonné contre son amie Joey, parce que sinon les rêves ils circulent moins bien.
Comme dit sa mémé, l'amour, c'est quand tu sors le "a" du mot "amie".
Mais le petit a pas encore trouvé où c'est que Joey elle le cache.
Ils ont tout le temps.
La mie de pain c'est bien.
Mais la crĂ´ute, c'est bien utile pour faire des blagues comme empĂŞcher msieur Thunorapasnotrepeau de dormir en mettant tout plein de miettes dans son nid.
Non, décidément, ils ont tout le temps...


Digression en gage de respect pour le toujours passionnant papa d'Enterrons, puisse-t-il me pardonner.
Oups non, Enthygnons (beeelle beeelle vocation que celle de protecteur du rĂŞve).
Et je ne dis même pas ça juste pour plaire à la maman d'Una, non non non, du tout du tout du tout.
Sur ce, j'ai un arc-en-ciel Ă  prendre pour la ville rose.
Ziboulins.
Le papa de Bout de chou, de sa mémé, de son rocking-chair...

Par Corwin d Ambre le 11/7/2002 Ă  12:59:30 (#1790973)

C'était très bien, je trouve.

Par Meriador le 11/7/2002 Ă  13:10:51 (#1791043)

Ca l'est souvent venant de cet auteur :)

Par Rochel Anor le 11/7/2002 Ă  18:42:35 (#1792691)

Toujours aussi agréable à lire :).
Je ne savais pas le rapport Eren/Enthy. La honte Erenion boit que du lait Enthy doit se retourner dans sa tombe
:(
En espérant revoir un de ses 4 matins un de tes persos et la douce Una.

Le jeu de la main chaude? :ange:

Par Una Mag Mell le 11/7/2002 Ă  19:30:59 (#1792905)

Le jeu de la main chaude ?

Tssss, Rochel :)

Par Enthymion le 11/7/2002 Ă  19:36:32 (#1792937)

*s'en retourne dans sa tombe, de savoir sa belle-fille toujours aussi dévergondée* :enerve: :enerve: :enerve:

Par Una Mag Mell le 12/7/2002 Ă  0:23:22 (#1794146)

Alors là ! ! Les bras m'en tombent ! J'ai signifié à Rochel par un "tssss" désaprobateur qu'il n'était nullement question de jeux malicieux, la main chaude est un jeu pour enfants, cher beau-papa !
*Retourne le vieux monsieur dans le bon sens, lui donne son doudou et lui chante une berceuse pour l'éternité*

Par Dolce Agonia le 12/7/2002 Ă  17:55:30 (#1797504)

Hooooop!!!!!

*souleve le post pour le porter jusqu'en premiere place car c'est celle qui lui revient de droit!!!*


Bravo Enthy, superbement Ă©crit.


LJD, enchantée et avide de suite.

Par Choke Otaya le 13/7/2002 Ă  16:39:11 (#1800825)

:lit:

Par Fizban Krynn le 13/7/2002 Ă  22:10:28 (#1801825)

Le vent de l'histoire a tourné une page du grand livre de la vie...
*détourne le regard vers cette mer immense, porteuse de promesses que la vie nous sussure*
*longue chevelure blance flottant au vent*
*jette d'un geste ample, une choppe de bière à la mer*


Pour toi, et à ta santé.

Fizban Krynn

JOL Archives 1.0.1
Par Mind